Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

ce verset relatif aux ablutions, pour ceux qui comprennent la parole du Très-Haut :

« Ô vous qui croyez ! Lorsque vous vous levez pour la prière »

[al-Mā’ida : 6]

au sens de : « Lorsque vous vous levez après avoir dormi », comme cela est rapporté de Zayd ibn Aslam et d’autres parmi les Anciens.

Les sens apparents de ces traditions étant contradictoires, les savants ont adopté deux démarches : faire prévaloir certaines traditions ou les concilier. Ceux qui ont suivi la première démarche ont soit écarté toute obligation de refaire les ablutions après le sommeil, conformément au sens apparent des hadiths qui en dispensent, soit imposé de les refaire après tout sommeil, bref ou prolongé, là encore selon le sens apparent des hadiths qui en dispensent (je veux dire : selon qu’ils ont jugé prépondérants les hadiths imposant les ablutions ou ceux qui en dispensent).

Ceux qui ont choisi de concilier les traditions ont compris les hadiths imposant de refaire les ablutions après le sommeil comme visant le sommeil prolongé, et ceux qui en dispensent comme visant le sommeil bref. C’est, comme nous l’avons dit, la position de la majorité. Selon la plupart des spécialistes des fondements du droit, concilier les textes est préférable à faire prévaloir les uns sur les autres, tant que cette conciliation est possible.

Al-Shāfi‘ī, quant à lui, a compris ces traditions comme n’exceptant, parmi les positions du dormeur, que la position assise, car cette pratique est rapportée de manière authentique des Compagnons (je veux dire qu’ils dormaient assis, puis priaient sans refaire leurs ablutions).

Abū Hanīfa n’a imposé de refaire les ablutions qu’après un sommeil en position allongée, car cela figure dans un hadith remontant au Prophète — sur lui la prière et la paix —, qui a dit :

« Seul celui qui a dormi allongé doit refaire ses ablutions. »

Une tradition en ce sens est solidement établie d’après ‘Umar.

Pour Mālik, le sommeil ne rompt les ablutions que parce qu’il favorise généralement la survenue de ce qui les rompt. Il a donc pris en compte trois facteurs : la profondeur du sommeil, sa durée ou la position du dormeur. Dans une position qui favorise généralement l’émission de ce qui rompt les ablutions, il n’a exigé ni que le sommeil soit prolongé ni qu’il soit profond ; en revanche, il a posé cette condition pour les positions qui ne favorisent généralement pas une telle émission.

Troisième question

Les savants ont divergé sur l’obligation de refaire les ablutions après avoir touché une femme avec la main ou une autre partie sensible du corps. Certains considèrent que celui qui touche une femme de la main, par contact direct, sans qu’aucun écran ni tissu ne les sépare, doit refaire ses ablutions. Il en va de même pour celui qui l’embrasse, car le baiser est, selon eux, une forme de toucher, qu’il procure ou non du plaisir. Telle est la position d’al-Shāfi‘ī et de ses disciples. Toutefois, tantôt il distingue celui qui touche de celui qui est touché, imposant les ablutions au premier mais non au second, tantôt il leur applique la même règle. De même, tantôt il distingue les femmes avec lesquelles le mariage est interdit des autres femmes, tantôt il leur applique la même règle.

D’autres considèrent que le toucher impose de refaire les ablutions lorsqu’il s’accompagne de plaisir ou de l’intention d’en éprouver, selon certaines distinctions qu’ils établissent à ce sujet, que le contact ait lieu avec ou sans écran, et quelle que soit la partie du corps concernée. Le baiser fait toutefois exception, car ils n’exigent pas que le plaisir soit ressenti

