Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Et al-Shāfi‘ī et Abū Hanīfa disent : « S’il se rase sans nécessité, seul un sacrifice lui incombe. »

Ils divergent sur la question de savoir si la compensation pour l’élimination d’une gêne n’incombe qu’à celui qui agit délibérément, ou si celui qui agit par oubli est soumis au même régime. Mālik dit : « Celui qui agit délibérément et celui qui agit par oubli sont soumis au même régime. » C’est aussi l’avis d’Abū Hanīfa, d’al-Thawrī et d’al-Layth. Al-Shāfi‘ī, selon l’un de ses deux avis, ainsi que les tenants de l’école littéraliste, disent : « Aucune compensation n’incombe à celui qui agit par oubli. »

Ceux qui font de la nécessité une condition de l’obligation de cette compensation s’appuient sur le texte. Ceux qui l’imposent même en l’absence de nécessité avancent l’argument suivant : si elle incombe à celui qui agit par nécessité, elle incombe à plus forte raison à celui qui agit sans nécessité. Ceux qui distinguent l’acte délibéré de l’oubli se fondent sur la distinction établie entre eux par la Loi dans de nombreux cas, ainsi que sur la portée générale de cette parole du Très-Haut :

« Vous n’encourez aucun péché pour ce que vous faites par erreur, mais seulement pour ce que vos cœurs font délibérément. » [Les Coalisés : 5]

Ils s’appuient également sur la portée générale de cette parole du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — :

« L’erreur et l’oubli ont été pardonnés à ma communauté. »

Ceux qui ne font pas de distinction raisonnent par analogie avec les nombreux actes cultuels pour lesquels la Loi ne distingue pas l’erreur de l’oubli.

Quant à la nature de la compensation pour l’élimination d’une gêne, les savants s’accordent à reconnaître trois possibilités, au choix : le jeûne, la nourriture offerte aux pauvres ou le sacrifice, conformément à cette parole du Très-Haut :

« Qu’il s’acquitte d’une compensation par un jeûne, une aumône ou un sacrifice. » [La Vache : 196]

La majorité considère qu’il faut nourrir six pauvres et que le sacrifice consiste au minimum en une tête de petit bétail. Il est rapporté d’al-Hasan, de ‘Ikrima et de Nāfi‘ qu’ils ont dit : « Il faut nourrir dix pauvres, ou jeûner dix jours. »

La majorité s’appuie sur le hadith authentique de Ka‘b ibn ‘Ujra. Ceux qui prescrivent dix jours de jeûne raisonnent par analogie avec le jeûne prescrit à celui qui accomplit la ‘umra puis le hajj en se désacralisant entre les deux, et établissent une équivalence entre le jeûne et la nourriture offerte. Ils se fondent également sur ce qui est dit au sujet de la compensation pour le gibier tué, dans cette parole du Très-Haut :

« Ou l’équivalent en jeûne. » [La Table servie : 95]

Quant à la quantité de nourriture à remettre à chacun des six pauvres mentionnés dans le texte, les juristes divergent à ce sujet en raison de la diversité des traditions relatives à la nourriture offerte au titre des expiations. Mālik, al-Shāfi‘ī, Abū Hanīfa et leurs disciples disent : « Il faut remettre à chaque pauvre deux mudds, selon la mesure du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue. »

Il est rapporté qu’al-Thawrī a dit : « Un demi-sā‘ s’il s’agit de blé, et un sā‘ s’il s’agit de dattes, de raisins secs ou d’orge. » Le même avis est également rapporté d’Abū Hanīfa ; telle est sa règle générale en matière d’expiations.

Quant aux actes qui rendent la compensation obligatoire, ils s’accordent à l’imposer à celui qui se rase la tête par nécessité, en raison d’une maladie ou de parasites qui lui causent une gêne à la tête. Ibn ‘Abbās dit : « La maladie désigne les plaies à la tête ; la gêne désigne les poux et autres choses semblables. » ‘Atā’ dit : « La maladie désigne les maux de tête ; la gêne désigne les poux et autres choses semblables. »

La majorité considère que, lorsqu’une personne en état de sacralisation accomplit l’un des actes qui lui sont interdits — porter des vêtements cousus, se raser la tête ou se couper les ongles —, elle doit s’acquitter d’une compensation, à savoir un sacrifice, selon des modalités sur lesquelles ils divergent, ou de la nourriture à distribuer. Ils ne distinguent pas, pour ces actes, selon qu’ils sont accomplis pour écarter un préjudice ou non. Il en va de même de l’usage du parfum.

