Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Ils divergent sur celui qui n’entre pas en état de sacralisation à la limite qui lui est assignée, mais à une autre, comme les habitants de Médine qui délaisseraient Dhū al-Hulayfa pour entrer en état de sacralisation à al-Juhfa. Selon un groupe, il est redevable d’un sacrifice compensatoire. C’est notamment l’avis de Mālik et de certains de ses disciples. Abū Hanīfa estime, quant à lui, que rien ne lui incombe.

Cette divergence tient à la question suivante : l’entrée en état de sacralisation à la limite assignée fait-elle partie des rites dont l’omission impose un sacrifice compensatoire ?

Il n’y a pas de divergence sur l’obligation d’entrer en état de sacralisation pour celui qui franchit ces limites avec l’intention d’accomplir le pèlerinage ou la ‘umra. Quant à celui qui les franchit sans avoir l’intention d’accomplir l’un ou l’autre, certains estiment que cette obligation s’impose à toute personne qui les franchit, sauf à celles qui effectuent fréquemment ce trajet, comme les bûcherons et autres personnes dans une situation comparable. Tel est l’avis de Mālik. Selon d’autres, l’entrée en état de sacralisation à ces limites n’est obligatoire que pour celui qui entend accomplir le pèlerinage ou la ‘umra.

Tout cela concerne ceux qui ne sont pas de La Mecque. Quant aux habitants de La Mecque, ils entrent en état de sacralisation depuis cette ville pour le pèlerinage ; pour la ‘umra, en revanche, ils doivent impérativement sortir du territoire sacré.

Concernant le moment où les habitants de La Mecque entrent en état de sacralisation pour le pèlerinage, certains disent que c’est lorsqu’ils aperçoivent le croissant de lune ; d’autres, lorsque les gens partent pour Minā.

Telles sont donc les limites géographiques prescrites pour les différentes formes de cette adoration.

[De la période prescrite]

La période prescrite est, elle aussi, délimitée pour les trois formes de pèlerinage. Elle comprend, de l’avis unanime, Shawwāl, Dhū al-Qi‘da et neuf jours de Dhū al-Hijja. Mālik considère que les trois mois entiers constituent la période du pèlerinage. Al-Shāfi‘ī retient les deux mois et neuf jours de Dhū al-Hijja. Abū Hanīfa retient dix jours seulement.

L’argument de Mālik est la portée générale de la parole d’Allah — glorifié et exalté soit-Il — :

« Le pèlerinage a lieu en des mois connus. »
[al-Baqara : 197]

Cette désignation doit donc englober tous les jours de Dhū al-Hijja, tout comme elle englobe tous ceux de Shawwāl et de Dhū al-Qi‘da.

Le second groupe s’appuie sur le fait que l’état de sacralisation prend fin avant l’achèvement du troisième mois, avec l’accomplissement des rites obligatoires du pèlerinage.

La conséquence pratique de cette divergence concerne le report de la circumambulation principale jusqu’à la fin du mois.

Si quelqu’un entre en état de sacralisation pour le pèlerinage avant les mois du pèlerinage, Mālik juge cela répréhensible, mais considère néanmoins cette entrée en sacralisation comme valide. D’autres la tiennent pour invalide. Al-Shāfi‘ī estime qu’elle prend effet comme une entrée en état de sacralisation pour une ‘umra.

Ceux qui établissent une analogie avec l’horaire de la prière considèrent que l’entrée en état de sacralisation ne peut prendre effet avant la période prescrite. Ceux qui s’appuient sur la portée générale de la parole du Très-Haut :

« Menez à leur terme, pour Allah, le pèlerinage et la ‘umra. »
[al-Baqara : 196]

estiment que, quel que soit le moment où l’on entre en état de sacralisation, cet engagement prend effet, puisque l’on a reçu l’ordre de mener le rite à son terme. Il leur arrive également, sur ce point, d’assimiler le pèlerinage à la ‘umra et sa limite temporelle à celle de la ‘umra.

Quant à la position d’al-Shāfi‘ī, elle repose sur le principe suivant : lorsqu’une personne s’engage à accomplir un acte d’adoration pendant la période réservée à un autre acte de même nature, le premier se transforme en ce dernier. C’est le cas, par exemple, de celui qui jeûne en exécution d’un vœu durant les jours de Ramadan. Ce principe fait toutefois l’objet d’une divergence au sein de son école.

Quant à la ‘umra, les savants s’accordent sur la possibilité de l’accomplir à tout moment de l’année, car elle était, à l’époque de

