Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Ils divergent toutefois sur le cas de celui qui lapide les stèles avant le zénith durant les jours de tashrīq. La majorité des savants a dit :

« Celui qui les lapide avant le zénith doit recommencer après le zénith. »

Il est rapporté qu’Abū Ja‘far Muhammad ibn ‘Alī a dit :

« La lapidation des stèles peut se faire du lever au coucher du soleil. »

Ils sont unanimes à considérer que celui qui n’a pas lapidé les stèles durant les jours de tashrīq, jusqu’au coucher du soleil du dernier de ces jours, ne les lapide plus ensuite.

Ils divergent sur la compensation expiatoire due. Mālik a dit :

« Quiconque omet tous les jets de cailloux, une partie d’entre eux ou même un seul doit offrir une bête en sacrifice. »

Abū Hanīfa a dit :

« S’il les omet tous, il doit offrir une bête en sacrifice. S’il omet un caillou ou davantage, il doit donner à un pauvre un demi-sā‘ de blé pour chaque caillou omis, la compensation allant jusqu’à un sacrifice en cas d’omission de l’ensemble. La lapidation de la stèle d’al-‘Aqaba fait exception : celui qui l’omet doit offrir une bête en sacrifice. »

Al-Shāfi‘ī a dit :

« Pour un caillou omis, il doit donner un mudd de nourriture ; pour deux cailloux, deux mudd ; pour trois, il doit offrir une bête en sacrifice. »

Al-Thawrī a exprimé le même avis, sauf qu’il a dit :

« Le sacrifice est dû au quatrième caillou omis. »

Un groupe de successeurs des Compagnons a fait preuve de tolérance pour l’omission d’un seul caillou, sans imposer de compensation. Leur preuve est le hadith de Sa‘d ibn Abī Waqqās, qui a dit :

« Nous sommes partis avec le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — lors de son pèlerinage. Certains d’entre nous disaient : “J’ai lancé sept cailloux”, et d’autres : “J’en ai lancé six”, sans que les uns le reprochent aux autres. »

Les zāhirites ont dit :

« Aucune compensation n’est due pour cela. »

La majorité considère que la lapidation de la stèle d’al-‘Aqaba ne fait pas partie des piliers du pèlerinage. ‘Abd al-Malik (l’un des disciples de Mālik) a dit :

« Elle fait partie des piliers du pèlerinage. »

Tels sont, dans leur ensemble, les actes du pèlerinage, depuis l’entrée en état de sacralisation jusqu’à sa levée. La désacralisation est de deux sortes : la désacralisation majeure, qui correspond à la circumambulation principale du pèlerinage, et la désacralisation mineure, qui correspond à la lapidation de la stèle d’al-‘Aqaba. Nous exposerons les divergences à ce sujet.

[Exposé de la troisième catégorie]

[L’empêchement d’accomplir le pèlerinage]

La troisième catégorie porte sur les règles juridiques. Il reste à examiner les règles relatives aux divergences qui se présentent dans le pèlerinage. Les principales concernent celui qui, après avoir entrepris le pèlerinage, en est empêché par une maladie ou un ennemi ; celui qui manque le délai prévu pour un acte conditionnant la validité du pèlerinage ; ou celui qui invalide son pèlerinage en commettant certains interdits portant atteinte à la validité du pèlerinage ou à celle des pratiques qui le composent, qu’il s’agisse d’abstentions ou d’actes à accomplir.

Commençons par les cas qui font l’objet d’un texte explicite de la Loi : celui du pèlerin empêché de poursuivre son pèlerinage, celui de la personne qui tue du gibier, celui du pèlerin qui se rase la tête avant le moment prescrit pour le faire, ou qui se débarrasse des salissures corporelles avant de sortir de l’état de sacralisation. Peuvent également entrer dans ce chapitre les règles concernant celui qui accomplit successivement la ‘umra et le pèlerinage en se désacralisant entre les deux, ainsi que celui qui les accomplit conjointement, selon l’avis qui considère que l’obligation du sacrifice, dans ces cas, tient à la dérogation accordée.

