Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

biens, c’est pour faciliter les choses à leurs propriétaires : il est en effet plus aisé, pour chacun, de prélever sur le type de biens dont il dispose. C’est pourquoi certains récits rapportent que le prix du sang a été fixé en ensembles vestimentaires pour ceux qui en possèdent, comme nous le verrons dans le Livre des peines légales. »

[Sixième chapitre : Le seuil d’imposition des marchandises]

Selon ceux qui soumettent les marchandises à la zakat, le seuil d’imposition ne concerne que celles qui sont destinées à la vente, comme cela a été établi précédemment. Ce seuil est, selon eux, celui des espèces monétaires, puisque celles-ci servent à évaluer les biens détruits et constituent les capitaux. Il en va de même de l’exigence d’une année révolue pour les marchandises, chez ceux qui les soumettent à la zakat.

Mālik a ainsi dit : « Lorsqu’il vend les marchandises, il en acquitte la zakat pour une seule année, comme dans le cas d’une créance. » Cela concerne, selon lui, le commerçant dont les dates d’achat des marchandises peuvent être déterminées.

Quant à ceux dont les dates de vente et d’achat ne peuvent être précisément déterminées, et que l’on désigne particulièrement comme les commerçants à activité continue, voici leur règle selon Mālik : lorsqu’une année s’est écoulée depuis le début de leur activité commerciale, ils évaluent les marchandises qu’ils détiennent, puis y ajoutent leurs espèces monétaires et les créances dont ils espèrent le recouvrement, s’ils ne sont pas eux-mêmes redevables d’une dette équivalente. Cela diffère de son avis concernant les créances du commerçant dont l’activité n’est pas continue. Si le total ainsi obtenu atteint le seuil d’imposition, ils en acquittent la zakat, qu’ils aient ou non réalisé des liquidités au cours de l’année, et que celles-ci aient ou non atteint le seuil d’imposition. Telle est la version rapportée de Mālik par Ibn al-Mājishūn.

Ibn al-Qāsim rapporte de lui : « S’il ne dispose d’aucune liquidité et commerce au moyen de marchandises, aucune zakat ne lui incombe sur celles-ci. » Certains exigent que ces liquidités atteignent le seuil d’imposition, tandis que d’autres ne l’exigent pas.

Al-Muzanī a dit : « La zakat des marchandises se prélève sur les marchandises elles-mêmes, et non sur leur valeur monétaire. » La majorité — al-Shāfi‘ī, Abū Hanīfa, Ahmad, al-Thawrī, al-Awzā‘ī et d’autres — estime que le commerçant à activité continue et celui dont l’activité ne l’est pas relèvent de la même règle : quiconque achète un bien pour en faire commerce doit l’évaluer et en acquitter la zakat lorsqu’une année s’est écoulée.

Certains ont dit : « Il acquitte plutôt la zakat sur le prix auquel il l’a acheté, et non sur sa valeur. » Si la majorité n’impose rien au commerçant à activité continue, c’est parce que la condition d’une année révolue porte sur le bien lui-même, et non sur la catégorie à laquelle il appartient. Mālik, quant à lui, a ici assimilé la catégorie de biens au bien lui-même, afin que le commerçant à activité continue ne soit pas entièrement exempté de la zakat. Cela ressemble davantage à l’établissement d’une prescription supplémentaire qu’à une prescription déduite d’une règle déjà établie. C’est ce qu’ils appellent une analogie non rattachée à un fondement textuel : elle ne repose sur aucun principe expressément énoncé dans la Loi, mais seulement sur l’intérêt conforme à la Loi que l’on peut y discerner. Or Mālik — qu’Allah lui fasse miséricorde — prend en considération les intérêts, même lorsqu’ils ne se rattachent pas à des principes expressément énoncés dans les textes.

