Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

l’ignorance préislamique, une pratique que l’on n’accomplissait pas durant les jours du pèlerinage. Tel est le sens de sa parole — sur lui la prière et la paix :

« La ‘umra a désormais sa place dans la période du pèlerinage, jusqu’au Jour de la Résurrection. »

Abū Hanīfa dit qu’elle peut être accomplie toute l’année, sauf le jour de ‘Arafa, le jour du sacrifice et les jours de tashrīq, durant lesquels elle est répréhensible.

Ils divergent sur le fait de l’accomplir plusieurs fois au cours d’une même année. Mālik recommandait une ‘umra par an et jugeait répréhensible d’en accomplir deux ou trois dans la même année. Al-Shāfi‘ī et Abū Hanīfa estiment que cela n’a rien de répréhensible.

Voilà pour les conditions temporelles et géographiques de l’entrée en état de sacralisation. Il convient ensuite de traiter de l’entrée en sacralisation elle-même. Auparavant, toutefois, nous devons exposer les abstentions qu’elle impose. Nous traiterons ensuite des actes propres à la personne en état de sacralisation jusqu’à sa désacralisation, ce qui comprend l’ensemble des actes et des abstentions du pèlerinage. Puis nous exposerons les règles relatives aux manquements à ces abstentions et à ces actes. Commençons donc par les abstentions.

[Ce que l’état de sacralisation interdit parmi les choses permises à celui qui n’est pas en cet état]

Des abstentions

Il s’agit des choses que l’état de sacralisation interdit, alors qu’elles sont permises à celui qui n’est pas en cet état. Le fondement de ce chapitre est le hadith établi que rapporte Mālik, d’après Nāfi‘, d’après ‘Abd Allāh ibn ‘Umar :

« Un homme demanda au Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix : “Quels vêtements la personne en état de sacralisation peut-elle porter ?” Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — répondit : “Ne portez ni chemises, ni turbans, ni pantalons, ni manteaux à capuchon, ni chaussons de cuir. Toutefois, celui qui ne trouve pas de sandales peut porter des chaussons de cuir, qu’il devra couper au-dessous des chevilles. Ne portez aucun vêtement imprégné de safran ou de wars (teinture végétale jaune).” »

Les savants s’accordent sur certaines règles énoncées dans ce hadith et divergent sur d’autres.

Parmi les points sur lesquels ils s’accordent : la personne en état de sacralisation ne porte ni chemise, ni aucun des vêtements mentionnés dans ce hadith, ni aucun vêtement cousu du même genre. Cette interdiction — je veux dire celle de porter des vêtements cousus — concerne exclusivement les hommes. La femme peut, sans inconvénient, porter une chemise, une robe, un pantalon, des chaussons de cuir et un voile.

Ils divergent au sujet de celui qui ne trouve qu’un pantalon : lui est-il permis de le porter ? Mālik et Abū Hanīfa estiment que cela ne lui est pas permis et que, s’il le porte, il doit s’acquitter d’une compensation. Al-Shāfi‘ī, al-Thawrī, Ahmad, Abū Thawr et Dāwūd estiment que rien ne lui incombe s’il ne trouve pas de pagne.

La position de Mālik repose sur le sens apparent du hadith d’Ibn ‘Umar cité précédemment. Il dit : « S’il y avait eu une dispense à ce sujet, le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — aurait mentionné cette exception, comme il l’a fait pour le port des chaussons de cuir. »

