Quant au consensus, aucune divergence entre les imams ne nous a été rapportée à ce sujet.
Le jeûne s’impose, sans possibilité de choix, à toute personne pubère, douée de raison, résidente et en bonne santé, dès lors qu’elle ne présente pas d’état empêchant de jeûner, à savoir les menstrues chez les femmes. Ce point ne fait l’objet d’aucune divergence, conformément à cette parole du Très-Haut :
« Quiconque d’entre vous est présent durant ce mois, qu’il le jeûne. »
[Al-Baqara : 185]
[Deuxième section : Les piliers du jeûne]
[Premier pilier du jeûne : le temps]
Deuxième section
Les piliers
Les piliers sont au nombre de trois. Deux font l’objet d’un accord (le temps et l’abstention de ce qui rompt le jeûne). Le troisième fait l’objet d’une divergence : l’intention.
Le premier pilier, le temps, se divise en deux :
Le premier est la période durant laquelle le jeûne est obligatoire (le mois de Ramadan).
Le second est le temps durant lequel il faut s’abstenir de ce qui rompt le jeûne (les journées de ce mois, à l’exclusion des nuits).
À chacune de ces deux périodes se rattachent des questions fondamentales sur lesquelles les savants ont divergé. Commençons par celles qui concernent la période durant laquelle le jeûne est obligatoire.
La première question porte sur la détermination du début et de la fin de cette période.
La seconde concerne le moyen de reconnaître le signe qui en délimite la durée, pour chaque personne et chaque horizon.
Concernant le début et la fin de cette période, les savants s’accordent à dire que le mois lunaire arabe compte vingt-neuf ou trente jours, et que seule l’observation visuelle fait référence pour délimiter le mois de Ramadan, conformément à cette parole du Prophète — sur lui la prière et la paix :
« Commencez le jeûne à la vue du croissant et mettez-y fin à sa vue. »
Par cette observation, il entendait la première apparition de la lune après le passage du soleil au zénith.
Ils ont divergé sur la règle à appliquer lorsque le croissant est masqué et ne peut être observé, ainsi que sur le moment de l’observation à prendre en considération.
Lorsque le croissant est masqué, la majorité estime qu’il faut compléter le mois à trente jours. Si le croissant masqué est celui du début du mois, on compte trente jours pour le mois précédent et le premier jour de Ramadan est le trente et unième. Si le croissant masqué est celui qui marque la fin du mois, les gens jeûnent trente jours.
Ibn ‘Umar estimait que, si le croissant masqué était celui du début du mois, il fallait jeûner le lendemain, qui est ce que l’on appelle le « jour du doute ».
Certains anciens ont rapporté que, lorsque le croissant était masqué, on recourait au calcul du mouvement de la lune et du soleil. Telle est la position de Mutarrif ibn al-Shikhkhīr, l’un des grands successeurs des Compagnons.
Ibn Surayj rapporte qu’al-Shāfi‘ī a dit : « Celui dont la méthode consiste à se fonder sur les astres et les stations de la lune, et qui établit par ce moyen que le croissant est observable, bien qu’il soit masqué, peut former l’intention de jeûner ; ce jeûne lui suffit pour s’acquitter de son obligation. »