Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

[Quatrième partie : Le moment où la zakat devient exigible]

La majorité des juristes exige qu’une année se soit écoulée pour que la zakat devienne obligatoire sur l’or, l’argent et le bétail. Cette règle est en effet établie d’après les quatre califes ; elle était largement connue parmi les Compagnons — qu’Allah les agrée — et couramment appliquée. Selon ces juristes, une pratique aussi répandue, sans divergence, ne peut reposer que sur un enseignement reçu du Prophète. Il est également rapporté, dans un hadith d’Ibn ‘Umar remontant au Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue —, que celui-ci a dit :

« Aucune zakat n’est due sur un bien avant qu’une année se soit écoulée sur celui-ci. »

Cette règle fait l’objet d’un consensus parmi les juristes des grandes cités. Aux premiers temps de l’islam, aucune divergence n’est connue à ce sujet, hormis les avis rapportés d’Ibn ‘Abbās et de Mu‘āwiya.

La divergence tient à ce qu’aucun hadith d’authenticité établie n’a été transmis à ce sujet.

Dans ce domaine, leurs divergences portent sur huit questions bien connues :

Première : faut-il exiger qu’une année se soit écoulée pour les produits miniers, si l’on considère que le prélèvement obligatoire sur ceux-ci est d’un quarantième ?

Deuxième : la prise en compte de l’année pour les bénéfices d’un capital.

Troisième : l’année applicable aux biens nouvellement acquis qui s’ajoutent à des biens soumis à la zakat.

Quatrième : la prise en compte de l’année pour une créance, si l’on considère qu’elle est soumise à la zakat.

Cinquième : la prise en compte de l’année pour les marchandises, si l’on considère qu’elles sont soumises à la zakat.

Sixième : l’année applicable au bétail nouvellement acquis.

Septième : l’année applicable aux petits des ovins et des caprins, si l’on considère qu’ils sont comptabilisés avec leurs mères : soit selon l’avis de ceux qui exigent que les mères atteignent le seuil d’imposition, à savoir al-Shāfi‘ī et Abū Hanīfa, soit selon l’avis qui ne pose pas cette condition, celui de Mālik.

Huitième : la permission de s’acquitter de la zakat avant l’écoulement de l’année.

Quant à la première question, celle des produits miniers, al-Shāfi‘ī exige à la fois que le seuil d’imposition soit atteint et qu’une année se soit écoulée. Mālik, en revanche, exige seulement que le seuil soit atteint, sans tenir compte de l’année.

Leur divergence vient de ce que les produits miniers peuvent être assimilés aussi bien aux produits de la terre soumis à la zakat qu’à l’or brut et à l’argent détenus. Ceux qui les assimilent aux produits de la terre n’exigent pas qu’une année se soit écoulée ; ceux qui les assimilent à l’or brut et à l’argent détenus l’exigent. L’analogie avec l’or brut et l’argent est plus évidente. Et Allah sait mieux.