Le second groupe s’appuie sur le hadith de ‘Amr ibn

الْجَاهِلِيَّةِ لَا تُصْنَعُ فِي أَيَّامِ الْحَجِّ، وَهُوَ مَعْنَى قَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «دَخَلَتِ الْعُمْرَةُ فِي الْحَجِّ إِلَى يَوْمِ الْقِيَامَةِ» . وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: تَجُوزُ فِي كُلِّ السَّنَّةِ إِلَّا يَوْمَ عَرَفَةَ وَيَوْمَ النَّحْرِ وَأَيَّامَ التَّشْرِيقِ فَإِنَّهَا تُكْرَهُ. وَاخْتَلَفُوا فِي تَكْرِيرِهَا فِي السَّنَةِ الْوَاحِدَةِ مِرَارًا، فَكَانَ مَالِكٌ يَسْتَحِبُّ عُمْرَةً فِي كُلِّ سَنَّةٍ، وَيَكْرَهُ وُقُوعَ عُمْرَتَيْنِ عِنْدَهُ وَثَلَاثًا فِي السَّنَّةِ الْوَاحِدَةِ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ وَأَبُو حَنِيفَةَ: لَا كَرَاهِيَةَ فِي ذَلِكَ. فَهَذَا الْقَوْلُ فِي شُرُوطِ الْإِحْرَامِ الزَّمَانِيَّةِ وَالْمَكَانِيَّةِ، وَيَنْبَغِي بَعْدَ ذَلِكَ أَنْ نَصِيرَ إِلَى الْقَوْلِ فِي الْإِحْرَامِ، وَقَبْلَ ذَلِكَ يَنْبَغِي أَنْ نَقُولَ فِي تُرُوكِهِ، ثُمَّ نَقُولُ بَعْدَ ذَلِكَ فِي الْأَفْعَالِ الْخَاصَّةِ بِالْمُحْرِمِ إِلَى حِينِ إِحْلَالِهِ، وَهِيَ أَفْعَالُ الْحَجِّ كُلُّهَا وَتُرُوكُهُ، ثُمَّ نَقُولُ فِي أَحْكَامِ الْإِخْلَالِ بِالتُّرُوكِ وَالْأَفْعَالِ، وَلْنَبْدَأْ بِالتُّرُوكِ. [مَا يَمْنَعُ الْإِحْرَامَ مِنَ الْأُمُورِ الْمُبَاحَةِ لِلْحَلَالِ] الْقَوْلُ فِي التُّرُوكِ وَهُوَ مَا يَمْنَعُ الْإِحْرَامَ مِنَ الْأُمُورِ الْمُبَاحَةِ لِلْحَلَالِ وَالْأَصْلُ فِي هَذَا الْبَابِ مَا ثَبَتَ مِنْ حَدِيثِ مَالِكٍ عَنْ نَافِعٍ عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ: «أَنَّ رَجُلًا سَأَلَ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - مَا يَلْبَسُ الْمُحْرِمُ مِنَ الثِّيَابِ؟ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: لَا تَلْبَسُوا الْقُمُصَ، وَلَا الْعَمَائِمَ، وَلَا السَّرَاوِيلَاتِ، وَلَا الْبَرَانِسَ، وَلَا الْخِفَافَ إِلَّا أَحَدٌ لَا يَجِدُ نَعْلَيْنِ فَيَلْبَسُ خُفَّيْنِ وَلْيَقْطَعْهُمَا أَسْفَلَ مِنَ الْكَعْبَيْنِ، وَلَا تَلْبَسُوا مِنَ الثِّيَابِ شَيْئًا مَسَّهُ الزَّعْفَرَانُ وَلَا الْوَرْسُ» . فَاتَّفَقَ الْعُلَمَاءُ عَلَى بَعْضِ الْأَحْكَامِ الْوَارِدَةِ فِي هَذَا الْحَدِيثِ، وَاخْتَلَفُوا فِي بَعْضِهَا. فَمِمَّا اتَّفَقُوا عَلَيْهِ أَنَّهُ لَا يَلْبَسُ الْمُحْرِمُ قَمِيصًا، وَلَا شَيْئًا مِمَّا ذُكِرَ فِي هَذَا الْحَدِيثِ، وَلَا مَا كَانَ فِي مَعْنَاهُ مِنْ مَخِيطِ الثِّيَابِ، وَأَنَّ هَذَا مَخْصُوصٌ بِالرِّجَالِ - أَعْنِي: تَحْرِيمَ لُبْسِ الْمَخِيطِ -، وَأَنَّهُ لَا بَأْسَ لِلْمَرْأَةِ بِلُبْسِ الْقَمِيصِ وَالدِّرْعِ وَالسَّرَاوِيلِ وَالْخِفَافِ وَالْخُمُرِ. وَاخْتَلَفُوا فِيمَنْ لَمْ يَجِدْ غَيْرَ السَّرَاوِيلِ هَلْ لَهُ لِبَاسُهَا؟ فَقَالَ مَالِكٌ وَأَبُو حَنِيفَةَ: لَا يَجُوزُ لَهُ لِبَاسُ السَّرَاوِيلِ وَإِنْ لَبِسَهَا افْتَدَى. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ وَالثَّوْرِيُّ وَأَحْمَدُ وَأَبُو ثَوْرٍ وَدَاوُدُ: لَا شَيْءَ عَلَيْهِ إِذَا لَمْ يَجِدْ إِزَارًا. وَعُمْدَةُ مَذْهَبِ مَالِكٍ: ظَاهِرٌ لِحَدِيثِ ابْنِ عُمَرَ الْمُتَقَدِّمِ، قَالَ: وَلَوْ كَانَ فِي ذَلِكَ رُخْصَةٌ لَاسْتَثْنَاهَا رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - كَمَا اسْتَثْنَى فِي لُبْسِ الْخُفَّيْنِ. وَعُمْدَةُ الطَّائِفَةِ الثَّانِيَةِ: حَدِيثُ عَمْرِو بْنِ

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