Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

troisième. C’est également l’avis d’Ibn Mas‘ūd.

Ils invoquent le hadith d’al-Hajjāj ibn ‘Amr al-Ansārī, qui rapporte : « J’ai entendu le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — dire :

“Celui qui subit une fracture ou devient boiteux est délié de son état de sacralisation, mais il doit accomplir un autre pèlerinage.” »

Ils invoquent également leur consensus selon lequel les circumambulations autour de la Maison ne constituent pas une condition de la désacralisation du pèlerin empêché par un ennemi. La majorité considère que le pèlerin empêché par une maladie doit offrir un sacrifice.

Abū Thawr et Dāwūd estiment qu’aucun sacrifice ne lui incombe, s’appuyant sur le sens apparent de la règle relative à ce pèlerin empêché et sur le fait que le verset concernant l’empêchement vise celui causé par un ennemi.

Ils sont unanimes à lui imposer le rattrapage. Selon Mālik, quiconque manque le pèlerinage en raison d’une erreur dans le décompte des jours, parce qu’il n’a pas aperçu le croissant lunaire ou pour toute autre excuse relève des mêmes règles que le pèlerin empêché par une maladie.

Abū Hanīfa dit : « Celui qui manque le pèlerinage pour une excuse autre que la maladie se désacralise en accomplissant une ‘umra. Aucun sacrifice ne lui incombe, mais il doit recommencer le pèlerinage. » Selon Mālik, le Mecquois empêché par une maladie est soumis aux mêmes règles que celui qui n’habite pas La Mecque : il se désacralise en accomplissant une ‘umra, doit offrir un sacrifice et recommencer le pèlerinage. Al-Zuhrī dit : « Il doit impérativement accomplir une station lors d’une ‘umra, dût-il être porté sur une civière. »

Le principe de la doctrine de Mālik est que le pèlerin empêché par une maladie n’est tenu à aucun sacrifice s’il demeure en état de sacralisation jusqu’à l’année suivante et accomplit alors le pèlerinage de rattrapage. En revanche, s’il se désacralise en accomplissant une ‘umra, il doit offrir le sacrifice du pèlerin empêché, car il s’est rasé la tête avant d’immoler sa bête lors du pèlerinage de rattrapage.

Quiconque interprète cette parole du Très-Haut :

« Lorsque vous serez en sécurité, quiconque jouira de la désacralisation entre la ‘umra et le pèlerinage » [Al-Baqara : 196]

comme s’adressant au pèlerin empêché doit, selon le sens apparent du verset, considérer que deux sacrifices lui incombent : l’un pour s’être rasé la tête au moment de sa désacralisation, avant l’immolation lors du pèlerinage de rattrapage ; l’autre pour avoir bénéficié de la désacralisation entre la ‘umra et le pèlerinage. S’il se désacralise de sa ‘umra durant les mois du pèlerinage, un troisième sacrifice lui incombe : celui du tamattu‘, qui constitue l’une des modalités d’accomplissement du pèlerinage.

Pour cette raison, Mālik — qu’Allah lui fasse miséricorde — retenait une interprétation selon laquelle un seul sacrifice incombe au pèlerin empêché. Il disait que le sacrifice mentionné dans cette parole du Très-Haut :

« Si vous êtes empêchés, offrez ce qui vous sera aisé comme bête de sacrifice » [Al-Baqara : 196]

est précisément celui qui est mentionné dans cette autre parole :

« Lorsque vous serez en sécurité, quiconque jouira de la désacralisation entre la ‘umra et le pèlerinage offrira ce qui lui sera aisé comme bête de sacrifice. » [Al-Baqara : 196]

Cette interprétation est toutefois forcée. Le sens le plus manifeste est que cette parole du Très-Haut :

« Lorsque vous serez en sécurité, quiconque jouira de la désacralisation entre la ‘umra et le pèlerinage » [Al-Baqara : 196]

ne concerne pas le pèlerin empêché, mais bien le tamattu‘ proprement dit. C’est comme s’Il avait dit : « Si vous n’êtes pas dans la crainte, mais bénéficiez de la désacralisation entre la ‘umra et le pèlerinage, offrez ce qui vous sera aisé comme bête de sacrifice. » Cette interprétation est étayée par Sa parole :

« Cela concerne celui dont la famille ne réside pas aux abords de la Mosquée sacrée. » [Al-Baqara : 196]

Or, en matière d’empêchement, celui qui réside aux abords de la Mosquée sacrée et celui qui réside ailleurs sont soumis aux mêmes règles, de l’avis unanime.

