Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

c’est-à-dire celui qui a, comme l’a dit le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix —, « de sept à dix ans ».

Quant aux conditions rendant le pèlerinage obligatoire, l’islam en fait partie, selon l’avis voulant que les non-musulmans soient assujettis aux prescriptions de l’islam. La capacité de l’accomplir est unanimement reconnue comme une condition, en vertu de cette parole du Très-Haut :

« Pour celui qui a les moyens de s’y rendre. »

[Āl ‘Imrān : 97]

Les juristes divergent toutefois sur les modalités de cette capacité. Celle-ci peut, dans l’ensemble, prendre deux formes : accomplir personnellement le pèlerinage ou le faire accomplir par autrui.

Pour l’accomplir personnellement, ils s’accordent à exiger la capacité physique et financière, ainsi que la sécurité. Ils divergent cependant sur les modalités de cette capacité physique et financière. Al-Shāfi‘ī, Abū Hanīfa et Ahmad — et c’est également l’avis d’Ibn ‘Abbās et de ‘Umar ibn al-Khattāb — exigent que l’on dispose de provisions et d’une monture. Mālik estime, quant à lui, que disposer d’une monture n’est pas une condition de l’obligation pour celui qui peut marcher : le pèlerinage lui incombe malgré cela. De même, selon lui, les provisions ne sont pas une condition de la capacité lorsque l’intéressé peut obtenir de quoi subsister en chemin, fût-ce en demandant l’aumône.

Cette divergence tient à l’opposition entre le récit qui explique ce qu’est la capacité et la portée générale du terme lui-même. Il est en effet rapporté que le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix —, interrogé sur ce qu’était cette capacité, répondit : « Les provisions et la monture. » Abū Hanīfa et al-Shāfi‘ī ont appliqué cette réponse à toute personne assujettie aux obligations religieuses, tandis que Mālik l’a rapportée à celui qui ne peut marcher et n’a pas non plus la force de gagner sa subsistance en chemin. Al-Shāfi‘ī a retenu cet avis parce que, selon sa méthode, lorsqu’un passage du Livre demande à être explicité et que la Sunna en fournit l’explication, il ne convient pas de s’écarter de celle-ci.

Quant à l’obligation du pèlerinage lorsque l’on peut le faire accomplir par autrui tout en étant incapable de l’accomplir personnellement, Mālik et Abū Hanīfa estiment qu’il n’est pas obligatoire de recourir à cette possibilité, même lorsqu’elle existe. Al-Shāfi‘ī estime, au contraire, que cela s’impose. Selon son école, celui qui ne peut physiquement accomplir le pèlerinage, mais possède de quoi le faire accomplir par une autre personne, doit donc le faire effectuer à ses frais. S’il se trouve un frère ou un proche pour l’accomplir à sa place en y consacrant ses propres biens et ses efforts physiques, il est déchargé de cette obligation. C’est le cas qu’ils désignent par le terme de ma‘dūb, à savoir celui qui ne peut se maintenir sur une monture.

De même, selon al-Shāfi‘ī, lorsqu’une personne meurt sans avoir accompli le pèlerinage, ses héritiers doivent prélever sur ses biens de quoi le faire accomplir pour elle. Cette divergence tient à l’opposition entre le raisonnement par analogie et le récit transmis. En effet, le raisonnement par analogie implique que nul ne puisse se substituer à autrui dans les actes d’adoration : de l’avis unanime, personne ne prie à la place d’un autre, ni ne s’acquitte de la zakat à sa place.

