Ils s’accordent également à dire que les produits issus des animaux ne sont pas soumis à la zakat, sauf en ce qui concerne le miel, au sujet duquel ils divergent. La majorité estime qu’aucune zakat n’est due sur le miel, tandis que certains l’y soumettent.
Leur divergence tient à leur désaccord sur l’authenticité du récit rapporté à ce sujet, à savoir cette parole du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue :
« Pour dix outres, une outre est due. »
Ce récit est rapporté par al-Tirmidhī et d’autres.
Quant aux végétaux, après leur accord sur les quatre catégories que nous avons mentionnées, leur divergence porte sur les espèces soumises à la zakat. Certains ne la rendent obligatoire que sur ces quatre catégories : tel est l’avis d’Ibn Abī Laylā, de Sufyān al-Thawrī et d’Ibn al-Mubārak. D’autres estiment qu’elle est due sur toutes les denrées végétales qui se conservent et servent d’aliments de base : c’est l’avis de Mālik et d’al-Shāfi‘ī. D’autres encore la rendent obligatoire sur tout ce que produit la terre, à l’exception de l’herbe, du bois de chauffage et des roseaux : tel est l’avis d’Abū Hanīfa.
La divergence entre ceux qui limitent la zakat aux catégories faisant l’objet du consensus et ceux qui l’étendent aux denrées qui se conservent et servent d’aliments de base tient à la question suivante : la zakat s’applique-t-elle à ces quatre catégories pour elles-mêmes, ou en raison d’une caractéristique qui leur est commune, à savoir leur fonction d’aliments de base ? Ceux qui retiennent la première explication limitent l’obligation à ces catégories ; ceux qui retiennent cette fonction comme cause juridique étendent l’obligation à tous les aliments de base.
Quant à la divergence entre ceux qui limitent l’obligation aux aliments de base et ceux qui l’étendent à tout ce que produit la terre, à l’exception de l’herbe, du bois de chauffage et des roseaux, dont l’exclusion fait l’objet du consensus, elle tient à l’opposition entre le raisonnement analogique et la portée générale du texte.
L’énoncé de portée générale est cette parole du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue :
« Sur ce qui est arrosé par la pluie, le dixième est dû ; sur ce qui est irrigué par puisage, la moitié du dixième. »
Il y a également cette parole d’Allah, le Très-Haut :
« C’est Lui qui a créé des jardins en treilles » [Al-An‘ām : 141],
jusqu’à Ses paroles, dans le même verset :
« Et acquittez-en le droit au jour de la récolte » [Al-An‘ām : 141].
Quant au raisonnement analogique, il consiste à dire que la zakat a pour finalité de subvenir aux besoins, ce qui ne se réalise généralement qu’au moyen des aliments de base. Ceux qui restreignent par ce raisonnement analogique la portée générale du texte exemptent donc de zakat les autres denrées. Ceux qui font prévaloir cette portée générale rendent la zakat obligatoire sur les autres produits également, à l’exception de ceux que le consensus en a exclus.
Ceux qui s’accordent à retenir le critère d’aliment de base divergent néanmoins sur certains produits, parce qu’ils ne s’accordent pas sur les questions suivantes : ces produits sont-ils ou non des aliments de base ? Peuvent-ils ou non être assimilés, par analogie, à ceux qui font l’objet d’un accord ?