Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

et les gens rompirent leur jeûne avec lui. » Le sens apparent de ce récit est qu’il rompit son jeûne après avoir formulé, durant la nuit, l’intention de jeûner. Quant aux gens, il ne fait aucun doute qu’ils rompirent leur jeûne après en avoir formulé l’intention durant la nuit.

Dans le même sens, on trouve également ce hadith de Jābir ibn ‘Abd Allah :

« Le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde la paix — partit pour La Mecque l’année de la conquête. Il poursuivit sa marche jusqu’à Kurā‘ al-Ghamīm, et les gens jeûnaient. Puis il demanda une coupe d’eau, la leva pour que les gens la voient, puis but. On lui dit ensuite : “Certaines personnes ont continué à jeûner.” Il répondit : “Ceux-là sont les désobéissants ! Ceux-là sont les désobéissants !” »

Abū Dāwūd rapporte également qu’Abū Busra al-Ghifārī, après avoir dépassé les habitations, fit apporter le repas. Ja‘far, le rapporteur du hadith, dit : « Je lui demandai : “Ne te diriges-tu pas vers les habitations ?” Il répondit : “Te détournerais-tu de la sunna du Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde la paix ?” » Ja‘far ajouta : « Puis il mangea. »

Quant au raisonnement, il consiste à dire que, puisque le voyageur est tenu de formuler l’intention de jeûner durant la nuit précédant son départ, il ne lui est pas permis d’annuler son jeûne après en avoir formulé l’intention, conformément à cette parole du Très-Haut :

« Et n’annulez pas vos œuvres. » [Muhammad : 33]

Leur divergence sur l’obligation, pour celui qui arrive en ville en cours de journée, de cesser ou non de manger tient à la comparaison avec celui qui, après avoir mangé un jour dont l’appartenance à Ramadan était incertaine, apprend au cours de cette journée qu’elle fait bien partie de Ramadan.

Ceux qui assimilent les deux cas disent qu’il doit cesser de manger. Ceux qui ne les assimilent pas disent qu’il n’y est pas tenu : le premier a mangé par ignorance, tandis que le second a mangé pour une raison qui le lui permettait ou le lui imposait.

Les hanafites disent, quant à eux, que les deux situations obligent à cesser de manger après qu’il a été permis de le faire.

La cinquième question est de savoir s’il est permis à celui qui jeûne pendant Ramadan d’entreprendre un voyage, puis de ne pas jeûner durant celui-ci. La majorité considère que cela lui est permis. Il est toutefois rapporté de certains savants, à savoir ‘Ubayda al-Salmānī, Suwayd ibn Ghafala et Ibn Mijlaz, que, s’il voyage durant ce mois, il doit jeûner ; ils ne l’autorisaient donc pas à ne pas jeûner.

Leur divergence tient à leur compréhension différente de cette parole du Très-Haut :

« Que celui d’entre vous qui est présent en ce mois le jeûne. » [Al-Baqara : 185]

On peut en effet comprendre que celui qui est présent durant une partie du mois doit le jeûner tout entier. Mais on peut également comprendre que celui qui est présent ne doit jeûner que la partie du mois durant laquelle il est présent. En effet, puisqu’il est unanimement admis que celui qui est présent durant tout le mois doit le jeûner tout entier, celui qui n’est présent que durant une partie du mois doit jeûner cette partie. Le fait que le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde la paix — ait entrepris un voyage pendant Ramadan appuie l’interprétation de la majorité.

Quant au voyageur qui ne jeûne pas, il doit, de l’avis unanime des savants, rattraper les jours manqués. Il en va de même pour le malade, conformément à cette parole du Très-Haut :

« Il devra jeûner un nombre égal d’autres jours. » [Al-Baqara : 184]

