Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

[LIVRE DU JIHĀD]
[PREMIÈRE PARTIE : LES ÉLÉMENTS FONDAMENTAUX DE LA GUERRE]
[CHAPITRE PREMIER : LE STATUT JURIDIQUE DU JIHĀD]

LIVRE DU JIHĀD

L’exposé des principes fondamentaux de ce sujet se répartit en deux parties :

La première porte sur les éléments fondamentaux de la guerre.
La seconde traite des règles relatives aux biens des ennemis lorsque les musulmans en prennent possession.

PREMIÈRE PARTIE

Cette partie comprend sept chapitres :

Le premier porte sur le statut juridique de cette pratique et sur les personnes auxquelles elle incombe.
Le deuxième, sur les personnes que l’on combat.
Le troisième, sur les atteintes qu’il est permis ou interdit de porter à chacune des catégories de personnes du camp ennemi.
Le quatrième, sur les conditions admissibles en matière de guerre.
Le cinquième, sur les effectifs ennemis devant lesquels il n’est pas permis de fuir.
Le sixième examine s’il est permis de conclure une trêve.
Le septième traite des raisons pour lesquelles on les combat.

CHAPITRE PREMIER : LE STATUT JURIDIQUE DE CETTE PRATIQUE

Les savants s’accordent à considérer cette pratique comme une obligation collective, et non comme une obligation individuelle, à l’exception de ‘Abd Allāh ibn al-Hasan, qui la tient pour un acte surérogatoire.

La majorité des savants retient son caractère obligatoire en raison de cette parole du Très-Haut :

« Le combat vous a été prescrit, alors qu’il vous répugne. » [al-Baqara : 216], jusqu’à la fin du verset.

Quant à son caractère collectif — c’est-à-dire que, si certains s’en acquittent, les autres en sont dispensés —, il repose sur cette parole du Très-Haut :

« Les croyants n’ont pas à partir tous ensemble. » [al-Tawba : 122], jusqu’à la fin du verset.

Et sur cette autre parole :

« À tous, Allah a promis la plus belle récompense. » [al-Nisā’ : 95]

De plus, le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — n’est jamais parti en expédition sans laisser certaines personnes sur place. Réunis, ces éléments impliquent que cette pratique constitue une obligation collective.

Quant aux personnes auxquelles elle incombe, ce sont les hommes libres, ayant atteint la puberté, disposant des moyens nécessaires pour partir au combat et jouissant d’une bonne santé, à l’exclusion des malades et des infirmes. Ce point ne fait l’objet d’aucune divergence, en raison de cette parole du Très-Haut :

« Nul grief n’est fait à l’aveugle, ni au boiteux, ni au malade. » [al-Fath : 17]

Et de cette autre parole :

« Nul grief n’est fait aux faibles, ni aux malades, ni à ceux qui ne trouvent pas de quoi subvenir aux dépenses. » [al-Tawba : 91], jusqu’à la fin du verset.