Nous avons exposé les règles relatives au pèlerin empêché dont Allah a expressément fait mention. Abordons maintenant les règles concernant celui qui tue du gibier.

الثَّالِثِ. وَبِهِ قَالَ ابْنُ مَسْعُودٍ. وَاحْتَجُّوا بِحَدِيثِ الْحَجَّاجِ بْنِ عَمْرٍو الْأَنْصَارِيِّ قَالَ: سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - يَقُولُ: «مَنْ كُسِرَ أَوْ عَرِجَ فَقَدْ حَلَّ، وَعَلَيْهِ حِجَّةٌ أُخْرَى» . وَبِإِجْمَاعِهِمْ عَلَى أَنَّ الْمُحْصَرَ بِعَدُوٍّ لَيْسَ مِنْ شَرْطِ إِحْلَالِهِ الطَّوَافُ بِالْبَيْتِ. وَالْجُمْهُورُ عَلَى أَنَّ الْمُحْصَرَ بِمَرَضٍ عَلَيْهِ الْهَدْيُ. وَقَالَ أَبُو ثَوْرٍ وَدَاوُدُ: لَا هَدْيَ عَلَيْهِ اعْتِمَادًا عَلَى ظَاهِرِ حُكْمِ هَذَا الْمُحْصَرِ، وَعَلَى أَنَّ الْآيَةَ الْوَارِدَةَ فِي الْمُحْصَرِ هُوَ حَصْرُ الْعَدُوِّ. وَأَجْمَعُوا عَلَى إِيجَابِ الْقَضَاءِ عَلَيْهِ، وَكُلُّ مَنْ فَاتَهُ الْحَجُّ بِخَطَأٍ مِنَ الْعَدَدِ فِي الْأَيَّامِ، أَوْ بِخَفَاءِ الْهِلَالِ عَلَيْهِ، أَوْ غَيْرِ ذَلِكَ مِنَ الْأَعْذَارِ - فَحُكْمُهُ حُكْمُ الْمُحْصَرِ بِمَرَضٍ عِنْدَ مَالِكٍ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: مَنْ فَاتَهُ الْحَجُّ بِعُذْرٍ غَيْرَ الْمَرَضِ يَحِلُّ بِعُمْرَةٍ، وَلَا هَدْيَ عَلَيْهِ، وَعَلَيْهِ إِعَادَةُ الْحَجِّ. وَالْمَكِّيُّ الْمُحْصَرُ بِمَرَضٍ عِنْدَ مَالِكٍ كَغَيْرِ الْمَكِّيِّ يَحِلُّ بِعُمْرَةٍ، وَعَلَيْهِ الْهَدْيُ وَإِعَادَةُ الْحَجِّ. وَقَالَ الزُّهْرِيُّ: لَا بُدَّ أَنْ يَقِفَ بِعُمْرَةٍ، وَإِنْ نُعِشَ نَعْشًا. وَأَصْلُ مَذْهَبِ مَالِكٍ أَنَّ الْمُحْصَرَ بِمَرَضٍ إِنْ بَقِيَ عَلَى إِحْرَامِهِ إِلَى الْعَامِ الْمُقْبِلِ حَتَّى يَحُجَّ حِجَّةَ الْقَضَاءِ فَلَا هَدْيَ عَلَيْهِ، فَإِنْ تَحَلَّلَ بِعُمْرَةٍ فَعَلَيْهِ هَدْيُ الْمُحْصَرِ؛ لِأَنَّهُ حَلَقَ رَأْسَهُ قَبْلَ أَنْ يَنْحَرَ فِي حِجَّةِ الْقَضَاءِ. وَكَانَ مَنْ تَأَوَّلَ قَوْلَهُ سُبْحَانَهُ: {فَإِذَا أَمِنْتُمْ فَمَنْ تَمَتَّعَ بِالْعُمْرَةِ إِلَى الْحَجِّ} [البقرة: ١٩٦] أَنَّهُ خِطَابٌ لِلْمُحْصَرِ، وَجَبَ عَلَيْهِ أَنْ يَعْتَقِدَ عَلَى ظَاهِرِ الْآيَةِ أَنَّ عَلَيْهِ هَدْيَيْنِ: هَدْيًا لِحَلْقِهِ عِنْدَ التَّحَلُّلِ قَبْلَ نَحْرِهِ فِي حِجَّةِ الْقَضَاءِ، وَهَدْيًا لِتَمَتُّعِهِ بِالْعُمْرَةِ إِلَى الْحَجِّ. وَإِنْ حَلَّ فِي أَشْهُرِ الْحَجِّ مِنَ الْعُمْرَةِ وَجَبَ عَلَيْهِ هَدْيٌ ثَالِثٌ، وَهُوَ هَدْيُ التَّمَتُّعِ الَّذِي هُوَ أَحَدُ أَنْوَاعِ نُسُكِ الْحَجِّ. وَأَمَّا مَالِكٌ - رَحِمَهُ اللَّهُ - فَكَانَ يَتَأَوَّلُ؛ لِمَكَانِ هَذَا أَنَّ الْمُحْصَرَ إِنَّمَا عَلَيْهِ هَدْيٌ وَاحِدٌ، وَكَانَ يَقُولُ: إِنَّ الْهَدْيَ الَّذِي فِي قَوْلِهِ سُبْحَانَهُ: {فَإِنْ أُحْصِرْتُمْ فَمَا اسْتَيْسَرَ مِنَ الْهَدْيِ} [البقرة: ١٩٦] - هُوَ بِعَيْنِهِ الْهَدْيُ الَّذِي فِي قَوْلِهِ: {فَإِذَا أَمِنْتُمْ فَمَنْ تَمَتَّعَ بِالْعُمْرَةِ إِلَى الْحَجِّ فَمَا اسْتَيْسَرَ مِنَ الْهَدْيِ} [البقرة: ١٩٦] . وَفِيهِ بُعْدٌ فِي التَّأْوِيلِ، وَالْأَظْهَرُ أَنَّ قَوْلَهُ سُبْحَانَهُ: {فَإِذَا أَمِنْتُمْ فَمَنْ تَمَتَّعَ بِالْعُمْرَةِ إِلَى الْحَجِّ} [البقرة: ١٩٦] ، أَنَّهُ فِي غَيْرِ الْمُحْصَرِ بَلْ هُوَ فِي التَّمَتُّعِ الْحَقِيقِيِّ. فَكَأَنَّهُ قَالَ: فَإِذَا لَمْ تَكُونُوا خَائِفِينَ، لَكِنْ تَمَتَّعْتُمْ بِالْعُمْرَةِ إِلَى الْحَجِّ - فَمَا اسْتَيْسَرَ مِنَ الْهَدْيِ. وَيَدُلُّ عَلَى هَذَا التَّأْوِيلِ قَوْلُهُ سُبْحَانَهُ: {ذَلِكَ لِمَنْ لَمْ يَكُنْ أَهْلُهُ حَاضِرِي الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ} [البقرة: ١٩٦] . وَالْمُحْصَرُ يَسْتَوِي فِيهِ حَاضِرُ الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ وَغَيْرُهُ بِإِجْمَاعٍ. وَقَدْ قُلْنَا فِي أَحْكَامِ الْمُحْصَرِ الَّذِي نَصَّ اللَّهُ عَلَيْهِ، فَلْنَقُلْ فِي أَحْكَامِ الْقَاتِلِ لِلصَّيْدِ.

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