Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

autre, lorsque cette réunion augmente la zakat due. Ils ajoutent : « Puisque ce hadith admet cette interprétation, il ne saurait restreindre la portée des principes établis et unanimement reconnus : le seuil d’imposition et le prélèvement obligatoire s’apprécient au regard des biens de chaque propriétaire pris individuellement. »

Quant à ceux qui reconnaissent une incidence au regroupement, ils soutiennent que ce terme désigne plus manifestement le regroupement proprement dit que l’association en copropriété. Dès lors, cette parole du Prophète — sur lui la prière et le salut — au sujet des deux propriétaires : « Ceux-ci règlent équitablement entre eux leurs parts respectives du prélèvement », indique que le prélèvement qui leur incombe obéit à la même règle que celui d’un propriétaire unique. Cette même parole indique également que les deux propriétaires dont les troupeaux sont regroupés ne sont pas des associés en copropriété : un tel règlement entre associés ne se conçoit pas, puisque le prélèvement est effectué sur les biens communs.

Ceux qui s’en tiennent à cette signification sans étendre la règle au seuil d’imposition par analogie disent : « Les deux propriétaires dont les troupeaux sont regroupés n’acquittent la zakat comme un propriétaire unique que si chacun possède un effectif atteignant le seuil d’imposition. » Ceux qui font dépendre la règle du seuil de celle du prélèvement obligatoire disent : « Leur seuil d’imposition est celui d’un propriétaire unique, de même que leur zakat est celle d’un propriétaire unique. » Chacun de ces groupes interprète conformément à sa position cette parole du Prophète — sur lui la prière et le salut : « On ne doit ni réunir ce qui est séparé ni séparer ce qui est réuni. »

Mālik — qu’Allah le Très-Haut lui fasse miséricorde — explique ainsi les mots : « On ne doit pas séparer ce qui est réuni » : deux propriétaires ont regroupé leurs troupeaux, chacun possédant cent une têtes de petit bétail ; ils doivent alors trois bêtes pour l’ensemble. S’ils se séparent, l’un d’eux ne doit plus qu’une bête. Quant aux mots : « On ne doit pas réunir ce qui est séparé », ils visent le cas de trois hommes possédant chacun quarante têtes : s’ils les réunissent, ils ne doivent plus qu’une seule bête. Selon sa doctrine, l’interdiction s’adresse donc aux propriétaires qui regroupent leurs troupeaux et dont chacun possède un effectif atteignant le seuil d’imposition.

Al-Shāfi‘ī explique pour sa part les mots : « On ne doit pas séparer ce qui est réuni » par le cas de deux hommes possédant ensemble quarante têtes de petit bétail : s’ils séparent leurs troupeaux, aucune zakat ne leur incombe sur ceux-ci. En effet, selon lui, le seuil applicable aux troupeaux regroupés est juridiquement celui des biens d’un propriétaire unique.

Les tenants de l’incidence du regroupement divergent ensuite sur les caractéristiques du regroupement qui produit cet effet sur la zakat. Al-Shāfi‘ī pose comme conditions que les deux troupeaux soient mêlés, qu’ils aient un même lieu de repos, de traite et de départ au pâturage, qu’ils soient abreuvés ensemble et que leurs mâles reproducteurs soient mêlés. Dans l’ensemble, il ne fait pas de différence entre le regroupement et l’association en copropriété. C’est pourquoi il tient compte, pour chacun des deux associés, de l’atteinte du seuil complet, comme on l’a vu précédemment.

Pour Mālik, deux propriétaires sont considérés comme ayant regroupé leurs troupeaux lorsqu’ils partagent le seau, l’abreuvoir, le lieu de repos, le berger et le mâle reproducteur. Ses disciples divergent toutefois sur la nécessité de retenir certaines de ces caractéristiques ou leur totalité.

Leur divergence tient à la pluralité des sens du terme « regroupement ». C’est aussi pourquoi certains ne lui reconnaissent aucune incidence sur la zakat : telle est la doctrine d’Abū Muhammad ibn Hazm al-Andalusī.

