Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

C’est le cas de la divergence entre Mālik et al-Shāfi‘ī au sujet des olives : Mālik les soumet à la zakat, tandis qu’al-Shāfi‘ī les en exempte dans son dernier avis, formulé en Égypte. Leur divergence tient à cette question : constituent-elles ou non un aliment de base ? Relève également de cette question la divergence des disciples de Mālik sur l’obligation de la zakat sur les figues.

Certains estiment que la zakat est due sur les fruits, mais non sur les légumes. Tel est l’avis d’Ibn Habīb, qui s’appuie sur cette parole d’Allah — qu’Il soit glorifié :

« C’est Lui qui a créé des jardins en treilles et d’autres sans treilles » [Al-An‘ām : 141],

et sur la suite du verset. Quant à celui qui distingue, dans ce verset, les fruits des olives, son avis ne repose que sur un argument faible.

Ils s’accordent à dire que les biens de type marchand (« ‘urūḍ ») qui ne sont pas destinés au commerce ne sont pas soumis à la zakat. Ils divergent cependant sur l’obligation de celle-ci pour les biens destinés au commerce : les juristes des grandes cités la rendent obligatoire, tandis que les littéralistes la récusent.

Cette divergence tient à leur désaccord sur la possibilité d’établir l’obligation de la zakat par analogie, ainsi que sur l’authenticité du hadith de Samura ibn Jundub, qui a dit :

« Le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — nous ordonnait de prélever la zakat sur ce que nous destinions à la vente. »

Ils divergent également sur l’authenticité de cette parole rapportée du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue :

« Acquitte la zakat du blé. »

Quant au raisonnement analogique retenu par la majorité, il consiste à dire que les marchandises destinées au commerce constituent un patrimoine que l’on cherche à faire fructifier. Elles s’apparentent donc aux trois catégories de biens dont l’assujettissement à la zakat fait l’objet d’un accord, à savoir les produits agricoles, le bétail, ainsi que l’or et l’argent.

Al-Tahāwī affirme que l’assujettissement des marchandises à la zakat est établi d’après ‘Umar et Ibn ‘Umar, sans qu’aucun Compagnon ne se soit opposé à eux. Certains considèrent qu’un tel cas constitue un consensus des Compagnons : un avis est rapporté de l’un d’eux, sans qu’un avis contraire soit rapporté d’un autre. Cette position est toutefois fragile.

[Troisième partie : détermination du seuil d’assujettissement à la zakat]

[Premier chapitre : seuil d’assujettissement de l’or et de l’argent]

Troisième partie

Il s’agit à présent de déterminer, pour chacune de ces catégories de biens soumis à la zakat, le seuil d’assujettissement — c’est-à-dire la quantité à partir de laquelle la zakat devient obligatoire, pour les catégories auxquelles un tel seuil s’applique — ainsi que la nature et la quantité de ce qui doit être acquitté.

Pour chacune de ces catégories, que leur assujettissement fasse l’objet d’un accord ou d’une divergence, nous exposerons les points d’accord et de désaccord entre ceux qui admettent cet assujettissement. Nous organiserons cet exposé en plusieurs chapitres :

Premier chapitre : de l’or et de l’argent.

