D’autres ont dit que la retraite spirituelle pouvait s’accomplir dans toute mosquée. Tel est l’avis d’al-Shāfi‘ī, d’Abū Hanīfa et d’al-Thawrī ; c’est aussi la position la plus connue de l’école de Mālik.
D’autres encore ont dit qu’elle ne pouvait s’accomplir que dans une mosquée où se tient la prière du vendredi. C’est l’avis qu’Ibn ‘Abd al-Hakam rapporte de Mālik.
Tous s’accordent à faire de la mosquée une condition de la retraite, à l’exception d’Ibn Lubāba, selon lequel elle est valable ailleurs et les relations intimes avec les femmes ne sont interdites à celui qui l’accomplit que s’il se trouve en retraite dans une mosquée. Fait également exception l’avis d’Abū Hanīfa, selon lequel la femme ne peut accomplir sa retraite que dans l’espace de sa maison réservé à la prière.
Leur divergence sur la nécessité d’accomplir la retraite dans une mosquée tient à la possibilité de tirer, ou non, une implication a contrario de cette parole du Très-Haut :
« Et n’ayez pas de relations intimes avec elles pendant que vous êtes en retraite dans les mosquées. »
[al-Baqara : 187]
Ceux qui reconnaissent à ce passage une implication a contrario affirment que la retraite ne peut s’accomplir que dans une mosquée et que quiconque s’impose une retraite doit s’abstenir de relations intimes. Ceux qui ne lui reconnaissent pas cette implication estiment qu’il faut en comprendre que la retraite est permise ailleurs que dans une mosquée et qu’elle n’interdit alors pas les relations intimes. En effet, si quelqu’un disait : « Ne donne rien à untel lorsqu’il se trouve à l’intérieur de la maison », l’implication a contrario exigerait de lui donner lorsqu’il se trouve à l’extérieur. Cet avis est toutefois isolé. Pour la majorité, la retraite n’a été associée aux mosquées que parce que celles-ci constituent l’une de ses conditions.
Quant à leur divergence sur le fait de réserver la retraite à certaines mosquées ou de l’étendre à toutes, elle tient à l’opposition entre la portée générale du texte et le raisonnement analogique qui en restreint l’application.
Ceux qui donnent la priorité à cette portée générale permettent la retraite dans toute mosquée, conformément au sens apparent du verset. Ceux qui estiment qu’un raisonnement analogique justifie de réserver cette disposition générale à certaines mosquées exigent qu’il s’agisse d’une mosquée où se tient la prière du vendredi (afin que la pratique de celui qui accomplit la retraite ne soit pas interrompue par une sortie pour cette prière), ou d’une mosquée pour laquelle on entreprend un voyage, telle celle du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut —, où il accomplit sa retraite. Ils n’assimilent pas les autres mosquées à celle-ci, car elles ne lui sont pas égales en caractère sacré.
Quant à leur divergence sur la retraite de la femme, elle tient, elle aussi, à l’opposition entre le raisonnement analogique et le récit transmis. Il est en effet établi que :
« Hafsa, ‘Ā’isha et Zaynab, épouses du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut —, demandèrent au Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — la permission d’accomplir une retraite dans la mosquée. Il la leur accorda lorsqu’elles y dressèrent leurs tentes. »
Ce récit constitue donc une preuve de la permission, pour la femme, d’accomplir une retraite dans la mosquée.
Le raisonnement analogique qui s’y oppose consiste à assimiler la retraite à la prière : puisque la prière de la femme chez elle est préférable à sa prière dans la mosquée, conformément au récit transmis à ce sujet, il doit en aller de même pour sa retraite chez elle.
Les tenants de cet avis disent que la femme n’est autorisée à accomplir une retraite dans la mosquée qu’en compagnie de son époux, conformément au récit selon lequel les épouses du Prophète — sur lui la prière et le salut — accomplirent la retraite avec lui. De même, elle voyage avec son époux, mais ne voyage pas seule. Il semble que ce soit là une manière de concilier le raisonnement analogique et le récit transmis.
Quant à la durée de la retraite spirituelle, il n’y a pas