Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Selon la deuxième opinion, elles doivent seulement rattraper les jours manqués, sans être tenues de nourrir des pauvres. Cette position, contraire à la première, est celle d’Abū Hanīfa, de ses disciples et d’Abū Thawr.

Selon la troisième, elles doivent à la fois rattraper les jours manqués et nourrir des pauvres. C’est l’avis d’al-Shāfi‘ī.

Selon la quatrième, la femme enceinte doit rattraper les jours manqués sans nourrir de pauvres, tandis que celle qui allaite doit s’acquitter des deux.

Leur divergence tient à ce qu’elles peuvent être assimilées aussi bien à celui que le jeûne épuise qu’au malade. Ceux qui les assimilent au malade leur imposent uniquement le rattrapage. Ceux qui les assimilent à celui que le jeûne épuise leur imposent uniquement de nourrir des pauvres, en s’appuyant sur la lecture suivante du verset :

« À ceux qui peuvent le supporter incombe une compensation : nourrir un pauvre. » [Al-Baqara : 184]

Quant à ceux qui leur imposent les deux obligations, ils semblent avoir considéré qu’elles présentent une ressemblance avec chacune de ces deux catégories. Ils leur imposent donc le rattrapage en raison de leur ressemblance avec le malade, et la compensation en raison de leur ressemblance avec ceux que le jeûne épuise. Il se peut aussi qu’ils les aient assimilées à la personne bien portante qui rompt le jeûne. Cette explication est toutefois peu convaincante, car la personne bien portante n’est pas autorisée à le rompre.

Ceux qui distinguent la femme enceinte de celle qui allaite assimilent la première au malade et maintiennent, pour la seconde, une règle combinant celle du malade et celle de la personne que le jeûne épuise ; ou bien ils assimilent cette dernière à la personne bien portante.

La position de ceux qui ne leur imposent qu’une seule de ces deux obligations est mieux fondée — et Allah sait mieux — que celle de ceux qui les cumulent. De même, leur imposer uniquement le rattrapage est mieux fondé que leur imposer seulement de nourrir des pauvres, puisque la lecture invoquée n’est pas transmise par voie de transmission de masse. Médite cela : le point est clair.

Quant à l’homme et à la femme très âgés qui ne peuvent pas jeûner, les savants s’accordent à leur permettre de ne pas jeûner. Ils divergent toutefois sur ce qui leur incombe dans ce cas. Certains leur imposent de nourrir des pauvres ; d’autres ne le leur imposent pas. Al-Shāfi‘ī et Abū Hanīfa retiennent la première position, tandis que Mālik retient la seconde, tout en le recommandant.

La plupart de ceux qui leur imposent de nourrir des pauvres fixent la quantité à un mudd de nourriture pour chaque jour. Selon un autre avis, il suffit de distribuer plusieurs poignées, comme le faisait Anas.

Leur divergence tient à leur désaccord au sujet de la lecture que nous avons mentionnée, à savoir :

« À ceux qui peuvent le supporter » [Al-Baqara : 184].

Ceux qui considèrent qu’il est obligatoire de se conformer à une lecture non consignée dans le codex coranique, dès lors qu’elle est rapportée par des transmetteurs isolés dignes de confiance, estiment que la personne très âgée fait partie de ceux que vise ce passage. Ceux qui ne reconnaissent pas à cette lecture de portée contraignante lui appliquent la règle du malade dont la maladie se prolonge jusqu’à la mort.

Telles sont donc les règles concernant les personnes autorisées à ne pas jeûner. Nous entendons par là les règles bien connues, dont la plupart sont explicitement énoncées dans les textes ou se rattachent à ce que ceux-ci énoncent au sujet de cette catégorie de personnes.

[Règles concernant ceux qui sont autorisés à rompre le jeûne, lorsqu’ils le rompent]

Quant aux règles concernant ceux qui rompent le jeûne alors qu’ils n’y sont pas autorisés, leur examen porte sur

