prévue pour le rattrapage ; le second, en mangeant un jour où il est interdit de manger. Cette analogie ne serait toutefois fondée que s’il était établi, par un texte du Législateur, que le rattrapage doit être accompli dans un délai déterminé, puisque les périodes d’accomplissement des obligations sont, elles, délimitées par la Loi.
Certains ont soutenu une opinion marginale : lorsque la maladie se prolonge jusqu’à l’arrivée du Ramadan suivant, le malade n’aurait aucun rattrapage à effectuer. Cela contredit le texte.
Quant à celui qui meurt alors qu’il lui reste des jours de jeûne à accomplir, certains disent : « Nul ne jeûne à la place d’autrui. » D’autres estiment que son proche jeûne pour lui.
Parmi ceux qui n’imposent pas ce jeûne, certains disent que son proche nourrit des pauvres pour lui : telle est la position d’al-Shāfi‘ī. D’autres disent qu’il n’y a lieu ni de jeûner ni de nourrir des pauvres pour lui, sauf s’il l’a demandé par testament : c’est l’avis de Mālik. Abū Hanīfa dit : « Son proche jeûne pour lui ; s’il ne le peut pas, il nourrit des pauvres. » Certains distinguent le jeûne faisant l’objet d’un vœu du jeûne obligatoire : le proche jeûne pour le défunt dans le premier cas, mais non dans le second.
Leur divergence tient à l’opposition entre le raisonnement par analogie et les traditions rapportées. En effet, il est établi, d’après un hadith de ‘Ā’isha, que le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde la paix — a dit :
« Celui qui meurt alors qu’il lui reste un jeûne à accomplir, son proche jeûne pour lui. »
Ce hadith est rapporté par Muslim. Il est également établi, d’après un hadith d’Ibn ‘Abbās :
« Un homme vint trouver le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde la paix — et lui dit : “Ô Messager d’Allah ! Ma mère est morte alors qu’elle devait encore jeûner un mois. Dois-je le rattraper pour elle ?” Il lui demanda : “Si ta mère avait eu une dette, l’aurais-tu acquittée pour elle ?” Il répondit : “Oui.” Le Prophète dit alors : “La dette envers Allah mérite davantage d’être acquittée.” »
Ceux qui considèrent que les principes généraux s’opposent à cette tradition disent que le proche n’est pas tenu de jeûner. En effet, de même que nul n’accomplit la prière ni les ablutions à la place d’autrui, nul ne jeûne à sa place.
Ceux qui s’en tiennent au texte sur cette question imposent au proche de jeûner. Ceux qui ne retiennent pas ce texte limitent l’obligation au jeûne faisant l’objet d’un vœu. Ceux qui assimilent par analogie le jeûne de Ramadan à ce dernier estiment que le proche jeûne aussi pour le défunt au titre du Ramadan.
Quant à ceux qui imposent de nourrir des pauvres, ils se fondent sur la lecture de ceux qui récitent ce passage du verset :
« À ceux qui peuvent le supporter incombe une compensation. » [Al-Baqara : 184]
Ceux qui laissent le choix en la matière concilient ainsi le verset et la tradition rapportée.
Telles sont donc les règles concernant le voyageur et le malade, qui appartiennent à la catégorie des personnes autorisées aussi bien à ne pas jeûner qu’à jeûner.
[Règles du jeûne concernant la femme qui allaite, la femme enceinte et la personne très âgée]
Quant aux autres personnes de cette catégorie — la femme qui allaite, la femme enceinte et la personne très âgée —, deux questions bien connues se posent à leur sujet.
La première est la suivante : que doivent faire la femme enceinte et celle qui allaite lorsqu’elles ne jeûnent pas ? Les savants ont quatre positions sur cette question.
Selon la première, elles doivent nourrir des pauvres et ne sont pas tenues de rattraper les jours manqués. Cet avis est rapporté d’Ibn ‘Umar et d’Ibn ‘Abbās.