Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

l’interdiction formulée sans restriction. Ceux qui n’y voient pas matière à expiation s’appuient sur le hadith de ‘Amr ibn Dīnār, rapporté d’après Jābir et Ibn ‘Abbās : « J’ai entendu le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — dire : “Le pantalon est permis à celui qui ne trouve pas de pagne, et les chaussons de cuir à celui qui ne trouve pas de sandales.” »

Ils divergent au sujet de celui qui porte des chaussons de cuir taillés alors qu’il dispose de sandales. Mālik dit : « Il doit une expiation. » Abū Hanīfa dit : « Aucune expiation ne lui incombe. » Les deux avis sont rapportés d’al-Shāfi‘ī.

Ils divergent également sur le port des gants par la femme : impose-t-il ou non une expiation ? Nous avons déjà exposé nombre de ces règles dans le chapitre consacré à l’entrée en état de sacralisation. De même, ils divergent sur celui qui omet la talbiya : doit-il ou non un sacrifice ? Ce point a déjà été traité.

Ils s’accordent à dire que celui qui a oublié les circumambulations, ou l’un de leurs tours, doit reprendre ce qu’il a omis tant qu’il se trouve à La Mecque. Ils divergent toutefois lorsqu’il est rentré auprès des siens. Certains, dont Abū Hanīfa, disent : « Un sacrifice lui suffit. » D’autres disent : « Il doit au contraire reprendre ce qu’il a omis et compléter ce qui manque ; un sacrifice ne saurait y suppléer. »

De même, ils divergent sur l’obligation d’un sacrifice pour celui qui omet la marche à pas rapides durant les trois tours. Ibn ‘Abbās, al-Shāfi‘ī, Abū Hanīfa, Ahmad et Abū Thawr la jugent obligatoire. Les avis de Mālik et de ses disciples divergent sur ce point.

Toutes ces divergences reposent sur la question de savoir si l’acte considéré relève ou non de la sunna. Nous en avons déjà parlé.

Quant au fait d’embrasser la Pierre, ou d’embrasser sa main après l’y avoir posée lorsqu’on ne peut atteindre la Pierre, son omission impose un sacrifice selon tous ceux qui n’imposent pas de sacrifice par analogie avec le pèlerin qui accomplit la ‘umra puis le hajj avec une désacralisation entre les deux.

Ils divergent également au sujet de celui qui oublie les deux unités de prière consécutives aux circumambulations et ne s’en souvient qu’après être rentré dans son pays : doit-il ou non un sacrifice ? Mālik dit : « Il doit un sacrifice. » Al-Thawrī dit : « Il les accomplit tant qu’il se trouve dans le territoire sacré. » Al-Shāfi‘ī et Abū Hanīfa disent : « Il les accomplit où il veut. »

Ceux qui ne considèrent pas les circumambulations d’adieu comme une obligation divergent au sujet de celui qui les omet et ne peut revenir les accomplir : doit-il ou non un sacrifice ? Mālik dit : « Rien ne lui incombe, à moins qu’il ne soit encore à proximité ; il doit alors revenir. » Abū Hanīfa et al-Thawrī disent : « Il doit un sacrifice s’il ne revient pas. » Selon eux, il ne revient que s’il n’a pas encore atteint les limites prescrites pour l’entrée en état de sacralisation.

Ceux qui ne les considèrent pas comme une sunna fortement recommandée invoquent le fait que l’habitant de La Mecque et la femme qui a ses menstrues en sont dispensés. Selon Abū Hanīfa, celui qui n’a pas inclus le Hijr dans le parcours de ses circumambulations doit les refaire tant qu’il n’a pas quitté La Mecque ; s’il en est sorti, il doit un sacrifice.

Ils divergent sur la question de savoir si le fait de marcher durant les circumambulations, lorsqu’on en est capable, constitue une condition de leur validité. Mālik dit : « C’est une condition de leur validité, comme la station debout dans la prière. Si l’on en est incapable, il en va comme de la prière accomplie assis. » Selon lui, il faut toujours les refaire, sauf si l’on est rentré dans son pays : on doit alors un sacrifice.

