la personne en état de sacralisation ne cesse de prononcer la talbiya qu’au moment de lapider la stèle d’al-‘Aqaba, conformément à ce récit établi : « Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — continua de prononcer la talbiya jusqu’à ce qu’il lapide la stèle d’al-‘Aqaba. »
Ils divergent toutefois sur le moment précis où elle cesse de la prononcer. Certains disent : après avoir achevé cette lapidation, en s’appuyant sur ce récit d’Ibn ‘Abbās : « Al-Fadl ibn ‘Abbās était monté en croupe derrière le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix —, et ce dernier continua de prononcer la talbiya jusqu’à la lapidation de la stèle d’al-‘Aqaba ; il cessa de la prononcer au dernier caillou. » D’autres disent : elle cesse plutôt de la prononcer dès le premier caillou qu’elle lance. Cet avis est rapporté d’Ibn Mas‘ūd. D’autres opinions ont été transmises quant au moment où l’on cesse de prononcer la talbiya, mais ces deux avis sont les plus connus.
Ils divergent également sur le moment où l’on cesse de prononcer la talbiya lors de la ‘umra. Mālik dit : lorsqu’on atteint le territoire sacré. Abū Hanīfa partage cet avis. Al-Shāfi‘ī dit : lorsqu’on commence les circumambulations. Mālik suit en cela Ibn ‘Umar et ‘Urwa. Quant à al-Shāfi‘ī, son argument est que la talbiya constitue une réponse à l’appel à accomplir les circumambulations autour de la Maison sacrée : on ne cesse donc de la prononcer qu’en commençant cet acte.
Cette divergence tient à l’opposition entre le raisonnement analogique et la pratique de certains Compagnons. Comme nous l’avons dit, la majorité des savants s’accordent à permettre à la personne en état de sacralisation d’adjoindre le pèlerinage à la ‘umra, mais ils divergent sur le fait d’adjoindre la ‘umra au pèlerinage. Abū Thawr dit : « On ne peut adjoindre ni un pèlerinage à une ‘umra ni une ‘umra à un pèlerinage, de même qu’on ne peut adjoindre une prière à une autre. »
Tels sont donc les actes propres à la personne en état de sacralisation, la sacralisation étant le premier acte du pèlerinage. L’acte qui vient ensuite est l’accomplissement des circumambulations à l’entrée dans La Mecque. Abordons donc les circumambulations.
[Des circumambulations autour de la Maison sacrée]
Notre étude des circumambulations portera sur leur manière d’être accomplies, leurs conditions, leur caractère obligatoire ou recommandé, ainsi que leur nombre.
De la manière de les accomplir
Les savants de la majorité s’accordent sur la manière d’accomplir toute circumambulation, obligatoire ou non : on commence à la Pierre noire ; si l’on peut l’embrasser, on le fait ; sinon, on la touche de la main, puis on embrasse celle-ci, si cela est possible. On garde ensuite la Maison sacrée à sa gauche et l’on avance vers sa droite pour accomplir sept tours. On effectue les trois premiers à vive allure, puis les quatre autres en marchant normalement. Cela concerne les circumambulations d’arrivée à La Mecque, pour celui qui accomplit le pèlerinage ou la ‘umra, à l’exclusion de celui qui accomplit le tamattu‘ (une ‘umra suivie du pèlerinage, avec désacralisation entre les deux).
Ils s’accordent également sur le fait que les femmes ne sont pas tenues de marcher à vive allure. On touche l’angle yéménite, situé du côté de l’angle de la Pierre noire, car cette manière de procéder est établie par la pratique du Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix.