Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

le réprouvent pour le jeune homme et l’autorisent pour l’homme âgé ; d’autres encore le réprouvent sans distinction.

Ceux qui l’autorisent s’appuient sur le hadith rapporté de ‘Ā’isha et d’Umm Salama :

« Le Prophète — sur lui la prière et la paix — embrassait alors qu’il jeûnait. »

Ceux qui le réprouvent le font parce qu’il peut conduire aux rapports sexuels.

Certains ont soutenu un avis isolé, affirmant que le baiser rompt le jeûne. Ils invoquent à l’appui le récit rapporté de Maymūna bint Sa‘d :

« On interrogea le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — au sujet du baiser donné par le jeûneur. Il répondit : “Tous deux ont rompu leur jeûne.” »

Al-Tahāwī a rapporté ce récit, mais l’a jugé faible.

Quant à ceux de ces actes qui surviennent malgré soi ou par oubli, nous en traiterons lorsque nous aborderons les causes d’invalidation du jeûne et les règles qui s’y rapportent.

Les questions sur lesquelles ils divergent et qui sont expressément abordées par les textes concernent la saignée par ventouses et le vomissement.

Au sujet de la saignée par ventouses, il existe trois avis :

Les uns considèrent qu’elle rompt le jeûne et qu’il est obligatoire de s’en abstenir. C’est l’avis d’Ahmad, d’al-Awzā‘ī et d’Ishāq ibn Rāhawayh.

D’autres estiment qu’elle est réprouvée pour le jeûneur, sans toutefois rompre son jeûne. C’est l’avis de Mālik, d’al-Shāfi‘ī et d’al-Thawrī.

D’autres enfin considèrent qu’elle n’est ni réprouvée ni susceptible de rompre le jeûne. C’est l’avis d’Abū Hanīfa et de ses disciples.

Leur divergence tient à la contradiction entre les récits transmis à ce sujet. Deux hadiths ont en effet été rapportés.

Le premier, transmis par Thawbān et par Rāfi‘ ibn Khadīj, rapporte cette parole du Prophète — sur lui la prière et la paix :

« Celui qui pratique la saignée par ventouses et celui qui la reçoit ont rompu leur jeûne. »

Ahmad jugeait authentique ce hadith de Thawbān.

Le second est le hadith de ‘Ikrima, d’après Ibn ‘Abbās :

« Le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — se fit pratiquer une saignée par ventouses alors qu’il jeûnait. »

Ce hadith d’Ibn ‘Abbās est authentique.

Face à ces deux hadiths, les savants ont adopté trois démarches :

La première consiste à privilégier l’un des deux.

La deuxième consiste à les concilier.

La troisième consiste à les écarter tous deux en raison de leur contradiction et à revenir à la présomption originelle d’exemption, lorsqu’on ne sait pas lequel abroge l’autre.

Ceux qui privilégient l’un des deux retiennent le hadith de Thawbān : celui-ci établit une règle juridique, tandis que le hadith d’Ibn ‘Abbās la lève. Or, pour de nombreux savants, le texte qui établit une règle prévaut sur celui qui la lève, car

