Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Et d’autres ont dit : « Il n’entra en sacralisation qu’en parvenant à al-Baydā’. » D’autres encore ont dit : « Il ne proclama son entrée en sacralisation qu’une fois installé sur sa monture. »

Interrogé sur ces divergences, Ibn ‘Abbās répondit : « Chacun rapportait non pas la toute première proclamation du Prophète — sur lui la bénédiction et la paix —, mais la première qu’il avait lui-même entendue, car les gens arrivaient en se pressant. » Selon cette explication, il n’y a donc pas de contradiction entre ces récits : la proclamation de l’entrée en sacralisation eut lieu immédiatement après la prière.

Les jurisconsultes des grandes villes s’accordent à dire que le Mecquois n’est tenu de proclamer son entrée en sacralisation qu’au moment de partir pour Minā, afin d’enchaîner aussitôt avec les rites du pèlerinage. Ils s’appuient sur ce que Mālik rapporte d’après Ibn Jurayj, qui dit à ‘Abd Allāh ibn ‘Umar : « Je t’ai vu accomplir ici quatre choses que je n’ai vu personne d’autre accomplir. » Parmi celles-ci, il mentionna : « J’ai constaté que, lorsque tu es à La Mecque, les gens proclament leur entrée en sacralisation dès qu’ils aperçoivent le croissant de lune, tandis que toi, tu ne le fais qu’au jour de la Tarwiya ! » Ibn ‘Umar lui répondit : « Quant à la proclamation de l’entrée en sacralisation, je n’ai jamais vu le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — la faire avant que sa monture ne se mette en marche avec lui. » Il entend par là le fait d’enchaîner aussitôt avec les rites du pèlerinage. Mālik rapporte également que ‘Umar ibn al-Khattāb ordonnait aux habitants de La Mecque de proclamer leur entrée en sacralisation dès qu’ils apercevaient le croissant de lune.

Ils ne divergent pas sur le fait que le Mecquois entre en sacralisation à l’intérieur même de La Mecque lorsqu’il accomplit le pèlerinage. En revanche, lorsqu’il accomplit une ‘umra, ils s’accordent à dire qu’il doit sortir du territoire sacré, puis entrer en sacralisation depuis l’extérieur, afin de réunir dans son parcours le territoire non sacré et le territoire sacré, comme le fait le pèlerin — je veux dire que celui-ci se rend à ‘Arafa, qui se trouve hors du territoire sacré. En somme, ils s’accordent à reconnaître que telle est la pratique prescrite à celui qui accomplit une ‘umra.

Ils divergent toutefois sur le cas de celui qui ne le fait pas. Certains estiment que sa ‘umra est valide, mais qu’il doit offrir un sacrifice ; c’est l’avis d’Abū Hanīfa et d’Ibn al-Qāsim. D’autres estiment qu’elle n’est pas valide ; c’est l’avis d’al-Thawrī et d’Ashhab.

Quant au moment où la personne en état de sacralisation cesse de prononcer la talbiya, les avis divergent. Mālik rapporte que ‘Alī ibn Abī Tālib — qu’Allah l’agrée — cessait de la prononcer lorsque le soleil commençait à décliner après le zénith, le jour de ‘Arafa. Mālik a dit : « Telle est la pratique à laquelle les savants de notre ville se sont toujours tenus. » Ibn Shihāb a dit : « Les imams Abū Bakr, ‘Umar, ‘Uthmān et ‘Alī cessaient de prononcer la talbiya lorsque le soleil commençait à décliner après le zénith, le jour de ‘Arafa. »

Abū ‘Umar ibn ‘Abd al-Barr a dit : « Les récits transmis à ce sujet d’après ‘Uthmān et ‘Ā’isha divergent. »

La majorité des jurisconsultes des grandes villes et des spécialistes du hadith — Abū Hanīfa, al-Shāfi‘ī, al-Thawrī, Ahmad, Ishāq, Abū Thawr, Dāwūd, Ibn Abī Laylā, Abū ‘Ubayd, al-Tabarī et al-Hasan ibn Huyayy — estiment que