Certains disent : « Rien n’est dû pour le fait de se couper les ongles. » D’autres disent : « Un sacrifice est dû. » Ibn al-Mundhir rapporte un consensus sur l’interdiction, pour la personne en état de sacralisation, de se couper les ongles.

وَقَالَ الشَّافِعِيُّ وَأَبُو حَنِيفَةَ: إِنْ حَلَقَ دُونَ ضَرُورَةٍ فَإِنَّمَا عَلَيْهِ دَمٌ فَقَطْ. وَاخْتَلَفُوا هَلْ مِنْ شَرْطِ مَنْ وَجَبَتْ عَلَيْهِ الْفِدْيَةُ بِإِمَاطَةِ الْأَذَى أَنْ يَكُونَ مُتَعَمِّدًا؟ أَوِ النَّاسِي فِي ذَلِكَ وَالْمُتَعَمَّدُ سَوَاءٌ؟ فَقَالَ مَالِكٌ: الْعَامِدُ فِي ذَلِكَ وَالنَّاسِي وَاحِدٌ. وَهُوَ قَوْلُ أَبِي حَنِيفَةَ وَالثَّوْرِيِّ وَاللَّيْثِ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ فِي أَحَدِ قَوْلَيْهِ، وَأَهْلُ الظَّاهِرِ: لَا فِدْيَةَ عَلَى النَّاسِي. فَمَنِ اشْتَرَطَ فِي وُجُوبِ الْفِدْيَةِ الضَّرُورَةَ فَدَلِيلُهُ النَّصُّ، وَمَنْ أَوْجَبَ ذَلِكَ عَلَى غَيْرِ الْمُضْطَرِّ فَحُجَّتُهُ أَنَّهُ إِذَا وَجَبَتْ عَلَى الْمُضْطَرِّ فَهِيَ عَلَى غَيْرِ الْمُضْطَرِّ أَوْجَبُ. وَمَنْ فَرَّقَ بَيْنَ الْعَامِدِ وَالنَّاسِي فَلِتَفْرِيقِ الشَّرْعِ فِي ذَلِكَ بَيْنَهُمَا فِي مَوَاضِعَ كَثِيرَةٍ، وَلِعُمُومِ قَوْله تَعَالَى: {وَلَيْسَ عَلَيْكُمْ جُنَاحٌ فِيمَا أَخْطَأْتُمْ بِهِ وَلَكِنْ مَا تَعَمَّدَتْ قُلُوبُكُمْ} [الأحزاب: ٥] ، وَلِعُمُومِ قَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «رُفِعَ عَنْ أُمَّتِي الْخَطَأُ وَالنِّسْيَانُ» . وَمَنْ لَمْ يُفَرِّقْ بَيْنَهُمَا فَقِيَاسًا عَلَى كَثِيرٍ مِنَ الْعِبَادَاتِ الَّتِي لَمْ يُفَرِّقِ الشَّرْعُ فِيهَا بَيْنَ الْخَطَأِ وَالنِّسْيَانِ. وَأَمَّا مَا يَجِبُ فِيهِ فِدْيَةُ الْأَذَى فَإِنَّ الْعُلَمَاءَ أَجْمَعُوا عَلَى أَنَّهَا ثَلَاثُ خِصَالٍ عَلَى التَّخْيِيرِ: الصِّيَامُ، وَالْإِطْعَامُ، وَالنُّسُكُ ; لِقَوْلِهِ تَعَالَى: {فَفِدْيَةٌ مِنْ صِيَامٍ أَوْ صَدَقَةٍ أَوْ نُسُكٍ} [البقرة: ١٩٦] . وَالْجُمْهُورُ عَلَى أَنَّ الْإِطْعَامَ هُوَ لِسِتَّةِ مَسَاكِينَ، وَأَنَّ النُّسُكَ أَقَلَّهُ شَاةٌ. وَرُوِيَ عَنْ الْحَسَنُ، وَعِكْرِمَةَ وَنَافِعٍ - أَنَّهُمْ قَالُوا: