Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

ceux qui le rompent par un rapport sexuel et ceux qui le rompent autrement ; ceux qui le rompent par un acte dont le caractère invalidant fait l’unanimité et ceux qui le rompent par un acte dont ce caractère est controversé — autrement dit, avec ou sans ambiguïté. Dans chacune de ces deux dernières catégories, la rupture peut survenir par oubli ou délibérément, de plein gré ou sous la contrainte.

Quant à celui qui rompt délibérément le jeûne par un rapport sexuel pendant le ramadan, la majorité des savants lui impose le rattrapage et l’expiation, en raison du hadith authentiquement rapporté d’Abū Hurayra :

« Un homme vint trouver le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — et lui dit :
— Je suis perdu, ô Messager d’Allah !
— Qu’est-ce qui t’a perdu ? demanda-t-il.
— J’ai eu un rapport avec mon épouse pendant le ramadan.
— As-tu les moyens d’affranchir un esclave ?
— Non.
— Peux-tu alors jeûner deux mois consécutifs ?
— Non.
— As-tu alors de quoi nourrir soixante pauvres ?
— Non.
Puis l’homme s’assit. On apporta au Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — un panier contenant des dattes. Il lui dit :
— Donne ceci en aumône.
— À quelqu’un de plus pauvre que moi ? répondit l’homme. Entre les deux étendues de pierres noires qui bordent Médine, aucune famille n’en a plus besoin que nous !
Le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — rit alors au point de laisser apparaître ses canines, puis dit :
— Va donc les donner à manger à ta famille. »

Les savants ont divergé à ce sujet sur plusieurs points :

La rupture délibérée du jeûne en mangeant ou en buvant entraîne-t-elle les mêmes obligations de rattrapage et d’expiation que sa rupture par un rapport sexuel ?

Qu’incombe-t-il à celui qui a un rapport sexuel par oubli ?

Qu’incombe-t-il à la femme lorsqu’elle n’a pas été contrainte ?

Faut-il respecter un ordre obligatoire entre les différentes formes d’expiation, ou peut-on choisir entre elles ?

Quelle quantité doit-on donner à chaque pauvre lorsque l’on s’acquitte de l’expiation en distribuant de la nourriture ?

La répétition des rapports sexuels entraîne-t-elle celle de l’expiation ?

Enfin, celui qui est tenu de nourrir des pauvres, mais qui n’en a pas les moyens, doit-il s’en acquitter lorsqu’il devient aisé ?

Certains ont soutenu un avis marginal en n’imposant que le rattrapage à celui qui rompt délibérément le jeûne par un rapport sexuel : soit que ce hadith ne leur soit pas parvenu, soit qu’ils aient considéré que l’ordre qui y figure n’était pas impératif. En effet, s’il l’avait été, cet homme aurait nécessairement dû jeûner, faute de pouvoir affranchir un esclave ou nourrir des pauvres, dès lors qu’il était bien portant, comme le laisse entendre le sens apparent du hadith. De plus, si cet ordre avait été impératif, le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — lui aurait indiqué, à supposer qu’il fût malade, qu’il devait jeûner une fois rétabli.

D’autres ont également soutenu un avis marginal en affirmant que seule l’expiation lui incombait, puisque le hadith ne mentionne pas le rattrapage. Le rattrapage prescrit par le Coran ne concerne, selon eux, que ceux qui n’ont pas jeûné alors qu’ils étaient autorisés à ne pas le faire, ou ceux auxquels il n’était pas permis de jeûner, suivant la divergence que nous avons exposée précédemment à ce sujet. Quant à celui qui rompt délibérément le jeûne, aucun texte ne lui impose le rattrapage. La question de son rattrapage rejoint donc la divergence concernant celui qui délaisse délibérément une prière jusqu’à l’expiration de son temps prescrit. Toutefois, la divergence sur ces deux questions demeure marginale.

La divergence bien connue porte, quant à elle, sur les questions que nous avons énumérées précédemment.

