se comporte de manière insensée. Si quelqu’un l’insulte, qu’il dise : “Je jeûne.” » Les tenants de l’école littéraliste estiment que les propos obscènes invalident le jeûne ; c’est toutefois un avis isolé.
Telles sont les principales questions relatives au jeûne obligatoire. Il reste à traiter du jeûne recommandé, qui constitue la seconde partie de ce livre.
[Deuxième livre du jeûne]
[Le jeûne recommandé]
Deuxième livre du jeûne
Consacré au jeûne recommandé
L’étude du jeûne recommandé porte sur les trois éléments constitutifs déjà évoqués, ainsi que sur la règle applicable à sa rupture.
Quant aux jours où s’accomplit le jeûne recommandé — premier de ces éléments —, ils se répartissent en trois catégories : les jours dont le jeûne est encouragé, ceux dont le jeûne est défendu et ceux au sujet desquels les textes gardent le silence. Certains font l’objet d’une divergence, d’autres d’un accord.
Le jeûne dont le caractère recommandé fait l’unanimité est celui du jour de ‘Āshūrā’.
Les jeûnes faisant l’objet d’une divergence sont ceux du jour de ‘Arafa, de six jours de shawwāl et des jours blancs de chaque mois (à savoir les treizième, quatorzième et quinzième jours).
Concernant le jeûne du jour de ‘Āshūrā’, il est établi que le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — l’a jeûné, a ordonné de le jeûner et a dit à son sujet :
« Que celui qui a commencé la journée en jeûnant poursuive son jeûne jusqu’à son terme ; et que celui qui l’a commencée sans jeûner jeûne le reste de la journée. »
Les savants ont divergé sur sa date : s’agit-il du neuvième ou du dixième jour ? Cette divergence tient à la différence entre les récits rapportés.
Muslim rapporte d’après Ibn ‘Abbās :
« Lorsque tu aperçois le croissant de muharram, compte les jours et jeûne le neuvième.
— Est-ce ainsi que Muhammad, le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — le jeûnait ? demandai-je.
— Oui, répondit-il. »
Il est également rapporté :
« Lorsque le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — jeûna le jour de ‘Āshūrā’ et ordonna de le jeûner, on lui dit : “Ô Messager d’Allah, c’est un jour que vénèrent les juifs et les chrétiens.” Le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — répondit : “L’année prochaine, si Allah le veut, nous jeûnerons le neuvième jour.” »
Le rapporteur ajoute : « Mais le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — mourut avant l’année suivante. »
Quant à leur divergence au sujet du jour de ‘Arafa, elle tient au fait que le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — ne jeûna pas ce jour-là, alors qu’il avait dit à son sujet :
« Le jeûne du jour de ‘Arafa expie les péchés de l’année écoulée et de l’année à venir. »
C’est pourquoi les savants ont divergé sur cette question. Pour concilier les deux récits, al-Shāfi‘ī a retenu que le pèlerin devait de préférence ne pas jeûner ce jour-là, tandis que celui qui n’accomplit pas le pèlerinage devait de préférence le jeûner.