آخَرَ حَيْثُ يُوجِبُ الْجَمْعُ كَثْرَةَ الصَّدَقَةِ، قَالُوا: وَإِذَا كَانَ هَذَا الِاحْتِمَالُ فِي هَذَا الْحَدِيثِ وَجَبَ أَنْ لَا تُخَصَّصَ بِهِ الْأُصُولِ الثَّابِتَةِ الْمُجْمَعِ عَلَيْهَا - أَعْنِي: أَنَّ النِّصَابَ وَالْحَقَّ الْوَاجِبَ فِي الزَّكَاةِ يُعْتَبَرُ بِمِلْكِ الرَّجُلِ الْوَاحِدِ -. وَأَمَّا الَّذِينَ قَالُوا بِالْخُلْطَةِ، فَقَالُوا: إِنَّ لَفْظَ الْخُلْطَةِ هُوَ أَظْهَرُ فِي الْخُلْطَةِ نَفْسِهَا مِنْهُ فِي الشَّرِكَةِ، وَإِذَا كَانَ ذَلِكَ كَذَلِكَ فَقَوْلُهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - فِيهِمَا: «إِنَّهُمَا يَتَرَاجَعَانِ بِالسَّوِيَّةِ» مِمَّا يَدُلُّ عَلَى أَنَّ الْحَقَّ الْوَاجِبَ عَلَيْهِمَا حُكْمُهُ حُكْمُ رَجُلٍ وَاحِدٍ، وَأَنَّ قَوْلَهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «إِنَّهُمَا يَتَرَاجَعَانِ بِالسَّوِيَّةِ» يَدُلُّ عَلَى أَنَّ الْخَلِيطَيْنِ لَيْسَا بِشَرِيكَيْنِ، لِأَنَّ الشَّرِيكَيْنِ لَيْسَ يُتَصَوَّرُ بَيْنَهُمَا تَرَاجُعٌ إِذِ الْمَأْخُوذُ هُوَ مِنْ مَالِ الشَّرِكَةِ. فَمَنِ اقْتَصَرَ عَلَى هَذَا الْمَفْهُومِ وَلَمْ يَقِسْ عَلَيْهِ النِّصَابَ قَالَ: الْخَلِيطَانِ إِنَّمَا يُزَكِّيَانِ زَكَاةَ الرَّجُلِ الْوَاحِدِ إِذَا كَانَ لِكُلِّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا نِصَابٌ، وَمَنْ جَعَلَ حُكْمَ النِّصَابِ تَابِعًا لِحُكْمِ الْحَقِّ الْوَاجِبِ قَالَ: نِصَابُهُمَا نِصَابُ الرَّجُلِ الْوَاحِدِ، كَمَا أَنَّ زَكَاتَهُمَا زَكَاةُ الرَّجُلِ الْوَاحِدِ، وَكُلُّ وَاحِدٍ مِنْ هَؤُلَاءِ أَنْزَلَ قَوْلَهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «لَا يُجْمَعُ بَيْنَ مُفْتَرِقٍ، وَلَا يُفَرَّقُ بَيْنَ مُجْتَمِعٍ» عَلَى مَا ذَهَبَ إِلَيْهِ. فَأَمَّا مَالِكٌ - رَحِمَهُ اللَّهُ تَعَالَى - فَإِنَّهُ قَالَ: مَعْنَى قَوْلِهِ: «لَا يُفَرَّقُ بَيْنَ مُجْتَمِعٍ» أَنَّ الْخَلِيطَيْنِ يَكُونُ لِكُلِّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا مِائَةُ شَاةٍ وَشَاةٌ، فَتَكُونُ عَلَيْهِمَا فِيهِمَا ثَلَاث شِيَاهٍ، فَإِذَا افْتَرَقَا كَانَ عَلَى وَاحِدٍ مِنْهُمَا شَاةٌ، وَمَعْنَى قَوْلِهِ: «لَا يُجْمَعُ بَيْنَ مُفْتَرِقٍ» أَنْ يَكُونَ النَّفَرُ الثَّلَاثُ لِكُلِّ وَاحِدٍ مِنْهُمْ أَرْبَعُونَ شَاةً، فَإِذَا جَمَعُوهَا كَانَ عَلَيْهِمْ شَاةٌ وَاحِدَةٌ، فَعَلَى مَذْهَبِهِ النَّهْيُ إِنَّمَا هُوَ مُتَّجِهٌ نَحْوَ الْخُلَطَاءِ الَّذِينَ لِكُلِّ وَاحِدٍ مِنْهُمْ نِصَابٌ. وَأَمَّا الشَّافِعِيُّ فَقَالَ: مَعْنَى قَوْلِهِ: «وَلَا يُفَرَّقُ بَيْنَ مُجْتَمِعٍ» أَنْ يَكُونَ رَجُلَانِ لَهُمَا أَرْبَعُونَ شَاةً، فَإِذَا فَرَّقَا غَنَمَهُمَا لَمْ يَجِبْ عَلَيْهِمَا فِيهَا زَكَاةٌ، إِذْ كَانَ نِصَابُ الْخُلَطَاءِ عِنْدَهُ نِصَابَ مِلْك رَجُلٍ وَاحِدٍ فِي الْحُكْمِ. وَأَمَّا الْقَائِلُونَ بِالْخُلْطَةِ فَإِنَّهُمُ اخْتَلَفُوا فِيمَا هِيَ الْخُلْطَةُ الْمُؤَثِّرَةُ بِالزَّكَاةِ: فَأَمَّا الشَّافِعِيُّ قَالَ: إِنَّ مِنْ شَرْطِ الْخُلْطَةِ أَنْ تَخْتَلِطَ مَاشِيَتُهُمَا وَتُرَاحَا لِوَاحِدٍ وَتُحْلَبَا لِوَاحِدٍ، وَتُسَرَّحَا لِوَاحِدٍ، وَتُسْقَيَا مَعًا، وَتَكُونَ فَحَوْلُهُمَا مُخْتَلِطَةً. وَلَا فَرْقَ عِنْدَهُ بِالْجُمْلَةِ بين الخلطة وَالشَّرِكَةِ وَلِذَلِكَ يُعْتَبَرُ كَمَالُ النِّصَابِ لِكُلِّ وَاحِدٍ مِنَ الشَّرِيكَيْنِ كَمَا تَقَدَّمَ. وَأَمَّا مَالِكٌ: فَالْخَلِيطَانِ عِنْدَهُ مَا اشْتَرَكَا فِي الدَّلْوِ وَالْحَوْضِ وَالْمُرَاحِ وَالرَّاعِيِ وَالْفَحْلِ، وَاخْتَلَفَ أَصْحَابُهُ فِي مُرَاعَاةِ بَعْضِ هَذِهِ الْأَوْصَافِ أَوْ جَمِيعِهَا. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمُ: اشْتِرَاكُ اسْمِ الْخُلْطَةِ، وَلِذَلِكَ لَمْ يَرَ قَوْمٌ تَأْثِيرَ الْخُلْطَةِ فِي الزَّكَاةِ، وَهُوَ مَذْهَبُ أَبِي مُحَمَّدِ بْنِ حَزْمٍ الْأَنْدَلُسِيِّ.

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