مَنْ كَرِهَهَا لِلشَّابِّ وَأَجَازَهَا لِلشَّيْخِ وَمِنْهُمْ مَنْ كَرِهَهَا عَلَى الْإِطْلَاقِ. فَمَنْ رَخَّصَ فِيهَا فَلِمَا رُوِيَ مِنْ حَدِيثِ عَائِشَةَ وَأُمِّ سَلَمَةَ: «أَنَّ النَّبِيَّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - كَانَ يُقَبِّلُ وَهُوَ صَائِمٌ» . وَمَنْ كَرِهَهَا فَلِمَا يَدْعُو إِلَيْهِ مِنَ الْوِقَاعِ. وَشَذَّ قَوْمٌ فَقَالُوا: الْقُبْلَةُ تُفْطِرُ، وَاحْتَجُّوا لِذَلِكَ بِمَا رُوِيَ عَنْ مَيْمُونَةَ بِنْتِ سَعْدٍ قَالَتْ: «سُئِلَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - عَنِ الْقُبْلَةِ لِلصَّائِمِ فَقَالَ: " أَفْطَرَا جَمِيعًا» . خَرَّجَ هَذَا الْأَثَرَ الطَّحَاوِيُّ وَلَكِنْ ضَعَّفَهُ. وَأَمَّا مَا يَقَعُ مِنْ هَذِهِ مِنْ قِبَلِ الْغَلَبَةِ وَمِنْ قِبَلِ النِّسْيَانِ، فَالْكَلَامُ فِيهِ عِنْدَ الْكَلَامِ فِي الْمُفْطِرَاتِ وَأَحْكَامِهَا. وَأَمَّا مَا اخْتَلَفُوا فِيهِ مِمَّا هُوَ مَنْطُوقٌ بِهِ: فَالْحِجَامَةُ وَالْقَيْءُ. أَمَّا الْحِجَامَةُ فَإِنَّ فِيهَا ثَلَاثَةَ مَذَاهِبَ: قَوْمٌ قَالُوا: إِنَّهَا تُفْطِرُ وَأَنَّ الْإِمْسَاكَ عَنْهَا وَاجِبٌ، وَبِهِ قَالَ أَحْمَدُ وَالْأَوْزَاعِيُّ وَإِسْحَاقُ بْنُ رَاهَوَيْهِ. وَقَوْمٌ قَالُوا: إِنَّهَا مَكْرُوهَةٌ لِلصَّائِمِ وَلَيْسَتْ تُفْطِرُ، وَبِهِ قَالَ مَالِكٌ وَالشَّافِعِيُّ وَالثَّوْرِيُّ. وَقَوْمٌ قَالُوا: إِنَّهَا غَيْرُ مَكْرُوهَةٍ وَلَا مُفْطِرَةٍ، وَبِهِ قَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَأَصْحَابُهُ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: تَعَارُضُ الْآثَارِ الْوَارِدَةِ فِي ذَلِكَ، وَذَلِكَ أَنَّهُ وَرَدَ فِي ذَلِكَ حَدِيثَانِ: أَحَدُهُمَا: مَا رُوِيَ مِنْ طَرِيقِ ثَوْبَانَ وَمِنْ طَرِيقِ رَافِعِ بْنِ خَدِيجٍ أَنَّهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - قَالَ: «أَفْطَرَ الْحَاجِمُ وَالْمَحْجُومُ» . وَحَدِيثُ ثَوْبَانَ هَذَا كَانَ يُصَحِّحُهُ أَحْمَدُ. وَالْحَدِيثُ الثَّانِي: حَدِيثُ عِكْرِمَةَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ: «أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - احْتَجَمَ وَهُوَ صَائِمٌ» . وَحَدِيثُ ابْنِ عَبَّاسٍ هَذَا صَحِيحٌ. فَذَهَبَ الْعُلَمَاءُ فِي هَذَيْنِ الْحَدِيثَيْنِ ثَلَاثَةَ مَذَاهِبَ: أَحَدُهَا: مَذْهَبُ التَّرْجِيحِ. وَالثَّانِي: مَذْهَبُ الْجَمْعِ. وَالثَّالِثُ: مَذْهَبُ الْإِسْقَاطِ عِنْدَ التَّعَارُضِ وَالرُّجُوعِ إِلَى الْبَرَاءَةِ الْأَصْلِيَّةِ إِذَا لَمْ يَعْلَمِ النَّاسِخَ مِنَ الْمَنْسُوخِ. فَمَنْ ذَهَبَ مَذْهَبَ التَّرْجِيحِ قَالَ بِحَدِيثِ ثَوْبَانَ، وَذَلِكَ أَنَّ هَذَا مُوجِبٌ حُكْمًا، وَحَدِيثُ ابْنِ عَبَّاسٍ رَافِعُهُ، وَالْمُوجِبُ مُرَجَّحٌ عِنْدَ كَثِيرٍ مِنَ الْعُلَمَاءِ عَلَى الرَّافِعِ لِأَنَّ

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