Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

durant lesquels les tenants de l’école littéraliste n’autorisent pas le jeûne. D’autres le permettent, tandis que d’autres encore le réprouvent. Mālik partage ce dernier avis, mais autorise à les jeûner celui auquel le jeûne incombe dans le cadre du hajj, à savoir le pèlerin accomplissant une ‘umra suivie du hajj (tamattu‘). Ces jours sont les trois jours qui suivent celui du sacrifice.

Leur divergence tient aux deux interprétations possibles de cette parole du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — au sujet de ces jours :

« Ce sont des jours où l’on mange et boit. »

On peut y voir soit une obligation, soit une recommandation. Ceux qui y voient une obligation déclarent le jeûne interdit ; ceux qui y voient une recommandation le déclarent réprouvé. Il semble que ces derniers aient retenu cette interprétation, de préférence à celle de l’obligation qui constitue la règle de principe, parce qu’ils estimaient que l’interprétation en termes d’obligation se heurterait au sens implicite, établi par raisonnement a contrario, du hadith authentique d’Abū Sa‘īd al-Khudrī. Celui-ci rapporte en effet : « J’ai entendu le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — dire :

“Le jeûne n’est pas valide durant deux jours : le jour de la fête de la rupture du jeûne de ramadan et le jour du sacrifice.” »

Le raisonnement a contrario implique donc que le jeûne est valide les autres jours ; sans quoi, mentionner spécialement ces deux jours serait vain et sans utilité.

Quant au vendredi, certains ne réprouvent pas le fait de le jeûner : c’est notamment l’avis de Mālik, de ses disciples et d’un certain nombre de savants. D’autres le réprouvent, à moins de jeûner également le jour qui le précède ou celui qui le suit.

Leur divergence s’explique par les différences entre les traditions rapportées à ce sujet.

Il y a notamment le hadith d’Ibn Mas‘ūd :

« Le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — jeûnait trois jours chaque mois. » Il ajouta : « Je ne l’ai jamais vu passer un vendredi sans jeûner. »

Ce hadith est authentique.

Il y a également le hadith de Jābir :

« Un homme demanda à Jābir : “As-tu entendu le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — interdire de jeûner le vendredi seul ?” Il répondit : “Oui, par le Seigneur de cette Maison !” »

Muslim l’a rapporté.

Il y a enfin le hadith d’Abū Hurayra, qui rapporte que le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — a dit :

« Que nul d’entre vous ne jeûne le vendredi, à moins de jeûner également le jour qui le précède ou celui qui le suit. »

Muslim l’a également rapporté.

Ceux qui retiennent le sens apparent du hadith d’Ibn Mas‘ūd permettent de jeûner le vendredi sans restriction. Ceux qui retiennent le sens apparent du hadith de Jābir le réprouvent sans restriction. Quant à ceux qui retiennent le hadith d’Abū Hurayra, ils concilient les deux autres hadiths, à savoir celui de Jābir et celui d’Ibn Mas‘ūd.

