Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Ils divergent au sujet de celui qui ne coupe qu’une partie de ses ongles. Al-Shāfi‘ī et Abū Thawr disent : « S’il en coupe un, il nourrit un pauvre ; s’il en coupe deux, il nourrit deux pauvres ; s’il en coupe trois au cours d’une même séance, un sacrifice lui incombe. » Abū Hanīfa dit, selon l’un de ses avis : « Rien ne lui incombe tant qu’il ne les a pas tous coupés. » Abū Muhammad ibn Hazm dit : « La personne en état de sacralisation peut se couper les ongles et se tailler la moustache. » C’est là un avis isolé. Selon lui, aucune compensation n’est due, sauf pour le rasage de la tête motivé par l’excuse expressément mentionnée dans le texte.

Ils s’accordent sur l’interdiction de se raser la tête, mais divergent sur le rasage des poils du reste du corps. La majorité considère qu’il impose une compensation. Dāwūd dit : « Aucune compensation n’est due pour cela. »

Ils divergent au sujet de celui qui s’arrache un ou deux cheveux, ou autant de poils du corps. Mālik dit : « Rien n’incombe à celui qui n’en arrache qu’une petite quantité, à moins qu’il n’ait ainsi écarté une gêne ; dans ce cas, une compensation lui incombe. » Al-Hasan dit : « Pour un cheveu, un mudd ; pour deux, deux mudds ; pour trois, un sacrifice. » Al-Shāfi‘ī et Abū Thawr partagent cet avis. ‘Abd al-Malik, disciple de Mālik, dit : « Pour une petite quantité de cheveux ou de poils, il faut donner de la nourriture ; pour une grande quantité, une compensation est due. »

Ceux qui comprennent l’interdiction faite à la personne en état de sacralisation de se raser comme une prescription cultuelle appliquent la même règle aux petites et aux grandes quantités. Ceux qui y voient l’interdiction de rechercher la propreté, l’embellissement et le soulagement que procure le rasage distinguent les petites quantités des grandes : en effet, enlever une petite quantité ne fait disparaître aucune gêne.

Quant au lieu où s’acquitter de la compensation, ils divergent à ce sujet. Mālik dit : « Il peut choisir l’une de ses formes et s’en acquitter où il veut, à La Mecque ou ailleurs, et même dans son pays s’il le souhaite. » Pour lui, le sacrifice, la nourriture distribuée et le jeûne sont soumis à la même règle. C’est également l’avis de Mujāhid. Mālik considère qu’il s’agit ici d’un sacrifice compensatoire, et non d’une offrande sacrificielle, car celle-ci ne peut être immolée qu’à La Mecque ou à Minā.

Abū Hanīfa et al-Shāfi‘ī disent : « Le sacrifice et la distribution de nourriture ne sont valables qu’à La Mecque ; quant au jeûne, il peut être accompli où l’on veut. » Ibn ‘Abbās dit : « Le sacrifice doit être accompli à La Mecque ; la distribution de nourriture et le jeûne peuvent l’être où l’on veut. » Le même avis est rapporté d’Abū Hanīfa. Al-Shāfi‘ī a constamment soutenu que le sacrifice destiné à nourrir les pauvres n’est valable qu’au profit des pauvres du territoire sacré.

Cette divergence tient au recours à l’analogie entre le sacrifice compensatoire et l’offrande sacrificielle. Ceux qui les assimilent imposent au premier les conditions de la seconde : l’immolation au lieu qui lui est réservé et l’attribution aux pauvres du territoire sacré — bien que Mālik permette de distribuer la viande de l’offrande à d’autres pauvres que ceux du territoire sacré. Le point commun entre le sacrifice compensatoire et l’offrande sacrificielle est qu’ils visent tous deux à bénéficier aux pauvres qui résident auprès de la Maison d’Allah.

Ceux qui rejettent cette analogie disent : « Puisque la Loi les a distingués par leur nom, appelant l’un sacrifice compensatoire et l’autre offrande sacrificielle, leurs règles doivent être différentes. »

Quant au moment de cette expiation, la majorité considère qu’elle ne peut être accomplie qu’après l’élimination de la gêne. Il n’est toutefois pas exclu qu’une divergence se présente sur ce point, par analogie avec l’expiation des serments. Voilà ce qu’il en est de l’expiation pour l’élimination d’une gêne.