وَأَفْطَرَ النَّاسُ مَعَهُ» . وَظَاهِرُ هَذَا أَنَّهُ أَفْطَرَ بَعْدَ أَنْ بَيَّتَ الصَّوْمَ، وَأَمَّا النَّاسُ فَلَا شَكَّ أَنَّهُمْ أَفْطَرُوا بَعْدَ تَبْيِيتِهِمُ الصَّوْمَ. وَفِي هَذَا الْمَعْنَى أَيْضًا حَدِيثُ جَابِرِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ: «أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - خَرَجَ عَامَ الْفَتْحِ إِلَى مَكَّةَ، فَسَارَ حَتَّى بَلَغَ كُرَاعَ الْغَمِيمِ وَصَامَ النَّاسُ، ثُمَّ دَعَا بِقَدَحٍ مِنْ مَاءٍ فَرَفَعَهُ حَتَّى نَظَرَ النَّاسُ إِلَيْهِ ثُمَّ شَرِبَ، فَقِيلَ لَهُ بَعْدَ ذَلِكَ: إِنَّ بَعْضَ النَّاسِ قَدْ صَامَ فَقَالَ: " أُولَئِكَ الْعُصَاةُ أُولَئِكَ الْعُصَاةُ» . وَخَرَّجَ أَبُو دَاوُدَ عَنْ أَبِي بُصْرَةَ الْغِفَارِيِّ أَنَّهُ لَمَّا تَجَاوَزَ الْبُيُوتَ دَعَا بِالسُّفْرَةِ، قَالَ جَعْفَرٌ رَاوِي الْحَدِيثِ: فَقُلْتُ: أَلَسْتَ تَؤُمُّ الْبُيُوتَ؟ فَقَالَ: أَتَرْغَبُ عَنْ سُنَّةِ رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -؟ قَالَ جَعْفَرٌ: فَأَكَلَ. وَأَمَّا النَّظَرُ: فَلَمَّا كَانَ الْمُسَافِرُ لَا يَجُوزُ لَهُ إِلَّا أَنْ يُبَيِّتَ الصَّوْمَ لَيْلَةَ سَفَرِهِ لَمْ يَجُزْ لَهُ أَنْ يُبْطِلَ صَوْمَهُ وَقَدْ بَيَّتَهُ لِقَوْلِهِ تَعَالَى: {وَلا تُبْطِلُوا أَعْمَالَكُمْ} [محمد: ٣٣] . وَأَمَّا اخْتِلَافُهُمْ فِي إِمْسَاكِ الدَّاخِلِ فِي أَثْنَاءِ النَّهَارِ عَنِ الْأَكْلِ أَوْ لَا إِمْسَاكِهِ، فَالسَّبَبُ فِيهِ اخْتِلَافُهُمْ فِي تَشْبِيهِ مَنْ يَطْرَأُ عَلَيْهِ فِي يَوْمِ شَكٍّ أَفْطَرَ فِيهِ الثُّبُوتُ أَنَّهُ مِنْ رَمَضَانَ، فَمَنْ شَبَّهَهُ بِهِ قَالَ: يُمْسِكُ عَنِ الْأَكْلِ، وَمَنْ لَمْ يُشَبِّهْهُ بِهِ قَالَ: لَا يُمْسِكُ عَنِ الْأَكْلِ، لِأَنَّ الْأَوَّلَ أَكْلُ مَوْضِعِ الْجَهْلِ، وَهَذَا أَكْلٌ لِسَبَبٍ مُبِيحٍ أَوْ مُوجِبٍ لِلْأَكْلِ. وَالْحَنَفِيَّةُ تَقُولُ: كِلَاهُمَا سَبَبَانِ مُوَجِبَانِ لِلْإِمْسَاكِ عَنِ الْأَكْلِ بَعْدَ إِبَاحَةِ الْأَكْلِ. وَأَمَّا الْمَسْأَلَةُ الخَامِسَةُ: وَهِيَ هَلْ يَجُوزُ لِلصَّائِمِ فِي رَمَضَانَ أَنْ يُنْشِيءَ سَفَرًا ثُمَّ لَا يَصُومُ فِيهِ؟ فَإِنَّ الْجُمْهُورَ عَلَى أَنَّهُ يَجُوزُ ذَلِكَ لَهُ. وَرُوِيَ عَنْ بَعْضِهِمْ وَهُوَ عُبَيْدَةُ السَّلْمَانِيُّ وَسُوِيدُ بْنُ غَفَلَةَ وَابْنُ مِجْلَزٍ أَنَّهُ إِنْ سَافَرَ فِيهِ صَامَ وَلَمْ يُجِيزُوا لَهُ الْفِطْرَ. وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمُ: اخْتِلَافُهُمْ فِي مَفْهُومِ قَوْلِهِ - تَعَالَى - {فَمَنْ شَهِدَ مِنْكُمُ الشَّهْرَ فَلْيَصُمْهُ} [البقرة: ١٨٥] . وَذَلِكَ أَنَّهُ يُحْتَمَلُ أَنْ يُفْهَمَ مِنْهُ أَنَّ مِنْ شَهِدَ بَعْضَ الشَّهْرِ فَالْوَاجِبُ عَلَيْهِ أَنْ يَصُومَهُ كُلَّهُ وَيُحْتَمَلُ أَنْ يُفْهَمَ مِنْهُ أَنَّ مَنْ شَهِدَ أَنَّ الْوَاجِبَ أَنْ يَصُومَ ذَلِكَ الْبَعْضَ الَّذِي شَهِدَهُ، وَذَلِكَ أَنَّهُ لَمَّا كَانَ الْمَفْهُومُ بِاتِّفَاقٍ أَنَّ مَنْ شَهِدَهُ كُلَّهُ فَهُوَ يَصُومُهُ كُلَّهُ كَانَ مَنْ شَهِدَ بَعْضَهُ فَهُوَ يَصُومُ بَعْضَهُ، وَيُؤَيِّدُ تَأْوِيلَ الْجُمْهُورِ إِنْشَاءُ رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - السَّفَرَ فِي رَمَضَانَ. وَأَمَّا حُكْمُ الْمُسَافِرِ إِذَا أَفْطَرَ فَهُوَ الْقَضَاءُ بِاتِّفَاقٍ وَكَذَلِكَ الْمَرِيضُ لِقَوْلِهِ - تَعَالَى -: {فَعِدَّةٌ مِنْ أَيَّامٍ أُخَرَ} [البقرة: ١٨٤]

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