Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

plus dix, soit quinze sā‘. Toutefois, le fait qu’il ait contenu quinze sā‘ n’indique que faiblement la quantité obligatoire à donner à chaque pauvre. Cela indique seulement que telle est la quantité de nourriture qui remplace le jeûne dans cette expiation.

Quant à la sixième question — celle de la répétition de l’expiation lorsque la rupture du jeûne se répète —, les savants s’accordent à dire que celui qui a un rapport sexuel pendant une journée de ramadan, accomplit ensuite l’expiation, puis a un nouveau rapport un autre jour, doit accomplir une autre expiation.

Ils s’accordent également à dire que celui qui a plusieurs rapports sexuels au cours d’une même journée n’est tenu qu’à une seule expiation.

Ils divergent cependant au sujet de celui qui a un rapport sexuel pendant une journée de ramadan, puis un autre le lendemain, sans avoir encore accompli l’expiation. Mālik, al-Shāfi‘ī et un groupe de savants estiment qu’il doit une expiation pour chaque jour. Abū Hanīfa et ses disciples estiment qu’une seule expiation lui incombe, tant qu’il n’a pas encore expié le premier rapport.

Leur divergence tient à l’assimilation des expiations aux peines légales. Ceux qui les assimilent à ces peines estiment qu’une seule expiation suffit pour plusieurs actes, de même que l’auteur de rapports illicites n’encourt qu’une seule peine de flagellation, même s’il a commis cet acte mille fois, tant qu’aucun de ces actes n’a encore été sanctionné. Ceux qui ne font pas cette assimilation considèrent que l’atteinte portée au jeûne de chaque journée relève d’une règle distincte et imposent donc une expiation pour chaque jour.

Ils expliquent cette distinction par le fait que l’expiation comporte une dimension de rapprochement d’Allah, tandis que les peines légales ont une fonction exclusivement répressive.

Quant à la septième question — faut-il nourrir les pauvres lorsque l’on en acquiert les moyens, alors qu’on en était dépourvu au moment où l’obligation s’est présentée ? —, al-Awzā‘ī estime que rien n’incombe à celui qui était alors sans ressources. Al-Shāfi‘ī, quant à lui, a hésité sur ce point.

Leur divergence tient à ce que ce cas n’est pas expressément tranché par le texte. Il est donc possible de l’assimiler aux dettes : l’obligation s’imposerait de nouveau lorsque l’intéressé acquiert les moyens de s’en acquitter. Mais on peut aussi soutenir que, si cela lui avait été obligatoire, le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — le lui aurait précisé.

Telles sont les règles concernant celui qui rompt délibérément son jeûne pendant le ramadan par un acte dont le caractère invalidant fait l’unanimité.

Quant à celui qui le rompt par un acte dont le caractère invalidant est controversé, certains savants qui retiennent cette invalidation imposent à la fois le rattrapage et l’expiation, tandis que d’autres n’imposent que le rattrapage. Il en va ainsi de ceux qui considèrent que la saignée par ventouses ou le fait de se faire vomir invalident le jeûne, ainsi que du cas de celui qui avale un caillou. Il en va de même du voyageur qui rompt son jeûne le jour de son départ, selon ceux qui estiment qu’il ne lui est pas permis de le rompre ce jour-là : Mālik lui impose le rattrapage et l’expiation, contrairement aux autres juristes des grandes villes et à la majorité de ses propres disciples.

Ceux qui imposent le rattrapage et l’expiation à celui qui se fait vomir sont Abū Thawr et al-Awzā‘ī. Tous les autres savants qui considèrent que le fait de se faire vomir invalide le jeûne n’imposent que le rattrapage. Quant à celui qui impose le rattrapage et l’expiation en cas de saignée par ventouses

