Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

»

Le deuxième hadith est celui d’Ibn ‘Abbās, également rapporté par Mālik :

« Il offrit au Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — un âne sauvage, alors que celui-ci se trouvait à al-Abwā’ ou à Waddān. Le Messager le lui rendit en disant : “Nous ne te le rendons que parce que nous sommes en état de sacralisation.” »

Une autre raison explique cette divergence : l’interdiction de manger du gibier est-elle subordonnée au fait de l’avoir tué, ou chacun de ces deux actes est-il interdit séparément ? Ceux qui retiennent le hadith d’Abū Qatāda considèrent que l’interdiction de manger du gibier ne s’applique que si l’on a soi-même tué l’animal. Ceux qui retiennent le hadith d’Ibn ‘Abbās considèrent que chacun des deux actes est interdit indépendamment de l’autre.

Ceux qui cherchent à départager ces hadiths en privilégiant l’un d’eux retiennent soit celui d’Abū Qatāda, soit celui d’Ibn ‘Abbās. Ceux qui les concilient adoptent le troisième avis.

Ces derniers disent qu’il est préférable de concilier les hadiths. Ils appuient leur position sur cette parole du Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — rapportée par Jābir :

« Le gibier terrestre vous est licite lorsque vous êtes en état de sacralisation, tant que vous ne l’avez pas chassé vous-mêmes et qu’il n’a pas été chassé pour vous. »

Ils divergent également au sujet de celui qui se trouve dans une nécessité impérieuse : doit-il manger de la viande d’une bête morte ou chasser dans le territoire sacré ? Mālik, Abū Hanīfa, al-Thawrī, Zufar et un groupe de savants estiment qu’en cas de nécessité impérieuse, il doit manger de la viande d’une bête morte ou de porc, plutôt que du gibier. Abū Yūsuf considère qu’il doit chasser et manger sa prise, moyennant la compensation prescrite.

Le premier avis est préférable par souci de précaution. Celui d’Abū Yūsuf est toutefois plus conforme au raisonnement analogique : ces viandes sont interdites en elles-mêmes, tandis que le gibier est interdit en vue d’une certaine finalité. Or, ce qui est interdit pour une raison particulière fait l’objet d’une interdiction moins sévère que ce qui est interdit en soi ; l’interdiction de ce dernier est donc plus grave.

Les musulmans s’accordent ainsi à considérer ces cinq actes comme interdits en état de sacralisation.

Ils divergent, en revanche, au sujet du mariage de celui qui est en état de sacralisation. Mālik, al-Shāfi‘ī, al-Layth et al-Awzā‘ī estiment qu’il ne peut ni se marier ni marier autrui. S’il se marie, le mariage est nul. C’est également l’avis de ‘Umar, de ‘Alī ibn Abī Tālib, d’Ibn ‘Umar et de Zayd ibn Thābit. Abū Hanīfa et al-Thawrī considèrent qu’il n’y a aucun mal à ce qu’il se marie ou marie autrui.

Leur divergence tient à celle des traditions rapportées à ce sujet. L’une d’elles est le hadith de ‘Uthmān ibn ‘Affān, rapporté par Mālik, dans lequel il dit : « Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : “Celui qui est en état de sacralisation ne doit ni se marier, ni marier autrui, ni demander une femme en mariage.” »

