Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

lorsqu’elle en est éloignée, car elle dépasse alors l’arc de visibilité. Bien que sa taille puisse varier, il paraît peu probable — et Allah sait mieux — qu’elle soit assez grande pour être visible avant le coucher du soleil. Mais, comme nous l’avons dit, c’est l’expérience qui fait autorité en la matière. Il n’y a ici aucune différence entre une observation antérieure ou postérieure au passage du soleil au zénith : seul compte le fait que le soleil soit couché ou non.

Quant à leur divergence sur la manière d’acquérir la certitude de l’observation du croissant, celle-ci peut s’obtenir par deux voies : la perception directe et l’information transmise.

Pour ce qui est de la perception directe, les savants s’accordent à dire que celui qui aperçoit seul le croissant annonçant le début du jeûne doit jeûner. Seul ‘Atā’ ibn Abī Rabāh fait exception : selon lui, cet homme ne jeûne que si quelqu’un d’autre l’aperçoit avec lui.

Ils divergent cependant sur la question de savoir si celui qui aperçoit seul le croissant annonçant la fin du jeûne peut y mettre fin. Mālik, Abū Hanīfa et Ahmad estiment qu’il ne le peut pas. Al-Shāfi‘ī estime qu’il le peut ; tel est également l’avis d’Abū Thawr.

Or, cette distinction n’a pas de fondement : le Prophète — sur lui la prière et la paix — a prescrit de commencer le jeûne et d’y mettre fin à la vue du croissant. L’observation relève précisément de la perception directe. Sans le consensus établissant que l’on doit jeûner sur la foi d’une observation rapportée, il serait difficile de déduire cette obligation d’une simple information, compte tenu du sens apparent de ce hadith.

Ceux qui distinguent le croissant annonçant le début du jeûne de celui qui en annonce la fin le font uniquement pour prévenir les abus : éviter que des personnes qui transgressent les prescriptions religieuses ne prétendent avoir aperçu le croissant et ne rompent ainsi le jeûne sans l’avoir réellement vu. C’est pourquoi al-Shāfi‘ī a dit : si l’intéressé craint d’être soupçonné, il s’abstient de manger et de boire, tout en se considérant comme non-jeûneur.

Mālik a adopté une position isolée en affirmant que celui qui rompt le jeûne après avoir aperçu seul le croissant doit rattraper ce jour et accomplir une expiation. Abū Hanīfa estime qu’il doit seulement le rattraper.

Quant à l’information transmise, ils divergent sur le nombre de personnes dont il faut accepter le récit d’une observation, ainsi que sur les qualités requises de ces personnes. Mālik estime qu’on ne peut commencer le jeûne ni y mettre fin sur la foi de moins de deux hommes intègres.

Selon l’avis d’al-Shāfi‘ī rapporté par al-Muzanī, le témoignage d’un seul homme ayant aperçu le croissant suffit pour commencer le jeûne, mais il faut au moins deux témoins pour y mettre fin.

Abū Hanīfa a dit : si le ciel est couvert, le témoignage d’une seule personne est accepté ; s’il est dégagé, dans une grande ville, seul le témoignage d’une foule nombreuse est accepté. On rapporte également de lui que le témoignage de deux personnes intègres est accepté lorsque le ciel est dégagé.

On rapporte de Mālik que le témoignage des deux témoins n’est accepté que lorsque le ciel est couvert.

Ils s’accordent à exiger deux témoins pour mettre fin au jeûne, à l’exception d’Abū Thawr, qui, contrairement à al-Shāfi‘ī, ne distingue pas à cet égard le début du jeûne de sa fin.

Leur divergence tient à la diversité des récits transmis sur cette question, ainsi qu’à l’hésitation sur le statut de l’information rapportée : relève-t-elle du témoignage, ou de la mise en pratique des hadiths, pour laquelle aucun nombre de transmetteurs n’est exigé ?

Parmi ces récits figure celui qu’Abū Dāwūd rapporte de ‘Abd al-Rahmān ibn Zayd ibn al-Khattāb. Celui-ci s’adressa aux gens le jour où l’on doutait de l’entrée du mois et leur dit : « J’ai fréquenté les Compagnons du Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — et je les ai interrogés. Tous m’ont rapporté que le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix —

وَهُوَ بَعِيدٌ مِنْهَا، لِأَنَّهُ حِينَئِذٍ يَكُونُ أَكْبَرَ مِنْ قَوْسِ الرُّؤْيَةِ، وَإِنْ كَانَ يَخْتَلِفُ فِي الْكِبَرِ وَالصِّغَرِ فَبَعِيدٌ - وَاللَّهُ أَعْلَمُ - أَنْ يَبْلُغَ مِنَ الْكِبَرِ أَنْ يُرَى وَالشَّمْسُ بَعْدُ لَمْ تَغِبْ، وَلَكِنَّ الْمُعْتَمَدَ فِي ذَلِكَ التَّجْرِبَةُ كَمَا قُلْنَا وَلَا فَرْقَ فِي ذَلِكَ قَبْلَ الزَّوَالِ وَلَا بَعْدَهُ، وَإِنَّمَا الْمُعْتَبَرُ فِي ذَلِكَ مَغِيبُ الشَّمْسِ أَوْ لَا مَغِيبُهَا. وَأَمَّا اخْتِلَافُهُمْ فِي حُصُولِ الْعِلْمِ بِالرُّؤْيَةِ: فَإِنَّ لَهُ طَرِيقَيْنِ: أَحَدُهُمَا الْحِسُّ، وَالْآخَرُ الْخَبَرُ. فَأَمَّا طَرِيقُ الْحِسِّ: فَإِنَّ الْعُلَمَاءَ أَجْمَعُوا عَلَى أَنَّ مَنْ أَبْصَرَ هِلَالَ الصَّوْمِ وَحْدَهُ أَنَّ عَلَيْهِ أَنْ يَصُومَ، إِلَّا عَطَاءَ بْنَ أَبِي رَبَاحٍ فَإِنَّهُ قَالَ: لَا يَصُومُ إِلَّا بِرُؤْيَةِ غَيْرِهِ مَعَهُ، وَاخْتَلَفُوا هَلْ يُفْطِرُ بِرُؤْيَتِهِ وَحْدَهُ؟ فَذَهَبَ مَالِكٌ وَأَبُو حَنِيفَةَ وَأَحْمَدُ إِلَى أَنَّهُ لَا يُفْطِرُ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: يُفْطِرُ، وَبِهِ قَالَ أَبُو ثَوْرٍ، وَهَذَا لَا مَعْنَى لَهُ، فَإِنَّ النَّبِيَّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - قَدْ أَوْجَبَ الصَّوْمَ وَالْفِطْرَ لِلرُّؤْيَةِ، فَالرُّؤْيَةُ إِنَّمَا تَكُونُ بِالْحِسِّ، وَلَوْلَا الْإِجْمَاعُ عَلَى الصِّيَامِ بِالْخَبَرِ عَنِ الرُّؤْيَةِ لَبَعُدَ وُجُوبُ الصِّيَامِ بِالْخَبَرِ لِظَاهِرِ هَذَا الْحَدِيثِ، وَإِنَّمَا فَرَّقَ مَنْ فَرَّقَ بَيْنَ هِلَالِ الصَّوْمِ وَالْفِطْرِ لِمَكَانِ سَدِّ الذَّرِيعَةِ أَنْ لَا يَدَّعِيَ الْفُسَّاقُ أَنَّهُمْ رَأَوُا الْهِلَالَ فَيُفْطِرُونَ وَهُمْ بَعْدُ لَمْ يَرَوْهُ، وَلِذَلِكَ قَالَ الشَّافِعِيُّ: إِنْ خَافَ التُّهْمَةَ أَمْسَكَ عَنِ الْأَكْلِ وَالشُّرْبِ وَاعْتَقَدَ الْفِطْرَ، وَشَذَّ مَالِكٌ فَقَالَ: مَنْ أَفْطَرَ وَقَدْ رَأَى الْهِلَالَ وَحْدَهُ فَعَلَيْهِ الْقَضَاءُ وَالْكَفَّارَةُ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: عَلَيْهِ الْقَضَاءُ فَقَطْ. وَأَمَّا طَرِيقُ الْخَبَرِ: فَإِنَّهُمُ اخْتَلَفُوا فِي عَدَدِ الْمُخْبِرِينَ الَّذِينَ يَجِبُ قَبُولُ خَبَرِهِمْ عَنِ الرُّؤْيَةِ فِي صِفَتِهِمْ: فَأَمَّا مَالِكٌ فَقَالَ: إِنَّهُ لَا يَجُوزُ أَنْ يُصَامَ وَلَا يُفْطَرَ بِأَقَلِّ مِنْ شَهَادَةِ رَجُلَيْنِ عَدْلَيْنِ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ فِي رِوَايَةِ الْمُزَنِيِّ: إِنَّهُ يُصَامُ بِشَهَادَةِ رَجُلٍ وَاحِدٍ عَلَى الرُّؤْيَةِ، وَلَا يُفْطَرُ بِأَقَلَّ مِنْ شَهَادَةِ رَجُلَيْنِ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: إِنْ كَانَتِ السَّمَاءُ مُغَيِّمَةً قُبِلَ وَاحِدٌ، وَإِنْ كَانَتْ صَاحِيَةً بِمِصْرٍ كَبِيرٍ لَمْ تُقْبَلْ إِلَّا شَهَادَةُ الْجَمِّ الْغَفِيرِ. وَرُوِيَ عَنْهُ أَنَّهُ تُقْبَلُ شَهَادَةُ عَدْلَيْنِ إِذَا كَانَتِ السَّمَاءُ مُصْحِيَةً. وَقَدْ رُوِيَ عَنْ مَالِكٍ: أَنَّهُ لَا تُقْبَلُ شَهَادَةُ الشَّاهِدِينَ إِلَّا إِذَا كَانَتِ السَّمَاءُ مُغَيِّمَةً. وَأَجْمَعُوا عَلَى أَنَّهُ لَا يُقْبَلُ فِي الْفِطْرِ إِلَّا اثْنَانِ، إِلَّا أَبَا ثَوْرٍ فَإِنَّهُ لَمْ يُفَرِّقْ فِي ذَلِكَ بَيْنَ الصَّوْمِ وَالْفِطْرِ كَمَا فَرَّقَ الشَّافِعِيُّ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمُ: اخْتِلَافُ الْآثَارِ فِي هَذَا الْبَابِ، وَتَرَدُّدُ الْخَبَرِ فِي ذَلِكَ بَيْنَ أَنْ يَكُونَ مِنْ بَابِ الشَّهَادَةِ أَوْ مِنْ بَابِ الْعَمَلِ بِالْأَحَادِيثِ الَّتِي لَا يُشْتَرَطُ فِيهَا الْعَدَدُ. أَمَّا الْآثَارُ: فَمِنْ ذَلِكَ مَا أَخْرَجَهُ أَبُو دَاوُدَ عَنْ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ زَيْدِ بْنِ الْخَطَّابِ أَنَّهُ خَطَبَ النَّاسَ فِي الْيَوْمِ الَّذِي يُشَكُّ فِيهِ فَقَالَ: إِنِّي جَالَسْتُ أَصْحَابَ رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - وَسَأَلْتُهُمْ، وَكُلُّهُمْ حَدَّثُونِي أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -

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