Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

pour celui qui accomplit une retraite consiste à ne pas rendre visite à un malade, ni assister à des funérailles, ni toucher une femme ou avoir de contact intime avec elle, et à ne sortir qu’en cas de nécessité. Il n’y a de retraite qu’avec le jeûne, et il n’y a de retraite que dans une mosquée de rassemblement. »

Abū ‘Umar ibn ‘Abd al-Barr a dit : « Dans ce hadith de ‘Ā’isha, seul ‘Abd al-Rahmān ibn Ishāq a employé les mots “la sunna”. Selon les spécialistes du hadith, ces propos ne sont authentiquement établis qu’en tant que paroles d’al-Zuhrī. S’il en est ainsi, ils ne peuvent être assimilés à un récit remontant au Prophète. »

Quant à la troisième condition, relative aux contacts intimes, ils s’accordent à dire que celui qui a volontairement un rapport sexuel pendant sa retraite l’invalide, à l’exception de l’avis rapporté d’Ibn Lubāba concernant les rapports hors de la mosquée. Ils divergent toutefois lorsqu’il a ce rapport par oubli.

Ils divergent également sur l’invalidation de la retraite par des gestes autres que le rapport sexuel, tels que le baiser et le toucher. Mālik estime que tous ces gestes invalident la retraite. Abū Hanīfa dit : « Les contacts intimes ne l’invalident que s’ils entraînent une éjaculation. » Deux avis sont rapportés d’al-Shāfi‘ī : l’un rejoint celui de Mālik, l’autre celui d’Abū Hanīfa.

Leur divergence tient à la question suivante : un terme susceptible d’un sens propre et d’un sens figuré peut-il englober les deux, ou doit-il se limiter à l’un d’eux ? Il s’agit là de l’un des types de termes polysémiques. Ceux qui lui reconnaissent une portée générale disent que le terme désignant les contacts intimes, dans cette parole du Très-Haut :

« N’ayez pas de contacts intimes avec elles pendant que vous êtes en retraite dans les mosquées. » [Al-Baqara : 187]

s’applique aussi bien au rapport sexuel qu’aux gestes qui restent en deçà. Ceux qui ne lui reconnaissent pas cette portée générale — et c’est l’avis le plus connu et le plus répandu — disent qu’il désigne soit le rapport sexuel, soit les gestes qui restent en deçà. Dès lors que nous affirmons qu’il désigne le rapport sexuel, ce qui fait consensus, il ne peut plus désigner autre chose : un même terme ne peut renvoyer simultanément à son sens propre et à son sens figuré.

Ceux qui assimilent l’éjaculation au rapport sexuel le font parce qu’elle lui est équivalente quant au sens. Ceux qui s’y opposent le font parce que le terme ne la désigne pas au sens propre.

Ils divergent sur ce qui incombe à celui qui a eu un rapport sexuel. La majorité dit : « Rien ne lui incombe. » D’autres estiment qu’il doit une expiation. Parmi eux, certains, dont al-Hasan, prescrivent l’expiation imposée à celui qui a un rapport sexuel pendant ramadan. D’autres, dont Mujāhid, disent qu’il doit donner deux dinars en aumône. D’autres encore disent qu’il doit affranchir un esclave ; s’il n’en trouve pas les moyens, offrir une chamelle en sacrifice ; et, s’il n’en trouve pas les moyens, donner en aumône vingt sā‘ de dattes.

Cette divergence repose sur la question de savoir s’il est permis ou non de recourir au raisonnement analogique en matière d’expiation. L’avis le plus manifeste est que cela n’est pas permis.

Ils divergent également sur le vœu de retraite formulé sans autre précision : la continuité en est-elle une condition ? Mālik et Abū Hanīfa répondent par l’affirmative, tandis qu’al-Shāfi‘ī ne la considère pas comme une condition.

Leur divergence tient au raisonnement analogique qui rapproche ce vœu du vœu de jeûne formulé sans autre précision.

Quant aux actes incompatibles avec la retraite, ils s’accordent à y inclure tout ce qui ne relève pas des activités propres à celui qui l’accomplit. Ils s’accordent aussi à dire qu’il ne lui est permis de sortir de la mosquée que pour satisfaire ses besoins naturels ou pour une nécessité comparable, en raison du hadith authentiquement rapporté de ‘Ā’isha, dans lequel elle dit :

