Quant au second groupe — ceux qui ne considèrent pas la ‘umra comme obligatoire —, il invoque les hadiths bien connus et solidement établis qui énumèrent les obligations de l’islam sans mentionner la ‘umra. Tel est le hadith d’Ibn ‘Umar :
« L’islam repose sur cinq piliers. »
Le pèlerinage y est mentionné seul. Il en va de même du hadith de l’homme qui interrogea le Prophète sur l’islam : certaines de ses voies de transmission portent :
« Et qu’il accomplisse le pèlerinage à la Maison. »
Ils avancent aussi parfois que l’ordre de mener ces rites à leur terme n’implique pas leur caractère obligatoire, car cet ordre concerne aussi bien les pratiques relevant de la sunna que les obligations. Je veux dire que, lorsqu’on les entreprend, il faut les achever sans les interrompre.
Ces savants — ceux qui considèrent la ‘umra comme une sunna — invoquent également des récits transmis, notamment le hadith qu’al-Hajjāj ibn Artāt rapporte de Muhammad ibn al-Munkadir, d’après Jābir ibn ‘Abd Allāh :
« Un homme demanda au Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — : “La ‘umra est-elle obligatoire ?” Il répondit : “Non, mais il est meilleur pour toi de l’accomplir.” »
Abū ‘Umar ibn ‘Abd al-Barr a dit : « Ce qu’il est seul à rapporter ne peut servir de preuve. »
Ceux qui la considèrent comme un acte surérogatoire invoquent parfois ce qui est rapporté d’Abū Sālih al-Hanafī, selon lequel le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit :
« Le pèlerinage est obligatoire et la ‘umra est surérogatoire. »
Il s’agit toutefois d’un hadith dont la chaîne de transmission est interrompue.
Cette divergence tient donc à l’opposition entre les récits transmis sur ce sujet, ainsi qu’à l’incertitude quant à savoir si l’ordre de mener ces rites à leur terme implique ou non leur caractère obligatoire.
[Deuxième partie : les piliers du pèlerinage et de la ‘umra]
[Des conditions de l’ihrām (entrée en état de sacralisation)]
[De la limite géographique de l’ihrām]
Le premier exposé de cette deuxième partie consiste à présenter les actes de ce culte dans l’une de ses formes, ainsi que les abstentions qui y sont requises.
Comme nous l’avons dit, ce culte comprend deux formes : le pèlerinage et la ‘umra. Le pèlerinage se présente lui-même sous trois formes : l’ifrād (pèlerinage seul), le tamattu‘ (‘umra et pèlerinage successifs) et le qirān (‘umra et pèlerinage conjoints). Toutes comportent des actes déterminés, accomplis en des lieux et à des moments déterminés. Certains de ces actes sont obligatoires, d’autres ne le sont pas. Elles imposent également certaines abstentions lors de l’accomplissement de ces actes. Chacun de ces éléments est soumis à des règles précises, qu’il s’agisse de s’en délier ou de circonstances imprévues qui en empêchent l’accomplissement.
Cette deuxième partie se divise donc, en premier lieu, entre l’étude des actes à accomplir et celle des abstentions à observer. Quant à la troisième partie, elle traitera des règles applicables.
Commençons par les actes. Certains sont communs à ces quatre formes de rites — je veux dire les trois formes de pèlerinage et la ‘umra —, tandis que d’autres sont propres à chacune d’elles. Nous commencerons donc par les actes communs, puis nous passerons à ceux qui sont particuliers à l’une de ces formes.
Nous disons ainsi que le premier acte du pèlerinage et de la ‘umra est celui que l’on appelle l’ihrām.