Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Mālik a également dit :

« La dispense accordée aux gardiens de troupeaux s’entend ainsi : une fois le jour du sacrifice passé et la stèle d’al-‘Aqaba lapidée, lorsque vient le troisième jour, qui est le premier jour du départ, le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — leur a permis de procéder ce jour-là au jet de cailloux pour ce jour et pour le lendemain. S’ils repartent alors, ils ont achevé leurs rites ; s’ils restent jusqu’au lendemain, ils procèdent au jet de cailloux avec les autres, le dernier jour du départ, puis repartent. »

Pour l’ensemble des savants, la dispense accordée aux gardiens de troupeaux consiste à regrouper en une seule journée les jets de cailloux de deux jours. Toutefois, selon Mālik, seuls peuvent être regroupés ceux dont l’obligation est déjà devenue effective : par exemple, procéder le troisième jour aux jets de cailloux du deuxième et du troisième jour. En effet, selon lui, on ne peut rattraper qu’une obligation déjà devenue effective. De nombreux savants ont permis de regrouper en une seule journée les jets de cailloux de deux jours, que le jour dont on regroupe les jets avec ceux d’un autre soit antérieur ou postérieur à celui-ci. Ils n’ont pas assimilé cela à un rattrapage.

Il est établi que :

« Lors de son pèlerinage, le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — lapida la stèle le jour du sacrifice, puis immola ses chameaux sacrificiels, se rasa ensuite la tête et accomplit enfin la circumambulation principale du pèlerinage. »

Les savants sont unanimes à considérer que telle est la pratique du pèlerinage conforme à la sunna.

Ils divergent toutefois au sujet de celui qui accomplit en premier un rite que le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — avait accompli ensuite, ou inversement.

Mālik a dit :

« Celui qui se rase la tête avant de lapider la stèle d’al-‘Aqaba doit s’acquitter d’une compensation. »

Al-Shāfi‘ī, Ahmad, Dāwūd et Abū Thawr ont dit :

« Aucune compensation ne lui incombe. »

Ils s’appuient principalement sur le hadith rapporté par Mālik, dans lequel ‘Abd Allah ibn ‘Umar dit :

« Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — se tint à la disposition des gens à Minā, et ceux-ci lui posaient des questions. Un homme vint le trouver et lui dit : “Ô Messager d’Allah, sans m’en rendre compte, je me suis rasé la tête avant d’immoler ma bête !” Il répondit — sur lui la bénédiction et la paix : “Immole-la, il n’y a aucun mal à cela !” Un autre vint ensuite et dit : “Ô Messager d’Allah, sans m’en rendre compte, j’ai immolé ma bête avant de procéder au jet de cailloux !” Il répondit — sur lui la bénédiction et la paix : “Procède au jet de cailloux, il n’y a aucun mal à cela !” Ce jour-là, ajouta le rapporteur, chaque fois que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — fut interrogé au sujet d’un rite accompli avant ou après sa place dans l’ordre prévu, il répondit : “Fais-le, il n’y a aucun mal à cela.” »

Ce récit a également été rapporté d’après Ibn ‘Abbās, qui le tient du Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix.

Mālik s’appuie principalement sur le fait que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a imposé une compensation à celui qui, par nécessité, s’était rasé la tête avant le moment prescrit. Qu’en serait-il donc de celui qui le fait sans nécessité ? De plus, le hadith ne mentionne pas le fait de se raser la tête avant le jet de cailloux aux stèles. Selon Mālik, aucune compensation n’incombe à celui qui se rase la tête avant d’immoler sa bête, ni à celui qui l’immole avant de procéder au jet de cailloux.

Abū Hanīfa a dit :

« Si

وَقَالَ مَالِكٌ: وَمَعْنَى الرُّخْصَةِ لِلرُّعَاةِ إِنَّمَا ذَلِكَ إِذَا مَضَى يَوْمَ النَّحْرِ، وَرَمَوْا جَمْرَةَ الْعَقَبَةِ، ثُمَّ كَانَ الْيَوْمُ الثَّالِثُ، وَهُوَ أَوَّلُ أَيَّامِ النَّفْرِ، فَرَخَّصَ لَهُمْ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - أَنْ يَرْمُوا فِي ذَلِكَ الْيَوْمِ لَهُ وَلِلْيَوْمِ الَّذِي بَعْدَهُ؛ فَإِنْ نَفَرُوا فَقَدْ فَرَغُوا، وَإِنْ أَقَامُوا إِلَى الْغَدِ رَمَوْا مَعَ النَّاسِ يَوْمَ النَّفْرِ الْأَخِيرِ وَنَفَرُوا. وَمَعْنَى الرُّخْصَةِ لِلرُّعَاةِ عِنْدَ جَمَاعَةِ الْعُلَمَاءِ هُوَ جَمْعُ يَوْمَيْنِ فِي يَوْمٍ وَاحِدٍ، إِلَّا أَنَّ مَالِكًا إِنَّمَا يُجْمَعُ عِنْدَهُ مَا وَجَبَ مِثْلُ أَنْ يَجْمَعَ فِي الثَّالِثِ فَيَرْمِي عَنِ الثَّانِي وَالثَّالِثِ؛ لِأَنَّهُ لَا يُقْضَى عِنْدَهُ إِلَّا مَا وَجَبَ. وَرَخَّصَ كَثِيرٌ مِنَ الْعُلَمَاءِ فِي جَمْعِ يَوْمَيْنِ فِي يَوْمٍ، سَوَاءٌ تَقَدَّمَ ذَلِكَ الْيَوْمُ الَّذِي أُضِيفَ إِلَى غَيْرِهِ أَوْ تَأَخَّرَ، وَلَمْ يُشَبِّهُوهُ بِالْقَضَاءِ. وَثَبَتَ «أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - رَمَى فِي حِجَّتِهِ الْجَمْرَةَ يَوْمَ النَّحْرِ، ثُمَّ نَحَرَ بُدُنَهُ، ثُمَّ حَلَقَ رَأْسَهُ، ثُمَّ طَافَ طَوَافَ الْإِفَاضَةِ» . وَأَجْمَعَ الْعُلَمَاءُ عَلَى أَنَّ هَذَا سُنَّةُ الْحَجِّ. وَاخْتَلَفُوا فِيمَنْ قَدَّمَ مِنْ هَذِهِ مَا أَخَّرَهُ النَّبِيُّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -، أَوْ بِالْعَكْسِ، فَقَالَ مَالِكٌ: مَنْ حَلَقَ قَبْلَ أَنْ يَرْمِيَ جَمْرَةَ الْعَقَبَةِ فَعَلَيْهِ الْفِدْيَةُ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ وَأَحْمَدُ وَدَاوُدُ وَأَبُو ثَوْرٍ: لَا شَيْءَ عَلَيْهِ. وَعُمْدَتُهُمْ مَا رَوَاهُ مَالِكٌ مِنْ حَدِيثِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ أَنَّهُ قَالَ: «وَقَفَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - لِلنَّاسِ بِمِنًى، وَالنَّاسُ يَسْأَلُونَهُ، فَجَاءَهُ رَجُلٌ فَقَالَ: يَا رَسُولَ اللَّهِ، لَمْ أَشْعُرْ فَحَلَقْتُ قَبْلَ أَنْ أَنْحَرَ! فَقَالَ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: انْحَرْ وَلَا حَرَجَ! ثُمَّ جَاءَهُ آخَرُ، فَقَالَ: يَا رَسُولَ اللَّهِ، لَمْ أَشْعُرْ فَنَحَرْتُ قَبْلَ أَنْ أَرْمِيَ! فَقَالَ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: ارْمِ وَلَا حَرَجَ! قَالَ: فَمَا سُئِلَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - يَوْمَئِذٍ عَنْ شَيْءٍ قُدِّمَ أَوْ أُخِّرَ إِلَّا قَالَ: افْعَلْ وَلَا حَرَجَ» . وَرَوَى هَذَا مِنْ طَرِيقِ ابْنِ عَبَّاسٍ عَنِ النَّبِيِّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -. وَعُمْدَةُ مَالِكٍ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - حَكَمَ عَلَى مَنْ حَلَقَ قَبْلَ مَحَلِّهِ مِنْ ضَرُورَةٍ بِالْفِدْيَةِ، فَكَيْفَ مِنْ غَيْرِ ضَرُورَةٍ؟ مَعَ أَنَّ الْحَدِيثَ لَمْ يُذْكَرْ فِيهِ حَلْقُ الرَّأْسِ قَبْلَ رَمْيِ الْجِمَارِ. وَعِنْدَ مَالِكٍ أَنَّ مَنْ حَلَقَ قَبْلَ أَنْ يَذْبَحَ فَلَا شَيْءَ عَلَيْهِ، وَكَذَلِكَ مَنْ ذَبَحَ قَبْلَ أَنْ يَرْمِيَ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: إِنْ

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