لِلْمُعْتَكِفِ أَنْ لَا يَعُودَ مَرِيضًا وَلَا يَشْهَدَ جَنَازَةً وَلَا يَمَسَّ امْرَأَةً وَلَا يُبَاشِرَهَا وَلَا يَخْرُجَ إِلَّا مَا لَا بُدَّ لَهُ مِنْهُ، وَلَا اعْتِكَافَ إِلَّا بِصَوْمٍ، وَلَا اعْتِكَافَ إِلَّا فِي مَسْجِدٍ جَامِعٍ ". قَالَ أَبُو عُمَرَ بْنُ عَبْدِ الْبَرِّ: لَمْ يَقُلْ أَحَدٌ فِي حَدِيثِ عَائِشَةَ: هَذَا " السُّنَّةُ " إِلَّا عَبْدُ الرَّحْمَنِ بْنُ إِسْحَاقَ، وَلَا يَصِحُّ هَذَا الْكَلَامُ عِنْدَهُمْ إِلَّا مِنْ قَوْلِ الزُّهْرِيِّ، وَإِنْ كَانَ الْأَمْرُ هَكَذَا بَطَلَ أَنْ يَجْرِيَ مَجْرَى الْمُسْنَدِ. وَأَمَّا الشَّرْطُ الثَّالِثُ وَهِيَ الْمُبَاشِرَةُ: فَإِنَّهُمْ أَجْمَعُوا عَلَى أَنَّ الْمُعْتَكِفَ إِذَا جَامَعَ عَامِدًا بَطَلَ اعْتِكَافُهُ، إِلَّا مَا رُوِيَ عَنِ ابْنِ لُبَابَةَ فِي غَيْرِ الْمَسْجِدِ، وَاخْتَلَفُوا فِيهِ إِذَا جَامَعَ نَاسِيًا. وَاخْتَلَفُوا أَيْضًا فِي فَسَادِ الِاعْتِكَافِ بِمَا دُونَ الْجِمَاعِ مِنَ الْقُبْلَةِ وَاللَّمْسِ، فَرَأَى مَالِكٌ أَنَّ جَمِيعَ ذَلِكَ يُفْسِدُ الِاعْتِكَافَ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: لَيْسَ فِي الْمُبَاشَرَةِ فَسَادٌ إِلَّا أَنْ يُنْزِلَ، وَلِلشَّافِعِيِّ قَوْلَانِ: أَحَدُهُمَا مِثْلُ قَوْلِ مَالِكٍ، وَالثَّانِي مِثْلُ قَوْلِ أَبِي حَنِيفَةَ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: هَلِ الِاسْمُ الْمُتَرَدِّدُ بَيْنَ الْحَقِيقَةِ وَالْمَجَازِ لَهُ عُمُومٌ وَخُصُوصٌ؟ وَهُوَ أَحَدُ أَنْوَاعِ الِاسْمِ الْمُشْتَرَكِ، فَمَنْ ذَهَبَ إِلَى أَنَّ لَهُ عُمُومًا قَالَ: إِنَّ الْمُبَاشِرَةَ فِي قَوْلِهِ - تَعَالَى -: {وَلا تُبَاشِرُوهُنَّ وَأَنْتُمْ عَاكِفُونَ فِي الْمَسَاجِدِ} [البقرة: ١٨٧] يَنْطَلِقُ عَلَى الْجِمَاعِ وَمَا دُونَ الْجِمَاعِ. وَمَنْ لَمْ يَرَ عُمُومًا وَهُوَ الْأَشْهَرُ الْأَكْثَرُ قَالَ: يَدُلُّ إِمَّا عَلَى الْجِمَاعِ، وَإِمَّا عَلَى مَا دُونَ الْجِمَاعِ، فَإِذَا قُلْنَا: إِنَّهُ يَدُلُّ عَلَى الْجِمَاعِ بِإِجْمَاعٍ بَطَلَ أَنْ يَدُلَّ عَلَى غَيْرِ الْجِمَاعِ، لِأَنَّ الِاسْمَ الْوَاحِدَ لَا يَدُلُّ عَلَى الْحَقِيقَةِ وَالْمَجَازِ مَعًا. وَمَنْ أَجْرَى الْإِنْزَالَ بِمَنْزِلَةِ الْوِقَاعِ فَلِأَنَّهُ فِي مَعْنَاهُ. وَمَنْ خَالَفَ فَلِأَنَّهُ لَا يَنْطَلِقُ عَلَيْهِ الِاسْمُ حَقِيقَةً. وَاخْتَلَفُوا فِيمَا يَجِبُ عَلَى الْمُجَامِعِ: فَقَالَ الْجُمْهُورُ: لَا شَيْءَ عَلَيْهِ، وَقَالَ قَوْمٌ: عَلَيْهِ كَفَّارَةٌ، فَبَعْضُهُمْ قَالَ: كَفَّارَةُ الْمُجَامِعِ فِي رَمَضَانَ، وَبِهِ قَالَ الْحَسَنُ، وَقَالَ قَوْمٌ: يَتَصَدَّقُ بِدِينَارَيْنِ، وَبِهِ قَالَ مُجَاهِدٌ. وَقَالَ قَوْمٌ: يُعْتِقُ رَقَبَةً، فَإِنْ لَمْ يَجِدْ أَهْدَى بَدَنَةً، فَإِنْ لَمْ يَجِدْ تَصَدَّقَ بِعِشْرِينَ صَاعًا مِنْ تَمْرٍ. وَأَصْلُ الْخِلَافِ: هَلْ يَجُوزُ الْقِيَاسُ فِي الْكَفَّارَةِ أَمْ لَا؟ وَالْأَظْهَرُ أَنَّهُ لَا يَجُوزُ. وَاخْتَلَفُوا فِي مُطْلَقِ النَّذْرِ بِالِاعْتِكَافِ هَلْ مِنْ شَرْطِهِ التَّتَابُعُ أَمْ لَا؟ فَقَالَ مَالِكٌ وَأَبُو حَنِيفَةَ: ذَلِكَ مِنْ شَرْطِهِ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: لَيْسَ مِنْ شَرْطِهِ ذَلِكَ. وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمْ: قِيَاسُهُ عَلَى نَذْرِ الصَّوْمِ الْمُطْلَقِ. وَأَمَّا مَوَانِعُ الِاعْتِكَافِ: فَاتَّفَقُوا عَلَى أَنَّهَا مَا عَدَا الْأَفْعَالَ الَّتِي هِيَ أَعْمَالُ الْمُعْتَكِفِ وَأَنَّهُ لَا يَجُوزُ لِلْمُعْتَكِفِ الْخُرُوجُ مِنَ الْمَسْجِدِ إِلَّا لِحَاجَةِ الْإِنْسَانِ، أَوْ مَا هُوَ فِي مَعْنَاهَا مِمَّا تَدْعُو إِلَيْهِ الضَّرُورَةُ ; لِمَا ثَبَتَ مِنْ حَدِيثِ عَائِشَةَ أَنَّهَا قَالَتْ:

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