Le hadith qui s’oppose à celui-ci est celui d’Ibn

» وَالْحَدِيثُ الثَّانِي: حَدِيثُ ابْنِ عَبَّاسٍ خَرَّجَهُ أَيْضًا مَالِكٌ: «أَنَّهُ أَهْدَى لِرَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - حِمَارًا وَحْشِيًّا وَهُوَ بِالْأَبْوَاءِ أَوْ بِوَدَّانَ فَرَدَّهُ عَلَيْهِ وَقَالَ: إِنَّا لَمْ نَرُدُّهُ عَلَيْكَ إِلَّا أَنَّا حُرُمٌ» ". وَلِلِاخْتِلَافِ سَبَبٌ آخَرُ: وَهُوَ هَلْ يَتَعَلَّقُ النَّهْيُ عَنِ الْأَكْلِ بِشَرْطِ الْقَتْلِ، أَوْ يَتَعَلَّقُ بِكُلِّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا النَّهْيُ عَنِ الِانْفِرَادِ؟ فَمَنْ أَخَذَ بِحَدِيثِ أَبِي قَتَادَةَ قَالَ: إِنَّ النَّهْيَ إِنَّمَا يَتَعَلَّقُ بِالْأَكْلِ مَعَ الْقَتْلِ، وَمَنْ أَخَذَ بِحَدِيثِ ابْنِ عَبَّاسٍ قَالَ: النَّهْيُ يَتَعَلَّقُ بِكُلِّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا عَلَى انْفِرَادِهِ. فَمَنْ ذَهَبَ فِي هَذِهِ الْأَحَادِيثِ مَذْهَبَ التَّرْجِيحِ قَالَ: إِمَّا بِحَدِيثِ أَبِي قَتَادَةَ، وَإِمَّا بِحَدِيثِ ابْنِ عَبَّاسٍ. وَمَنْ جَمَعَ بَيْنَ الْأَحَادِيثِ قَالَ بِالْقَوْلِ الثَّالِثِ. قَالُوا: وَالْجَمْعُ أَوْلَى، وَأَكَّدُوا ذَلِكَ بِمَا رُوِيَ عَنْ جَابِرٍ عَنِ النَّبِيِّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - أَنَّهُ قَالَ: «صَيْدُ الْبَرِّ حَلَالٌ لَكُمْ وَأَنْتُمْ حُرُمٌ مَا لَمْ تَصِيدُوهُ أَوْ يُصَدْ لَكُمْ» . وَاخْتَلَفُوا فِي الْمُضْطَرِّ هَلْ يَأْكُلُ الْمَيْتَةَ أَوْ يَصِيدُ فِي الْحَرَمِ؟ فَقَالَ مَالِكٌ وَأَبُو حَنِيفَةَ وَالثَّوْرِيُّ وَزُفَرُ وَجَمَاعَةٌ: إِذَا اضْطُرَّ أَكَلَ الْمَيْتَةِ وَلَحْمَ الْخِنْزِيرِ دُونَ الصَّيْدِ. وَقَالَ أَبُو يُوسُفَ: يَصِيدُ وَيَأْكُلُ وَعَلَيْهِ الْجَزَاءُ، وَالْأَوَّلُ أَحْسَنُ لِلذَّرِيعَةِ. وَقَوْلِ أَبِي يُوسُفَ: أَقْيَسُ لِأَنَّ تِلْكَ مُحَرَّمَةٌ لِعَيْنِهَا وَالصَّيْدُ مُحَرَّمٌ لِغَرَضٍ مِنَ الْأَغْرَاضِ، وَمَا حُرِّمَ لِعِلَّةٍ أَخَفُّ مِمَّا حُرِّمَ لِعَيْنِهِ، وَمَا هُوَ مُحَرَّمٌ لِعَيْنِهِ أَغْلَظُ. فَهَذِهِ الْخَمْسَةُ اتَّفَقَ الْمُسْلِمُونَ عَلَى أَنَّهَا مِنْ مَحْظُورَاتُ الْإِحْرَامِ. وَاخْتَلَفُوا فِي نِكَاحِ الْمُحْرِمِ، فَقَالَ مَالِكٌ وَالشَّافِعِيُّ وَاللَّيْثُ وَالْأَوْزَاعِيُّ: لَا يَنْكِحُ الْمُحْرِمُ وَلَا يُنْكِحُ، فَإِنْ نَكَحَ فَالنِّكَاحُ بَاطِلٌ، وَهُوَ قَوْلُ عُمَرَ وَعَلِيِّ بْنِ أَبِي طَالِبٍ وَابْنِ عُمَرَ وَزَيْدِ بْنِ ثَابِتٍ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَالثَّوْرِيُّ: لَا بَأْسَ بِأَنْ يَنْكِحَ الْمُحْرِمُ أَوْ أَنْ يُنْكِحَ. وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمُ: اخْتِلَافُ الْآثَارِ فِي ذَلِكَ فَأَحَدُهَا مَا رَوَاهُ مَالِكٌ مِنْ حَدِيثِ عُثْمَانَ بْنِ عَفَّانَ أَنَّهُ قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: «لَا يَنْكِحُ الْمُحْرِمُ وَلَا يُنْكِحُ وَلَا يَخْطُبُ» . وَالْحَدِيثُ الْمُعَارِضُ لِهَذَا حَدِيثُ ابْنِ

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