Quant au

وَهُوَ كَمَا قَالَ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «مِنَ السَّبْعِ إِلَى الْعَشْرِ» . وَأَمَّا شُرُوطُ الْوُجُوبِ: فَيُشْتَرَطُ فِيهَا الْإِسْلَامُ، عَلَى الْقَوْلِ بِأَنَّ الْكُفَّارَ مُخَاطَبُونَ بِشَرَائِعِ الْإِسْلَامِ، وَلَا خِلَافَ فِي اشْتِرَاطِ الِاسْتِطَاعَةِ فِي ذَلِكَ لِقَوْلِهِ - تَعَالَى -: {مَنِ اسْتَطَاعَ إِلَيْهِ سَبِيلا} [آل عمران: ٩٧] وَإِنْ كَانَ فِي تَفْصِيلِ ذَلِكَ اخْتِلَافٌ، وَهِيَ بِالْجُمْلَةِ تُتَصَوَّرُ عَلَى نَوْعَيْنِ: مُبَاشَرَةٍ وَنِيَابَةٍ. فَأَمَّا الْمُبَاشَرَةُ فَلَا خِلَافَ عِنْدَهُمْ أَنَّ مِنْ شُرُوطِهَا الِاسْتِطَاعَةَ بِالْبَدَنِ وَالْمَالِ مَعَ الْأَمْنِ. وَاخْتَلَفُوا فِي تَفْصِيلِ الِاسْتِطَاعَةِ بِالْبَدَنِ وَالْمَالِ: فَقَالَ الشَّافِعِيُّ وَأَبُو حَنِيفَةَ وَأَحْمَدُ - وَهُوَ قَوْلُ ابْنِ عَبَّاسٍ وَعُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ -: إِنَّ مِنْ شَرْطِ ذَلِكَ الزَّادَ وَالرَّاحِلَةَ. وَقَالَ مَالِكٌ: مَنِ اسْتَطَاعَ الْمَشْيَ فَلَيْسَ وُجُودُ الرَّاحِلَةِ مِنْ شَرْطِ الْوُجُوبِ فِي حَقِّهِ بَلْ يَجِبُ عَلَيْهِ الْحَجُّ، وَكَذَلِكَ لَيْسَ الزَّادُ عِنْدَهُ مِنْ شَرْطِ الِاسْتِطَاعَةِ إِذَا كَانَ مِمَّنْ يُمْكِنُهُ الِاكْتِسَابُ فِي طَرِيقِهِ وَلَوْ بِالسُّؤَالِ. وَالسَّبَبُ فِي هَذَا الْخِلَافِ مُعَارَضَةُ الْأَثَرِ الْوَارِدِ فِي تَفْسِيرِ الِاسْتِطَاعَةِ لِعُمُومِ لَفْظِهَا، وَذَلِكَ أَنَّهُ وَرَدَ أَثَرٌ عَنْهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «أَنَّهُ سُئِلَ مَا الِاسْتِطَاعَةُ؟ فَقَالَ: الزَّادُ وَالرَّاحِلَةُ» . فَحَمَلَ أَبُو حَنِيفَةَ وَالشَّافِعِيُّ ذَلِكَ عَلَى كُلِّ مُكَلَّفٍ، وَحَمَلَهُ مَالِكٌ عَلَى مَنْ لَا يَسْتَطِيعُ الْمَشْيَ وَلَا لَهُ قُوَّةٌ عَلَى الِاكْتِسَابِ فِي طَرِيقِهِ، وَإِنَّمَا اعْتَقَدَ الشَّافِعِيُّ هَذَا الرَّأْيَ لِأَنَّ مِنْ مَذْهَبِهِ إِذَا وَرَدَ الْكِتَابُ مُجْمَلًا، فَوَرَدَتِ السُّنَّةُ بِتَفْسِيرِ ذَلِكَ الْمُجْمَلِ أَنْ لَيْسَ يَنْبَغِي الْعُدُولُ عَنْ ذَلِكَ التَّفْسِيرِ. وَأَمَّا وُجُوبُهُ بِاسْتِطَاعَةِ النِّيَابَةِ مَعَ الْعَجْزِ عَنِ الْمُبَاشَرَةِ: فَعِنْدَ مَالِكٍ وَأَبِي حَنِيفَةَ أَنْ لَا تَلْزَمَهُ النِّيَابَةُ إِذَا اسْتُطِيعَتْ مَعَ الْعَجْزِ عَنِ الْمُبَاشَرَةِ، وَعِنْدَ الشَّافِعِيِّ أَنَّهَا تَلْزَمُ، فَيَلْزَمُ عَلَى مَذْهَبِهِ الَّذِي عِنْدَهُ مَالٌ يَقْدِرُ أَنْ يَحُجَّ بِهِ عَنْهُ غَيْرُهُ إِذَا لَمْ يَقْدِرْ هُوَ بِبَدَنِهِ أَنْ يَحُجَّ عَنْهُ غَيْرُهُ بِمَالِهِ، وَإِنْ وُجِدَ مَنْ يَحُجُّ عَنْهُ بِمَالِهِ وَبَدَنِهِ مِنْ أَخٍ أَوْ قَرِيبٍ سَقَطَ ذَلِكَ عَنْهُ، وَهِيَ التِي يَعْرِفُونَهَا بِالْمَعْضُوبِ - وَهُوَ الَّذِي لَا يَثْبُتُ عَلَى الرَّاحِلَةِ. وَكَذَلِكَ عِنْدَهُ الَّذِي يَأْتِيهِ الْمَوْتُ وَلَمْ يَحُجَّ يَلْزَمُ وَرَثَتُهُ عِنْدَهُ أَنْ يُخْرِجُوا مِنْ مَالِهِ مِمَّا يَحُجُّ بِهِ عَنْهُ. وَسَبَبُ الْخِلَافِ فِي هَذَا مُعَارَضَةُ الْقِيَاسِ لِلْأَثَرِ، وَذَلِكَ أَنَّ الْقِيَاسَ يَقْتَضِي أَنَّ الْعِبَادَاتِ لَا يَنُوبُ فِيهَا أَحَدٌ عَنْ أَحَدٍ، فَإِنَّهُ لَا يُصَلِّي أَحَدٌ عَنْ أَحَدٍ بِاتِّفَاقٍ، وَلَا يُزَكِّي أَحَدٌ عَنْ أَحَدٍ. وَأَمَّا

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