وَاخْتَلَفُوا فِيمَنْ تَرَكَ الْإِحْرَامَ مِنْ مِيقَاتِهِ وَأَحْرَمَ مِنْ مِيقَاتٍ آخَرَ غَيْرِ مِيقَاتِهِ، مِثْلُ أَنْ يَتْرُكَ أَهْلُ الْمَدِينَةِ الْإِحْرَامَ مِنْ ذِي الْحُلَيْفَةِ وَيُحْرِمُوا مِنَ الْجُحْفَةِ، فَقَالَ قَوْمٌ: عَلَيْهِ دَمٌ، وَمِمَّنْ قَالَ بِهِ مَالِكٌ وَبَعْضُ أَصْحَابِهِ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: لَيْسَ عَلَيْهِ شَيْءٌ. وَسَبَبُ الْخِلَافِ: هَلْ هُوَ مِنَ النُّسُكِ الَّذِي يَجِبُ فِي تَرْكِهِ الدَّمُ أَمْ لَا؟ وَلَا خِلَافَ أَنَّهُ يَلْزَمُ الْإِحْرَامُ مَنْ مَرَّ بِهَذِهِ الْمَوَاقِيتِ مِمَّنْ أَرَادَ الْحَجَّ أَوِ الْعَمْرَةَ. وَأَمَّا مَنْ لَمْ يُرِدْهُمَا وَمَرَّ بِهِمَا فَقَالَ قَوْمٌ: كُلُّ مَنْ مَرَّ بِهِمَا يَلْزَمُهُ الْإِحْرَامُ إِلَّا مَنْ يَكْثُرُ تَرْدَادَهُ مِثْلَ الْحَطَّابِينَ وَشَبَهِهِمْ، وَبِهِ قَالَ مَالِكٌ. وَقَالَ قَوْمٌ: لَا يَلْزَمُ الْإِحْرَامُ بِهَا إِلَّا لِمُرِيدِ الْحَجِّ أَوِ الْعُمْرَةِ، وَهَذَا كُلُّهُ لِمَنْ لَيْسَ مِنْ أَهْلِ مَكَّةَ. وَأَمَّا أَهْلُ مَكَّةَ فَإِنَّهُمْ يُحْرِمُونَ بِالْحَجِّ مِنْهَا، أَوْ بِالْعُمْرَةِ يَخْرُجُونَ إِلَى الْحِلِّ وَلَا بُدَّ. وَأَمَّا مَتَى يُحْرِمُ بِالْحَجِّ أَهْلُ مَكَّةَ فَقِيلَ: إِذَا رَأَوُا الْهِلَالَ، وَقِيلَ: إِذَا خَرَجَ النَّاسُ إِلَى مِنًى. فَهَذَا هُوَ مِيقَاتُ الْمَكَانِ الْمُشْتَرَطُ لِأَنْوَاعِ هَذِهِ الْعِبَادَةِ. [الْقَوْلُ فِي مِيقَاتِ الزَّمَانِ] ِ وَأَمَّا مِيقَاتُ الزَّمَانِ: فَهُوَ مَحْدُودٌ أَيْضًا فِي أَنْوَاعِ الْحَجِّ الثَّلَاثِ، وَهُوَ شَوَّالٌ وَذُو الْقِعْدَةِ وَتِسْعٌ مِنْ ذِي الْحِجَّةِ بِاتِّفَاقٍ. وَقَالَ مَالِكٌ: ثَلَاثَةُ الْأَشْهُرِ كُلُّهَا مَحَلٌّ لِلْحَجِّ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: الشَّهْرَانِ وَتِسْعَةٌ مِنْ ذِي الْحِجَّةِ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: عَشَرٌ فَقَطْ. وَدَلِيلُ قَوْلِ مَالِكٍ عُمُومُ قَوْلِهِ - سُبْحَانَهُ وَتَعَالَى -: {الْحَجُّ أَشْهُرٌ مَعْلُومَاتٌ} [البقرة: ١٩٧] فَوَجَبَ أَنْ يُطْلَقَ عَلَى جَمِيعِ أَيَّامِ ذِي الْحِجَّةِ، أَصْلُهُ انْطِلَاقُهُ عَلَى جَمِيعِ أَيَّامِ شَوَّالٍ وَذِي الْقِعْدَةِ. وَدَلِيلُ الْفَرِيقِ الثَّانِي: انْقِضَاءُ الْإِحْرَامِ قَبْلَ تَمَامِ الشَّهْرِ الثَّالِثِ بِانْقِضَاءِ أَفْعَالِهِ الْوَاجِبَةِ. وَفَائِدَةُ الْخِلَافِ تَأَخُّرُ طَوَافِ الْإِفَاضَةِ إِلَى آخِرِ الشَّهْرِ. وَإِنْ أَحْرَمَ بِالْحَجِّ قَبْلَ أَشْهُرِ الْحَجِّ كَرِهَهُ مَالِكٌ، وَلَكِنْ صَحَّ إِحْرَامُهُ عِنْدَهُ. وَقَالَ غَيْرُهُ: لَا يَصِحُّ إِحْرَامُهُ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: يَنْعَقِدُ إِحْرَامُهُ إِحْرَامُ عُمْرَةٍ. فَمَنْ شَبَّهَهُ بِوَقْتِ الصَّلَاةِ قَالَ: لَا يَقَعُ قَبْلَ الْوَقْتِ، وَمَنِ اعْتَمَدَ عُمُومَ قَوْلِهِ - تَعَالَى -: {وَأَتِمُّوا الْحَجَّ وَالْعُمْرَةَ لِلَّهِ} [البقرة: ١٩٦] قَالَ: مَتَى أَحْرَمَ انْعَقَدَ إِحْرَامُهُ لِأَنَّهُ مَأْمُورٌ بِالْإِتْمَامِ، وَرُبَّمَا شَبَّهُوا الْحَجَّ فِي هَذَا الْمَعْنَى بِالْعُمْرَةِ، وَشَبَّهُوا مِيقَاتَ الزَّمَانِ بِمِيقَاتِ الْعُمْرَةِ. فَأَمَّا مَذْهَبُ الشَّافِعِيِّ فَهُوَ مَبْنِيٌّ عَلَى أَنَّ مَنِ الْتَزَمَ عِبَادَةً فِي وَقْتِ نَظِيرَتِهَا انْقَلَبَتْ إِلَى النَّظِيرِ، مِثْلُ أَنْ يَصُومَ نَذْرًا فِي أَيَّامِ رَمَضَانَ، وَهَذَا الْأَصْلُ فِيهِ اخْتِلَافٌ فِي الْمَذْهَبِ. وَأَمَّا الْعُمْرَةُ: فَإِنَّ الْعُلَمَاءَ اتَّفَقُوا عَلَى جَوَازِهَا فِي كُلِّ أَوْقَاتِ السَّنَّةِ لِأَنَّهَا كَانَتْ فِي

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