[كِتَابُ الْجِهَادِ] [الْجُمْلَةُ الْأُولَى فِي مَعْرِفَةِ أَرْكَانِ الْحَرْبِ] [الْفَصْلُ الْأَوَّلُ فِي مَعْرِفَةِ حُكْمِ الجهاد] كِتَابُ الْجِهَادِ وَالْقَوْلُ الْمُحِيطُ بِأُصُولِ هَذَا الْبَابِ يَنْحَصِرُ فِي جُمْلَتَيْنِ: الْجُمْلَةِ الْأُولَى فِي مَعْرِفَةِ أَرْكَانِ الْحَرْبِ. الثَّانِيَةِ: فِي أَحْكَامِ أَمْوَالِ الْمُحَارِبِينَ إِذَا تَمَلَّكَهَا الْمُسْلِمُونَ. الْجُمْلَةُ الْأُولَى وَفِي هَذِهِ الْجُمْلَةِ فُصُولٌ سَبْعَةٌ: أَحَدُهَا: مَعْرِفَةُ حُكْمِ هَذِهِ الْوَظِيفَةِ، وَلِمَنْ تَلْزَمُ. وَالثَّانِي: مَعْرِفَةُ الَّذِينَ يُحَارِبُونَ. وَالثَّالِثُ: مَعْرِفَةُ مَا يَجُوزُ مِنَ النِّكَايَةِ فِي صِنْفٍ صِنْفٍ مِنْ أَصْنَافِ أَهْلِ الْحَرْبِ مِمَّا لَا يَجُوزُ. وَالرَّابِعُ: مَعْرِفَةُ جَوَازِ شُرُوطِ الْحَرْبِ. وَالْخَامِسُ: مَعْرِفَةُ الْعَدَدِ الَّذِينَ لَا يَجُوزُ الْفِرَارُ عَنْهُمْ. وَالسَّادِسُ: هَلْ تَجُوزُ الْمُهَادَنَةُ؟ وَالسَّابِعُ: لِمَاذَا يُحَارَبُونَ؟ الْفَصْلُ الْأَوَّلُ: فِي مَعْرِفَةِ حُكْمِ هَذِهِ الْوَظِيفَةِ فَأَمَّا حُكْمُ هَذِهِ الْوَظِيفَةِ فَأَجْمَعَ الْعُلَمَاءُ عَلَى أَنَّهَا فَرْضٌ عَلَى الْكِفَايَةِ لَا فَرْضُ عَيْنٍ، إِلَّا عَبْدَ اللَّهِ بْنَ الْحَسَنِ، فَإِنَّهُ قَالَ: إِنَّهَا تَطَوُّعٌ. وَإِنَّمَا صَارَ الْجُمْهُورُ لِكَوْنِهِ فَرْضًا؛ لِقَوْلِهِ تَعَالَى: {كُتِبَ عَلَيْكُمُ الْقِتَالُ وَهُوَ كُرْهٌ لَكُمْ} [البقرة: ٢١٦] الْآيَةَ. وَأَمَّا كَوْنُهُ فَرْضًا عَلَى الْكِفَايَةِ، أَعْنِي: إِذَا قَامَ بِهِ الْبَعْضُ سَقَطَ عَنِ الْبَعْضِ فَلِقَوْلِهِ تَعَالَى: {وَمَا كَانَ الْمُؤْمِنُونَ لِيَنْفِرُوا كَافَّةً} [التوبة: ١٢٢] الْآيَةَ، وَقَوْلِهِ: {وَكُلا وَعَدَ اللَّهُ الْحُسْنَى} [النساء: ٩٥] ، وَلَمْ يَخْرُجْ قَطُّ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - لِلْغَزْوِ إِلَّا وَتَرَكَ بَعْضَ النَّاسِ. فَإِذَا اجْتَمَعَتْ هَذِهِ اقْتَضَى ذَلِكَ كَوْنَ هَذِهِ الْوَظِيفَةِ فَرْضًا عَلَى الْكِفَايَةِ. وَأَمَّا عَلَى مَنْ يَجِبُ فَهُمُ الرِّجَالُ الْأَحْرَارُ الْبَالِغُونَ الَّذِينَ يَجِدُونَ بِمَا يَغْزُونَ الْأَصِحَّاءُ لَا الْمَرْضَى وَلَا الزَّمْنَى، وَذَلِكَ لَا خِلَافَ فِيهِ؛ لِقَوْلِهِ تَعَالَى: {لَيْسَ عَلَى الأَعْمَى حَرَجٌ وَلا عَلَى الأَعْرَجِ حَرَجٌ وَلا عَلَى الْمَرِيضِ حَرَجٌ} [الفتح: ١٧] ، وَقَوْلِهِ: {لَيْسَ عَلَى الضُّعَفَاءِ وَلا عَلَى الْمَرْضَى وَلا عَلَى الَّذِينَ لا يَجِدُونَ مَا يُنْفِقُونَ حَرَجٌ} [التوبة: ٩١] الْآيَةَ.

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