Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

non plus avec l’eau restant après la purification de l’homme. Toutefois, le hadith de Maymūna, rapporté par Muslim, s’y oppose. Mais, comme nous l’avons dit, certains lui ont reproché un défaut, car l’un de ses transmetteurs y déclare : « Il me semble très probable, et c’est ce que je crois savoir, qu’Abū al-Sha‘thā’ me l’a rapporté. »

Quant à celui qui n’a permis ni à l’un ni à l’autre de se purifier avec l’eau laissée par son conjoint, ni de commencer leur purification ensemble, peut-être n’a-t-il eu connaissance que du hadith d’al-Hakam al-Ghifārī et a-t-il assimilé, par analogie, le cas de l’homme à celui de la femme.

Quant à celui qui a interdit uniquement l’eau laissée par une femme en état d’impureté majeure ou ayant ses menstrues, je ne lui connais aucun argument, si ce n’est que cet avis est rapporté de certains prédécesseurs — d’Ibn ‘Umar, me semble-t-il.

Sixième question

Se démarquant de la plupart de ses disciples et des juristes des grandes cités, Abū Hanīfa a autorisé les ablutions avec de l’eau de macération de dattes en voyage, en raison du hadith d’Ibn ‘Abbās :

« Ibn Mas‘ūd sortit avec le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — la nuit de la rencontre avec les djinns. Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — lui demanda : “As-tu de l’eau avec toi ?” Il répondit : “J’ai de l’eau de macération de dattes dans ma petite outre.” Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — lui dit : “Verse.” Il en fit ses ablutions et déclara : “C’est une boisson et un moyen de purification.” »

Ils invoquent également le hadith semblable qu’Abū Rāfi‘, client d’Ibn ‘Umar, rapporte de ‘Abd Allāh ibn Mas‘ūd, dans lequel le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — dit :

« Un bon fruit et une eau purifiante. »

Ils ont soutenu que cet avis était attribué aux Compagnons ‘Alī et Ibn ‘Abbās et qu’aucun Compagnon ne les avait contredits : cela tenait donc, à leurs yeux, du consensus.

Les spécialistes du hadith ont rejeté ce récit et ne l’ont pas accepté, en raison de la faiblesse de ses transmetteurs et parce que des voies de transmission plus fiables que celles-ci rapportent qu’« Ibn Mas‘ūd n’était pas avec le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — la nuit de la rencontre avec les djinns ».

Pour rejeter ce hadith, la majorité des savants a invoqué cette parole du Très-Haut :

« Si vous ne trouvez pas d’eau, recourez à un sol pur. »
[Les Femmes : 43]

Ils ont expliqué qu’Allah n’avait prévu ici aucun intermédiaire entre l’eau et le sol. Ils ont également invoqué cette parole du Prophète — sur lui la prière et la paix :

« Le sol pur tient lieu d’eau pour les ablutions du musulman, même s’il ne trouve pas d’eau pendant dix ans. Mais lorsqu’il en trouve, qu’il la fasse toucher sa peau. »

Les partisans du premier avis pourraient répondre que, dans le hadith, ce liquide a bien reçu le nom d’eau et que l’ajout d’une disposition n’implique pas une abrogation : on ne saurait donc lui opposer le Livre. Mais cela contredit leur affirmation selon laquelle l’ajout d’une disposition constitue une abrogation.