الْأَمْوَالِ تَسْهِيلًا عَلَى أَرْبَابِ الْأَمْوَالِ، لِأَنَّ كُلَّ ذِي مَالٍ إِنَّمَا يَسْهُلُ عَلَيْهِ الْإِخْرَاجُ مِنْ نَوْعِ الْمَالِ الَّذِي بَيْنَ يَدَيْهِ، وَلِذَلِكَ جَاءَ فِي بَعْضِ الْأَثَرِ أَنَّهُ جَعَلَ فِي الدِّيَةِ عَلَى أَهْلِ الْحُلَلِ حُلَلًا - عَلَى مَا يَأْتِي فِي كِتَابِ الْحُدُودِ -. [الْفَصْلُ السَّادِسُ فِي نِصَابِ الْعُرُوضِ] وَالنِّصَابُ فِي الْعُرُوضِ عَلَى مَذْهَبِ الْقَائِلِينَ بِذَلِكَ إِنَّمَا هُوَ فِيمَا اتُّخِذَ مِنْهَا لِلْبَيْعِ خَاصَّةً عَلَى مَا يُقَدَّرُ قَبْلُ، وَالنِّصَابُ فِيهَا عَلَى مَذْهَبِهِمْ هُوَ النِّصَابُ فِي الْعَيْنِ; إِذْ كَانَتْ هَذِهِ هِيَ قِيَمُ الْمُتْلَفَاتِ وَرُءُوسُ الْأَمْوَالِ، وَكَذَلِكَ الْحَوْلُ فِي الْعُرُوضِ عِنْدَ الَّذِينَ أَوْجَبُوا الزَّكَاةَ فِي الْعُرُوضِ، فَإِنَّ مَالِكًا قَالَ: إِذَا بَاعَ الْعُرُوضَ زَكَّاهُ لِسَنَةٍ وَاحِدَةٍ كَالْحَالِ فِي الدَّيْنِ، وَذَلِكَ عِنْدَهُ فِي التَّاجِرِ الَّذِي تُضْبَطُ لَهُ أَوْقَاتُ شِرَاءِ عُرُوضِهِ. وَأَمَّا الَّذِينَ لَا يَنْضَبِطُ لَهُمْ وَقْتُ مَا يَبِيعُونَهُ وَلَا يَشْتَرُونَهُ وَهُمُ الَّذِينَ يَخُصُّونَ بِاسْمِ الْمُدِيرِ، فَحُكْمُ هَؤُلَاءِ عِنْدَ مَالِكٍ إِذَا حَالَ عَلَيْهِمُ الْحَوْلُ مِنْ يَوْمِ ابْتِدَاءِ تِجَارَتِهِمْ إِلَى أَنْ يُقَوَّمَ مَا بِيَدِهِ مِنَ الْعُرُوضِ، ثُمَّ يَضُمَّ إِلَى ذَلِكَ مَا بِيَدِهِ مِنَ الْعَيْنِ وَمَالُهُ مِنَ الدَّيْنِ الَّذِي يُرْتَجَى قَبْضُهُ إِنْ لَمْ يَكُنْ عَلَيْهِ دَيْنٌ مِثْلُهُ، وَذَلِكَ بِخِلَافِ قَوْلِهِ فِي دَيْنِ غَيْرِ الْمُدِيرِ، فَإِذَا بَلَغَ مَا اجْتَمَعَ عِنْدَهُ مِنْ ذَلِكَ نِصَابًا أَدَّى زَكَاتَهُ، وَسَوَاءٌ نَضَّ لَهُ فِي عَامِهِ شَيْءٌ مِنَ الْعَيْنِ أَوْ لَمْ يَنِضَّ، بَلَغَ نِصَابًا أَوْ لَمْ يَبْلُغْ نِصَابًا، وَهَذِهِ رِوَايَةُ ابْنِ الْمَاجِشُونِ عَنْ مَالِكٍ، وَرَوَى ابْنُ الْقَاسِمِ عَنْهُ: إِذَا لَمْ يَكُنْ لَهُ نَاضٌّ وَكَانَ يَتَّجِرُ بِالْعُرُوضِ لَمْ يَكُنْ عَلَيْهِ فِي الْعُرُوضِ شَيْءٌ. فَمِنْهُمْ مَنِ اعْتَبَرَ فِيهِ النِّصَابَ، وَمِنْهُمْ مَنْ لَمْ يَعْتَبِرْ ذَلِكَ. وَقَالَ الْمزنِيُّ: زَكَاةُ الْعُرُوضِ تَكُونُ مِنْ أَعْيَانِهَا لَا مِنْ أَثْمَانِهَا. وَقَالَ الْجُمْهُورُ - الشَّافِعِيُّ وَأَبُو حَنِيفَةَ وَأَحْمَدُ وَالثَّوْرِيُّ وَالْأَوْزَاعِيُّ وَغَيْرُهُمْ -: الْمُدِيرُ وَغَيْرُ الْمُدِيرِ حُكْمُهُ وَاحِدٌ، وَأَنَّهُ مَنِ اشْتَرَى عَرَضًا لِلتِّجَارَةِ فَحَالَ عَلَيْهِ الْحَوْلُ قَوَّمَهُ وَزَكَّاهُ. وَقَالَ قَوْمٌ: بَلْ يُزَكِّي ثَمَنَهُ الَّذِي ابْتَاعَهُ بِهِ لَا قِيمَتَهُ، وَإِنَّمَا لَمْ يُوجِبِ الْجُمْهُورُ عَلَى الْمُدِيرِ شَيْئًا لِأَنَّ الْحَوْلَ إِنَّمَا يُشْتَرَطُ فِي عَيْنِ الْمَالِ لَا فِي نَوْعِهِ. وَأَمَّا مَالِكٌ فَشَبَّهَ النَّوْعَ هَاهُنَا بِالْعَيْنِ لِئَلَّا تَسْقُطَ الزَّكَاةُ رَأْسًا عَنِ الْمُدِيرِ. وَهَذَا هُوَ أَنْ يَكُونَ شَرْعًا زَائِدًا أَشْبَهُ مِنْهُ بِأَنْ يَكُونَ شَرْعًا مُسْتَنْبَطًا مِنْ شَرْعٍ ثَابِتٍ، وَمِثْلُ هَذَا هُوَ الَّذِي يَعْرِفُونَهُ بِالْقِيَاسِ الْمُرْسَلِ، وَهُوَ الَّذِي لَا يَسْتَنِدُ إِلَى أَصْلٍ مَنْصُوصٍ عَلَيْهِ فِي الشَّرْعِ إِلَّا مَا يُعْقَلُ مِنَ الْمَصْلَحَةِ الشَّرْعِيَّةِ فِيهِ، وَمَالِكٌ - رَحِمَهُ اللَّهُ - يَعْتَبِرُ الْمَصَالِحَ وَإِنْ لَمْ يَسْتَنِدْ إِلَى أُصُولٍ مَنْصُوصٍ عَلَيْهَا.

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