وَقَالَ آخَرُونَ: إِنَّمَا أَحْرَمَ حِينَ أَطَلَّ عَلَى الْبَيْدَاءِ، وَقَالَ قَوْمٌ: إِنَّمَا أَهَلَّ حِينَ اسْتَوَتْ بِهِ رَاحِلَتُهُ. وَسُئِلَ ابْنُ عَبَّاسٍ عَنِ اخْتِلَافِهِمْ فِي ذَلِكَ، فَقَالَ: كُلٌّ حَدَّثَ لَا عَنْ أَوَّلِ إِهْلَالِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - بَلْ عَنْ أَوَّلِ إِهْلَالٍ سَمِعَهُ، وَذَلِكَ أَنَّ النَّاسَ يَأْتُونَ مُتَسَابِقِينَ. فَعَلَى هَذَا، لَا يَكُونُ فِي هَذَا اخْتِلَافٌ، وَيَكُونُ الْإِهْلَالُ إِثْرَ الصَّلَاةِ. وَأَجْمَعَ فُقَهَاءُ الْأَمْصَارِ عَلَى أَنَّ الْمَكِّيَّ لَا يَلْزَمُهُ الْإِهْلَالُ حَتَّى إِذَا خَرَجَ إِلَى مِنًى؛ لِيَتَّصِلَ لَهُ عَمَلُ الْحَجِّ. وَعُمْدَتُهُمْ «مَا رَوَاهُ مَالِكٌ عَنِ ابْنِ جُرَيْجٍ أَنَّهُ قَالَ لِعَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ: رَأَيْتُكَ تَفْعَلُ هُنَا أَرْبَعًا لَمْ أَرَ أَحَدٌ يَفْعَلُهَا، فَذَكَرَ مِنْهَا: وَرَأَيْتُكَ إِذَا كُنْتَ بِمَكَّةَ أَهَلَّ النَّاسُ إِذَا رَأَوُا الْهِلَالَ، وَلَمْ تُهِلَّ أَنْتَ إِلَى يَوْمِ التَّرْوِيَةِ! فَأَجَابَهُ ابْنُ عُمَرَ: أَمَّا الْإِهْلَالُ فَإِنِّي لَمْ أَرَ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - يُهِلُّ حَتَّى تَنْبَعِثَ بِهِ رَاحِلَتُهُ» . يُرِيدُ حَتَّى يَتَّصِلَ لَهُ عَمَلُ الْحَجِّ. وَرَوَى مَالِكٌ أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ كَانَ يَأْمُرُ أَهْلَ مَكَّةَ أَنْ يُهِلُّوا إِذَا رَأَوُا الْهِلَالَ. وَلَا خِلَافَ عِنْدِهِمْ أَنَّ الْمَكِّيَّ لَا يُهِلُّ إِلَّا مِنْ جَوْفِ مَكَّةَ إِذَا كَانَ حَاجًّا، وَأَمَّا إِذَا كَانَ مُعْتَمِرًا فَإِنَّهُمْ أَجْمَعُوا عَلَى أَنَّهُ يَلْزَمُهُ أَنْ يَخْرُجَ إِلَى الْحِلِّ، ثُمَّ يُحْرِمَ مِنْهُ؛ لِيَجْمَعَ بَيْنَ الْحِلِّ وَالْحَرَمِ، كَمَا يَجْمَعُ الْحَاجُّ، أَعْنِي؛ لِأَنَّهُ يَخْرُجُ إِلَى عَرَفَةَ وَهُوَ حِلٌّ) وَبِالْجُمْلَةِ، فَاتَّفَقُوا عَلَى أَنَّهَا سُنَّةُ الْمُعْتَمِرِ. وَاخْتَلَفُوا إِنْ لَمْ يَفْعَلْ فَقَالَ قَوْمٌ: يُجْزِيهِ، وَعَلَيْهِ دَمٌ، وَبِهِ قَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَابْنُ الْقَاسِمِ. وَقَالَ آخَرُونَ: لَا يُجْزِيهِ، وَهُوَ قَوْلُ الثَّوْرِيِّ وَأَشْهَبَ. وَأَمَّا مَتَى يَقْطَعُ الْمُحْرِمُ التَّلْبِيَةَ فَإِنَّهُمُ اخْتَلَفُوا فِي ذَلِكَ، فَرَوَى مَالِكٌ أَنَّ عَلِيَّ بْنَ أَبِي طَالِبٍ - رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ - كَانَ يَقْطَعُ التَّلْبِيَةَ إِذَا زَاغَتِ الشَّمْسُ مِنْ يَوْمِ عَرَفَةَ. وَقَالَ مَالِكٌ: وَذَلِكَ الْأَمْرُ الَّذِي لَمْ يَزَلْ عَلَيْهِ أَهْلُ الْعِلْمِ بِبَلَدِنَا. وَقَالَ ابْنُ شِهَابٍ: كَانَتِ الْأَئِمَّةُ أَبُو بَكْرٍ وَعُمَرُ وَعُثْمَانُ وَعَلِيٌّ - يَقْطَعُونَ التَّلْبِيَةَ عِنْدَ زَوَالِ الشَّمْسِ مِنْ يَوْمِ عَرَفَةَ. قَالَ أَبُو عُمَرَ بْنُ عَبْدِ الْبَرِّ: وَاخْتُلِفَ فِي ذَلِكَ عَنْ عُثْمَانَ وَعَائِشَةَ. وَقَالَ جُمْهُورُ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ وَأَهْلُ الْحَدِيثِ أَبُو حَنِيفَةَ وَالشَّافِعِيُّ وَالثَّوْرِيُّ وَأَحْمَدُ وَإِسْحَاقُ وَأَبُو ثَوْرٍ وَدَاوُدُ وَابْنُ أَبِي لَيْلَى وَأَبُو عُبَيْدٍ وَالطَّبَرِيُّ وَالْحَسَنُ بْنُ حُيَيٍّ: إِنَّ

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