أيضا بفضل الرجل. لكن يعارضه حديث ميمونة، وهو حديث أخرجه مسلم، لكن قد علله كما قلنا بعض الناس من أن بعض رواته قال فيه: أكثر ظني، وأكثر علمي أن أبا الشعثاء حدثني. وَأَمَّا مَنْ لَمْ يُجِزْ لِوَاحِدٍ مِنْهُمَا أَنْ يَتَطَهَّرَ بِفَضْلِ صَاحِبِهِ وَلَا يَشْرَعَانِ مَعًا، فَلَعَلَّهُ لَمْ يَبْلُغْهُ مِنَ الْأَحَادِيثِ إِلَّا حَدِيثُ الْحَكَمِ الْغِفَارِيِّ وَقَاسَ الرَّجُلَ عَلَى الْمَرْأَةِ. وَأَمَّا مَنْ نَهَى عَنْ سُؤْرِ الْمَرْأَةِ الْجُنُبِ، وَالْحَائِضِ فَقَطْ، فَلَسْتُ أَعْلَمُ لَهُ حُجَّةً إِلَّا أَنَّهُ مَرْوِيٌّ عَنْ بَعْضِ السَّلَفِ أَحْسَبُهُ عَنِ ابْنِ عُمَرَ. الْمَسْأَلَةُ السّادِسَةُ صَارَ أَبُو حَنِيفَةَ مِنْ بَيْنِ مُعْظَمِ أَصْحَابِهِ وَفُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ إِلَى إِجَازَةِ الْوُضُوءِ بِنَبِيذِ التَّمْرِ فِي السَّفَرِ لِحَدِيثِ ابْنِ عَبَّاسٍ: «أَنَّ ابْنَ مَسْعُودٍ خَرَجَ مَعَ رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - لَيْلَةَ الْجِنِّ، فَسَأَلَهُ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - فَقَالَ: هَلْ مَعَكَ مِنْ مَاءٍ؟ فَقَالَ: مَعِي نَبِيذٌ فِي إِدَاوَتِي، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: اصْبُبْ. فَتَوَضَّأَ بِهِ، وَقَالَ: شَرَابٌ وَطَهُورٌ» وَحَدِيثِ أَبِي رَافِعٍ مَوْلَى ابْنِ عُمَرَ عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مَسْعُودٍ بِمِثْلِهِ، وَفِيهِ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: «ثَمَرَةٌ طَيِّبَةٌ وَمَاءٌ طَهُورٌ» وَزَعَمُوا أَنَّهُ مَنْسُوبٌ إِلَى الصَّحَابَةِ عَلِيٍّ وَابْنِ عَبَّاسٍ، وَأَنَّهُ لَا مُخَالِفَ لَهُمْ مِنَ الصَّحَابَةِ، فَكَانَ كَالْإِجْمَاعِ عِنْدَهُمْ. وَرَدَّ أَهْلُ الْحَدِيثِ هَذَا الْخَبَرَ وَلَمْ يَقْبَلُوهُ لِضَعْفِ رُوَاتِهِ، وَلِأَنَّهُ قَدْ رُوِيَ مِنْ طُرُقٍ أَوْثَقَ مِنْ هَذِهِ الطُّرُقِ «أَنَّ ابْنَ مَسْعُودٍ لَمْ يَكُنْ مَعَ رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - لَيْلَةَ الْجِنِّ» . وَاحْتَجَّ الْجُمْهُورُ لِرَدِّ هَذَا الْحَدِيثِ بِقَوْلِهِ تَعَالَى: {فَلَمْ تَجِدُوا مَاءً فَتَيَمَّمُوا صَعِيدًا طَيِّبًا} [النساء: ٤٣] قَالُوا: فَلَمْ يَجْعَلْ هَاهُنَا وَسَطًا بَيْنَ الْمَاءِ وَالصَّعِيدِ، وَبُقُولِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - «الصَّعِيدُ الطَّيِّبُ وَضُوءُ الْمُسْلِمِ، وَإِنْ لَمْ يَجِدِ الْمَاءَ إِلَى عَشْرِ حِجَجٍ، فَإِذَا وَجَدَ الْمَاءَ فَلْيُمِسَّهُ بَشَرَتَهُ» وَلَهُمْ أَنْ يَقُولُوا: إِنَّ هَذَا قَدْ أُطْلِقَ عَلَيْهِ فِي الْحَدِيثِ اسْمُ الْمَاءِ، وَالزِّيَادَةُ لَا تَقْتَضِي نَسْخًا فَيُعَارِضَهَا الْكِتَابُ، لَكِنَّ هَذَا مُخَالِفٌ لِقَوْلِهِمْ إِنَّ الزِّيَادَةَ نَسْخٌ.

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