Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Allah, qui lui a aussi donné à boire. » Ce récit est corroboré par la portée générale de cette parole du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut :

« Ma communauté est déchargée de ce qu’elle fait par erreur, par oubli ou sous la contrainte. »

De cette même question relève leur divergence au sujet de celui qui rompt le jeûne en pensant que le soleil s’est couché, puis voit le soleil réapparaître : doit-il rattraper ce jour ou non ? Il s’agit en effet d’une personne qui s’est trompée ; or celui qui se trompe et celui qui oublie relèvent de la même règle. Quelle que soit la position retenue, il est manifeste que l’oubli dispense du rattrapage — et Allah sait mieux.

En effet, si nous disons que le principe est de ne pas imposer de rattrapage à celui qui oublie, à moins qu’une preuve ne l’exige, il faut conclure que l’oubli n’entraîne pas l’obligation de rattraper le jeûne : contrairement au cas de la prière, aucune preuve ne l’impose ici. Et si nous disons que le principe est d’imposer le rattrapage, à moins qu’une preuve n’en dispense celui qui oublie, le hadith d’Abū Hurayra apporte précisément cette preuve.

À moins que l’on ne dise : l’argument qui soustrait celui qui oublie son jeûne à la règle applicable à ceux qui oublient les autres actes d’adoration, dont l’omission est expressément exempte de faute, est l’analogie entre le jeûne et la prière. Mais imposer le rattrapage par analogie est une démarche fragile. Selon la majorité, le rattrapage n’est obligatoire qu’en vertu d’un nouvel ordre.

Quant à l’avis imposant le rattrapage et l’expiation à celui qui a un rapport sexuel en oubliant qu’il jeûne, il est faible. En effet, l’effet de l’oubli sur la levée des sanctions est clairement établi dans la Loi religieuse, et l’expiation constitue une forme de sanction. Ce qui les a conduits à cet avis, c’est leur attachement au caractère indéterminé des circonstances rapportées dans le hadith : celui-ci ne précise pas si l’homme a agi délibérément ou par oubli. Toutefois, celui qui impose l’expiation à une personne ayant tué du gibier par oubli ne respecte pas ici son propre principe, alors que le texte ne vise que celui qui agit délibérément.

Les littéralistes auraient dû s’en tenir à ce qui fait l’objet d’un accord, à savoir l’obligation de l’expiation pour celui qui agit délibérément, jusqu’à ce qu’une preuve établisse qu’elle incombe aussi à celui qui oublie. Ou bien ils auraient dû retenir la portée générale de cette parole du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut :

« Ma communauté est déchargée de ce qu’elle fait par erreur ou par oubli. »

Cela, jusqu’à ce qu’une preuve vienne en restreindre la portée. Mais aucun des deux groupes ne s’est tenu à son propre principe. Le caractère indéterminé du récit rapporté au sujet du Bédouin ne constitue pas une preuve.

L’avis de certains spécialistes des fondements du droit, selon lequel l’absence de distinction, de la part du Législateur, entre les différentes circonstances équivaut à une formulation de portée générale, est faible. En effet, le Législateur ne s’est jamais prononcé que sur un cas dont les circonstances lui étaient connues en détail ; l’indétermination n’existe que pour nous.

Quant à la troisième question, à savoir leur divergence sur l’obligation de l’expiation pour la femme lorsqu’elle consent au rapport sexuel avec l’homme : Abū Hanīfa et ses disciples, ainsi que Mālik et ses disciples, lui imposent l’expiation. Al-Shāfi‘ī et Dāwūd estiment qu’aucune expiation ne lui incombe.

