« Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : “Gabriel est venu à moi et m’a ordonné de demander à mes Compagnons et à ceux qui m’accompagnent d’élever la voix en prononçant la talbiya et en proclamant leur entrée en sacralisation.” »
Selon le consensus des savants rapporté par Abū ‘Umar, la femme prononce la talbiya de manière à s’entendre elle-même. Mālik a dit : « Dans les mosquées où l’on prie en commun, la personne en état de sacralisation n’élève pas la voix ; il lui suffit de se faire entendre de ceux qui se trouvent à ses côtés. Font exception la Mosquée sacrée et la mosquée de Minā, où elle élève la voix. »
La majorité recommande d’élever la voix lorsque des groupes de voyageurs se rencontrent et lorsqu’on parvient sur une hauteur. Abū Hāzim a dit : « Les Compagnons du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — avaient déjà la voix enrouée avant d’atteindre al-Rawhā’. » Mālik ne considérait pas la talbiya comme un pilier du pèlerinage, mais imposait un sacrifice à celui qui la délaissait. D’autres la tenaient pour l’un de ses piliers.
Ceux qui la jugent obligatoire font valoir que les actes du Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — accomplis pour expliciter une obligation doivent eux-mêmes être considérés comme obligatoires, tant qu’aucune preuve n’indique le contraire. Ils invoquent cette parole du Prophète — sur lui la bénédiction et la paix :
« Apprenez de moi vos rites. »
C’est également cet argument qu’avancent ceux qui imposent de s’en tenir exclusivement aux termes qu’il employait dans la talbiya.
Ceux qui ne jugent pas obligatoire de reprendre ses termes s’appuient sur le hadith de Jābir, qui rapporte :
« Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — prononça la talbiya. »
Il mentionne alors la formule de talbiya figurant dans le hadith d’Ibn ‘Umar, puis ajoute dans son récit :
« Les gens y ajoutaient : “Me voici, ô Maître des voies d’ascension !”, ainsi que d’autres paroles semblables. Le Prophète les entendait sans rien dire. »
Ils s’appuient également sur les récits selon lesquels Ibn ‘Umar ajoutait des paroles à la talbiya, de même que ‘Umar ibn al-Khattāb, Anas et d’autres.
Les savants recommandent à celui qui entre en sacralisation de commencer la talbiya après avoir accompli une prière. Mālik recommandait de le faire après une prière surérogatoire, en raison du récit à chaîne interrompue qu’il rapporte d’après Hishām ibn ‘Urwa, d’après son père :
« Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — accomplissait deux unités de prière dans la mosquée de Dhū al-Hulayfa, puis, une fois installé sur sa monture, prononçait la talbiya. »
Les récits divergent quant à l’endroit précis, dans les environs de Dhū al-Hulayfa, où le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — entra en sacralisation pour son pèlerinage. Certains disent que ce fut à la mosquée de Dhū al-Hulayfa, après qu’il y eut prié.