Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Hanīfa. Al-Thawrī soutient un avis semblable, mais il retient, pour le cumul, la méthode qui préserve le mieux les intérêts des pauvres : la valeur marchande ou le taux de conversion fixe.

Certains disent que l’on ajoute le montant le plus faible au plus élevé, mais non l’inverse.

D’autres estiment que les dinars doivent toujours être ajoutés aux dirhams selon leur valeur, que leur montant soit inférieur ou supérieur à celui des dirhams. En revanche, les dirhams ne sont pas ajoutés aux dinars, car les dirhams constituent la référence première et les dinars leur sont rattachés : aucun hadith ni consensus n’est établi concernant les dinars tant qu’ils n’atteignent pas quarante.

Selon certains, lorsqu’une personne possède un seuil d’assujettissement complet dans l’un des deux métaux, elle doit y ajouter toute quantité de l’autre, petite ou grande. Ils n’admettent toutefois pas leur cumul pour compléter le seuil lorsque aucun des deux ne l’atteint séparément, mais que leur total l’atteint.

Cette confusion vient de leur volonté de constituer un seuil unique à partir de deux biens dont les seuils correspondent à des poids différents. Tout cela n’a aucun sens. Peut-être celui qui cherche à cumuler ces deux métaux a-t-il ainsi introduit dans la Loi une règle là où il n’en existait aucune, puisqu’il retient un seuil qui n’est ni celui de l’or ni celui de l’argent. Il est inconcevable, au regard de la manière habituelle dont les obligations sont imposées et du devoir de clarification, que de telles questions, susceptibles de plusieurs interprétations, fassent l’objet d’une règle particulière que le Prophète chargé de transmettre la Loi tairait, au point que son silence suscite des divergences d’une telle ampleur. Or, il n’a été envoyé — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — que pour dissiper les divergences.

Quatrième question

Selon Mālik et Abū Hanīfa, aucun des deux associés n’est tenu d’acquitter la zakat tant que chacun d’eux ne possède pas un seuil d’assujettissement complet. Selon al-Shāfi‘ī, les biens détenus en commun sont soumis aux mêmes règles que ceux d’un seul propriétaire.

Leur divergence a pour origine le consensus concernant cette parole du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue :

« Aucune zakat n’est due sur moins de cinq onces d’argent. »

On peut en effet comprendre que cette quantité relève de cette règle, qu’elle appartienne à un seul propriétaire ou à plusieurs. Toutefois, puisque la raison intelligible de l’exigence d’un seuil est de ménager les personnes assujetties, il faut que ce seuil appartienne à un seul propriétaire. C’est l’interprétation la plus manifeste — et Allah sait mieux.

Al-Shāfi‘ī semble avoir assimilé la détention de biens en commun au mélange des biens de propriétaires distincts. Toutefois, l’incidence de ce mélange sur la zakat ne fait pas l’unanimité, comme nous le verrons plus loin.

Cinquième question : leur divergence sur l’exigence d’un seuil d’assujettissement pour les produits des mines et sur le montant dû à ce titre

Mālik et al-Shāfi‘ī exigent tous deux que les produits des mines atteignent le seuil d’assujettissement. Leur divergence tient uniquement au fait que Mālik n’exige pas l’écoulement d’une année entière, tandis qu’al-Shāfi‘ī l’exige, comme nous l’exposerons plus loin dans la quatrième partie.