اللَّهُ وَسَقَاهُ» . وَهَذَا الْأَثَرُ يَشْهَدُ لَهُ عُمُومُ قَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «رُفِعَ عَنْ أُمَّتِي الْخَطَأُ وَالنِّسْيَانُ وَمَا اسْتُكْرِهُوا عَلَيْهِ» . وَمِنْ هَذَا الْبَابِ اخْتِلَافُهُمْ فِيمَنْ ظَنَّ أَنَّ الشَّمْسَ قَدْ غَرَبَتْ فَأَفْطَرَ ثُمَّ ظَهَرَتِ الشَّمْسُ بَعْدَ ذَلِكَ، هَلْ عَلَيْهِ قَضَاءٌ أَمْ لَا؟ وَذَلِكَ أَنَّ هَذَا مُخْطِئٌ، وَالْمُخْطِئُ وَالنَّاسِي حُكْمُهُمَا وَاحِدٌ، فَكَيْفَمَا قُلْنَا فَتَأْثِيرُ النِّسْيَانِ فِي إِسْقَاطِ الْقَضَاءِ بَيِّنٌ - وَاللَّهُ أَعْلَمُ -، وَذَلِكَ أَنَّا إِنْ قُلْنَا: إِنَّ الْأَصْلَ هُوَ أَنْ لَا يَلْزَمَ النَّاسِيَ قَضَاءٌ حَتَّى يَدُلَّ الدَّلِيلُ عَلَى ذَلِكَ وَجَبَ أَنْ يَكُونَ النِّسْيَانُ لَا يُوجِبُ الْقَضَاءَ فِي الصَّوْمِ، إِذْ لَا دَلِيلَ هَاهُنَا عَلَى ذَلِكَ بِخِلَافِ الْأَمْرِ فِي الصَّلَاةِ، وَإِنْ قُلْنَا: إِنَّ الْأَصْلَ هُوَ إِيجَابُ الْقَضَاءِ حَتَّى يَدُلَّ الدَّلِيلُ عَلَى رَفْعِهِ عَنِ النَّاسِي، فَقَدْ دَلَّ الدَّلِيلُ فِي حَدِيثِ أَبِي هُرَيْرَةَ عَلَى رَفْعِهِ عَنِ النَّاسِي، اللَّهُمَّ إِلَّا أَنْ يَقُولَ قَائِلٌ: إِنَّ الدَّلِيلَ الَّذِي اسْتَثْنَى نَاسِيَ الصَّوْمِ مِنْ نَاسِي سَائِرِ الْعِبَادَاتِ الَّتِي رُفِعَ عَنْ تَارِكِهَا الْحَرَجُ بِالنَّصِّ هُوَ قِيَاسُ الصَّوْمِ عَلَى الصَّلَاةِ، لَكِنَّ إِيجَابَ الْقَضَاءِ بِالْقِيَاسِ فِيهِ ضَعْفٌ، وَإِنَّمَا الْقَضَاءُ عِنْدَ الْأَكْثَرِ وَاجِبٌ بِأَمْرٍ مُتَجَدِّدٍ. وَأَمَّا مَنْ أَوْجَبَ الْقَضَاءَ وَالْكَفَّارَةَ عَلَى الْمُجَامِعِ نَاسِيًا فَضَعِيفٌ، فَإِنَّ تَأْثِيرَ النِّسْيَانِ فِي إِسْقَاطِ الْعُقُوبَاتِ بَيِّنٌ فِي الشَّرْعِ، وَالْكَفَّارَةُ مِنْ أَنْوَاعِ الْعُقُوبَاتِ، وَإِنَّمَا أَصَارَهُمْ إِلَى ذَلِكَ أَخْذُهُمْ بِمُجْمَلِ الصِّفَةِ الْمَنْقُولَةِ فِي الْحَدِيثِ - أَعْنِي: مِنْ أَنَّهُ لَمْ يُذْكَرْ فِيهِ أَنَّهُ فَعَلَ ذَلِكَ عَمْدًا وَلَا نِسْيَانًا -، لَكِنَّ مَنْ أَوْجَبَ الْكَفَّارَةَ عَلَى قَاتِلِ الصَّيْدِ نِسْيَانًا لَمْ يَحْفَظْ أَصْلَهُ فِي هَذَا، مَعَ أَنَّ النَّصَّ إِنَّمَا جَاءَ فِي الْمُتَعَمِّدِ، وَقَدْ كَانَ يَجِبُ عَلَى أَهْلِ الظَّاهِرِ أَنْ يَأْخُذُوا بِالْمُتَّفَقِ عَلَيْهِ، وَهُوَ إِيجَابُ الْكَفَّارَةِ عَلَى الْعَامِدِ إِلَى أَنْ يَدُلَّ الدَّلِيلُ عَلَى إِيجَابِهَا عَلَى النَّاسِي، أَوْ يَأْخُذُوا بِعُمُومِ قَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «رُفِعَ عَنْ أُمَّتِي الْخَطَأُ وَالنِّسْيَانُ» حَتَّى يَدُلَّ الدَّلِيلُ عَلَى التَّخْصِيصِ، وَلَكِنْ كِلَا الْفَرِيقَيْنِ لَمْ يَلْزَمْ أَصْلَهُ، وَلَيْسَ فِي مُجْمَلِ مَا نُقِلَ مِنْ حَدِيثِ الْأَعْرَابِيِّ حُجَّةٌ. وَمَنْ قَالَ مِنْ أَهْلِ الْأُصُولِ: إِنَّ تَرْكَ التَّفْصِيلِ فِي اخْتِلَافِ الْأَحْوَالِ مِنَ الشَّارِعِ بِمَنْزِلَةِ الْعُمُومِ فِي الْأَقْوَالِ فَضَعِيفٌ، فَإِنَّ الشَّارِعَ لَمْ يَحْكُمْ قَطُّ إِلَّا عَلَى مُفَصَّلٍ، وَإِنَّمَا الْإِجْمَالُ فِي حَقِّنَا. وَأَمَّا الْمَسْأَلَةُ الثَّالِثَةُ - وَهُوَ اخْتِلَافُهُمْ فِي وُجُوبِ الْكَفَّارَةِ عَلَى الْمَرْأَةِ إِذَا طَاوَعَتْهُ عَلَى الْجِمَاعِ -: فَإِنَّ أَبَا حَنِيفَةَ وَأَصْحَابَهُ وَمَالِكًا وَأَصْحَابَهُ أَوْجَبُوا عَلَيْهَا الْكَفَّارَةَ، وَقَالَ الشَّافِعِيُّ وَدَاوُدُ: لَا كَفَّارَةَ عَلَيْهَا.

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