[Livre de la zakat al-fitr]
[Chapitre premier — Le statut de la zakat al-fitr]
L’étude de ce livre s’articule en cinq chapitres :
Premier : son statut.
Deuxième : à qui incombe-t-elle ?
Troisième : quelle quantité faut-il verser et en quelles denrées ?
Quatrième : quand devient-elle obligatoire ?
Cinquième : qui peut en bénéficier ?
Chapitre premier
Son statut
La majorité des juristes considère la zakat al-fitr comme obligatoire. Certains juristes tardifs de l’école de Mālik estiment toutefois qu’elle est recommandée ; tel est aussi l’avis des juristes d’Irak. D’autres soutiennent qu’elle a été abrogée par la zakat.
Leur divergence tient à l’apparente contradiction entre les traditions rapportées à ce sujet. Il est en effet établi que ‘Abd Allāh ibn ‘Umar a dit :
« Le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — a imposé aux gens, à la fin du ramadan, la zakat al-fitr : un sā‘ de dattes ou un sā‘ d’orge pour chaque musulman, libre ou esclave, homme ou femme. »
Le sens apparent de ce récit implique une obligation, selon ceux qui s’en remettent au Compagnon pour déterminer si un ordre du Prophète — sur lui la prière et le salut — exprime une obligation ou une recommandation, lorsque les termes mêmes de cet ordre ne nous sont pas rapportés.
Il est également établi que le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — a dit, dans le célèbre hadith du Bédouin :
« Le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — mentionna la zakat. L’homme demanda : “M’en incombe-t-il une autre ?” Il répondit : “Non, sauf ce que tu donnerais volontairement.” »
La majorité considère que la zakat al-fitr est comprise dans la zakat obligatoire ainsi mentionnée. Les autres estiment qu’elle n’y est pas comprise et invoquent à l’appui le récit rapporté de Qays ibn ‘Ubāda, qui a dit :
« Le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — nous ordonnait de la verser avant que la zakat ne soit prescrite par révélation. Lorsque le verset de la zakat fut révélé, il ne nous fut plus ordonné de la verser, sans que cela nous soit interdit ; et nous continuons de le faire. »