Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

[Cinquième chapitre : les actes dont l’accomplissement exige cette purification]

Cinquième chapitre
Les actes dont l’accomplissement exige cette purification

Ce chapitre repose sur la parole du Très-Haut :

« Ô vous qui croyez ! Lorsque vous vous levez pour la prière… »

[Al-Mā’ida : 6], et la suite du verset ; ainsi que sur cette parole du Prophète — sur lui la prière et la paix :

« Allah n’accepte ni prière sans purification, ni aumône provenant d’un détournement du butin. »

Sur ce fondement, les musulmans s’accordent à considérer la purification comme l’une des conditions de la prière, bien qu’ils divergent sur le point de savoir s’il s’agit d’une condition de validité ou d’une condition d’obligation. Ils s’accordent également à l’exiger pour toutes les prières, à l’exception de la prière funéraire et de la prosternation (je veux dire la prosternation de récitation), au sujet desquelles il existe une opinion divergente isolée.

Cette divergence tient à l’incertitude quant à l’application du terme « prière » à la prière funéraire et à la prosternation. Ceux qui estiment que ce terme désigne aussi bien la prière funéraire que la prosternation elle-même — et ils constituent la majorité — exigent cette purification pour les accomplir. Ceux qui estiment qu’il ne s’applique ni à l’une ni à l’autre, puisque la prière funéraire ne comporte ni inclinaison ni prosternation, tandis que la prosternation ne comporte ni station debout ni inclinaison, n’exigent cette purification pour aucune des deux.

Outre cette question, quatre autres questions se rattachent à ce chapitre.

Première question

Cette purification est-elle une condition pour toucher un exemplaire du Coran ? Mālik, Abū Hanīfa et al-Shāfi‘ī estiment qu’elle l’est, tandis que les tenants de l’école littéraliste considèrent qu’elle ne l’est pas.

Leur divergence tient aux différentes interprétations possibles de la parole du Très-Haut :

« Seuls les purifiés le touchent. »

[Al-Wāqi‘a : 79]

Les « purifiés » peuvent désigner les descendants d’Adam ou les anges ; de même, cet énoncé peut être compris comme une interdiction formulée sous une forme déclarative, ou comme une simple affirmation, sans valeur d’interdiction. Ceux qui comprennent que les « purifiés » désignent les descendants d’Adam et que cet énoncé exprime une interdiction disent : seule une personne en état de pureté peut toucher un exemplaire du Coran. Ceux qui n’y voient qu’une affirmation et comprennent que les « purifiés » désignent les anges disent : ce verset ne prouve pas que cette purification soit requise pour toucher un exemplaire du Coran. En l’absence de preuve tirée du Livre ou d’une sunna établie, on s’en tient au principe de l’absence originelle d’obligation, à savoir la permission.

La majorité des savants a également invoqué, à l’appui de sa position, le hadith de ‘Amr ibn Hazm :

« Le Prophète — sur lui la prière et la paix — avait écrit : “Que seul celui qui est en état de pureté touche le Coran.” »

Les savants ont divergé sur l’obligation de se conformer aux hadiths de ‘Amr ibn Hazm, parce que leur texte présente des altérations de lecture. J’ai constaté qu’Ibn al-Mufawwaz les jugeait authentiques lorsqu’ils étaient transmis par des rapporteurs dignes de confiance, puisqu’il s’agit d’une lettre du Prophète — sur lui la prière et la paix. Il en va de même des hadiths de ‘Amr ibn Shu‘ayb rapportés de son père, d’après son grand-père. Les tenants de l’école littéraliste rejettent ces récits. Mālik a toutefois autorisé les enfants à toucher un exemplaire du Coran sans être en état de pureté, car ils ne sont pas soumis aux obligations religieuses.

