commencent ensemble. Telle est la position d’Ahmad ibn Hanbal. Leur divergence tient à celle des traditions rapportées à ce sujet, qui sont au nombre de quatre.
La première :
« Le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — et ses épouses accomplissaient le bain rituel pour se purifier de l’impureté majeure en puisant dans un même récipient. »
La deuxième :
Le hadith de Maymūna selon lequel « il accomplit le bain rituel avec l’eau qu’elle avait laissée ».
La troisième :
Le hadith d’al-Hakam al-Ghifārī selon lequel « le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a interdit à l’homme de faire ses ablutions avec l’eau restant après la purification d’une femme ». Ce hadith est rapporté par Abū Dāwūd et al-Tirmidhī.
La quatrième :
Le hadith de ‘Abd Allāh ibn Sarjis, qui rapporte : « Le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a interdit à l’homme d’accomplir le bain rituel avec l’eau restant après la purification d’une femme, et à la femme de le faire avec celle qui reste après la purification d’un homme ; mais ils peuvent commencer ensemble. »
Pour interpréter ces hadiths, les savants ont suivi deux démarches : donner la prépondérance à certains récits, ou en concilier certains tout en donnant la prépondérance à d’autres.
Celui qui a privilégié, par rapport à tous les autres, le hadith selon lequel le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — accomplissait le bain rituel avec ses épouses en puisant dans un même récipient, l’a fait parce que les recueils de hadiths authentiques s’accordent à le rapporter. Il n’a pas établi de différence entre le fait qu’ils accomplissent ce bain ensemble et le fait que chacun utilise l’eau restant après la purification de l’autre : en effet, lorsque deux personnes accomplissent le bain ensemble, chacune utilise de l’eau laissée par l’autre. Ayant également jugé authentique le hadith de Maymūna et lui ayant donné la prépondérance sur celui d’al-Ghifārī, il a conclu à la pureté de ces eaux restantes sans restriction.
Quant à celui qui a privilégié le hadith d’al-Ghifārī par rapport à celui de Maymūna — telle est la position d’Abū Muhammad ibn Hazm —, il a concilié le hadith d’al-Ghifārī avec celui du bain du Prophète et de ses épouses puisant dans un même récipient, en distinguant le bain accompli ensemble de celui que l’un accomplit avec l’eau restant après la purification de l’autre. Ne retenant que ces deux hadiths, il a permis à l’homme de se purifier avec la femme en puisant dans un même récipient, mais non d’utiliser l’eau restant après sa purification à elle ; en revanche, il a permis à la femme d’utiliser celle qui reste après sa purification à lui.
Quant à celui qui a cherché à concilier tous les hadiths, à l’exception de celui de Maymūna, il a retenu le hadith de ‘Abd Allāh ibn Sarjis. Celui-ci permet en effet de concilier le hadith d’al-Ghifārī avec celui du bain du Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — et de ses épouses puisant dans un même récipient, tout en comportant une disposition supplémentaire : que la femme ne fasse pas ses ablutions