آيَةِ الْوُضُوءِ عِنْدَ مَنْ كَانَ عِنْدَهُ الْمَعْنَى فِي قَوْله تَعَالَى: {يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا إِذَا قُمْتُمْ إِلَى الصَّلاةِ} [المائدة: ٦] أَيْ إِذَا قُمْتُمْ مِنَ النَّوْمِ عَلَى مَا رُوِيَ عَنْ زَيْدِ بْنِ أَسْلَمَ وَغَيْرِهِ مِنَ السَّلَفِ. فَلَمَّا تَعَارَضَتْ ظَوَاهِرُ هَذِهِ الْآثَارِ ذَهَبَ الْعُلَمَاءُ فِيهَا مَذْهَبَيْنِ: مَذْهَبَ التَّرْجِيحِ، وَمَذْهَبَ الْجَمْعِ ; فَمَنْ ذَهَبَ مَذْهَبَ التَّرْجِيحِ إِمَّا أَسْقَطَ وُجُوبَ الْوُضُوءِ مِنَ النَّوْمِ أَصْلًا عَلَى ظَاهِرِ الْأَحَادِيثِ الَّتِي تُسْقِطُهُ وَإِمَّا أَوْجَبَهُ مِنْ قَلِيلِهِ وَكَثِيرِهِ عَلَى ظَاهِرِ الْأَحَادِيثِ الَّتِي تُسقطه أَيْضًا (أَعْنِي: عَلَى حَسَبِ مَا تَرَجَّحَ عِنْدَهُ مِنَ الْأَحَادِيثِ الْمُوجِبَةِ، أَوْ مِنَ الْأَحَادِيثِ الْمُسْقِطَةِ) . وَمَنْ ذَهَبَ مَذْهَبَ الْجَمْعِ حَمَلَ الْأَحَادِيثَ الْمُوجِبَةَ لِلْوُضُوءِ مِنْهُ عَلَى الْكَثِيرِ، وَالْمُسْقِطَةَ لِلْوُضُوءِ عَلَى الْقَلِيلِ، وَهُوَ كَمَا قُلْنَا مَذْهَبُ الْجُمْهُورِ، وَالْجَمْعُ أَوْلَى مِنَ التَّرْجِيحِ مَا أَمْكَنَ الْجَمْعُ عِنْدَ أَكْثَرِ الْأُصُولِيِّينَ. وَأَمَّا الشَّافِعِيُّ فَإِنَّمَا حَمَلَهَا عَلَى أَنَّ المسْتَثْنَى مِنْ هَيْئَاتِ النَّائِمِ الْجُلُوسَ فَقَطْ ; لِأَنَّهُ قَدْ صَحَّ ذَلِكَ عَنِ الصَّحَابَةِ (أَعْنِي أَنَّهُمْ كَانُوا يَنَامُونَ جُلُوسًا وَلَا يَتَوَضَّؤُونَ وَيُصَلُّونَ) . وَإِنَّمَا أَوْجَبَهُ أَبُو حَنِيفَةَ فِي النَّوْمِ وَالِاضْطِجَاعِ فَقَطْ ; لِأَنَّ ذَلِكَ وَرَدَ فِي حَدِيثٍ مَرْفُوعٍ، وَهُوَ أَنَّهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - قَالَ: «إِنَّمَا الْوُضُوءُ عَلَى مَنْ نَامَ مُضْطَجِعًا» وَالرِّوَايَةُ بِذَلِكَ ثَابِتَةٌ عَنْ عُمَرَ. وَأَمَّا مَالِكٌ فَلَمَّا كَانَ النَّوْمُ عِنْدَهُ إِنَّمَا يَنْقُضُ الْوُضُوءَ مِنْ حَيْثُ كَانَ غَالِبًا سَبَبًا لِلْحَدَثِ، رَاعَى فِيهِ ثَلَاثَةَ أَشْيَاءَ: الِاسْتِثْقَالَ أَوِ الطُّولَ أَوِ الْهَيْئَةَ، فَلَمْ يَشْتَرِطْ فِي الْهَيْئَةِ الَّتِي يَكُونُ مِنْهَا خُرُوجُ الْحَدَثِ غَالِبًا لَا الطُّولَ وَلَا الِاسْتِثْقَالَ، وَاشْتَرَطَ ذَلِكَ فِي الْهَيْئَاتِ الَّتِي لَا يَكُونُ خُرُوجُ الْحَدَثِ مِنْهَا غَالِبًا. الْمَسْأَلَةُ الثَّالِثَةُ اخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِي إِيجَابِ الْوُضُوءِ مِنْ لَمْسِ النِّسَاءِ بِالْيَدِ أَوْ بِغَيْرِ ذَلِكَ مِنَ الْأَعْضَاءِ الْحَسَّاسَةِ، فَذَهَبَ قَوْمٌ إِلَى أَنَّ مَنْ لَمَسَ امْرَأَةً بِيَدِهِ مُفْضِيًا إِلَيْهَا لَيْسَ بَيْنَهُ وَبَيْنَهَا حِجَابٌ وَلَا سِتْرٌ فَعَلَيْهِ الْوُضُوءُ، وَكَذَلِكَ مَنْ قَبَّلَهَا ; لِأَنَّ الْقُبْلَةَ عِنْدَهُمْ لَمْسٌ مَا، سَوَاءٌ الْتَذَّ أَمْ لَمْ يَلْتَذَّ وَبِهَذَا الْقَوْلِ قَالَ الشَّافِعِيُّ وَأَصْحَابُهُ، إِلَّا أَنَّهُ مَرَّةً فَرَّقَ بَيْنَ اللَّامِسِ وَالْمَلْمُوسِ، فَأَوْجَبَ الْوُضُوءَ عَلَى اللَّامِسِ دُونَ الْمَلْمُوسِ، وَمَرَّةً سَوَّى بَيْنَهُمَا، وَمَرَّةً فَرَّقَ أَيْضًا بَيْنَ ذَوَاتِ الْمَحَارِمِ وَمَرَّةً سَوَّى بَيْنَهُمَا. وَذَهَبَ آخَرُونَ إِلَى إِيجَابِ الْوُضُوءِ مِنَ اللَّمْسِ إِذَا قَارَنَتْهُ اللَّذَّةُ أَوْ قَصْدُ اللَّذَّةِ. فِي تَفْصِيلٍ لَهُمْ فِي ذَلِكَ، وَقَعَ بِحَائِلٍ أَوْ بِغَيْرِ حَائِلٍ بِأَيِّ عُضْوٍ اتَّفَقَ مَا عَدَا الْقُبْلَةَ، فَإِنَّهُمْ لَمْ يَشْتَرِطُوا لَذَّةً

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