Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

— Et à ceux qui se raccourcissent les cheveux, ô Messager d’Allah ? demandèrent-ils.
Il répondit : Ô Allah, fais miséricorde à ceux qui se rasent la tête !
— Et à ceux qui se raccourcissent les cheveux, ô Messager d’Allah ? demandèrent-ils.
Il répondit : Et à ceux qui se raccourcissent les cheveux. »

Les savants s’accordent sur le fait que les femmes ne se rasent pas la tête et que la pratique prescrite à leur égard consiste à raccourcir leurs cheveux.

Ils divergent toutefois sur la question suivante : le rasage constitue-t-il un rite obligatoire pour celui qui accomplit le hajj ou la ‘umra ? Mālik dit : « Le rasage est un rite pour celui qui accomplit le hajj ou la ‘umra, et il est préférable au raccourcissement des cheveux. Il s’impose à celui qui a manqué le hajj, ainsi qu’à celui qui a été empêché par un ennemi, une maladie ou une autre excuse. » C’est l’avis de l’ensemble des juristes, sauf concernant celui qu’un ennemi empêche de poursuivre son pèlerinage : Abū Hanīfa considère qu’il n’est tenu ni de se raser la tête ni de raccourcir ses cheveux. En somme, ceux qui considèrent le rasage ou le raccourcissement comme un rite imposent un sacrifice en cas d’omission ; ceux qui ne le considèrent pas comme un rite n’imposent rien.

[De l’expiation due pour le tamattu‘ (accomplissement de la ‘umra puis du hajj)]

Quant à l’expiation du pèlerin accomplissant le tamattu‘, expressément prescrite par Allah dans Sa parole :

« Quiconque accomplit la ‘umra puis le hajj doit faire l’offrande sacrificielle qui lui est accessible » [al-Baqara : 196],

et la suite du verset, son caractère obligatoire ne fait l’objet d’aucune divergence. Le désaccord porte uniquement sur la définition du pèlerin accomplissant le tamattu‘ ; les différents avis à ce sujet ont déjà été exposés.

L’examen de cette expiation porte lui aussi sur les mêmes catégories de questions : à qui incombe-t-elle ? En quoi consiste-t-elle ? Quand devient-elle obligatoire ? Au profit de qui doit-elle être acquittée ? Et en quel lieu ?

Quant à la personne à qui elle incombe, tous s’accordent pour dire qu’il s’agit du pèlerin accomplissant le tamattu‘. La divergence sur sa définition a déjà été exposée.

Concernant la nature de l’obligation, la majorité des savants considère que « l’offrande sacrificielle qui lui est accessible » désigne une tête de petit bétail. Pour établir que le terme d’offrande sacrificielle peut s’appliquer à une telle bête, Mālik invoque cette parole du Très-Haut concernant la compensation pour le gibier tué :

« Une offrande sacrificielle destinée à la Kaaba » [al-Mā’ida : 95].

Or, il est unanimement admis que la compensation pour le gibier peut consister en une tête de petit bétail. Ibn ‘Umar, quant à lui, estime que le terme d’offrande sacrificielle ne s’applique qu’aux chameaux et aux bovins, et que la parole du Très-Haut :

« L’offrande sacrificielle qui lui est accessible » [al-Baqara : 196]

signifie : un bovin de moindre valeur qu’un autre, ou un chameau de moindre valeur qu’un autre.

Ils s’accordent sur le fait que les modalités de cette expiation suivent un ordre prescrit : celui qui ne trouve pas d’offrande sacrificielle doit jeûner. Ils divergent toutefois sur le moment à partir duquel son obligation passe de l’offrande sacrificielle au jeûne. Mālik dit : « Dès qu’il commence à jeûner, son obligation devient le jeûne, même s’il trouve une offrande sacrificielle en cours de jeûne. »

Abū Hanīfa dit : « S’il trouve une offrande sacrificielle pendant le jeûne des trois jours, elle lui incombe ; s’il la trouve pendant le jeûne des sept jours, elle ne lui incombe pas. » Cette question est analogue à celle de l’homme qui trouve de l’eau pendant sa prière, alors qu’il a fait les ablutions sèches. La divergence tient à cette interrogation : une condition requise pour commencer un acte d’adoration l’est-elle également pour le poursuivre ?

