Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Mālik — qu’Allah le Très-Haut lui fasse miséricorde.

Deuxième interprétation

La règle serait attachée à ces substances parce qu’elles sont des impuretés sortant du corps : les ablutions constituent en effet une purification, et seules les impuretés portent atteinte à la pureté.

La troisième interprétation est que la règle serait attachée à ces substances parce qu’elles sortent des deux voies. Selon ces deux dernières positions, l’ordre de faire les ablutions après les émissions dont le caractère invalidant fait l’unanimité relèverait donc d’un énoncé particulier visant une portée générale. Pour Mālik et ses disciples, en revanche, cet énoncé particulier conserve sa portée particulière.

Al-Shāfi‘ī et Abū Hanīfa s’accordent ainsi pour considérer que cet ordre relève d’un énoncé particulier visant une portée générale, mais divergent sur la catégorie générale ainsi visée. Mālik défend sa position en faisant valoir qu’un énoncé particulier doit, par principe, conserver sa portée particulière tant qu’aucune preuve n’indique le contraire.

Al-Shāfi‘ī soutient que le critère visé est l’orifice de sortie, et non la substance émise. Il invoque leur accord sur l’obligation de refaire les ablutions après l’émission de gaz par le bas, mais non par le haut : dans les deux cas, il s’agirait d’une même substance, la différence tenant aux deux orifices de sortie. Cela indiquerait donc que la règle dépend de l’orifice. Cet argument est toutefois faible, car ces deux sortes de gaz diffèrent par leurs caractéristiques et leur odeur.

Abū Hanīfa soutient, quant à lui, que le critère visé est la sortie d’une substance impure, puisque l’impureté affecte la pureté. Même si cette purification est d’ordre rituel, elle présente une certaine analogie avec la purification au sens propre (j’entends : l’élimination de l’impureté). Il invoque également le hadith de Thawbān :

« Le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — vomit, puis fit ses ablutions. »

Il s’appuie aussi sur ce qui est rapporté de ‘Umar et d’Ibn ‘Umar — qu’Allah les agrée tous deux —, qui imposaient les ablutions après un saignement de nez, ainsi que sur la tradition selon laquelle le Prophète — sur lui la prière et la paix — ordonna à la femme souffrant de saignements non menstruels de faire ses ablutions pour chaque prière. De l’ensemble de ces éléments, Abū Hanīfa déduit que le critère est la sortie d’une substance impure.

Si al-Shāfi‘ī et Abū Hanīfa s’accordent pour imposer les ablutions après les émissions unanimement reconnues comme invalidantes, même lorsqu’elles résultent d’une maladie, c’est parce que le Prophète — sur lui la prière et la paix — ordonna à la femme souffrant de saignements non menstruels de faire ses ablutions à chaque prière. Or ces saignements constituent une maladie.

Quant à Mālik, il considère que la maladie justifie ici une dispense, par analogie avec ce qui est également rapporté : la femme souffrant de saignements non menstruels n’aurait reçu que l’ordre d’accomplir le bain rituel. En effet, l’authenticité de ce hadith de Fātima bint Abī Hubaysh fait l’unanimité, mais l’ajout qu’il comporte (j’entends : l’ordre de faire les ablutions pour chaque prière) est controversé. Abū ‘Umar ibn ‘Abd al-Barr l’a toutefois jugé authentique. Mālik s’appuie également sur l’analogie avec celui dont une blessure saigne de manière incontrôlable et continue, comme dans le récit rapportant que ‘Umar — qu’Allah l’agrée — pria alors que le sang jaillissait de sa blessure.

