Quant à ceux qui laissent le choix entre les deux, ils s’appuient sur ce hadith de ‘Ā’isha :
« Hamza ibn ‘Amr al-Aslamī interrogea le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde la paix — au sujet du jeûne en voyage. Il lui répondit : “Si tu le souhaites, jeûne ; et si tu le souhaites, ne jeûne pas.” » Rapporté par Muslim.
La troisième question est de savoir si la permission de ne pas jeûner accordée au voyageur dépend d’un seuil déterminé du voyage ou si elle vaut sans cette restriction. Les savants divergent à ce sujet.
La majorité considère que cette permission ne s’applique qu’au voyage autorisant le raccourcissement de la prière, selon leurs divergences sur cette dernière question.
D’autres estiment qu’elle s’applique à tout déplacement pouvant être qualifié de voyage. Ce sont les tenants de l’école littéraliste.
Leur divergence tient à l’opposition entre le sens apparent des termes et la raison d’être de la permission. En effet, le sens apparent des termes indique que toute personne pouvant être qualifiée de voyageur peut ne pas jeûner, conformément à cette parole du Très-Haut :
« Quiconque parmi vous est malade ou en voyage devra jeûner un nombre égal d’autres jours. » [Al-Baqara : 184]
Quant à la raison que l’on peut déduire de la permission de ne pas jeûner en voyage, c’est la difficulté. Or, puisque les Compagnons semblaient unanimes sur l’existence d’un seuil en la matière, il fallait déterminer celui-ci par analogie avec le seuil autorisant le raccourcissement de la prière.
Les savants divergent également sur la maladie qui autorise à ne pas jeûner.
Certains considèrent qu’il s’agit de la maladie dans laquelle le jeûne entraîne difficulté et détresse. C’est l’avis de Mālik.
D’autres considèrent qu’il s’agit de la maladie qui accable le malade. C’est l’avis d’Ahmad.
D’autres encore disent que toute personne pouvant être qualifiée de malade peut ne pas jeûner.
La cause de leur divergence est exactement la même que pour la détermination du seuil du voyage.
La quatrième question est de savoir à quel moment le voyageur peut rompre son jeûne et à quel moment il doit s’abstenir de manger.
Certains disent qu’il peut rompre son jeûne le jour même où il part en voyage. C’est l’avis d’al-Sha‘bī, d’al-Hasan et d’Ahmad.
D’autres disent qu’il ne peut pas rompre son jeûne ce jour-là. C’est l’avis des juristes des grands centres urbains. Les savants ont recommandé à celui qui sait qu’il entrera en ville au début de la journée d’y entrer en état de jeûne. Certains sont plus stricts que d’autres sur ce point, mais aucun n’impose d’expiation à celui qui y entre sans jeûner.
Ils divergent au sujet de celui qui entre en ville alors qu’une partie de la journée s’est déjà écoulée. Mālik et al-Shāfi‘ī considèrent qu’il peut continuer à ne pas jeûner.
Abū Hanīfa et ses disciples disent qu’il doit cesser de manger. De même, la femme dont les menstrues prennent fin doit cesser de manger.
Leur divergence sur le moment où le voyageur peut rompre son jeûne tient à l’opposition entre la tradition rapportée et le raisonnement.
Quant à la tradition, il est authentiquement rapporté dans le hadith d’Ibn ‘Abbās : « Le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde la paix — jeûna jusqu’à son arrivée à al-Kadīd, puis rompit son jeûne