الْإِطْعَامُ لِعَشَرَةِ مَسَاكِينَ، وَالصِّيَامُ عَشَرَةُ أَيَّامٍ. وَدَلِيلُ الْجُمْهُورِ حَدِيثُ كَعْبِ بْنِ عُجْرَةَ الثَّابِتُ، وَأَمَّا مَنْ قَالَ: الصِّيَامُ عَشَرَةُ أَيَّامٍ - فَقِيَاسًا عَلَى صِيَامِ التَّمَتُّعِ وَتَسْوِيَةِ الصِّيَامِ مَعَ الْإِطْعَامِ. وَلِمَا وَرَدَ أَيْضًا فِي جَزَاءِ الصَّيْدِ فِي قَوْله تَعَالَى: {أَوْ عَدْلُ ذَلِكَ صِيَامًا} [المائدة: ٩٥] . وَأَمَّا كَمْ يُطْعِمُ لِكُلِّ مِسْكِينٍ مِنَ الْمَسَاكِينِ السِّتَّةِ الَّتِي وَرَدَ فِيهَا النَّصُّ فَإِنَّ الْفُقَهَاءَ اخْتَلَفُوا فِي ذَلِكَ؛ لِاخْتِلَافِ الْآثَارِ فِي الْإِطْعَامِ فِي الْكَفَّارَاتِ، فَقَالَ مَالِكٌ وَالشَّافِعِيُّ وَأَبُو حَنِيفَةَ وَأَصْحَابُهُمُ: الْإِطْعَامُ فِي ذَلِكَ مُدَّانِ بِمُدِّ النَّبِيِّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - لِكُلِّ مِسْكِينٍ. وَرُوِيَ عَنِ الثَّوْرِيِّ أَنَّهُ قَالَ: مِنَ الْبُرِّ نِصْفُ صَاعٍ، وَمِنَ التَّمْرِ وَالزَّبِيبِ وَالشَّعِيرِ صَاعٌ. وَرُوِيَ أَيْضًا عَنْ أَبِي حَنِيفَةَ مِثْلُهُ، وَهُوَ أَصْلُهُ فِي الْكَفَّارَاتِ. وَأَمَّا مَا تَجِبُ فِيهِ الْفِدْيَةُ فَاتَّفَقُوا عَلَى أَنَّهَا تَجِبُ عَلَى مَنْ حَلَقَ رَأْسَهُ لِضَرُورَةِ مَرَضٍ أَوْ حَيَوَانٍ يُؤْذِيهِ فِي رَأْسِهِ. قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: الْمَرَضُ أَنْ يَكُونَ بِرَأْسِهِ قُرُوحٌ، وَالْأَذَى: الْقَمْلُ وَغَيْرُهُ. وَقَالَ عَطَاءٌ: الْمَرَضُ الصُّدَاعُ، وَالْأَذَى: الْقَمْلُ وَغَيْرُهُ. وَالْجُمْهُورُ عَلَى أَنَّ كُلَّ مَا مُنِعَهُ الْمُحْرِمُ مِنْ لِبَاسِ الثِّيَابِ الْمَخِيطَةِ وَحَلْقِ الرَّأْسِ وَقَصِّ الْأَظْفَارِ، أَنَّهُ إِذَا اسْتَبَاحَهُ فَعَلَيْهِ الْفِدْيَةُ، أَيْ: دَمٌ عَلَى اخْتِلَافٍ بَيْنَهُمْ فِي ذَلِكَ، أَوْ إِطْعَامٍ. وَلَمْ يُفَرِّقُوا بَيْنَ الضَّرَرِ وَغَيْرِهِ فِي هَذِهِ الْأَشْيَاءِ. وَكَذَلِكَ اسْتِعْمَالُ الطِّيبِ. وَقَالَ قَوْمٌ: لَيْسَ فِي قَصِّ الْأَظْفَارِ شَيْءٌ. وَقَالَ قَوْمٌ: فِيهِ دَمٌ. وَحَكَى ابْنُ الْمُنْذِرِ أَنَّ مَنْعَ الْمُحْرِمِ قَصَّ الْأَظْفَارِ إِجْمَاعٌ.

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