[الْجُمْلَةُ الرَّابِعَةُ فِي وَقْتِ الزَّكَاةِ] ِ وَأَمَّا وَقْتُ الزَّكَاةِ: فَإِنَّ جُمْهُورَ الْفُقَهَاءِ يَشْتَرِطُونَ فِي وُجُوبِ الزَّكَاةِ فِي الذَّهَبِ وَالْفِضَّةِ وَالْمَاشِيَةِ الْحَوْلَ، لِثُبُوتِ ذَلِكَ عَنِ الْخُلَفَاءِ الْأَرْبَعَةِ، وَلِانْتِشَارِهِ فِي الصَّحَابَةِ - رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمْ -، وَلِانْتِشَارِ الْعَمَلِ بِهِ، وَلِاعْتِقَادِهِمْ أَنَّ مِثْلَ هَذَا الِانْتِشَارِ مِنْ غَيْرِ خِلَافٍ لَا يَجُوزُ أَنْ يَكُونَ إِلَّا عَنْ تَوْقِيفٍ. وَقَدْ رُوِيَ مَرْفُوعًا مِنْ حَدِيثِ ابْنِ عُمَرَ عَنِ النَّبِيِّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - أَنَّهُ قَالَ: «لَا زَكَاةَ فِي مَالٍ حَتَّى يَحُولَ عَلَيْهِ الْحَوْلُ» . وَهَذَا مُجْمَعٌ عَلَيْهِ عِنْدَ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ، وَلَيْسَ فِيهِ فِي الصَّدْرِ الْأَوَّلِ خِلَافٌ إِلَّا مَا رُوِيَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ وَمُعَاوِيَةَ. وَسَبَبُ الِاخْتِلَافِ: أَنَّهُ لَمْ يَرِدْ فِي ذَلِكَ حَدِيثٌ ثَابِتٌ. وَاخْتَلَفُوا مِنْ هَذَا الْبَابِ فِي مَسَائِلَ ثَمَانِيَةٍ مَشْهُورَةٍ: إِحْدَاهَا: هَلْ يُشْتَرَطُ الْحَوْلُ فِي الْمَعْدِنِ إِذَا قُلْنَا إِنَّ الْوَاجِبَ فِيهِ رُبُعُ الْعُشْرِ؟ . الثَّانِيَةُ: فِي اعْتِبَارِ حَوْلِ رِبْحِ الْمَالِ. الثَّالِثَةُ: حَوْلُ الْفَوَائِدِ الْوَارِدَةِ عَلَى مَالٍ تَجِبُ فِيهِ الزَّكَاةُ. الرَّابِعَةُ: فِي اعْتِبَارِ حَوْلِ الدَّيْنِ إِذَا قُلْنَا إِنَّ فِيهِ الزَّكَاةَ. الْخَامِسَةُ: فِي اعْتِبَارِ حَوْلِ الْعُرُوضِ إِذَا قُلْنَا إِنَّ فِيهَا الزَّكَاةَ. السَّادِسَةُ: فِي حَوْلِ فَائِدَةِ الْمَاشِيَةِ. السَّابِعَةُ: فِي حَوْلِ نَسْلِ الْغَنَمِ إِذَا قُلْنَا إِنَّهَا تُضَمُّ إِلَى الْأُمَّهَاتِ، إِمَّا عَلَى رَأْيِ مَنْ يَشْتَرِطُ أَنْ تَكُونَ الْأُمَّهَاتُ نِصَابًا، وَهُوَ الشَّافِعِيُّ وَأَبُو حَنِيفَةَ، وَإِمَّا عَلَى مَذْهَبِ مَنْ لَا يَشْتَرِطُ ذَلِكَ، وَهُوَ مَذْهَبُ مَالِكٍ. وَالثَّامِنَةُ: فِي جَوَازِ إِخْرَاجِ الزَّكَاةِ قَبْلَ الْحَوْلِ. أَمَّا الْمَسْأَلَةُ الأُولَى: وَهِيَ الْمَعْدِنُ، فَإِنَّ الشَّافِعِيَّ رَاعَى فِيهِ الْحَوْلَ مَعَ النِّصَابِ، وَأَمَّا مَالِكٌ فَرَاعَى فِيهِ النِّصَابَ دُونَ الْحَوْلِ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: تَرَدُّدُ شَبَهِهِ بَيْنَ مَا تُخْرِجُهُ الْأَرْضُ مِمَّا تَجِبُ فِيهِ الزَّكَاةُ وَبَيْنَ التِّبْرِ وَالْفِضَّةِ الْمُقْتَنَيَيْنِ، فَمَنْ شَبَّهَهُ بِمَا تُخْرِجُهُ الْأَرْضُ لَمْ يَعْتَبَرِ الْحَوْلَ فِيهِ، وَمَنْ شَبَّهَهُ بِالتِّبْرِ وَالْفِضَّةِ الْمُقْتَنَيَيْنِ أَوْجَبَ الْحَوْلَ، وَتَشْبِيهُهُ بِالتِّبْرِ وَالْفِضَّةِ أَبْيَنُ. وَاللَّهُ أَعْلَمُ.

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