Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Leur divergence concernant le seuil d’assujettissement de l’or tient au fait qu’aucun enseignement du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — n’a été établi à ce sujet, contrairement au seuil de l’argent.

Quant au hadith de ‘Alī transmis par al-Hasan ibn ‘Umāra, selon lequel le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — a dit :

« Acquittez la zakat de l’or à raison d’un demi-dinar pour vingt dinars »,

la plupart des savants estiment qu’il n’impose pas de s’y conformer, car al-Hasan ibn ‘Umāra est seul à le rapporter. Ceux qui ne tiennent pas ce hadith pour authentique se fondent donc sur le consensus, à savoir leur accord sur l’obligation de la zakat à partir de quarante dinars.

Mālik, quant à lui, s’est fondé sur la pratique établie. C’est pourquoi il dit dans le Muwatta’ : « La sunna qui ne fait chez nous l’objet d’aucune divergence est que la zakat devient obligatoire à partir de vingt dinars, comme elle l’est à partir de deux cents dirhams. »

Quant à ceux qui, en dessous de quarante dinars, font dépendre la zakat de l’or de son équivalent en dirhams, ils considèrent l’or et l’argent comme une seule catégorie. Ils ont donc pris l’argent pour référence, puisqu’un texte a été établi à son sujet, et lui ont subordonné l’or en fonction de sa valeur, non de son poids. Cela concerne les quantités inférieures à celle sur laquelle porte le consensus. Ils invoquent également l’avis selon lequel le terme riqqa englobe l’or et l’argent, ainsi que cette parole rapportée dans certains récits :

« Aucune zakat n’est due sur moins de cinq onces de riqqa. »

Deuxième question

Concernant leur divergence sur ce qui dépasse le seuil d’assujettissement de ces métaux, la majorité estime que tout excédent au-delà d’un poids de deux cents dirhams est soumis à un prélèvement proportionnel au même taux, c’est-à-dire un quarantième. C’est notamment l’avis de Mālik, d’al-Shāfi‘ī, d’Abū Yūsuf et de Muhammad, les deux disciples d’Abū Hanīfa, ainsi que d’Ahmad ibn Hanbal et d’un ensemble de savants.

Un groupe de savants, pour la plupart irakiens, estime qu’aucun prélèvement n’est dû sur l’excédent au-delà des deux cents dirhams tant que cet excédent n’atteint pas quarante dirhams. Lorsqu’il les atteint, un quarantième en est dû, soit un dirham. Telle est la position d’Abū Hanīfa, de Zufar et d’un groupe de leurs disciples.

Leur divergence tient à leur désaccord sur l’authenticité du hadith d’al-Hasan ibn ‘Umāra, à l’implication a contrario qui s’y oppose, ainsi qu’au rattachement possible des deux métaux à l’une ou l’autre de deux catégories de référence dont les règles diffèrent sur ce point : le bétail et les céréales.

Quant au hadith d’al-Hasan ibn ‘Umāra, celui-ci le rapporte d’Abū Ishāq, d’après ‘Āsim ibn Damra, d’après ‘Alī, selon lequel le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — a dit :

« Je vous ai exemptés de la zakat sur les chevaux et les esclaves. Acquittez donc sur la riqqa un quarantième : cinq dirhams pour deux cents dirhams et un demi-dinar pour vingt dinars. Aucun prélèvement n’est dû sur deux cents dirhams tant que

وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ فِي نِصَابِ الذَّهَبِ: أَنَّهُ لَمْ يَثْبُتْ فِي ذَلِكَ شَيْءٌ عَنِ النَّبِيِّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - كَمَا ثَبَتَ ذَلِكَ فِي نِصَابِ الْفِضَّةِ. وَمَا رُوِيَ عَنِ الْحَسَنِ بْنِ عِمَارَةَ مِنْ حَدِيثِ عَلِيٍّ أَنَّهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - قَالَ: «هَاتُوا زَكَاةَ الذَّهَبِ مِنْ كُلِّ عِشْرِينَ دِينَارًا نِصْفَ دِينَارٍ» . فَلَيْسَ عِنْدَ الْأَكْثَرِ مِمَّا يَجِبُ الْعَمَلُ بِهِ لِانْفِرَادِ الْحَسَنِ بْنِ عِمَارَةَ بِهِ. فَمَنْ لَمْ يَصِحَّ عِنْدَهُ هَذَا الْحَدِيثُ اعْتَمَدَ فِي ذَلِكَ عَلَى الْإِجْمَاعِ، وَهُوَ اتِّفَاقُهُمْ عَلَى وُجُوبِهَا فِي الْأَرْبَعِينَ. وَأَمَّا مَالِكٌ فَاعْتَمَدَ فِي ذَلِكَ عَلَى الْعَمَلِ، وَلِذَلِكَ قَالَ فِي الْمُوَطَّأ: السُّنَّةُ الَّتِي لَا اخْتِلَافَ فِيهَا عِنْدَنَا أَنَّ الزَّكَاةَ تَجِبُ فِي عِشْرِينَ دِينَارًا كَمَا تَجِبُ فِي مِائَتَيْ دِرْهَمٍ. وَأَمَّا الَّذِينَ جَعَلُوا الزَّكَاةَ فِيمَا دُونَ الْأَرْبَعِينَ تَبَعًا لِلدَّرَاهِمِ، فَإِنَّهُ لَمَّا كَانَا عِنْدَهُمْ منْ جِنْسٍ وَاحِدٍ جَعَلُوا الْفِضَّةَ هِيَ الْأَصْلُ، إِذْ كَانَ النَّصُّ قَدْ ثَبَتَ فِيهَا، وَجَعَلُوا الذَّهَبَ تَابِعًا لَهَا فِي الْقِيمَةِ لَا فِي الْوَزْنِ، وَذَلِكَ فِيمَا دُونَ مَوْضِعِ الْإِجْمَاعِ، وَلما قِيلَ أَيْضًا: إِنَّ الرِّقَةَ اسْمٌ يَتَنَاوَلُ الذَّهَبَ وَالْفِضَّةَ، وَجَاءَ فِي بَعْضِ الْآثَارِ: «لَيْسَ فِيهَا دُونَ خَمْسِ أَوَاقٍ مِنَ الرِّقَةِ صَدَقَةٌ» الْمَسْأَلَةُ الثَّانِيَةُ: وَأَمَّا اخْتِلَافُهُمْ فِيمَا زَادَ عَلَى النِّصَابِ فِيهَا: فَإِنَّ الْجُمْهُورَ قَالُوا: إِنَّ مَا زَادَ عَلَى مِائَتَيْ دِرْهَمٍ مِنَ الْوَزْنِ فَفِيهِ بِحِسَابِ ذَلِكَ - أَعْنِي: رُبُعَ الْعُشْرِ - وَمِمَّنْ قَالَ بِهَذَا الْقَوْلِ مَالِكٌ وَالشَّافِعِيُّ وَأَبُو يُوسُفَ وَمُحَمَّدٌ صَاحِبَا أَبِي حَنِيفَةَ وَأَحْمَدَ بْنِ حَنْبَلٍ وَجَمَاعَةٍ. وَقَالَتْ طَائِفَةٌ مِنْ أَهْلِ الْعِلْمِ أَكْثَرُهُمُ أهل الْعِرَاق: لَا شَيْءَ فِيمَا زَادَ عَلَى الْمِائَتَيْ دِرْهَمٍ حَتَّى تَبْلُغَ أَرْبَعِينَ دِرْهَمًا، فَإِذَا بَلَغَتْهَا كَانَ فِيهَا رُبُعُ عُشْرِهَا وَذَلِكَ دِرْهَمٌ، وَبِهَذَا الْقَوْلِ قَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَزُفَرُ وَطَائِفَةٌ مِنْ أَصْحَابِهِمَا. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمُ: اخْتِلَافُهُمْ فِي تَصْحِيحِ حَدِيثِ الْحَسَنِ بْنِ عِمَارَةَ، وَمُعَارَضَةُ دَلِيلِ الْخِطَابِ لَهُ، وَتَرَدُّدُهُمَا بَيْنَ أَصْلَيْنِ فِي هَذَا الْبَابِ مُخْتَلِفَيْنِ فِي هَذَا الْحُكْمِ، وَهِيَ: الْمَاشِيَةُ وَالْحُبُوبُ. أَمَّا حَدِيثُ الْحَسَنِ بْنِ عِمَارَةَ فَإِنَّهُ رَوَاهُ عَنْ أَبِي إِسْحَق عَنْ عَاصِمِ بْنِ ضَمْرَةَ عَنْ عَلِيٍّ عَنِ النَّبِيِّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - قَالَ: «قَدْ عَفَوْتُ عَنْ صَدَقَةِ الْخَيْلِ وَالرَّقِيقِ، فَهَاتُوا مِنَ الرِّقَةِ رُبُعَ الْعُشْرِ مِنْ كُلِّ مِائَتَيْ دِرْهَمٍ خَمْسَةُ دَرَاهِمَ، وَمِنْ كُلِّ عِشْرِينَ دِينَارًا نِصْفُ دِينَارٍ، وَلَيْسَ فِي مِائَتَيْ دِرْهَمٍ شَيْءٌ حَتَّى

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