حَنِيفَةَ، وَبِمِثْلِ هَذَا الْقَوْلِ قَالَ الثَّوْرِيُّ إِلَّا أَنَّهُ يُرَاعِي الْأَحْوَطَ لِلْمَسَاكِينِ فِي الضَّمِّ - أَعْنِي: الْقِيمَةَ أَوِ الصَّرْفَ الْمَحْدُودَ. وَمِنْهُمْ مَنْ قَالَ: يُضَمُّ الْأَقَلُّ إِلَى الْأَكْثَرِ، وَلَا يُضَمُّ الْأَكْثَرُ إِلَى الْأَقَلِّ. وَقَالَ آخَرُونَ: تُضَمُّ الدَّنَانِير بِقِيمَتِهَا أَبَدًا كَانَتِ الدَّنَانِيرُ أَقَلَّ مِنَ الدَّرَاهِمِ أَوْ أَكْثَرَ، وَلَا تُضَمُّ الدَّرَاهِمُ إِلَى الدَّنَانِيرِ، لِأَنَّ الدَّرَاهِمَ أَصْلٌ وَالدَّنَانِير فَرْعٌ، إِذْ كَانَ لَمْ يَثْبُتْ فِي الدَّنَانِيرِ حَدِيثٌ وَلَا إِجْمَاعٌ حَتَّى تَبْلُغَ أَرْبَعِينَ. وَقَالَ بَعْضُهُمْ: إِذَا كَانَ عِنْدَهُ نِصَابٌ مِنْ أَحَدِهِمَا ضَمَّ إِلَيْهِ قَلِيلَ الْآخَرِ وَكَثِيرَهُ، وَلَمْ يَرَ الضَّمَّ فِي تَكْمِيلِ النِّصَابِ، إِذَا لَمْ يَكُنْ فِي وَاحِدٍ مِنْهُمَا نِصَابٌ بَلْ فِي مَجْمُوعِهِمَا. وَسَبَبُ هَذَا الِارْتِبَاكِ مَا رَامُوهُ مِنْ أَنْ يَجْعَلُوا مِنْ شَيْئَيْنِ نِصَابُهُمَا مُخْتَلَفٌ فِي الْوَزْنِ نِصَابًا وَاحِدًا، وَهَذَا كُلُّهُ لَا مَعْنَى لَهُ، وَلَعَلَّ مَنْ رَامَ ضَمَّ أَحَدِهِمَا إِلَى الْآخَرِ فَقَدْ أَحْدَثَ حُكْمًا فِي الشَّرْعِ حَيْثُ لَا حُكْمَ، لِأَنَّهُ قَدْ قَالَ بِنِصَابٍ لَيْسَ هُوَ بِنِصَابِ ذَهَبٍ وَلَا فِضَّةٍ، وَيَسْتَحِيلُ فِي عَادَةِ التَّكْلِيفِ وَالْأَمْرِ بِالْبَيَانِ أَنْ يَكُونَ فِي أَمْثَالِ هَذِهِ الْأَشْيَاءِ الْمُحْتَمَلَةِ حُكْمٌ مَخْصُوصٌ، فَيَسْكُتُ عَنْهُ الشَّارِعُ حَتَّى يَكُونَ سُكُوتُهُ سَبَبًا لِأَنْ يَعْرِضَ فِيهِ مِنَ الِاخْتِلَافِ مَا مِقْدَارُهُ هَذَا الْمِقْدَارُ، وَالشَّارِعُ إِنَّمَا بُعِثَ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - لِرَفْعِ الِاخْتِلَافِ. وَأَمَّا الْمَسْأَلَةُ الرَّابِعَةُ: فَإِنَّ عِنْدَ مَالِكٍ وَأَبِي حَنِيفَةَ أَنَّ الشَّرِيكَيْنِ لَيْسَ يَجِبُ عَلَى أَحَدِهِمَا زَكَاةٌ حَتَّى يَكُونَ لِكُلِّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا نِصَابٌ. وَعِنْدَ الشَّافِعِيِّ أَنَّ الْمَالَ الْمُشْتَرَكَ حُكْمُهُ حُكْمُ مَالِ رَجُلٍ وَاحِدٍ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمُ: الْإِجْمَاعُ الَّذِي فِي قَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «لَيْسَ فِيمَا دُونَ خَمْسِ أَوَاقٍ مِنَ الْوَرِقِ صَدَقَةٌ» . فَإِنَّ هَذَا الْقَدْرَ يُمْكِنُ أَنْ يُفْهَمَ مِنْهُ أنه يَخُصُّهُ هَذَا الْحُكْمُ كَانَ لِمَالِكٍ وَاحِدٍ أَوْ أَكْثَرَ مِنْ مَالِكٍ وَاحِدٍ، إِلَّا أَنَّهُ لَمَّا كَانَ مَفْهُومُ اشْتِرَاطِ النِّصَابِ إِنَّمَا هُوَ الرِّفْقُ فَوَاجِبٌ أَنْ يَكُونَ النِّصَابُ مِنْ شَرْطِهِ أَنْ يَكُونَ لِمَالِكٍ وَاحِدٍ، وَهُوَ الْأَظْهَرُ - وَاللَّهُ أَعْلَمُ -. وَالشَّافِعِيُّ كَأَنَّهُ شَبَّهَ الشَّرِكَةَ بِالْخُلْطَةِ، وَلَكِنَّ تَأْثِيرَ الْخُلْطَةِ فِي الزَّكَاةِ غَيْرُ مُتَّفَقٍ عَلَيْهِ عَلَى مَا سَيَأْتِي بَعْدُ. وَأَمَّا الْمَسْأَلَةُ الخَامِسَةُ - وَهِيَ اخْتِلَافُهُمْ فِي اعْتِبَارِ النِّصَابِ فِي الْمَعْدِنِ وَقَدْرِ الْوَاجِبِ فِيهِ -: فَإِنَّ مَالِكًا وَالشَّافِعِيَّ رَاعَيَا النِّصَابَ فِي الْمَعْدِنِ، وَإِنَّمَا الْخِلَافُ بَيْنَهُمَا أَنَّ مَالِكًا لَمْ يَشْتَرِطِ الْحَوْلَ، وَاشْتَرَطَهُ الشَّافِعِيُّ عَلَى مَا سَنَقُولُ بَعْدُ فِي الْجُمْلَةِ الرَّابِعَةِ.

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