مَالِكٌ، - رَحِمَهُ اللَّهُ تَعَالَى -. الِاحْتِمَالُ الثَّانِي: أَنْ يَكُونَ الْحُكْمُ إِنَّمَا عُلِّقَ بِهَذِهِ مِنْ جِهَةِ أَنَّهَا أَنْجَاسٌ خَارِجَةٌ مِنَ الْبَدَنِ لِكَوْنِ الْوُضُوءِ طَهَارَةً، وَالطَّهَارَةُ إِنَّمَا يُؤَثِّرُ فِيهَا النَّجَسُ. وَالِاحْتِمَالُ الثَّالِثُ أَنْ يَكُونَ الْحُكْمُ أَيْضًا إِنَّمَا عُلِّقَ بِهَا مِنْ جِهَةِ أَنَّهَا خَارِجَةٌ مِنْ هَذَيْنِ السَّبِيلَيْنِ، فَيَكُونُ عَلَى هَذَيْنِ الْقَوْلَيْنِ الْأَخِيرَيْنِ وُرُودُ الْأَمْرِ بِالْوُضُوءِ مِنْ تِلْكَ الْأَحْدَاثِ الْمُجْمَعِ عَلَيْهَا إِنَّمَا هُوَ مِنْ بَابِ الْخَاصِّ أُرِيدَ بِهِ الْعَامُّ، وَيَكُونُ عِنْدَ مَالِكٍ وَأَصْحَابِهِ إِنَّمَا هُوَ مِنْ بَابِ الْخَاصِّ الْمَحْمُولِ عَلَى خُصُوصِهِ. فَالشَّافِعِيُّ وَأَبُو حَنِيفَةَ اتَّفَقَا عَلَى أَنَّ الْأَمْرَ بِهَا هُوَ مِنْ بَابِ الْخَاصِّ أُرِيدَ بِهِ الْعَامُّ، وَاخْتَلَفَا أَيُّ عَامٍّ هُوَ الَّذِي قُصِدَ بِهِ؟ فَمَالِكٌ يُرَجِّحُ مَذْهَبَهُ بِأَنَّ الْأَصْلَ هُوَ أَنْ يُحْمَلَ الْخَاصُّ عَلَى خُصُوصِهِ حَتَّى يَدُلَّ الدَّلِيلُ عَلَى غَيْرِ ذَلِكَ، وَالشَّافِعِيُّ مُحْتَجٌّ بِأَنَّ الْمُرَادَ بِهِ الْمَخْرَجُ لَا الْخَارِجُ بِاتِّفَاقِهِمْ عَلَى إِيجَابِ الْوُضُوءِ مِنَ الرِّيحِ الَّذِي يَخْرُجُ مِنْ أَسْفَلَ، وَعَدَمِ إِيجَابِ الْوُضُوءِ مِنْهُ إِذَا خَرَجَ مِنْ فَوْقٍ وَكِلَاهُمَا ذَاتٌ وَاحِدَةٌ، وَالْفَرْقُ بَيْنَهُمَا اخْتِلَافُ الْمَخْرَجَيْنِ، فَكَانَ هَذَا تَنْبِيهًا عَلَى أَنَّ الْحُكْمَ لِلْمَخْرَجِ وَهُوَ ضَعِيفٌ ; لِأَنَّ الرِّيحَيْنِ مُخْتَلِفَانِ فِي الصِّفَةِ وَالرَّائِحَةِ، وَأَبُو حَنِيفَةَ يَحْتَجُّ بِأَنَّ الْمَقْصُودَ بِذَلِكَ هُوَ الْخَارِجُ النَّجِسُ لِكَوْنِ النَّجَاسَةِ مُؤَثِّرَةً فِي الطَّهَارَةِ، وَهَذِهِ الطَّهَارَةُ وَإِنْ كَانَتْ طَهَارَةً حُكْمِيَّةً فَإِنَّ فِيهَا شَبَهًا مِنَ الطَّهَارَةِ الْمَعْنَوِيَّةِ (أَعْنِي: طَهَارَةَ النَّجَسِ) وَبِحَدِيثِ ثَوْبَانَ «أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - قَاءَ فَتَوَضَّأَ» وَبِمَا رُوِيَ عَنْ عُمَرَ وَابْنِ عُمَرَ - رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا - مِنْ إِيجَابِهِمَ الْوُضُوءَ مِنَ الرُّعَافِ وَبِمَا رُوِيَ مِنْ أَمْرِهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - الْمُسْتَحَاضَةَ بِالْوُضُوءِ لِكُلِّ صَلَاةٍ، فَكَانَ الْمَفْهُومُ مِنْ هَذَا كُلِّهِ عِنْدَ أَبِي حَنِيفَةَ الْخَارِجَ النَّجِسَ. وَإِنَّمَا اتَّفَقَ الشَّافِعِيُّ وَأَبُو حَنِيفَةَ عَلَى إِيجَابِ الْوُضُوءِ مِنَ الْأَحْدَاثِ الْمُتَّفَقِ عَلَيْهَا وَإِنْ خَرَجَتْ عَلَى جِهَةِ الْمَرَضِ لِأَمْرِهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - بِالْوُضُوءِ عِنْدَ كُلِّ صَلَاةٍ الْمُسْتَحَاضَةَ، وَالِاسْتِحَاضَةُ مَرَضٌ. وَأَمَّا مَالِكٌ فَرَأَى أَنَّ الْمَرَضَ لَهُ هَاهُنَا تَأْثِيرٌ فِي الرُّخْصَةِ قِيَاسًا عَلَى مَا رُوِيَ أَيْضًا مِنْ أَنَّ الْمُسْتَحَاضَةَ لَمْ تُؤْمَرْ إِلَّا بِالْغُسْلِ فَقَطْ، وَذَلِكَ أَنَّ حَدِيثَ فَاطِمَةَ بِنْتِ أَبِي حُبَيْشٍ هَذَا مُتَّفَقٌ عَلَى صِحَّتِهِ، وَيَخْتَلَفٌ فِي هَذِهِ الزِّيَادَةِ فِيهِ (أَعْنِي الْأَمْرَ بِالْوُضُوءِ لِكُلِّ صَلَاةٍ) وَلَكِنْ صَحَّحَهَا أَبُو عُمَرَ بْنُ عَبْدِ الْبَرِّ، قِيَاسًا عَلَى مَنْ يَغْلِبُهُ الدَّمُ مِنْ جُرْحٍ وَلَا يَنْقَطِعُ، مِثْلَ مَا رُوِيَ أَنَّ عُمَرَ - رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ - صَلَّى وَجُرْحُهُ يَثْعَبُ دَمًا.

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