Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Mālik estime donc qu’il faut les compter. Al-Shāfi‘ī, Abū Hanīfa et Abū Thawr considèrent, quant à eux, que les petits ne sont comptés que si les mères atteignent à elles seules le seuil d’imposition.

Leur divergence tient aux différentes interprétations possibles de la parole de ‘Umar — qu’Allah l’agrée —, qui ordonna de compter les petits dans les troupeaux de leurs propriétaires sans rien prélever parmi eux. Certains ont compris que cela s’appliquait lorsque les mères atteignaient le seuil d’imposition ; d’autres ont donné à cette prescription une portée absolue.

Je crois que les tenants de l’école littéraliste ne soumettent les petits à aucun prélèvement et ne les comptent pas, que les mères atteignent ou non le seuil d’imposition, car, selon eux, le terme générique désignant le petit bétail ne s’applique pas aux petits.

La plupart des juristes considèrent que le regroupement des troupeaux influe sur la quantité de zakat due. Ceux qui soutiennent cet avis divergent toutefois sur son incidence dans le calcul du seuil d’imposition. Abū Hanīfa et ses disciples, pour leur part, ne lui reconnaissent aucune incidence, ni sur la quantité due ni sur le calcul du seuil d’imposition.

Voici ce que cela signifie : Mālik, al-Shāfi‘ī et la plupart des juristes des différentes contrées s’accordent à considérer que ceux qui regroupent leurs troupeaux acquittent la zakat comme un propriétaire unique. Ils divergent cependant sur deux points.

Le premier concerne le seuil d’imposition : les troupeaux regroupés sont-ils considérés comme ceux d’un propriétaire unique, que chacun de leurs propriétaires possède ou non un effectif atteignant le seuil ? Ou bien leurs propriétaires n’acquittent-ils la zakat comme un seul homme que si chacun possède un effectif atteignant ce seuil ?

Le second concerne les caractéristiques du regroupement qui produit cet effet.

Quant à leur divergence initiale sur l’incidence du regroupement dans le calcul du seuil d’imposition et de la quantité due, elle tient à leur interprétation de cette parole du Prophète — sur lui la prière et le salut —, établie dans l’écrit relatif à la zakat :

« On ne doit ni réunir ce qui est séparé ni séparer ce qui est réuni par crainte de la zakat. Lorsque les biens de deux propriétaires sont regroupés, ceux-ci règlent équitablement entre eux leurs parts respectives du prélèvement. »

Chacun des deux groupes a interprété ce hadith conformément à sa propre position. Ceux qui reconnaissent au regroupement une incidence sur le seuil et la quantité due, ou sur la seule quantité due, soutiennent que ces paroles du Prophète — sur lui la prière et le salut — : « Lorsque les biens de deux propriétaires sont regroupés, ceux-ci règlent équitablement entre eux leurs parts respectives du prélèvement », ainsi que : « On ne doit ni réunir ce qui est séparé ni séparer ce qui est réuni », indiquent clairement que les biens des deux propriétaires sont considérés comme ceux d’un seul homme.

Ce récit restreint ainsi la portée générale de cette parole du Prophète — sur lui la prière et le salut — : « Aucune zakat n’est due sur moins de cinq chameaux. » Selon Mālik et ses disciples, cette restriction concerne la zakat, c’est-à-dire la quantité due ; selon al-Shāfi‘ī et ses disciples, elle concerne à la fois la zakat et le seuil d’imposition.

Ceux qui ne reconnaissent aucun effet au regroupement font valoir que deux associés peuvent être désignés comme deux propriétaires aux biens regroupés. Il est donc possible que cette parole du Prophète — sur lui la prière et le salut — : « On ne doit ni réunir ce qui est séparé ni séparer ce qui est réuni » interdise seulement aux collecteurs de diviser les biens d’un même homme de manière à augmenter la zakat qui lui incombe. Ce serait, par exemple, le cas d’un homme possédant cent vingt têtes de petit bétail, dont le collecteur répartirait le troupeau en groupes de quarante pour lui prélever trois bêtes, ou à réunir les biens d’un homme avec ceux d’un homme