[الْبَابُ الْخَامِسُ وَهُوَ مَعْرِفَةُ الْأَفْعَالِ الَّتِي تُشْتَرَطُ هَذِهِ الطَّهَارَةُ فِي فِعْلِهَا] الْبَابُ الْخَامِسُ وَهُوَ مَعْرِفَةُ الْأَفْعَالِ الَّتِي تُشْتَرَطُ هَذِهِ الطَّهَارَةُ فِي فِعْلِهَا - وَالْأَصْلُ فِي هَذَا الْبَابِ قَوْله تَعَالَى: {يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا إِذَا قُمْتُمْ إِلَى الصَّلاةِ} [المائدة: ٦] الْآيَةَ، وَقَوْلُهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «لَا يَقْبَلُ اللَّهُ صَلَاةً بِغَيْرِ طَهُورٍ وَلَا صَدَقَةً مِنْ غُلُولٍ» فَاتَّفَقَ الْمُسْلِمُونَ عَلَى أَنَّ الطَّهَارَةَ شَرْطٌ مِنْ شُرُوطِ الصَّلَاةِ لِمَكَانِ هَذَا، وَإِنْ كَانُوا اخْتَلَفُوا هَلْ هِيَ شَرْطٌ مِنْ شُرُوطِ الصِّحَّةِ أَوْ مِنْ شُرُوطِ الْوُجُوبِ، وَلَمْ يَخْتَلِفُوا أَنَّ ذَلِكَ شَرْطٌ فِي جَمِيعِ الصَّلَوَاتِ إِلَّا فِي صَلَاةِ الْجِنَازَةِ، وَفِي السُّجُودِ (أَعْنِي سُجُودَ التِّلَاوَةِ) فَإِنَّ فِيهِ خِلَافًا شَاذًّا. وَالسَّبَبُ فِي ذَلِكَ الِاحْتِمَالُ الْعَارِضُ فِي انْطِلَاقِ اسْمِ الصَّلَاةِ عَلَى الصَّلَاةِ عَلَى الْجَنَائِزِ وَعَلَى السُّجُودِ، فَمَنْ ذَهَبَ إِلَى اسْمَ الصَّلَاةِ يَنْطَلِقُ عَلَى صَلَاةِ الْجَنَائِزِ وَعَلَى السُّجُودِ نَفْسِهِ - وَهُمُ الْجُمْهُورُ - اشْتَرَطَ هَذِهِ الطَّهَارَةَ فِيهَا. وَمَنْ ذَهَبَ إِلَى أَنَّهُ لَا يَنْطَلِقُ عَلَيْهِمَا إِذْ كَانَتْ صَلَاةُ الْجَنَائِزِ لَيْسَ فِيهَا رُكُوعٌ وَلَا سُجُودٌ، وَكَانَ السُّجُودُ أَيْضًا لَيْسَ فِيهِ قِيَامٌ وَلَا رُكُوعٌ لَمْ يَشْتَرِطُ هَذِهِ الطَّهَارَةَ فِيهِمَا، وَيَتَعَلَّقُ بِهَذَا الْبَابِ مَعَ هَذِهِ الْمَسْأَلَةِ أَرْبَعُ مَسَائِلَ: الْمَسْأَلَةُ الأُولَى هَلْ هَذِهِ الطَّهَارَةُ شَرْطٌ فِي مَسِّ الْمُصْحَفِ أَمْ لَا؟ فَذَهَبَ مَالِكٌ وَأَبُو حَنِيفَةَ وَالشَّافِعِيُّ إِلَى أَنَّهَا شَرْطٌ فِي مَسِّ الْمُصْحَفِ، وَذَهَبَ أَهْلُ الظَّاهِرِ إِلَى أَنَّهَا لَيْسَتْ بِشَرْطٍ فِي ذَلِكَ. وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمْ تَرَدُّدُ مَفْهُومِ قَوْله تَعَالَى: {لا يَمَسُّهُ إِلا الْمُطَهَّرُونَ} [الواقعة: ٧٩] بَيْنَ أَنْ يَكُونَ الْمُطَهَّرُونَ هُمْ بَني آدَمَ وَبَيْنَ أَنْ يَكُونُوا هُمُ الْمَلَائِكَةُ، وَبَيْنَ أَنْ يَكُونَ هَذَا الْخَبَرُ مَفْهُومُهُ النَّهْيُ، وَبَيْنَ أَنْ يَكُونَ خَبَرًا لَا نَهْيًا، فَمَنْ فَهِمَ مِنَ " الْمُطَهَّرُونَ " بَنِي آدَمَ، وَفَهِمَ مِنَ الْخَبَرِ النَّهْيَ قَالَ: لَا يَجُوزُ أَنْ يَمَسَّ الْمُصْحَفَ إِلَّا طَاهِرٌ، وَمَنْ فَهِمَ مِنْهُ الْخَبَرَ فَقَطْ، وَفَهِمَ مِنْ لَفْظِ " الْمُطَهَّرُونَ " الْمَلَائِكَةَ قَالَ: إِنَّهُ لَيْسَ فِي الْآيَةِ دَلِيلٌ عَلَى اشْتِرَاطِ هَذِهِ الطَّهَارَةِ فِي مَسِّ الْمُصْحَفِ، وَإِذَا لَمْ يَكُنْ هُنَالِكَ دَلِيلٌ لَا مِنْ كِتَابٍ وَلَا مِنْ سُنَّةٍ ثَابِتَةٍ بَقِيَ الْأَمْرُ عَلَى الْبَرَاءَةِ الْأَصْلِيَّةِ وَهِيَ الْإِبَاحَةُ. وَقَدِ احْتَجَّ الْجُمْهُورُ لِمَذْهَبِهِمْ بِحَدِيثِ عَمْرِو بْنِ حَزْمٍ: «أَنَّ النَّبِيَّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - كَتَبَ: لَا يَمَسُّ الْقُرْآنَ إِلَّا طَاهِرٌ» وَأَحَادِيثُ عَمْرِو بْنِ حَزْمٍ اخْتَلَفَ النَّاسُ فِي وُجُوبِ الْعَمَلِ بِهَا ; لِأَنَّهَا مُصَحَّفَةٌ، وَرَأَيْتُ ابْنَ الْمُفَوَّزِ يُصَحِّحُهَا إِذَا رَوَتْهَا الثِّقَاتُ ; لِأَنَّهَا كِتَابُ النَّبِيِّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - وَكَذَلِكَ أَحَادِيثُ عَمْرِو بْنِ شُعَيْبٍ عَنْ أَبِيهِ عَنْ جَدِّهِ، وَأَهْلُ الظَّاهِرِ يَرُدُّونَهَا، وَرَخَّصَ مَالِكٌ لِلصِّبْيَانِ فِي مَسِّ الْمُصْحَفِ عَلَى غَيْرِ طُهْرٍ ; لِأَنَّهُمْ غَيْرُ مُكَلَّفِينَ.

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