Al-Shāfi‘ī dit : « Il est permis d’accomplir les circumambulations sur une monture, car le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a fait le tour de la Maison sur une monture sans être malade ; il souhaitait seulement que les gens puissent le voir. »

Selon celui qui ne considère pas le parcours rituel comme obligatoire, son omission impose un sacrifice lorsqu’on est rentré dans son pays. Celui qui le considère comme surérogatoire n’impose rien pour son omission.

Nous avons également exposé leur divergence au sujet de celui qui fait passer

النَّهْيُ الْمُطْلَقُ، وَعُمْدَةُ مَنْ لَمْ يَرَ فِيهِ فِدْيَةً - حَدِيثُ عَمْرِو بْنِ دِينَارٍ عَنْ جَابِرٍ وَابْنِ عَبَّاسٍ قَالَ: سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - يَقُولُ: «السَّرَاوِيلُ لِمَنْ لَمْ يَجِدِ الْإِزَارَ، وَالْخُفُّ لِمَنْ لَمْ يَجِدِ النَّعْلَيْنِ» . وَاخْتَلَفُوا فِيمَنْ لَبِسَ الْخُفَّيْنِ مَقْطُوعَيْنِ مَعَ وُجُودِ النَّعْلَيْنِ فَقَالَ مَالِكٌ: عَلَيْهِ الْفِدْيَةُ، وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: لَا فِدْيَةَ عَلَيْهِ. وَالْقَوْلَانِ عَنِ الشَّافِعِيِّ. وَاخْتَلَفُوا فِي لُبْسِ الْمَرْأَةِ الْقُفَّازَيْنِ هَلْ فِيهِ فِدْيَةٌ؟ أَمْ لَا؟ وَقَدْ ذَكَرْنَا كَثِيرًا مِنْ هَذِهِ الْأَحْكَامِ فِي بَابِ الْإِحْرَامِ. وَكَذَلِكَ اخْتَلَفُوا فِيمَنْ تَرَكَ التَّلْبِيَةَ: هَلْ عَلَيْهِ دَمٌ؟ أَمْ لَا؟ وَقَدْ تَقَدَّمَ. وَاتَّفَقُوا عَلَى أَنَّ مَنْ نَسِيَ الطَّوَافَ، أَوْ نَسِيَ شَوْطًا مِنْ أَشْوَاطِهِ - أَنَّهُ يُعِيدُهُ مَا دَامَ بِمَكَّةَ. وَاخْتَلَفُوا إِذَا بَلَغَ إِلَى أَهْلِهِ، فَقَالَ قَوْمٌ مِنْهُمْ أَبُو حَنِيفَةَ: يُجْزِيهِ الدَّمُ، وَقَالَ قَوْمٌ: بَلْ يُعِيدُ، وَيَجْبُرُ مَا نَقَصَهُ، وَلَا يُجْزِيهِ الدَّمُ. وَكَذَلِكَ اخْتَلَفُوا فِي وُجُوبِ الدَّمِ عَلَى مَنْ تَرَكَ الرَّمَلَ فِي ثَلَاثَةِ الْأَشْوَاطِ، وَبِالْوُجُوبِ قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ وَالشَّافِعِيُّ وَأَبُو حَنِيفَةَ وَأَحْمَدُ وَأَبُو ثَوْرٍ. وَاخْتَلَفَ فِي ذَلِكَ قَوْلُ مَالِكٍ وَأَصْحَابِهِ. وَالْخِلَافُ فِي هَذِهِ الْأَشْيَاءِ كُلِّهَا مَبْنَاهُ عَلَى أَنَّهُ هَلْ هُوَ سُنَّةً؟ أَمْ لَا؟ وَقَدْ تَقَدَّمَ الْقَوْلُ فِي ذَلِكَ. وَتَقْبِيلُ الْحَجَرِ أَوْ تَقْبِيلُ يَدِهِ بَعْدَ وَضْعِهَا عَلَيْهِ إِذَا لَمْ يَصِلِ الْحَجَرَ عِنْدَ كُلِّ مَنْ لَمْ يُوجِبِ الدَّمَ قِيَاسًا عَلَى الْمُتَمَتِّعِ إِذَا تَرَكَهُ: فِيهِ دَمٌ. وَكَذَلِكَ اخْتَلَفُوا فِيمَنْ نَسِيَ رَكْعَتَيِ الطَّوَافِ حَتَّى رَجَعَ إِلَى بَلَدِهِ هَلْ عَلَيْهِ دَمٌ؟ أَمْ لَا؟ فَقَالَ مَالِكٌ: عَلَيْهِ دَمٌ. وَقَالَ الثَّوْرِيُّ: يَرْكَعُهُمَا مَا دَامَ فِي الْحَرَمِ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ وَأَبُو حَنِيفَةَ: يَرْكَعُهُمَا حَيْثُ شَاءَ. وَالَّذِينَ قَالُوا فِي طَوَافِ الْوَدَاعِ: إِنَّهُ لَيْسَ بِفَرْضٍ، اخْتَلَفُوا فِيمَنْ تَرَكَهُ، وَلَمْ تَتَمَكَّنْ لَهُ الْعَوْدَةُ إِلَيْهِ هَلْ عَلَيْهِ دَمٌ؟ أَمْ لَا؟ فَقَالَ مَالِكٌ: لَيْسَ عَلَيْهِ شَيْءٌ إِلَّا أَنْ يَكُونَ قَرِيبًا فَيَعُودَ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَالثَّوْرِيُّ: عَلَيْهِ دَمٌ إِنْ لَمْ يَعُدْ، وَإِنَّمَا يَرْجِعُ عِنْدَهُمْ مَا لَمْ يَبْلُغِ الْمَوَاقِيتَ. وَحُجَّةُ مَنْ لَمْ يَرَهُ سُنَّةً مُؤَكَّدَةً سُقُوطُهُ عَنِ الْمَكِّيِّ وَالْحَائِضِ. وَعِنْدَ أَبِي حَنِيفَةَ أَنَّهُ إِذَا لَمْ يُدْخِلِ الْحِجْرَ فِي الطَّوَافِ أَعَادَ مَا لَمْ يَخْرُجْ مِنْ مَكَّةَ، فَإِنْ خَرَجَ فَعَلَيْهِ دَمٌ. وَاخْتَلَفُوا هَلْ مِنْ شَرْطِ صِحَّةِ الطَّوَافِ الْمَشْيُ فِيهِ مَعَ الْقُدْرَةِ عَلَيْهِ؟ فَقَالَ مَالِكٌ: هُوَ مِنْ شَرْطِهِ كَالْقِيَامِ فِي الصَّلَاةِ، فَإِنْ عَجَزَ كَانَ كَصَلَاةِ الْقَاعِدِ، وَيُعِيدُ عِنْدَهُ أَبَدًا، إِلَّا إِذَا رَجَعَ إِلَى بَلَدِهِ فَإِنَّ عَلَيْهِ دَمًا. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: الرُّكُوبُ فِي الطَّوَافِ جَائِزٌ؛ «لِأَنَّ النَّبِيَّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - طَافَ بِالْبَيْتِ رَاكِبًا مِنْ غَيْرِ مَرَضٍ، وَلَكِنَّهُ أَحَبَّ أَنْ يَسْتَشْرِفَ النَّاسُ إِلَيْهِ» . وَمَنْ لَمْ يَرَ السَّعْيَ وَاجِبًا فَعَلَيْهِ فِيهِ دَمٌ إِذَا انْصَرَفَ إِلَى بَلَدِهِ. وَمَنْ رَآهُ تَطَوُّعًا لَمْ يُوجِبْ فِيهِ شَيْئًا. وَقَدْ تَقَدَّمَ اخْتِلَافَهُمْ أَيْضًا فِيمَنْ قَدَّمَ

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