Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Le premier groupe invoque ce qui est rapporté de ‘Ā’isha, laquelle, ayant appris qu’Ibn ‘Umar désapprouvait que l’on se parfume avant d’entrer en état de sacralisation, déclara :

« Qu’Allah fasse miséricorde à Abū ‘Abd al-Rahmān ! J’ai parfumé le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix —, puis il eut des rapports avec ses épouses et entra, au matin, en état de sacralisation. »

Ils expliquent : après avoir eu des rapports avec ses épouses, il avait pris un bain rituel ; seule subsistait donc sur lui une trace de l’odeur du parfum, et non sa substance même.

Ils ajoutent : puisqu’un consensus s’est établi sur le fait que tout ce qu’il est interdit d’entreprendre en état de sacralisation — comme porter des vêtements ou tuer du gibier — ne peut non plus être maintenu dans cet état, il doit en aller de même du parfum.

Le désaccord tient donc à la contradiction entre les traditions relatives à cette question.

La troisième chose dont il faut s’abstenir est le rapport sexuel. Les musulmans s’accordent en effet à reconnaître que les rapports sexuels sont interdits au pèlerin dès son entrée en état de sacralisation, conformément à cette parole du Très-Haut :

« Nul rapport sexuel, nul acte de désobéissance et nulle dispute pendant le pèlerinage. »
[La Vache : 197]

La quatrième interdiction concerne l’élimination des saletés corporelles, des cheveux et des poils, ainsi que le fait de tuer les poux. Les savants s’accordent néanmoins sur la permission de se laver la tête pour se purifier d’une impureté majeure. Ils divergent, en revanche, sur le caractère répréhensible de ce lavage en dehors de cet état. La majorité estime qu’il n’y a aucun mal à se laver la tête, tandis que Mālik le réprouve.

Il s’appuie sur le récit suivant :

« ‘Abd Allāh ibn ‘Umar ne se lavait la tête, lorsqu’il était en état de sacralisation, qu’à la suite d’une pollution nocturne. »

La majorité s’appuie, quant à elle, sur ce que Mālik rapporte d’après ‘Abd Allāh ibn Jubayr :

« Ibn ‘Abbās et al-Miswar ibn Makhrama eurent un désaccord à al-Abwā’. ‘Abd Allāh disait : “Celui qui est en état de sacralisation peut se laver la tête.” Al-Miswar ibn Makhrama disait : “Il ne peut pas se laver la tête.”

‘Abd Allāh ibn ‘Abbās m’envoya alors auprès d’Abū Ayyūb al-Ansārī. Je le trouvai en train de se laver entre les deux montants, à l’abri des regards derrière une étoffe. Je le saluai et il demanda : “Qui est-ce ?” Je répondis : “‘Abd Allāh ibn Jubayr. ‘Abd Allāh ibn ‘Abbās m’a envoyé te demander comment le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — se lavait la tête lorsqu’il était en état de sacralisation.”

Abū Ayyūb posa la main sur l’étoffe ; celle-ci s’abaissa jusqu’à laisser apparaître sa tête. Il s’adressa ensuite à une personne qui lui versait de l’eau ; celle-ci en versa sur sa tête. Puis il se frotta la tête des deux mains, les faisant aller d’avant en arrière, et dit : “C’est ainsi que j’ai vu faire le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix.” »

‘Umar se lavait la tête en état de sacralisation et disait :

« L’eau ne fait que rendre mes cheveux plus ébouriffés. »

Mālik rapporte cela dans le Muwatta’.

Mālik interprète le hadith d’Abū Ayyūb comme se rapportant au bain rituel destiné à lever l’impureté majeure. L’argument en sa faveur est leur consensus sur l’interdiction, pour celui qui est en état de sacralisation, de tuer les poux, d’arracher les cheveux ou les poils et d’éliminer les saletés corporelles. Or, celui qui se lave la tête est nécessairement amené à