Abū Hanīfa distingue les trois jours des sept jours parce que, selon lui, les trois premiers remplacent l’offrande sacrificielle, contrairement aux sept autres. Ils s’accordent sur le fait que celui qui jeûne les trois jours durant les dix premiers jours de Dhū al-Hijja a accompli

قَالُوا: وَالْمُقَصِّرِينَ يَا رَسُولَ اللَّهِ؟ قَالَ: اللَّهُمَّ، ارْحَمِ الْمُحَلِّقِينَ! قَالُوا: وَالْمُقَصِّرِينَ يَا رَسُولَ اللَّهِ؟ قَالَ: وَالْمُقَصِّرِينَ» . وَأَجْمَعَ الْعُلَمَاءُ عَلَى أَنَّ النِّسَاءَ لَا يَحْلِقْنَ، وَأَنَّ سَنَتَهُنَّ التَّقْصِيرُ. وَاخْتَلَفُوا هَلْ هُوَ نُسُكٌ يَجِبُ عَلَى الْحَاجِّ وَالْمُعْتَمِرِ أَوْ لَا؟ فَقَالَ مَالِكٌ: الْحِلَاقُ نُسُكٌ لِلْحَاجِّ وَلِلْمُعْتَمِرِ، وَهُوَ أَفْضَلُ مِنَ التَّقْصِيرِ، وَيَجِبُ عَلَى كُلِّ مَنْ فَاتَهُ الْحَجُّ، وَأُحْصِرَ بِعَدُوٍّ أَوْ مَرَضٍ أَوْ بِعُذْرٍ، وَهُوَ قَوْلُ جَمَاعَةِ الْفُقَهَاءِ إِلَّا فِي الْمُحْصَرِ بِعَدُوٍّ؛ فَإِنَّ أَبَا حَنِيفَةَ قَالَ: لَيْسَ عَلَيْهِ حِلَاقٌ وَلَا تَقْصِيرٌ، وَبِالْجُمْلَةِ فَمَنْ جَعَلَ الْحِلَاقَ أَوِ التَّقْصِيرَ نُسُكًا أَوْجَبَ فِي تَرْكِهِ الدَّمَ، وَمَنْ لَمْ يَجْعَلْهُ مِنَ النُّسُكِ لَمْ يُوجِبْ فِيهِ شَيْئًا. [الْقَوْلُ فِي كَفَّارَةِ الْمُتَمَتِّعِ] ِ وَأَمَّا كَفَّارَةُ الْمُتَمَتِّعِ الَّتِي نَصَّ اللَّهُ عَلَيْهَا فِي قَوْلِهِ سُبْحَانَهُ: {فَمَنْ تَمَتَّعَ بِالْعُمْرَةِ إِلَى الْحَجِّ فَمَا اسْتَيْسَرَ مِنَ الْهَدْيِ} [البقرة: ١٩٦] الْآيَةَ، فَإِنَّهُ لَا خِلَافَ فِي وُجُوبِهَا، وَإِنَّمَا الْخِلَافُ فِي الْمُتَمَتِّعِ مَنْ هُوَ؟ وَقَدْ تَقَدَّمَ مَا فِي ذَلِكَ مِنَ الْخِلَافِ. وَالْقَوْلُ فِي هَذِهِ الْكَفَّارَةِ أَيْضًا يَرْجِعُ إِلَى تِلْكَ الْأَجْنَاسِ بِعَيْنِهَا عَلَى مَنْ تَجِبُ؟ وَمَا الْوَاجِبُ فِيهَا؟ وَمَتَى تَجِبُ؟ وَلِمَنْ تَجِبُ؟ وَفِي أَيِّ مَكَانٍ تَجِبُ؟ فَأَمَّا عَلَى مَنْ تَجِبُ فَعَلَى الْمُتَمَتِّعِ بِاتِّفَاقٍ، وَقَدْ تَقَدَّمَ الْخِلَافُ فِي الْمُتَمَتِّعِ مَنْ هُوَ. وَأَمَّا اخْتِلَافُهُمْ فِي الْوَاجِبِ فَإِنَّ الْجُمْهُورَ مِنَ الْعُلَمَاءِ عَلَى أَنَّ مَا اسْتَيْسَرَ مِنَ الْهَدْيِ هُوَ شَاةٌ، وَاحْتَجَّ مَالِكٌ فِي أَنَّ اسْمَ الْهَدْيِ قَدْ يَنْطَلِقُ عَلَى الشَّاةِ بِقَوْلِهِ تَعَالَى فِي جَزَاءِ الصَّيْدِ: {هَدْيًا بَالِغَ الْكَعْبَةِ} [المائدة: ٩٥] ، وَمَعْلُومٌ بِالْإِجْمَاعِ أَنَّهُ قَدْ يَجِبُ فِي جَزَاءِ الصَّيْدِ شَاةٌ، وَذَهَبَ ابْنُ عُمَرَ إِلَى أَنَّ اسْمَ الْهَدْيِ لَا يَنْطَلِقُ إِلَّا عَلَى الْإِبِلِ وَالْبَقَرِ، وَأَنَّ مَعْنَى قَوْله تَعَالَى: {فَمَا اسْتَيْسَرَ مِنَ الْهَدْيِ} [البقرة: ١٩٦] أَيْ: بَقَرَةٌ أَدْوَنُ مِنْ بَقَرَةٍ، وَبَدَنَةٌ أَدْوَنُ مِنْ بَدَنَةٍ. وَأَجْمَعُوا أَنَّ هَذِهِ الْكَفَّارَةَ عَلَى التَّرْتِيبِ، وَأَنَّ مَنْ لَمْ يَجِدِ الْهَدْيَ فَعَلَيْهِ الصِّيَامُ، وَاخْتَلَفُوا فِي حَدِّ الزَّمَانِ الَّذِي يَنْتَقِلُ بِانْقِضَائِهِ فَرْضُهُ مِنَ الْهَدْيِ إِلَى الصِّيَامِ، فَقَالَ مَالِكٌ: إِذَا شَرَعَ فِي الصَّوْمِ فَقَدِ انْتَقَلَ وَاجِبُهُ إِلَى الصَّوْمِ، وَإِنْ وَجَدَ الْهَدْيَ فِي أَثْنَاءِ الصَّوْمِ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: إِنْ وَجَدَ الْهَدْيَ فِي صَوْمِ الثَّلَاثَةِ الْأَيَّامِ لَزِمَهُ، وَإِنْ وَجَدَهُ فِي صَوْمِ السَّبْعَةِ لَمْ يَلْزَمْهُ، وَهَذِهِ الْمَسْأَلَةُ نَظِيرُ مَسْأَلَةِ مَنْ طَلَعَ عَلَيْهِ الْمَاءُ فِي الصَّلَاةِ وَهُوَ مُتَيَمِّمٌ. وَسَبَبُ الْخِلَافِ هُوَ هَلْ مَا هُوَ شَرْطٌ فِي ابْتِدَاءِ الْعِبَادَةِ هُوَ شَرْطٌ فِي اسْتِمْرَارِهَا؟ وَإِنَّمَا فَرَّقَ أَبُو حَنِيفَةَ بَيْنَ الثَّلَاثَةِ وَالسَّبْعَةِ؛ لِأَنَّ ثَلَاثَةَ الْأَيَّامِ هِيَ عِنْدَهُ بَدَلٌ مِنَ الْهَدْيِ، وَالسَّبْعَةُ لَيْسَتْ بِبَدَلٍ. وَأَجْمَعُوا عَلَى أَنَّهُ إِذَا صَامَ ثَلَاثَةَ الْأَيَّامَ فِي الْعَشْرِ الْأُوَلِ مِنْ ذِي الْحِجَّةِ أَنَّهُ قَدْ أَتَى

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