Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

ainsi, son jeûne est invalidé.

Leur divergence tient à ce qui est rapporté d’Abū Hurayra, qui disait : « Celui qui se trouve encore en état d’impureté majeure à l’aube, durant Ramadan, a rompu son jeûne. » Il est également rapporté qu’il déclara : « Ce n’est pas moi qui l’ai dit, mais Muhammad — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde la paix —, par le Seigneur de la Kaaba ! »

Ibn al-Mājishūn, l’un des disciples de Mālik, considère que, si les règles d’une femme cessent avant l’aube et qu’elle retarde son bain rituel, sa journée est une journée sans jeûne. Ces avis sont isolés et réfutés par les traditions prophétiques bien connues et solidement établies.

[Deuxième partie de l’étude du jeûne obligatoire : la rupture du jeûne et ses règles]

Les personnes qui ne jeûnent pas se répartissent, au regard de la Loi, en trois catégories :

Celles auxquelles il est permis aussi bien de jeûner que de s’en abstenir, de l’avis unanime.

Celles qui doivent s’abstenir de jeûner, ce point faisant l’objet de divergences entre les musulmans.

Celles auxquelles il n’est pas permis de s’abstenir de jeûner.

À chacune de ces catégories se rattachent des règles particulières.

Ceux auxquels les deux possibilités sont ouvertes sont le malade, de l’avis unanime ; le voyageur, avec une divergence à son sujet ; la femme enceinte, celle qui allaite et la personne très âgée. Cette classification, dans son ensemble, fait l’objet d’un consensus.

Concernant le voyageur, plusieurs points sont à examiner :

S’il jeûne, son jeûne l’acquitte-t-il de son obligation ou non ?

Si son jeûne l’acquitte de son obligation, vaut-il mieux pour lui jeûner ou s’en abstenir, ou bien a-t-il indifféremment le choix entre les deux ?

La permission de ne pas jeûner concerne-t-elle un voyage défini par certaines limites, ou tout déplacement auquel s’applique le mot « voyage » dans la langue ?

À quel moment peut-il cesser de jeûner ? À quel moment doit-il s’abstenir de ce qui rompt le jeûne ?

Lorsqu’une partie du mois s’est déjà écoulée, lui est-il permis d’entreprendre un voyage ou non ? Enfin, s’il ne jeûne pas, quelles règles s’appliquent à lui ?

Concernant le malade, il faut également déterminer quelle maladie autorise à ne pas jeûner et quelles règles s’appliquent alors.

La première question est donc la suivante : si le malade et le voyageur jeûnent, leur jeûne les acquitte-t-il de leur obligation ou non ?

Les juristes divergent à ce sujet. La majorité considère que leur jeûne est valide et les acquitte de leur obligation. Les tenants de l’école littéraliste estiment qu’il ne les en acquitte pas et que leur obligation consiste à jeûner d’autres jours.

Leur divergence tient aux deux lectures possibles de cette parole du Très-Haut :

« Que celui d’entre vous qui est malade ou en voyage jeûne un nombre égal d’autres jours. » [al-Baqara : 184]

On peut la prendre au sens propre, sans supposer la moindre ellipse, ou au sens figuré, en comprenant : « S’il ne jeûne pas, qu’il jeûne un nombre égal d’autres jours. » Cette ellipse est ce que les spécialistes du discours appellent le sens implicite du propos.

Ceux qui prennent le verset au sens propre et non au sens figuré disent que l’obligation du voyageur consiste à jeûner un nombre égal d’autres jours, conformément à cette parole du Très-Haut :

« Qu’il jeûne un nombre égal d’autres jours. » [al-Baqara : 184]

Ceux qui sous-entendent (s’il ne jeûne pas) disent que son obligation consiste seulement à jeûner un nombre égal de jours

