Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

s’appuient sur cette parole rapportée du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut :

« Ne jeûnez pas après la mi-sha‘bān, jusqu’à ramadan. »

Ceux qui le permettent se fondent, quant à eux, sur ce récit d’Umm Salama :

« Je n’ai jamais vu le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — jeûner deux mois consécutifs, hormis sha‘bān et ramadan. »

Ils s’appuient également sur ce récit d’Ibn ‘Umar :

« Le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — enchaînait le jeûne de sha‘bān avec celui de ramadan. »

Ces récits ont été rapportés par al-Tahāwī.

Quant au deuxième pilier, qui est l’intention, je ne connais personne qui ne la considère pas comme une condition du jeûne surérogatoire. Leur divergence porte uniquement sur le moment où elle doit être formulée, comme nous l’avons déjà exposé.

Quant au troisième pilier, qui consiste à s’abstenir de ce qui rompt le jeûne, il est identique à l’abstention requise pour le jeûne obligatoire. Les divergences qui concernent celui-ci se retrouvent donc ici.

Quant au fait de rompre un jeûne surérogatoire, ils s’accordent à dire que celui qui l’a commencé, puis l’a interrompu pour une excuse valable, n’est pas tenu de le rattraper.

Ils divergent toutefois lorsqu’il l’interrompt délibérément, sans excuse valable. Mālik et Abū Hanīfa lui imposent de le rattraper, tandis qu’al-Shāfi‘ī et un groupe de savants estiment qu’il n’y est pas tenu.

Cette divergence tient aux récits discordants sur la question. Mālik rapporte en effet ce qui suit au sujet de Hafsa et de ‘Ā’isha, les deux épouses du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut :

« Elles avaient commencé la journée en observant un jeûne surérogatoire. On leur offrit de la nourriture, dont elles mangèrent, rompant ainsi leur jeûne. Le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — leur dit alors : “Jeûnez un autre jour en remplacement.” »

À ce récit s’oppose le hadith d’Umm Hāni’, qui raconte :

« Le jour de la conquête de La Mecque, Fātima vint s’asseoir à la gauche du Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut —, tandis qu’Umm Hāni’ était à sa droite. Une servante apporta un récipient contenant une boisson et le lui tendit. Il en but, puis le passa à Umm Hāni’, qui en but à son tour. Elle dit alors : “Ô Messager d’Allah, je viens de rompre mon jeûne, alors que je jeûnais.”

فَلِمَا رُوِيَ مِنْ أَنَّهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - قَالَ: «لَا صَوْمَ بَعْدَ النِّصْفِ مِنْ شَعْبَانَ حَتَّى رَمَضَانَ» . وَمَنْ أَجَازَهُ فَلِمَا رُوِيَ عَنْ أُمِّ سَلَمَةَ قَالَتْ: «مَا رَأَيْتُ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - صَامَ شَهْرَيْنِ مُتَتَابِعَيْنِ إِلَّا شَعْبَانَ وَرَمَضَانَ» . وَلِمَا رُوِيَ عَنِ ابْنِ عُمَرَ قَالَ: «كَانَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - يَقْرِنُ شَعْبَانَ بِرَمَضَانَ» . وَهَذِهِ الْآثَارُ خَرَّجَهَا الطَّحَاوِيُّ. وَأَمَّا الرُّكْنُ الثَّانِي وَهُوَ النِّيَّةُ: فَلَا أَعْلَمُ أَحَدًا لَمْ يَشْتَرِطِ النِّيَّةَ فِي صَوْمِ التَّطَوُّعِ، وَإِنَّمَا اخْتَلَفُوا فِي وَقْتِ النِّيَّةِ عَلَى مَا تَقَدَّمَ. وَأَمَّا الرُّكْنُ الثَّالِثُ - وَهُوَ الْإِمْسَاكُ عَنِ الْمُفْطِرَاتِ -: فَهُوَ بِعَيْنِهِ الْإِمْسَاكُ الْوَاجِبُ فِي الصَّوْمِ الْمَفْرُوضِ، وَالِاخْتِلَافُ الَّذِي هُنَالِكَ لَاحِقٌ هُنَا. وَأَمَّا حُكْمُ الْإِفْطَارِ فِي التَّطَوُّعِ: فَإِنَّهُمْ أَجْمَعُوا عَلَى أَنَّهُ لَيْسَ عَلَى مَنْ دَخَلَ فِي صِيَامِ تَطَوُّعٍ فَقَطَعَهُ لِعُذْرٍ قَضَاءٌ. وَاخْتَلَفُوا إِذَا قَطَعَهُ لِغَيْرِ عُذْرٍ عَامِدًا، فَأَوْجَبَ مَالِكٌ وَأَبُو حَنِيفَةَ عَلَيْهِ الْقَضَاءَ، وَقَالَ الشَّافِعِيُّ وَجَمَاعَةٌ: لَيْسَ عَلَيْهِ قَضَاءٌ. وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمُ: اخْتِلَافُ الْآثَارِ فِي ذَلِكَ، وَذَلِكَ أَنَّ مَالِكًا رَوَى أَنَّ حَفْصَةَ وَعَائِشَةَ زَوْجَيِ النَّبِيِّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - «أَصْبَحَتَا صَائِمَتَيْنِ مُتَطَوِّعَتَيْنِ، فَأُهْدِيَ لَهُمَا طَعَامٌ فَأَفْطَرَتَا عَلَيْهِ، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: اقْضِيَا يَوْمًا مَكَانَهُ» . وَعَارَضَ هَذَا حَدِيثُ أُمِّ هَانِئٍ قَالَتْ: «لَمَّا كَانَ يَوْمُ الْفَتْحِ فَتْحِ مَكَّةَ، جَاءَتْ فَاطِمَةُ فَجَلَسَتْ عَنْ يَسَارِ رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - وَأُمُّ هَانِئٍ عَنْ يَمِينِهِ، قَالَتْ: فَجَاءَتِ الْوَلِيدَةُ بِإِنَاءٍ فِيهِ شَرَابٌ، فَنَاوَلَتْهُ فَشَرِبَ مِنْهُ، ثُمَّ نَاوَلَ أُمَّ هَانِئٍ، فَشَرِبَتْ مِنْهُ، قَالَتْ: يَا رَسُولَ اللَّهِ لَقَدْ أَفْطَرْتُ وَكُنْتُ صَائِمَةً،

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