فَإِنَّ أَهْلَ الظَّاهِرِ لَمْ يُجِيزُوا الصَّوْمَ فِيهَا. وَقَوْمٌ أَجَازُوا ذَلِكَ فِيهَا. وَقَوْمٌ كَرِهُوهُ، وَبِهِ قَالَ مَالِكٌ، إِلَّا أَنَّهُ أَجَازَ صِيَامَهَا لِمَنْ وَجَبَ عَلَيْهِ الصَّوْمُ فِي الْحَجِّ - وَهُوَ الْمُتَمَتِّعُ -، وَهَذِهِ الْأَيَّامُ هِيَ: الثَّلَاثَةُ الْأَيَّامُ الَّتِي بَعْدَ يَوْمِ النَّحْرِ. وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمْ: تَرَدُّدُ قَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «فِي أَنَّهَا أَيَّامُ أَكْلٍ وَشُرْبٍ» " بَيْنَ أَنْ يُحْمَلَ عَلَى الْوُجُوبِ أَوْ عَلَى النَّدْبِ، فَمَنْ حَمَلَهُ عَلَى الْوُجُوبِ قَالَ: الصَّوْمُ يَحْرُمُ، وَمِنْ حَمَلَهُ عَلَى النَّدْبِ قَالَ: الصَّوْمُ مَكْرُوهٌ. وَيُشْبِهُ أَنْ يَكُونَ مَنْ حَمَلَهُ عَلَى النَّدْبِ إِنَّمَا صَارَ إِلَى ذَلِكَ، وَغَلَّبَهُ عَلَى الْأَصْلِ الَّذِي هُوَ حَمْلُهُ عَلَى الْوُجُوبِ؛ لِأَنَّهُ رَأَى أَنَّهُ إِنْ حَمَلَهُ عَلَى الْوُجُوبِ عَارَضَهُ حَدِيثُ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ الثَّابِتُ بِدَلِيلِ الْخِطَابِ، وَهُوَ أَنَّهُ قَالَ: سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - يَقُولُ: «لَا يَصِحُّ الصِّيَامُ فِي يَوْمَيْنِ يَوْمِ الْفِطْرِ مِنْ رَمَضَانَ وَيَوْمِ النَّحْرِ» فَدَلِيلُ الْخِطَابِ يَقْتَضِي أَنَّ مَا عَدَا هَذَيْنِ الْيَوْمَيْنِ يَصِحُّ الصِّيَامُ فِيهِ، وَإِلَّا كَانَ تَخْصِيصُهُمَا عَبَثًا لَا فَائِدَةَ فِيهِ. وَأَمَّا يَوْمُ الْجُمُعَةِ: فَإِنَّ قَوْمًا لَمْ يَكْرَهُوا صِيَامَهُ، وَمِنْ هَؤُلَاءِ مَالِكٌ وَأَصْحَابُهُ وَجَمَاعَةٌ، وَقَوْمٌ كَرِهُوا صِيَامَهُ إِلَّا أَنْ يُصَامَ قَبْلَهُ أَوْ بَعْدَهُ. وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمُ: اخْتِلَافُ الْآثَارِ فِي ذَلِكَ: فَمِنْهَا: حَدِيثُ ابْنِ مَسْعُودٍ: «أَنَّ النَّبِيَّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - كَانَ يَصُومُ ثَلَاثَةَ أَيَّامٍ مِنْ كُلِّ شَهْرٍ قَالَ: وَمَا رَأَيْتُهُ يُفْطِرُ يَوْمَ الْجُمُعَةِ» وَهُوَ حَدِيثٌ صَحِيحٌ. وَمِنْهَا: حَدِيثُ جَابِرٍ: «أَنَّ سَائِلًا سَأَلَ جَابِرًا أَسَمِعْتَ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - نَهَى أَنْ يُفْرَدَ يَوْمُ الْجُمُعَةِ بِصَوْمٍ؟ قَالَ: نَعَمْ وَرَبِّ هَذَا الْبَيْتِ» خَرَّجَهُ مُسْلِمٌ. وَمِنْهَا: حَدِيثُ أَبِي هُرَيْرَةَ قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: «لَا يَصُومُ أَحَدُكُمْ يَوْمَ الْجُمُعَةِ إِلَّا أَنْ يَصُومَ قَبْلَهُ أَوْ يَصُومَ بَعْدَهُ» خَرَّجَهُ أَيْضًا مُسْلِمٌ. فَمَنْ أَخَذَ بِظَاهِرِ حَدِيثِ ابْنِ مَسْعُودٍ، أَجَازَ صِيَامَ يَوْمِ الْجُمُعَةِ مُطْلَقًا، وَمَنْ أَخَذَ بِظَاهِرِ حَدِيثِ جَابِرٍ كَرِهَهُ مُطْلَقًا، وَمَنْ أَخَذَ بِحَدِيثِ أَبِي هُرَيْرَةَ جَمَعَ بَيْنَ الْحَدِيثَيْنِ - أَعْنِي: حَدِيثَ جَابِرٍ وَحَدِيثَ ابْنِ مَسْعُودٍ -.

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