مِثْلُ اخْتِلَافِ مَالِكٍ وَالشَّافِعِيِّ فِي الزَّيْتُونِ، فَإِنَّ مَالِكًا ذَهَبَ إِلَى وُجُوبِ الزَّكَاةِ فِيهِ، وَمَنَعَ ذَلِكَ الشَّافِعِيُّ فِي قَوْلِهِ الْأَخِيرِ بِمِصْرَ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: هَلْ هُوَ قُوتٌ أَمْ لَيْسَ بِقُوتٍ؟ وَمِنْ هَذَا الْبَابِ اخْتِلَافُ أَصْحَابِ مَالِكٍ فِي إِيجَابِ الزَّكَاةِ فِي التِّينِ أَوْ لَا إِيجَابِهَا. وَذَهَبَ بَعْضُهُمْ إِلَى أَنَّ الزَّكَاةَ تَجِبُ فِي الثِّمَارِ دُونَ الْخُضَرِ، وَهُوَ قَوْلُ ابْنِ حَبِيبٍ لِقَوْلِهِ - سُبْحَانَهُ -: {وَهُوَ الَّذِي أَنْشَأَ جَنَّاتٍ مَعْرُوشَاتٍ وَغَيْرَ مَعْرُوشَاتٍ} [الأنعام: ١٤١] الْآيَةَ، وَمَنْ فَرَّقَ فِي الْآيَةِ بَيْنَ الثِّمَارِ وَالزَّيْتُونِ فَلَا وَجْهَ لِقَوْلِهِ إِلَّا وَجْهٌ ضَعِيفٌ. وَاتَّفَقُوا عَلَى أَنْ لَا زَكَاةَ فِي الْعُرُوضِ الَّتِي لَمْ يُقْصَدْ بِهَا التِّجَارَةُ، وَاخْتَلَفُوا فِي إيجاب الزَّكَاة فِيمَا اتُّخِذَ مِنْهَا لِلتِّجَارَةِ، فَذَهَبَ فُقَهَاءُ الْأَمْصَارِ إِلَى وُجُوبِ ذَلِكَ، وَمَنَعَ ذَلِكَ أَهْلُ الظَّاهِرِ. وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمُ: اخْتِلَافُهُمْ فِي وُجُوبِ الزَّكَاةِ بِالْقِيَاسِ، وَاخْتِلَافُهُمْ فِي تَصْحِيحِ حَدِيثِ سَمُرَةَ بْنِ جُنْدُبٍ أَنَّهُ قَالَ: «كَانَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - يَأْمُرُنَا أَنْ نُخْرِجَ الزَّكَاةَ مِمَّا نُعِدُّهُ لِلْبَيْعِ» . وَفِيمَا رُوِيَ عَنْهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - أَنَّهُ قَالَ: «أَدِّ زَكَاةَ الْبُرِّ» . وَأَمَّا الْقِيَاسُ الَّذِي اعْتَمَدَهُ الْجُمْهُورُ: فَهُوَ أَنَّ الْعُرُوضَ الْمُتَّخَذَةَ لِلتِّجَارَةِ مَالٌ مَقْصُودٌ بِهِ التَّنْمِيَةُ، فَأَشْبَهَ الْأَجْنَاسَ الثلاثة الَّتِي فِيهَا الزَّكَاةُ بِاتِّفَاقٍ - أَعْنِي: الْحَرْثَ وَالْمَاشِيَةَ وَالذَّهَبَ وَالْفِضَّةَ -. وَزَعَمَ الطَّحَاوِيُّ أَنَّ زَكَاةَ الْعُرُوضِ ثَابِتَةٌ عَنْ عُمَرَ وَابْنِ عُمَرَ وَلَا مُخَالِفَ لَهُمَا مِنَ الصَّحَابَةِ، وَبَعْضُهُمْ يَرَى أَنَّ مِثْلَ هَذَا هُوَ إِجْمَاعٌ مِنَ الصَّحَابَةِ - أَعْنِي: إِذَا نُقِلَ عَنْ وَاحِدٍ قَوْلٌ وَلَمْ يُنْقَلْ عَنْ غَيْرِهِ خِلَافُهُ -، وَفِيهِ ضَعْفٌ. [الْجُمْلَةُ الثَّالِثَةُ فِي مَعْرِفَةُ نصابِ الزكاة] [الْفَصْلُ الْأَوَّلُ فِي نصاب الذَّهَبِ وَالْفِضَّةِ] الْجُمْلَةُ الثَّالِثَةُ وَأَمَّا مَعْرِفَةُ النِّصَابِ فِي وَاحِدٍ وَاحِدٍ مِنْ هَذِهِ الْأَمْوَالِ الْمُزَكَّاةِ، وَهُوَ الْمِقْدَارُ الَّذِي فِيهِ تَجِبُ الزَّكَاةُ فِيمَا لَهُ مِنْهَا نِصَابٌ، وَمَعْرِفَةُ الْوَاجِبِ مِنْ ذَلِكَ - أَعْنِي: فِي عَيْنِهِ وَقَدْرِهِ - فَإِنَّا نَذْكُرُ مِنْ ذَلِكَ مَا اتَّفَقُوا عَلَيْهِ وَاخْتَلَفُوا فِيهِ فِي جِنْسٍ جِنْسٍ مِنْ هَذِهِ الْأَجْنَاسِ الْمُتَّفَقِ عَلَيْهَا، وَالْمُخْتَلَفِ فِيهَا عِنْدَ الَّذِينَ اتَّفَقُوا عَلَيْهِ، وَلْنَجْعَلِ هذا الْكَلَامَ فِي ذَلِكَ فِي فُصُولٍ: الْفَصْلُ الْأَوَّلُ: فِي الذَّهَبِ وَالْفِضَّةِ.

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