عَشَرَ صَاعًا، لَكِنْ لَيْسَ يَدُلُّ كَوْنُهُ خَمْسَةَ عَشَرَ صَاعًا عَلَى الْوَاجِبِ مِنْ ذَلِكَ لِكُلِّ مِسْكِينٍ إِلَّا دَلَالَةً ضَعِيفَةً، وَإِنَّمَا يَدُلُّ عَلَى أَنَّ بَدَلَ الصِّيَامِ فِي هَذِهِ الْكَفَّارَةِ هُوَ هَذَا الْقَدْرُ. وَأَمَّا الْمَسْأَلَةُ السَّادِسَةُ - وَهِيَ تُكَرَّرُ الْكَفَّارَةِ بِتَكَرُّرِ الْإِفْطَارِ -: فَإِنَّهُمْ أَجْمَعُوا عَلَى مَنْ وَطِئَ فِي يَوْمِ رَمَضَانَ ثُمَّ كَفَّرَ ثُمَّ وَطِئَ فِي يَوْمٍ آخَرَ أَنَّ عَلَيْهِ كَفَّارَةً أُخْرَى. وَأَجْمَعُوا عَلَى أَنَّهُ مَنْ وَطِئَ مِرَارًا فِي يَوْمٍ وَاحِدٍ أَنَّهُ لَيْسَ عَلَيْهِ إِلَّا كَفَّارَةٌ وَاحِدَةٌ. وَاخْتَلَفُوا فِيمَنْ وَطِئَ فِي يَوْمٍ مِنْ رَمَضَانَ وَلَمْ يُكَفِّرْ حَتَّى وَطِئَ فِي يَوْمٍ ثَانٍ، فَقَالَ مَالِكٌ وَالشَّافِعِيُّ وَجَمَاعَةٌ: عَلَيْهِ لِكُلِّ يَوْمٍ كَفَّارَةٌ، وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَأَصْحَابُهُ: عَلَيْهِ كَفَارَّةٌ وَاحِدَةٌ مَا لَمْ يُكَفِّرْ عَنِ الْجِمَاعِ الْأَوَّلِ. وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمْ: تَشْبِيهُ الْكَفَّارَاتِ بِالْحُدُودِ، فَمَنْ شَبَّهَهَا بِالْحُدُودِ قَالَ: كَفَارَّةٌ وَاحِدَةٌ تُجْزِئُ فِي ذَلِكَ عَنْ أَفْعَالٍ كَثِيرَةٍ، كَمَا يَلْزَمُ الزَّانِيَ جَلْدٌ وَاحِدٌ، وَإِنْ زَنَى أَلْفَ مَرَّةٍ إِذَا لَمْ يُحَدَّ لِوَاحِدٍ مِنْهَا. وَمَنْ لَمْ يُشَبِّهْهَا بِالْحُدُودِ جَعَلَ لِكُلِّ وَاحِدٍ مِنَ الْأَيَّامِ حُكْمًا مُنْفَرِدًا بِنَفْسِهِ فِي هَتْكِ الصَّوْمِ فِيهِ أَوْجَبَ فِي كُلِّ يَوْمٍ كَفَّارَةً. قَالُوا: وَالْفَرْقُ بَيْنَهُمَا أَنَّ الْكَفَّارَةَ فِيهَا نَوْعٌ مِنَ الْقُرْبَةِ، وَالْحُدُودُ زَجْرٌ مَحْضٌ. وَأَمَّا الْمَسْأَلَةُ السَّابِعَةُ - وَهِيَ هَلْ يَجِبُ عَلَيْهِ الْإِطْعَامُ إِذَا أَيْسَرَ وَكَانَ مُعْسِرًا فِي وَقْتِ الْوُجُوبِ؟ : فَإِنَّ الْأَوْزَاعِيَّ قَالَ: لَا شَيْءَ عَلَيْهِ إِنْ كَانَ مُعْسِرًا. وَأَمَّا الشَّافِعِيُّ فَتَرَدَّدَ فِي ذَلِكَ. وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمْ فِي ذَلِكَ: أَنَّهُ حُكْمُ الْمَسْكُوتِ عَنْهُ فَيَحْتَمِلُ أَنْ يُشَبَّهَ بِالدُّيُونِ، فَيَعُودُ الْوُجُوبُ عَلَيْهِ فِي وَقْتِ الْإِثْرَاءِ، وَيَحْتَمِلُ أَنْ يُقَالَ: لَوْ كَانَ ذَلِكَ وَاجِبًا عَلَيْهِ لَبَيَّنَهُ لَهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -. فَهَذِهِ أَحْكَامُ مَنْ أَفْطَرَ مُتَعَمِّدًا فِي رَمَضَانَ مِمَّا أُجْمِعُ عَلَى أَنَّهُ مُفْطِرٌ. وَأَمَّا مَنْ أَفْطَرَ مِمَّا هُوَ مُخْتَلَفٌ فِيهِ، فَإِنَّ بَعْضَ مَنْ أَوْجَبَ فِيهِ أَوْجَبَ فِيهِ الْقَضَاءَ وَالْكَفَّارَةَ، وَبَعْضُهُمْ أَوْجَبَ فِيهِ الْقَضَاءَ فَقَطْ، مِثْلُ مَنْ رَأَى الْفِطْرَ مِنَ الْحِجَامَةِ وَمِنَ الِاسْتِقَاءِ، وَمَنْ بَلَعَ الْحَصَاةَ، وَمِثْلُ الْمُسَافِرِ يُفْطِرُ أَوَّلَ يَوْمٍ يَخْرُجُ عِنْدَ مَنْ يَرَى أَنَّهُ لَيْسَ لَهُ أَنْ يُفْطِرَ فِي ذَلِكَ الْيَوْمِ، فَإِنَّ مَالِكًا أَوْجَبَ الْقَضَاءَ وَالْكَفَّارَةَ، وَخَالَفَهُ فِي ذَلِكَ سَائِرُ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ وَجُمْهُورُ أَصْحَابِهِ. وَأَمَّا مَنْ أَوْجَبَ الْقَضَاءَ وَالْكَفَّارَةَ عَلَى مَنِ اسْتَقَاءَ فَأَبُو ثَوْرٍ وَالْأَوْزَاعِيُّ وَسَائِرُ مَنْ يَرَى أَنَّ الِاسْتِقَاءَ مُفْطِرٌ لَا يُوجِبُونَ إِلَّا الْقَضَاءَ فَقَطْ. وَالَّذِي أَوْجَبَ الْقَضَاءَ وَالْكَفَّارَةَ فِي الِاحْتِجَامِ

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