فَقَالَ مَالِكٌ: يُعْتَدُّ بِهَا، وَقَالَ الشَّافِعِيُّ وَأَبُو حَنِيفَةَ وَأَبُو ثَوْرٍ: لَا يُعْتَدُّ بِالسِّخَالِ إِلَّا أَنْ تَكُونَ الْأُمَّهَاتُ نِصَابًا. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمُ: احْتِمَالُ قَوْلِ عُمَرَ - رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ - إِذْ أَمَرَ أَنْ تُعْتَدَّ عَلَيْهِمْ بِالسِّخَالِ وَلَا يُؤْخَذُ مِنْهَا شَيْءٌ، فَإِنَّ قَوْمًا فَهِمُوا مِنْ هَذَا إِذَا كَانَتْ نِصَابًا، وَقَوْمٌ فَهِمُوا هَذَا مُطْلَقًا. وَأَحْسَبُ أَنَّ أَهْلَ الظَّاهِرِ لَا يُوجِبُونَ فِي السِّخَالِ شَيْئًا، وَلَا يَعُدُّونَ بِهِ لَوْ كَانَتِ الْأُمَّهَاتُ نِصَابًا وَلَوْ لَمْ تَكُنْ لِأَنَّ اسْمَ الْجِنْسِ لَا يَنْطَلِقُ عَلَيْهَا عِنْدَهُمْ. وَأَكْثَرُ الْفُقَهَاءِ عَلَى أَنَّ لِلْخُلْطَةِ تَأْثِيرًا فِي قَدْرِ الْوَاجِبِ مِنَ الزَّكَاةِ. وَاخْتَلَفَ الْقَائِلُونَ بِذَلِكَ، هَلْ لَهَا تَأْثِيرٌ فِي قَدْرِ النِّصَابِ أَمْ لَا؟ وَأَمَّا أَبُو حَنِيفَةَ وَأَصْحَابُهُ فَلَمْ يَرَوْا لِلْخُلْطَةِ تَأْثِيرًا، لَا فِي قَدْرِ الْوَاجِبِ وَلَا فِي قَدْرِ النِّصَابِ، وَتَفْسِيرُ ذَلِكَ: أَنَّ مَالِكًا وَالشَّافِعِيَّ وَأَكْثَرَ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ اتَّفَقُوا عَلَى أَنِ الْخُلَطَاءَ يُزَكُّونَ زَكَاةَ الْمَالِكِ الْوَاحِدِ. وَاخْتَلَفُوا مِنْ ذَلِكَ فِي مَوْضِعَيْنِ: أَحَدُهُمَا: فِي نِصَابِ الْخُلَطَاءِ هَلْ يُعَدُّ نِصَابَ مَالِكٍ وَاحِدٍ، سَوَاءً كَانَ لِكُلِّ وَاحِدٍ مِنْهُمْ نِصَابٌ أَوْ لَمْ يَكُنْ؟ أَمْ إِنَّمَا يُزَكُّونَ زَكَاةَ الرَّجُلِ الْوَاحِدِ إِذَا كَانَ لِكُلِّ وَاحِدٍ مِنْهُمْ نِصَابٌ؟ . وَالثَّانِي: فِي صِفَةِ الْخُلْطَةِ الَّتِي لَهَا تَأْثِيرٌ فِي ذَلِكَ. وَأَمَّا اخْتِلَافُهُمْ أَوَّلًا فِي هَلْ لِلْخُلْطَةِ تَأْثِيرٌ فِي النِّصَابِ وَفِي الْوَاجِبِ أَوْ لَيْسَ لَهَا تَأْثِيرٌ؟ فَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمُ: اخْتِلَافُهُمْ فِي مَفْهُومِ مَا ثَبَتَ فِي كِتَابِ الصَّدَقَةِ مِنْ قَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «لَا يُجْمَعُ بَيْنَ مُفْتَرِقٍ، وَلَا يُفَرَّقُ بَيْنَ مُجْتَمِعٍ خَشْيَةَ الصَّدَقَةِ، وَمَا كَانَ مِنْ خَلِيطَيْنِ فَإِنَّهُمَا يَتَرَاجَعَانِ بِالسَّوِيَّةِ» . فَإِنَّ كُلَّ وَاحِدٍ مِنَ الْفَرِيقَيْنِ أَنْزَلَ مَفْهُومَ هَذَا الْحَدِيثِ عَلَى اعْتِقَادِهِ، وَذَلِكَ أَنَّ الَّذِينَ رَأَوْا لِلْخُلْطَةِ تَأْثِيرًا مَا فِي النِّصَابِ وَالْقَدْرِ الْوَاجِبِ أَوْ فِي الْقَدْرِ الْوَاجِبِ فَقَطْ قَالُوا: إِنَّ قَوْلَهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «وَمَا كَانَ مِنْ خَلِيطَيْنِ فَإِنَّهُمَا يَتَرَاجَعَانِ بِالسَّوِيَّةِ» وَقَوْلَهُ: «لَا يُجْمَعُ بَيْنَ مُفْتَرِقٍ وَلَا يُفَرَّقُ بَيْنَ مُجْتَمِعٍ» يَدُلُّ دَلَالَةً وَاضِحَةً عَلَى أَنَّ مِلْكَ الْخَلِيطَيْنِ كَمِلْكِ رَجُلٍ وَاحِدٍ، فَإِنَّ هَذَا الْأَثَرَ مُخَصِّصٌ لِقَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «لَيْسَ فِيمَا دُونَ خمسِ ذَوْدٍ مِنَ الْإِبِلِ صَدَقَةٌ» إِمَّا فِي الزَّكَاةِ عِنْدَ مَالِكٍ وَأَصْحَابِهِ - أَعْنِي: فِي قَدْرِ الْوَاجِبِ - وَإِمَّا فِي الزَّكَاةِ وَالنِّصَابِ مَعًا عِنْدَ الشَّافِعِيِّ وَأَصْحَابِهِ. وَأَمَّا الَّذِينَ لَمْ يَقُولُوا بِالْخُلْطَةِ فَقَالُوا: إِنَّ الشَّرِيكَيْنِ قَدْ يُقَالُ لَهُمَا خَلِيطَانِ، وَيُحْتَمَلُ أَنْ يَكُونَ قَوْلُهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «لَا يُجْمَعُ بَيْنَ مُفْتَرِقٍ، وَلَا يُفَرَّقُ بَيْنَ مُجْتَمِعٍ» إِنَّمَا هُوَ نَهْيٌ لِلسُّعَاةِ أَنْ يُقَسَّمَ مِلْكُ الرَّجُلِ الْوَاحِدِ قِسْمَةً تُوجِبُ عَلَيْهِ كَثْرَةَ الصَّدَقَةِ، مِثْلُ رَجُلٍ يَكُونُ لَهُ مِائَةٌ وَعِشْرُونَ شَاةً فَيُقَسِّمُ عَلَيْهِ إِلَى أَرْبَعِينَ ثَلَاثَ شياه، أَوْ يَجْمَعُ مِلْكَ رَجُلٍ وَاحِدٍ إِلَى مِلْكِ رَجُلٍ

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