إِلَى مَنْ يُفْطِرُ بِجِمَاعٍ، وَإِلَى مَنْ يُفْطِرُ بِغَيْرِ جِمَاعٍ، وَإِلَى مَنْ يُفْطِرُ بِأَمْرٍ مُتَّفَقٍ عَلَيْهِ، وَإِلَى مَنْ يُفْطِرُ بِأَمْرٍ مُخْتَلَفٍ فِيهِ - أَعْنِي: بِشُبْهَةٍ أَوْ بِغَيْرِ شُبْهَةٍ - وَكُلُّ وَاحِدٍ مِنْ هَذَيْنِ إِمَّا أَنْ يَكُونَ عَلَى طَرِيقِ السَّهْوِ، أَوْ طَرِيقِ الْعَمْدِ، أَوْ طَرِيقِ الِاخْتِيَارِ، أَوْ طَرِيقِ الْإِكْرَاهِ. أَمَّا مَنْ أَفْطَرَ بِجِمَاعٍ مُتَعَمِّدًا فِي رَمَضَانَ، فَإِنَّ الْجُمْهُورَ عَلَى أَنَّ الْوَاجِبَ عَلَيْهِ الْقَضَاءُ وَالْكَفَّارَةُ، لِمَا ثَبَتَ مِنْ حَدِيثِ أَبِي هُرَيْرَةَ أَنَّهُ قَالَ: «جَاءَ رَجُلٌ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - فَقَالَ: هَلَكْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ، قَالَ: وَمَا أَهْلَكَكَ؟ قَالَ: وَقَعْتُ عَلَى امْرَأَتِي فِي رَمَضَانَ، قَالَ: هَلْ تَجِدُ مَا تُعْتِقُ بِهِ رَقَبَةً؟ قَالَ: لَا، قَالَ: فَهَلْ تَسْتَطِيعُ أَنْ تَصُومَ الشَّهْرَيْنِ مُتَتَابِعَيْنِ؟ قَالَ: لَا، قَالَ: فَهَلْ تَجِدُ مَا تُطْعِمُ بِهِ سِتِّينَ مِسْكِينًا؟ قَالَ: لَا، ثُمَّ جَلَسَ فَأُتِيَ النَّبِيُّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - بِعَرَقٍ فِيهِ تَمْرٌ فَقَالَ: تَصَدَّقْ بِهَذَا، فَقَالَ: أَعْلَى أَفْقَرَ مِنِّي؟ فَمَا بَيْنَ لَابَّتَيْهَا أَهْلُ بَيْتٍ أَحْوَجُ إِلَيْهِ مِنَّا، قَالَ: فَضَحِكَ النَّبِيُّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - حَتَّى بَدَتْ أَنْيَابُهُ ثُمَّ قَالَ: اذْهَبْ فَأَطْعِمْهُ أَهْلَكَ» . وَاخْتَلَفُوا مِنْ ذَلِكَ فِي مَوَاضِعَ: مِنْهَا: هَلِ الْإِفْطَارُ مُتَعَمَّدًا بِالْأَكْلِ وَالشُّرْبِ حُكْمُهُ حُكْمُ الْإِفْطَارِ بِالْجِمَاعِ فِي الْقَضَاءِ وَالْكَفَّارَةِ أَمْ لَا؟ وَمِنْهَا: إِذَا جَامَعَ سَاهِيًا مَاذَا عَلَيْهِ؟ وَمِنْهَا: مَاذَا عَلَى الْمَرْأَةِ إِذَا لَمْ تَكُنْ مُكْرَهَةً؟ وَمِنْهَا: هَلِ الْكَفَّارَةُ وَاجِبَةٌ فِيهِ مُتَرَتِّبَةٌ أَوْ عَلَى التَّخْيِيرِ؟ وَمِنْهَا: كَمِ الْمِقْدَارُ الَّذِي يَجِبُ أَنْ يُعْطَى كُلَّ مِسْكِينٍ إِذَا كَفَّرَ بِالْإِطْعَامِ؟ وَمِنْهَا: هَلِ الْكَفَّارَةُ مُتَكَرِّرَةٌ بِتَكَرُّرِ الْجِمَاعِ أَمْ لَا؟ وَمِنْهَا: إِذَا لَزِمَهُ الْإِطْعَامُ وَكَانَ مُعْسِرًا هَلْ يَلْزَمُهُ الْإِطْعَامُ إِذَا أَثْرَى أَمْ لَا؟ وَشَذَّ قَوْمٌ فَلَمْ يُوجِبُوا عَلَى الْمُفْطِرِ عَمْدًا بِالْجِمَاعِ إِلَّا الْقَضَاءَ فَقَطْ، إِمَّا لِأَنَّهُ لَمْ يَبْلُغْهُمْ هَذَا الْحَدِيثُ، وَإِمَّا لِأَنَّهُ لَمْ يَكُنِ الْأَمْرُ عَزْمَةً فِي هَذَا الْحَدِيثِ، لِأَنَّهُ لَوْ كَانَ عَزْمَةً لَوَجَبَ إِذَا لَمْ يَسْتَطِعِ الْإِعْتَاقَ أَوِ الْإِطْعَامَ أَنْ يَصُومَ، وَلَا بُدَّ إِذَا كَانَ صَحِيحًا عَلَى ظَاهِرِ الْحَدِيثِ، وَأَيْضًا لَوْ كَانَ عَزْمَةً لَأَعْلَمَهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - أَنَّهُ إِذَا صَحَّ أَنَّهُ يَجِبُ عَلَيْهِ الصِّيَامُ أَنْ لَوْ كَانَ مَرِيضًا. وَكَذَلِكَ شَذَّ قَوْمٌ أَيْضًا فَقَالُوا: لَيْسَ عَلَيْهِ إِلَّا الْكَفَّارَةُ فَقَطْ؛ إِذْ لَيْسَ فِي الْحَدِيثِ ذِكْرُ الْقَضَاءِ، وَالْقَضَاءُ الْوَاجِبُ بِالْكِتَابِ إِنَّمَا هُوَ لِمَنْ أَفْطَرَ مِمَّنْ يَجُوزُ لَهُ الْفِطْرُ، أَوْ مِمَّنْ لَا يَجُوزُ لَهُ الصَّوْمُ عَلَى الِاخْتِلَافِ الَّذِي قَرَّرْنَاهُ قَبْلُ فِي ذَلِكَ، فَأَمَّا مَنْ أَفْطَرَ مُتَعَمِّدًا فَلَيْسَ فِي إِيجَابِ الْقَضَاءِ عَلَيْهِ نَصٌّ، فَيَلْحَقُ فِي قَضَاءِ الْمُتَعَمِّدِ الْخِلَافُ الَّذِي لَحِقَ فِي قَضَاءِ تَارِكِ الصَّلَاةِ عَمْدًا حَتَّى خُرُوجِ وَقْتِهَا، إِلَّا أَنَّ الْخِلَافَ فِي هَاتَيْنِ الْمَسْأَلَتَيْنِ شَاذٌّ. وَأَمَّا الْخِلَافُ الْمَشْهُورُ فَهُوَ فِي الْمَسَائِلِ الَّتِي عَدَّدْنَاهَا قَبْلُ.

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