Ils divergent sur le rasage de la tête : fait-il partie des rites du hajj, ou constitue-t-il seulement un moyen de sortir de l’état de sacralisation ? Les savants de la majorité s’accordent cependant à le compter parmi les actes du hajj et à considérer le rasage comme préférable au raccourcissement des cheveux, en raison du hadith authentiquement rapporté d’Ibn ‘Umar, selon lequel le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — a dit :

« Ô Allah, fais miséricorde à ceux qui se rasent la tête !
— Et à ceux qui se raccourcissent les cheveux, ô Messager d’Allah ? demandèrent-ils.
Il répondit : Ô Allah, fais miséricorde à ceux qui se rasent la tête !

وَاخْتَلَفُوا فِيمَنْ أَخَذَ بَعْضَ أَظْفَارِهِ فَقَالَ الشَّافِعِيُّ وَأَبُو ثَوْرٍ: إِنْ أَخَذَ وَاحِدًا أَطْعَمَ مِسْكِينًا وَاحِدًا، وَإِنْ أَخَذَ ظُفْرَيْنِ أَطْعَمَ مِسْكِينَيْنِ، وَإِنْ أَخَذَ ثَلَاثًا فَعَلَيْهِ دَمٌ فِي مَقَامٍ وَاحِدٍ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ فِي أَحَدِ أَقْوَالِهِ: لَا شَيْءَ عَلَيْهِ حَتَّى يَقُصَّهَا كُلَّهَا. وَقَالَ أَبُو مُحَمَّدِ بْنُ حَزْمٍ: يَقُصُّ الْمُحْرِمُ أَظْفَارَهُ وَشَارِبَهُ. وَهُوَ شُذُوذٌ، وَعِنْدَهُ أَنْ لَا فِدْيَةَ إِلَّا مِنْ حَلْقِ الرَّأْسِ فَقَطْ لِلْعُذْرِ الَّذِي وَرَدَ فِيهِ النَّصُّ. وَأَجْمَعُوا عَلَى مَنْعِ حَلْقِ الرَّأْسِ، وَاخْتَلَفُوا فِي حَلْقِ الشَّعْرِ مِنْ سَائِرِ الْجَسَدِ، فَالْجُمْهُورُ عَلَى أَنَّ فِيهِ الْفِدْيَةَ. وَقَالَ دَاوُدُ: لَا فِدْيَةَ فِيهِ. وَاخْتَلَفُوا فِيمَنْ نَتَفَ مَنْ رَأَسَهُ الشَّعْرَةَ وَالشَّعْرَتَيْنِ أَوْ مِنْ لَحْمِهِ، فَقَالَ مَالِكٌ: لَيْسَ عَلَى مَنْ نَتَفَ الشِّعْرَ الْيَسِيرَ شَيْءٌ، إِلَّا أَنْ يَكُونَ أَمَاطَ بِهِ أَذًى فَعَلَيْهِ الْفِدْيَةُ. وَقَالَ الْحَسَنُ: فِي الشَّعْرَةِ مُدٌّ، وَفِي الشَّعْرَتَيْنِ مُدَّانِ، وَفِي الثَّلَاثَةِ دَمٌ. وَبِهِ قَالَ الشَّافِعِيُّ وَأَبُو ثَوْرٍ. وَقَالَ عَبْدُ الْمَلِكِ صَاحِبُ مَالِكٍ: فِيمَا قَلَّ مِنَ الشَّعْرِ إِطْعَامٌ، وَفِيمَا كَثُرَ فِدْيَةٌ. فَمَنْ فَهِمَ مِنْ مَنْعِ الْمُحْرِمِ حَلْقَ الشَّعْرِ أَنَّهُ عِبَادَةٌ سَوَّى بَيْنَ الْقَلِيلِ وَالْكَثِيرِ، وَمَنْ فَهِمَ مِنْ ذَلِكَ مَنْعَ النَّظَافَةِ وَالزَّيْنِ وَالِاسْتِرَاحَةِ الَّتِي فِي حَلْقِهِ فَرَّقَ بَيْنَ الْقَلِيلِ وَالْكَثِيرِ ; لِأَنَّ الْقَلِيلَ لَيْسَ فِي إِزَالَتِهِ زَوَالُ أَذًى. أَمَّا مَوْضِعُ الْفِدْيَةِ فَاخْتَلَفُوا فِيهِ، فَقَالَ مَالِكٌ: يَفْعَلُ مِنْ ذَلِكَ مَا شَاءَ أَيْنَ شَاءَ، بِمَكَّةَ وَبِغَيْرِهَا، وَإِنْ شَاءَ بِبَلَدِهِ. وَسَوَاءٌ عِنْدَهُ فِي ذَلِكَ ذَبْحُ النُّسُكِ وَالْإِطْعَامُ وَالصِّيَامُ، وَهُوَ قَوْلُ مُجَاهِدٍ. وَالَّذِي عِنْدَ مَالِكٍ هَا هُنَا هُوَ نُسُكٌ وَلَيْسَ بِهَدْيٍ ; فَإِنَّ الْهَدْيَ لَا يَكُونُ إِلَّا بِمَكَّةَ أَوْ بِمِنًى. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَالشَّافِعِيُّ: الدَّمُ وَالْإِطْعَامُ لَا يُجْزِيَانِ إِلَّا بِمَكَّةَ، وَالصَّوْمُ حَيْثُ شَاءَ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ مَا كَانَ مِنْ دَمِهِ فَبِمَكَّةَ، وَمَا كَانَ مِنْ إِطْعَامٍ وَصِيَامٍ فَحَيْثُ شَاءَ. وَعَنْ أَبِي حَنِيفَةَ مِثْلُهُ. وَلَمْ يَخْتَلِفْ قَوْلُ الشَّافِعِيِّ أَنَّ دَمَ الْإِطْعَامِ لَا يُجْزِئُ إِلَّا لِمَسَاكِينِ الْحَرَمِ. وَسَبَبُ الْخِلَافِ اسْتِعْمَالُ قِيَاسِ دَمِ النُّسُكِ عَلَى الْهَدْيِ؛ فَمَنْ قَاسَهُ عَلَى الْهَدْيِ أَوْجَبَ فِيهِ شُرُوطَ الْهَدْيِ مِنَ الذَّبْحِ فِي الْمَكَانِ الْمَخْصُوصِ بِهِ، وَفِي مَسَاكِينِ الْحَرَمِ. وَإِنْ كَانَ مَالِكٌ يَرَى أَنَّ الْهَدْيَ يَجُوزُ إِطْعَامُهُ لِغَيْرِ مَسَاكِينِ الْحَرَمِ. وَالَّذِي يَجْمَعُ النُّسُكَ وَالْهَدْيَ هُوَ أَنَّ الْمَقْصُودَ بِهِمَا مَنْفَعَةُ الْمَسَاكِينِ الْمُجَاوِرِينَ لِبَيْتِ اللَّهِ. وَالْمُخَالِفُ يَقُولُ: إِنَّ الشَّرْعَ لَمَّا فَرَّقَ بَيْنَ اسْمِهِمَا؛ فَسَمَّى أَحَدَهُمَا نُسُكًا، وَسَمَّى الْآخَرَ هَدْيًا - وَجَبَ أَنْ يَكُونَ حُكْمُهُمَا مُخْتَلِفًا. وَأَمَّا الْوَقْتُ فَالْجُمْهُورُ عَلَى أَنَّ هَذِهِ الْكَفَّارَةَ لَا تَكُونُ إِلَّا بَعْدَ إِمَاطَةِ الْأَذَى، وَلَا يَبْعُدُ أَنْ يَدْخُلَهُ الْخِلَافُ قِيَاسًا عَلَى كَفَّارَةِ الْأَيْمَانِ. فَهَذَا هُوَ الْقَوْلُ فِي كَفَّارَةِ إِمَاطَةِ الْأَذَى. وَاخْتَلَفُوا فِي حَلْقِ الرَّأْسِ هَلْ هُوَ مِنْ مَنَاسِكِ الْحَجِّ؟ أَوْ هُوَ مِمَّا يُتَحَلَّلُ بِهِ مِنْهُ؟ وَلَا خِلَافَ بَيْنَ الْجُمْهُورِ فِي أَنَّهُ مِنْ أَعْمَالِ الْحَجِّ، وَأَنَّ الْحَلْقَ أَفْضَلُ مِنَ التَّقْصِيرِ؛ لِمَا ثَبَتَ مِنْ حَدِيثِ ابْنِ عُمَرَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - قَالَ: «اللَّهُمَّ، ارْحَمِ الْمُحَلِّقِينَ! قَالُوا: وَالْمُقَصِّرِينَ يَا رَسُولَ اللَّهِ؟ قَالَ: اللَّهُمَّ، ارْحَمِ الْمُحَلِّقِينَ!

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