وَالْقَوْلُ الثَّانِي: أَنَّهُمَا يَقْضِيَانِ فَقَطْ وَلَا إِطْعَامَ عَلَيْهِمَا، وَهُوَ مُقَابِلُ الْأَوَّلِ، وَبِهِ قَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَأَصْحَابُهُ وَأَبُو ثَوْرٍ. وَالثَّالِثُ: أَنَّهُمَا يَقْضِيَانِ وَيُطْعِمَانِ، وَبِهِ قَالَ الشَّافِعِيُّ. وَالْقَوْلُ الرَّابِعُ: أَنَّ الْحَامِلَ تَقْضِي وَلَا تُطْعِمُ، وَالْمُرْضِعُ تَقْضِي وَتُطْعِمُ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: تَرَدُّدُ شَبَهِهِمَا بَيْنَ الَّذِي يُجْهِدُهُ الصَّوْمُ وَبَيْنَ الْمَرِيضِ، فَمَنْ شَبَّهَهُمَا بِالْمَرِيضِ قَالَ: عَلَيْهِمَا الْقَضَاءُ فَقَطْ، وَمَنْ شَبَّهَهُمَا بِالَّذِي يُجْهِدُهُ الصَّوْمُ قَالَ: عَلَيْهِمَا الْإِطْعَامُ فَقَطْ بِدَلِيلِ قِرَاءَةِ مَنْ قَرَأَ {وَعَلَى الَّذِينَ يُطِيقُونَهُ فِدْيَةٌ طَعَامُ مِسْكِينٍ} [البقرة: ١٨٤] الْآيَةَ. وَأَمَّا مَنْ جَمَعَ عَلَيْهِمَا الْأَمْرَيْنِ فَيُشْبِهُ أَنْ يَكُونَ رَأَى فِيهِمَا مِنْ كُلِّ وَاحِدٍ شَبَهًا فَقَالَ: عَلَيْهِمَا الْقَضَاءُ مِنْ جِهَةِ مَا فِيهِمَا مِنْ شَبَهِ الْمَرِيضِ، وَعَلَيْهِمَا الْفِدْيَةُ مِنْ جِهَةِ مَا فِيهِمَا مِنْ شَبَهِ الَّذِينَ يُجْهِدُهُمُ الصِّيَامُ، وَشَبَهِ أَنْ يَكُونَ شَبَّهَهُمَا بِالْمُفْطِرِ الصَّحِيحِ لَكِنْ يَضْعُفُ هَذَا، فَإِنَّ الصَّحِيحَ لَا يُبَاحُ لَهُ الْفِطْرُ. وَمَنْ فَرَّقَ بَيْنَ الْحَامِلِ وَالْمُرْضِعِ أَلْحَقَ الْحَامِلَ بِالْمَرِيضِ، وَأَبْقَى حُكْمَ الْمُرْضِعِ مَجْمُوعًا مِنْ حُكْمِ الْمَرِيضِ وَحُكْمِ الَّذِي يُجْهِدُهُ الصَّوْمُ، أَوْ شَبَّهَهَا بِالصَّحِيحِ. وَمَنْ أَفْرَدَ لَهُمَا أَحَدَ الْحُكْمَيْنِ أَوْلَى - وَاللَّهُ أَعْلَمُ - مِمَّنْ جَمَعَ، كَمَا أَنَّ مَنْ أَفْرَدَهُمَا بِالْقَضَاءِ أَوْلَى مِمَّنْ أَفْرَدَهُمَا بِالْإِطْعَامِ فَقَطْ لِكَوْنِ الْقِرَاءَةِ غَيْرَ مُتَوَاتِرَةٍ فَتَأَمَّلْ هَذَا فَإِنَّهُ بَيِّنٌ. وَأَمَّا الشَّيْخُ الْكَبِيرُ وَالْعَجُوزُ اللَّذَانِ لَا يَقْدِرَانِ عَلَى الصِّيَامِ: فَإِنَّهُمْ أَجْمَعُوا عَلَى أَنَّ لَهُمَا أَنْ يُفْطِرَا، وَاخْتَلَفُوا فِيمَا عَلَيْهِمَا إِذَا أَفْطَرَا، فَقَالَ قَوْمٌ: عَلَيْهِمَا الْإِطْعَامُ. وَقَالَ قَوْمٌ: لَيْسَ عَلَيْهِمَا إِطْعَامٌ. وَبِالْأَوَّلِ قَالَ الشَّافِعِيُّ وَأَبُو حَنِيفَةَ، وَبِالثَّانِي قَالَ مَالِكٌ إِلَّا أَنَّهُ اسْتَحَبَّهُ. وَأَكْثَرُ مَنْ رَأَى الْإِطْعَامَ عَلَيْهِمَا يَقُولُ: مُدٌّ عَنْ كُلِّ يَوْمٍ، وَقِيلَ: إِنْ حَفَنَ حَفَنَاتٍ كَمَا كَانَ أَنَسٌ يَصْنَعُ أَجْزَأَهُ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمُ اخْتِلَافُهُمْ فِي الْقِرَاءَةِ الَّتِي ذَكَرْنَا - أَعْنِي: قِرَاءَةَ مَنْ قَرَأَ {وَعَلَى الَّذِينَ يُطِيقُونَهُ} [البقرة: ١٨٤] - فَمَنْ أَوْجَبَ الْعَمَلَ بِالْقِرَاءَةِ الَّتِي لَمْ تَثْبُتْ فِي الْمُصْحَفِ إِذَا وَرَدَتْ مِنْ طَرِيقِ الْآحَادِ الْعُدُولِ قَالَ: الشَّيْخُ مِنْهُمْ، وَمَنْ لَمْ يُوجِبْ بِهَا عَمَلًا جَعَلَ حُكْمَهُ حُكْمَ الْمَرِيضِ الَّذِي يَتَمَادَى بِهِ الْمَرَضُ حَتَّى يَمُوْتَ. فَهَذِهِ هِيَ أَحْكَامُ الصِّنْفِ مِنَ النَّاسِ الَّذِينَ يَجُوزُ لَهُمُ الْفِطْرُ - أَعْنِي: أَحْكَامَهُمُ الْمَشْهُورَةَ الَّتِي أَكْثَرُهَا مَنْطُوقٌ بِهِ أَوْ لَهَا تَعَلُّقٌ بِالْمَنْطُوقِ بِهِ فِي الصِّنْفِ الَّذِي يَجُوزُ لَهُ الْفِطْرُ. [أَحْكَامُ مَنْ يَجُوزُ لَهُ الْفِطْرُ إِذَا أَفْطَرَ] وَأَمَّا النَّظَرُ فِي أَحْكَامِ الصِّنْفِ الَّذِي لَا يَجُوزُ لَهُ الْفِطْرُ إِذَا أَفْطَرَ: فَإِنَّ النَّظَرَ فِي ذَلِكَ يَتَوَجَّهُ

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