Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

« Lorsque le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — accomplissait une retraite, il me tendait la tête, tout en restant dans la mosquée, et je lui peignais les cheveux. Il n’entrait dans la maison que pour satisfaire ses besoins naturels. »

Ils divergent sur le moment où la retraite est rompue lorsqu’on sort sans nécessité. Al-Shāfi‘ī dit : « Sa retraite est invalidée dès qu’il sort. » Certains tolèrent une absence d’un moment, et d’autres d’une journée.

Ils divergent également sur la permission d’entrer dans un local autre que celui de sa mosquée. La majorité l’autorise, notamment Mālik, al-Shāfi‘ī et Abū Hanīfa, tandis que d’autres estiment que cela invalide la retraite.

Mālik lui permet de vendre, d’acheter et de se charger de la conclusion d’un contrat de mariage. D’autres s’opposent à lui sur ces points.

Leur divergence tient à l’absence de limites fixées par un texte en la matière : il n’y a donc que l’effort d’interprétation et le rapprochement des cas controversés avec ceux qui font consensus.

Ils divergent aussi sur la possibilité, pour celui qui accomplit une retraite, de se réserver, par une condition préalable, le droit d’assister à des funérailles ou d’accomplir quelque autre acte. La plupart des juristes estiment que cette condition est sans effet et que, s’il accomplit l’acte en question, sa retraite est invalidée. Al-Shāfi‘ī estime, quant à lui, que cette condition produit son effet.

Leur divergence tient au rapprochement entre la retraite et le pèlerinage, tous deux étant des actes d’adoration qui interdisent de nombreuses choses habituellement permises. Ceux qui admettent la formulation d’une telle condition pour le pèlerinage se fondent sur le hadith de Dubā‘a, selon lequel le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit :

« Entre en état de sacralisation pour le pèlerinage et pose cette condition : “Je sortirai de l’état de sacralisation là où Tu m’auras empêchée de poursuivre.” »

Toutefois, ce principe étant lui-même controversé dans le cas du pèlerinage, le raisonnement analogique qui s’appuie sur lui est faible aux yeux de l’adversaire qui le conteste.

Ils divergent également, lorsque la continuité a été stipulée dans le vœu, ou lorsqu’elle s’impose du seul fait d’un vœu formulé sans autre précision — selon les tenants de cet avis —, sur les causes d’interruption, telles que la maladie, qui imposent soit de recommencer la retraite depuis le début, soit de la reprendre en tenant compte de ce qui a déjà été accompli.

Certains disent que, si la maladie interrompt la retraite, celui qui l’accomplit la reprend en conservant le bénéfice de ce qui a précédé. C’est l’avis de Mālik, d’Abū Hanīfa et d’al-Shāfi‘ī. D’autres disent qu’il doit recommencer sa retraite depuis le début ; c’est l’avis d’al-Thawrī. À ma connaissance, ils ne divergent pas sur le fait que la femme ayant eu ses règles reprend sa retraite en tenant compte de ce qu’elle avait déjà accompli.

Ils divergent sur la question de savoir s’il quitte ou non la mosquée.

De même, si celui qui accomplit une retraite perd la raison ou s’évanouit, ils divergent sur la possibilité de reprendre sa retraite en tenant compte de ce qui a précédé, ou sur la nécessité de la recommencer depuis le début.

Leur divergence dans ce domaine tient à ce qu’aucune de ces questions n’est délimitée par les textes révélés. Le désaccord naît donc des rapprochements qu’ils établissent entre les points consensuels et les points controversés — je veux parler des points consensuels de cette pratique cultuelle, ou d’autres pratiques dont la continuité est une condition, comme le jeûne durant la journée et d’autres encore.

La majorité estime qu’une retraite volontaire interrompue sans excuse doit être rattrapée, puisqu’il est établi que le Messager

«كَانَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - إِذَا اعْتَكَفَ يُدْنِي إِلَيَّ رَأَسَهُ وَهُوَ فِي الْمَسْجِدِ فَأُرَجِّلُهُ، وَكَانَ لَا يَدْخُلُ الْبَيْتَ إِلَّا لِحَاجَةِ الْإِنْسَانِ» . وَاخْتَلَفُوا إِذَا خَرَجَ لِغَيْرِ حَاجَةٍ مَتَى يَنْقَطِعُ اعْتِكَافُهُ: فَقَالَ الشَّافِعِيُّ: يَنْتَقِضُ اعْتِكَافُهُ عِنْدَ أَوَّلِ خُرُوجِهِ وَبَعْضُهُمْ رَخَّصَ فِي السَّاعَةِ، وَبَعْضُهُمْ فِي الْيَوْمِ. وَاخْتَلَفُوا هَلْ لَهُ أَنْ يَدْخُلَ بَيْتًا غَيْرَ بَيْتِ مَسْجِدِهِ؟ فَرَخَّصَ فِيهِ بَعْضُهُمْ وَهُمُ الْأَكْثَرُ مَالِكٌ وَالشَّافِعِيُّ وَأَبُو حَنِيفَةَ، وَرَأَى بَعْضُهُمْ أَنَّ ذَلِكَ يُبْطِلُ اعْتِكَافَهُ. وَأَجَازَ مَالِكٌ لَهُ الْبَيْعَ وَالشِّرَاءَ، وَأَنْ يَلِيَ عَقْدَ النِّكَاحِ، وَخَالَفَهُ غَيْرُهُ فِي ذَلِكَ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: أَنَّهُ لَيْسَ فِي ذَلِكَ حَدٌّ مَنْصُوصٌ عَلَيْهِ إِلَّا الِاجْتِهَادُ، وَتَشْبِيهُ مَا لَمْ يَتَّفِقُوا عَلَيْهِ بِمَا اتَّفَقُوا عَلَيْهِ. وَاخْتَلَفُوا أَيْضًا هَلْ لِلْمُعْتَكِفِ أَنْ يَشْتَرِطَ شُهُودَ جَنَازَةٍ أَوْ غَيْرَ ذَلِكَ؟ فَأَكْثَرُ الْفُقَهَاءِ عَلَى أَنَّ شَرْطَهُ لَا يَنْفَعُهُ، وَأَنَّهُ إِنْ فَعَلَ بَطَلَ اعْتِكَافُهُ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: يَنْفَعُهُ شَرْطُهُ. وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمْ: تَشْبِيهُهُمُ الِاعْتِكَافَ بِالْحَجِّ فِي أَنَّ كِلَيْهِمَا عِبَادَةٌ مَانِعَةٌ لِكَثِيرٍ مِنَ الْمُبَاحَاتِ، وَالِاشْتِرَاطُ فِي الْحَجِّ إِنَّمَا صَارَ إِلَيْهِ مَنْ رَآهُ لِحَدِيثِ ضُبَاعَةَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - قَالَ: «أَهِلِّي بِالْحَجِّ وَاشْتَرِطِي أَنْ مَحِلِّي حَيْثُ حَبَسْتَنِي» . لَكِنَّ هَذَا الْأَصْلَ مُخْتَلَفٌ فِيهِ فِي الْحَجِّ، فَالْقِيَاسُ فِيهِ ضَعِيفٌ عِنْدَ الْخَصْمِ الْمُخَالِفِ. وَاخْتَلَفُوا إِذَا اشْتَرَطَ التَّتَابُعَ فِي النَّذْرِ، أَوْ كَانَ التَّتَابُعُ لَازِمًا: فَمُطْلَقُ النَّذْرِ عِنْدَ مَنْ يَرَى ذَلِكَ مَا هِيَ الْأَشْيَاءُ الَّتِي إِذَا قَطَعَتِ الِاعْتِكَافَ أَوْجَبَتِ الِاسْتِئْنَافَ أَوِ الْبِنَاءَ مِثْلُ الْمَرَضِ؟ فَإِنَّ مِنْهُمْ مَنْ قَالَ: إِذَا قَطَعَ الْمَرَضُ الِاعْتِكَافَ بَنَى الْمُعْتَكِفُ، وَهُوَ قَوْلُ مَالِكٍ وَأَبِي حَنِيفَةَ وَالشَّافِعِيِّ. وَمِنْهُمْ مَنْ قَالَ: يَسْتَأْنِفُ الِاعْتِكَافَ، وَهُوَ قَوْلُ الثَّوْرِيِّ. وَلَا خِلَافَ فِيمَا أَحْسَبُهُ عِنْدَهُمْ أَنَّ الْحَائِضَ تَبْنِي. وَاخْتَلَفُوا هَلْ يَخْرُجُ مِنَ الْمَسْجِدِ أَمْ لَيْسَ يَخْرُجُ؟ . وَكَذَلِكَ اخْتَلَفُوا إِذَا جُنَّ الْمُعْتَكِفُ أَوْ أُغْمِيَ عَلَيْهِ هَلْ يَبْنِي أَوْ لَيْسَ يَبْنِي بَلْ يَسْتَقْبِلُ؟ . وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمْ فِي هَذَا الْبَابِ: أَنَّهُ لَيْسَ فِي هَذِهِ الْأَشْيَاءِ شَيْءٌ مَحْدُودٌ مِنْ قِبَلِ السَّمْعِ، فَيَقَعُ التَّنَازُعُ مِنْ قِبَلِ تَشْبِيهِهِمْ مَا اتَّفَقُوا عَلَيْهِ بِمَا اخْتَلَفُوا فِيهِ - أَعْنِي: بِمَا اتَّفَقُوا عَلَيْهِ فِي هَذِهِ الْعِبَادَةِ، أَوْ فِي الْعِبَادَاتِ الَّتِي مِنْ شَرْطِهَا التَّتَابُعَ مِثْلِ صَوْمِ النَّهَارِ وَغَيْرِهِ -. وَالْجُمْهُورُ عَلَى أَنَّ اعْتِكَافَ الْمُتَطَوَّعَ إِذَا قُطِعَ لِغَيْرِ عُذْرٍ أَنَّهُ يَجِبُ فِيهِ الْقَضَاءُ ; لِمَا ثَبَتَ أَنَّ رَسُولَ

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