وَاخْتَلَفُوا إِذَا رَمَاهَا قَبْلَ الزَّوَالِ فِي أَيَّامِ التَّشْرِيقِ، فَقَالَ جُمْهُورُ الْعُلَمَاءِ: مَنْ رَمَاهَا قَبْلَ الزَّوَالِ أَعَادَ رَمْيَهَا بَعْدَ الزَّوَالِ. وَرُوِيَ عَنْ أَبِي جَعْفَرٍ مُحَمَّدِ بْنِ عَلِيٍّ أَنَّهُ قَالَ: رَمْيُ الْجِمَارِ مِنْ طُلُوعِ الشَّمْسِ إِلَى غُرُوبِهَا. وَأَجْمَعُوا عَلَى أَنَّ مَنْ لَمْ يَرْمِ الْجِمَارَ أَيَّامَ التَّشْرِيقِ حَتَّى تَغِيبَ الشَّمْسُ مِنْ آخِرِهَا أَنَّهُ لَا يَرْمِيهَا بَعْدُ. وَاخْتَلَفُوا فِي الْوَاجِبِ مِنَ الْكَفَّارَةِ، فَقَالَ مَالِكٌ: إِنَّ مَنْ تَرَكَ الْجِمَارَ كُلَّهَا، أَوْ بَعْضَهَا، أَوْ وَاحِدَةً مِنْهَا - فَعَلَيْهِ دَمٌ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: إِنْ تَرَكَ كُلَّهَا كَانَ عَلَيْهِ دَمٌ، وَإِنْ تَرَكَ جَمْرَةً وَاحِدَةً فَصَاعِدًا كَانَ عَلَيْهِ لِكُلِّ جَمْرَةٍ إِطْعَامُ مِسْكِينٍ نِصْفَ صَاعٍ حِنْطَةً، إِلَى أَنْ يَبْلُغَ دَمًا بِتَرْكِ الْجَمِيعِ، إِلَّا جَمْرَةَ الْعَقَبَةِ، فَمَنْ تَرَكَهَا فَعَلَيْهِ دَمٌ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: عَلَيْهِ فِي الْحَصَاةِ مُدٌّ مِنْ طَعَامٍ، وَفِي حَصَاتَيْنِ مُدَّانِ، وَفِي ثَلَاثٍ دَمٌ. وَقَالَ الثَّوْرِيُّ مِثْلَهُ، إِلَّا أَنَّهُ قَالَ: فِي الرَّابِعَةِ الدَّمُ. وَرَخَّصَتْ طَائِفَةٌ مِنَ التَّابِعِينَ فِي الْحَصَاةِ الْوَاحِدَةِ، وَلَمْ يَرَوْا فِيهَا شَيْئًا. وَالْحُجَّةُ لَهُمْ حَدِيثُ سَعْدِ بْنِ أَبِي وَقَّاصٍ قَالَ: «خَرَجْنَا مَعَ رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - فِي حَجَّتِهِ، فَبَعْضُنَا يَقُولُ: رَمَيْتُ بِسَبْعٍ، وَبَعْضُنَا يَقُولُ: رَمَيْتُ بِسِتٍّ، فَلَمْ يَعِبْ بَعْضُنَا عَلَى بَعْضٍ» . وَقَالَ أَهْلُ الظَّاهِرِ: لَا شَيْءَ فِي ذَلِكَ. وَالْجُمْهُورُ عَلَى أَنَّ جَمْرَةَ الْعَقَبَةِ لَيْسَتْ مِنْ أَرْكَانِ الْحَجِّ. وَقَالَ عَبْدُ الْمَلِكِ (مِنْ أَصْحَابِ مَالِكٍ) : هِيَ مِنْ أَرْكَانِ الْحَجِّ. فَهَذِهِ هِيَ جُمْلَةُ أَفْعَالِ الْحَجِّ مِنْ حِينِ الْإِحْرَامِ إِلَى أَنْ يُحِلَّ. وَالتَّحَلُّلُ تَحَلُّلَانِ: تَحَلُّلٌ أَكْبَرُ، وَهُوَ طَوَافُ الْإِفَاضَةِ. وَتَحَلُّلٌ أَصْغَرُ، وَهُوَ رَمْيُ جَمْرَةِ الْعَقَبَةِ. وَسَنَذْكُرُ مَا فِي هَذَا الِاخْتِلَافِ. [الْقَوْلُ فِي الْجِنْسِ الثَّالِثِ] [الْقَوْلُ فِي الْإِحْصَارِ في الحج] الْقَوْلُ فِي الْجِنْسِ الثَّالِثِ وَهُوَ الَّذِي يَتَضَمَّنُ الْقَوْلَ فِي الْأَحْكَامِ، وَقَدْ بَقِيَ الْقَوْلُ فِي حُكْمِ الِاخْتِلَافَاتِ الَّتِي تَقَعُ فِي الْحَجِّ. وَأَعْظَمُهَا فِي حُكْمِ مَنْ شَرَعَ فِي الْحَجِّ فَمُنِعَهُ بِمَرْضٍ أَوْ بِعَدُوٍّ، أَوْ فَاتَهُ وَقْتُ الْفِعْلِ الَّذِي هُوَ شَرْطٌ فِي صِحَّةِ الْحَجِّ، أَوْ أَفْسَدَ حَجَّهُ بِإِتْيَانِهِ بَعْضَ الْمَحْظُورَاتِ الْمُفْسِدَةِ لِلْحَجِّ، أَوْ لِلْأَفْعَالِ الَّتِي هِيَ تُرُوكٌ أَوْ أَفْعَالٌ. فَلْنَبْتَدِئْ مِنْ هَذِهِ بِمَا هُوَ نَصٌّ فِي الشَّرِيعَةِ، وَهُوَ حُكْمُ الْمُحْصَرِ، وَحُكْمُ قَاتِلِ الصَّيْدِ، وَحُكْمُ الْحَالِقِ رَأْسَهُ قَبْلَ مَحَلِّ الْحَلْقِ، وَإِلْقَائِهِ التَّفَثَ قَبْلَ أَنْ يَحِلَّ. وَقَدْ يَدْخُلُ فِي هَذَا الْبَابِ حُكْمُ الْمُتَمَتِّعِ، وَحُكْمُ الْقَارِنِ عَلَى الْقَوْلِ بِأَنَّ وُجُوبَ الْهَدْيِ فِي هَذِهِ هُوَ لِمَكَانِ الرُّخْصَةِ.

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