وَاعْتَلَّ الْفَرِيقُ الْأَوَّلُ بِمَا رُوِيَ عَنْ عَائِشَةَ أَنَّهَا قَالَتْ - وَقَدْ بَلَغَهَا إِنْكَارُ ابْنِ عُمَرَ تَطَيُّبَ الْمُحْرِمِ قَبْلَ إِحْرَامِهِ -: «يَرْحَمُ اللَّهُ أَبَا عَبْدِ الرَّحْمَنِ طَيَّبْتُ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - فَطَافَ عَلَى نِسَائِهِ ثُمَّ أَصْبَحَ مُحْرِمًا» . قَالُوا: وَإِذَا طَافَ عَلَى نِسَائِهِ اغْتَسَلَ، فَإِنَّمَا يَبْقَى عَلَيْهِ أَثَرُ رِيحِ الطِّيبِ لَا جِرْمُهُ نَفْسُهُ. قَالُوا: وَلَمَّا كَانَ الْإِجْمَاعُ قَدِ انْعَقَدَ عَلَى أَنَّ كُلَّ مَا لَا يَجُوزُ لِلْمُحْرِمِ ابْتِدَاؤُهُ وَهُوَ مُحْرِمٌ، مِثْلَ لُبْسٍ الثِّيَابِ وَقَتْلِ الصَّيْدِ، لَا يَجُوزُ لَهُ اسْتِصْحَابُهُ وَهُوَ مُحْرِمٌ، فَوَجَبَ أَنْ يَكُونَ الطِّيبُ كَذَلِكَ. فَسَبَبُ الْخِلَافِ: تَعَارُضُ الْآثَارِ فِي هَذَا الْحُكْمِ. وَأَمَّا الْمَتْرُوكُ الثَّالِثُ: فَهُوَ مُجَامَعَةُ النِّسَاءِ، وَذَلِكَ أَنَّهُ أَجْمَعَ الْمُسْلِمُونَ عَلَى أَنَّ وَطْءَ النِّسَاءِ عَلَى الْحَاجِّ حَرَامٌ مِنْ حِينِ يَحْرِمُ لِقَوْلِهِ - تَعَالَى -: {فَلا رَفَثَ وَلا فُسُوقَ وَلا جِدَالَ فِي الْحَجِّ} [البقرة: ١٩٧] . وَأَمَّا الْمَمْنُوعُ الرَّابِعُ: فَهُوَ إِلْقَاءُ التَّفَثِ وَإِزَالَةُ الشَّعَرِ وَقَتْلُ الْقَمْلِ، وَلَكِنِ اتَّفَقُوا عَلَى أَنَّهُ يَجُوزُ لَهُ غَسْلُ رَأْسِهِ مِنَ الْجَنَابَةِ، وَاخْتَلَفُوا فِي كَرَاهِيَةِ غُسْلِهِ مِنْ غَيْرِ الْجَنَابَةِ، فَقَالَ الْجُمْهُورُ: لَا بَأْسَ بِغَسْلِ رَأْسَهُ. وَقَالَ مَالِكٌ: بِكَرَاهِيَةِ ذَلِكَ. وَعُمْدَتُهُ: " أَنَّ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عُمَرَ كَانَ لَا يَغْسِلُ رَأْسَهُ وَهُوَ مُحْرِمٌ إِلَّا مِنَ الِاحْتِلَامِ " . وَعُمْدَةُ الْجُمْهُورِ مَا رَوَاهُ مَالِكٌ عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ جُبَيْرٍ: «أَنَّ ابْنَ عَبَّاسٍ وَالْمِسْوَرَ بْنَ مَخْرَمَةَ اخْتَلَفَا بِالْأَبْوَاءِ، فَقَالَ عَبْدُ اللَّهِ: يَغْسِلُ الْمُحْرِمُ رَأَسَهُ، وَقَالَ الْمِسْوَرُ بْنُ مَخْرَمَةَ: لَا يَغْسِلُ الْمُحْرِمُ رَأْسَهُ، قَالَ: فَأَرْسَلَنِي عَبْدُ اللَّهِ بْنُ عَبَّاسٍ إِلَى أَبِي أَيُّوبَ الْأَنْصَارِيِّ قَالَ: فَوَجَدْتُهُ يَغْتَسِلُ بَيْنَ الْقَرْنَيْنِ وَهُوَ مُسْتَتِرٌ بِثَوْبٍ، فَسَلَّمْتُ عَلَيْهِ فَقَالَ: مَنْ هَذَا؟ فَقُلْتُ: عَبْدُ اللَّهِ بْنُ جُبَيْرٍ أَرْسَلَنِي إِلَيْكَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ عَبَّاسٍ أَسْأَلُكَ كَيْفَ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - يَغْسِلُ رَأْسَهُ وَهُوَ مُحْرِمٌ، فَوَضَعَ أَبُو أَيُّوبَ يَدَهُ عَلَى الثَّوْبِ فَتَطَأْطَأَ حَتَّى بَدَا لِي رَأْسُهُ ثُمَّ قَالَ لِإِنْسَانٍ يَصُبُّ عَلَيْهِ: فَصَبَّ عَلَى رَأْسِهِ، ثُمَّ حَرَّكَ رَأْسَهُ بِيَدَيْهِ فَأَقْبَلَ بِهِمَا وَأَدْبَرَ، ثُمَّ قَالَ: هَكَذَا رَأَيْتُ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - يَفْعَلُ» . وَكَانَ عُمَرُ يَغْسِلُ رَأْسَهُ وَهُوَ مُحْرِمٌ وَيَقُولُ: " مَا يَزِيدُهُ الْمَاءُ إِلَّا شَعَثًا " رَوَاهُ مَالِكٌ فِي الْمُوَطَّأِ. وَحَمَلَ مَالِكٌ حَدِيثَ أَبِي أَيُّوبَ عَلَى غُسْلِ الْجَنَابَةِ، وَالْحُجَّةُ لَهُ إِجْمَاعُهُمْ عَلَى أَنَّ الْمُحْرِمَ مَمْنُوعٌ مِنْ قَتْلِ الْقَمْلِ وَنَتْفِ الشَّعَرِ وَإِلْقَاءِ التَّفَثِ - وَهُوَ الْوَسِخُ -، وَالْغَاسِلُ رَأَسَهُ هُوَ إِمَّا أَنْ

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