ذَلِكَ أَفْسَدَ صَوْمَهُ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: مَا رُوِيَ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ أَنَّهُ كَانَ يَقُولُ: " مَنْ أَصْبَحَ جُنُبًا فِي رَمَضَانَ أَفْطَرَ " . وَرُوِيَ عَنْهُ أَنَّهُ قَالَ: مَا أَنَا قُلْتُهُ، مُحَمَّدٌ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - وَرَبِّ الْكَعْبَةِ. وَذَهَبَ ابْنُ الْمَاجِشُونِ مِنْ أَصْحَابِ مَالِكٍ أَنَّ الْحَائِضَ إِذَا طَهُرَتْ قَبْلَ الْفَجْرِ فَأَخَّرَتِ الْغُسْلَ أَنَّ يَوْمَهَا يَوْمُ فِطْرٍ، وَأَقَاوِيلُ هَؤُلَاءِ شَاذَّةٌ وَمَرْدُودَةٌ بِالسُّنَنِ الْمَشْهُورَةِ الثَّابِتَةِ. [الْقِسْمُ الثَّانِي مِنَ الصَّوْمِ الْمَفْرُوضِ وَهُوَ الْكَلَامُ فِي الْفِطْرِ وَأَحْكَامِهِ] وَالْمُفْطِرُونَ فِي الشَّرْعِ ثَلَاثَةُ أَقْسَامٍ: صِنْفٌ يَجُوزُ لَهُ الْفِطْرُ وَالصَّوْمُ بِإِجْمَاعٍ. وَصِنْفٌ يَجِبُ عَلَيْهِ الْفِطْرُ عَلَى اخْتِلَافٍ فِي ذَلِكَ بَيْنَ الْمُسْلِمِينَ. وَصِنْفٌ لَا يَجُوزُ لَهُ الْفِطْرُ. وَكُلُّ وَاحِدٍ مِنْ هَؤُلَاءِ تَتَعَلَّقُ بِهِ أَحْكَامٌ: أَمَّا الَّذِينَ يَجُوزُ لَهُمُ الْأَمْرَانِ: فَالْمَرِيضُ بِاتِّفَاقٍ، وَالْمُسَافِرُ بِاخْتِلَافٍ، وَالْحَامِلُ وَالْمُرْضِعُ وَالشَّيْخُ الْكَبِيرُ. وَهَذَا التَّقْسِيمُ كُلُّهُ مَجْمَعٌ عَلَيْهِ. فَأَمَّا الْمُسَافِرُ فَالنَّظَرُ فِيهِ فِي مَوَاضِعَ مِنْهَا: هَلْ إِنْ صَامَ أَجْزَأَهُ صَوْمُهُ أَمْ لَيْسَ يُجْزِيهِ؟ . وَهَلْ إِنْ كَانَ يُجْزِي الْمُسَافِرَ صَوْمُهُ الْأَفْضَلُ لَهُ الصَّوْمُ أَمِ الْفِطْرُ أَوْ هُوَ مُخَيَّرٌ بَيْنَهُمَا؟ وَهَلِ الْفِطْرُ الْجَائِزُ لَهُ هُوَ فِي سَفَرٍ مَحْدُودٍ أَمْ فِي كُلِّ مَا يَنْطَلِقُ عَلَيْهِ اسْمُ السَّفَرِ فِي وَضْعِ اللُّغَةِ؟ وَمَتَّى يُفْطِرُ؟ وَمَتَى يُمْسِكُ؟ وَهَلْ إِذَا مَرَّ بَعْضُ الشَّهْرِ لَهُ أَنْ يُنْشِئَ السَّفَرَ أَمْ لَا؟ ثُمَّ إِذَا أَفْطَرَ مَا حُكْمُهُ؟ وَأَمَّا الْمَرِيضُ فَالنَّظَرُ فِيهِ أَيْضًا فِي تَحْدِيدِ الْمَرَضِ الَّذِي يَجُوزُ لَهُ فِيهِ الْفِطْرُ وَفِي حُكْمِ الْفِطْرِ. أَمَّا الْمَسْأَلَةُ الأُولَى: وَهِيَ إِنْ صَامَ الْمَرِيضُ وَالْمُسَافِرُ هَلْ يُجْزِيهِ صَوْمُهُ عَنْ فَرْضِهِ أَمْ لَا؟ فَإِنَّهُمُ اخْتَلَفُوا فِي ذَلِكَ: فَذَهَبَ الْجُمْهُورُ إِلَى أَنَّهُ إِنْ صَامَ وَقَعَ صِيَامُهُ وَأَجْزَأَهُ. وَذَهَبَ أَهْلُ الظَّاهِرِ إِلَى أَنَّهُ لَا يُجْزِيهِ وَأَنَّ فَرْضَهُ هُوَ أَيَّامٌ أُخَرُ. وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمْ: تَرَدُّدُ قَوْلِهِ - تَعَالَى -: {فَمَنْ كَانَ مِنْكُمْ مَرِيضًا أَوْ عَلَى سَفَرٍ فَعِدَّةٌ مِنْ أَيَّامٍ أُخَرَ} [البقرة: ١٨٤] بَيْنَ أَنْ يُحْمَلَ عَلَى الْحَقِيقَةِ فَلَا يَكُونُ هُنَالِكَ مَحْذُوفٌ أَصْلًا، أَوْ يُحْمَلُ عَلَى الْمَجَازِ فَيَكُونُ التَّقْدِيرُ: فَأَفْطَرَهُ فَعِدَّةٌ مِنْ أَيَّامٍ أُخَرَ، وَهَذَا الْحَذْفُ فِي الْكَلَامِ هُوَ الَّذِي يَعْرِفُهُ أَهْلُ صِنَاعَةِ الْكَلَامِ بِلَحْنِ الْخِطَابِ. فَمَنْ حَمَلَ الْآيَةَ عَلَى الْحَقِيقَةِ وَلَمْ يَحْمِلْهَا عَلَى الْمَجَازِ قَالَ: إِنَّ فَرْضَ الْمُسَافِرِ عِدَّةٌ مِنْ أَيَّامٍ أُخَرَ لِقَوْلِهِ - تَعَالَى - {فَعِدَّةٌ مِنْ أَيَّامٍ أُخَرَ} [البقرة: ١٨٤] وَمَنْ قَدَّرَ (فَأَفْطَرَ) قَالَ: إِنَّمَا فَرْضُهُ عِدَّةٌ مِنْ أَيَّامٍ

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