Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

la mécréance — d’accomplir un acte, hormis la seule prononciation de l’attestation de foi, en raison de cette parole du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue :

« Il m’a été ordonné de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils disent : “Il n’est de divinité digne d’adoration qu’Allah”, et qu’ils croient en moi. »

Il a donc exigé, outre la connaissance, une parole, laquelle constitue un acte parmi les actes. Ceux qui assimilent les autres actes obligatoires à cette parole estiment que tous les actes prescrits sont une condition de la connaissance qui constitue la foi. Ceux qui assimilent cette parole aux autres actes dont la majorité s’accorde à dire qu’ils ne sont pas une condition de cette connaissance estiment que seule l’adhésion intérieure est une condition de la foi, et qu’elle suffit pour que la personne ait, auprès d’Allah le Très-Haut, le statut de croyant.

Ces deux positions sont isolées. La majorité considère que la prononciation des deux attestations de foi fait exception parmi les actes.

[Deuxième partie : les biens soumis à la zakat]

Deuxième partie. Quant aux biens soumis à la zakat, certains font l’objet d’un accord et d’autres d’une divergence. Leur accord porte sur deux métaux : l’or et l’argent qui ne se présentent pas sous forme de bijoux ; trois catégories d’animaux : les chameaux, les bovins et le petit bétail ; deux sortes de grains : le blé et l’orge ; et deux sortes de fruits : les dattes et les raisins secs. Concernant l’huile, il existe un avis divergent isolé.

(Pour l’or, leur divergence ne concerne que les bijoux.)

Les juristes du Hedjaz, Mālik, al-Layth et al-Shāfi‘ī, estiment ainsi que les bijoux ne sont pas soumis à la zakat lorsqu’ils sont destinés à la parure et à être portés. Abū Hanīfa et ses disciples estiment, quant à eux, qu’ils y sont soumis.

Leur divergence tient au fait que les bijoux peuvent être rapprochés aussi bien des biens non monétaires que de l’or brut et de l’argent, qui servent de moyens d’échange pour toutes sortes de biens. Ceux qui les assimilent aux biens non monétaires, dont la destination première est l’usage qu’on en tire, estiment qu’ils ne sont pas soumis à la zakat. Ceux qui les assimilent à l’or brut et à l’argent, dont la destination première est de servir de moyens d’échange, estiment qu’ils y sont soumis.

Leur divergence a également une autre cause : les traditions rapportées à ce sujet diffèrent. Ainsi, Jābir rapporte que le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — a dit :

« Les bijoux ne sont pas soumis à la zakat. »

‘Amrū ibn Shu‘ayb rapporte de son père, qui le tenait de son grand-père :

« Une femme vint trouver le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — accompagnée de sa fille, qui portait des bracelets d’or au poignet. Il lui demanda : “Acquittes-tu la zakat sur cela ?” Elle répondit : “Non.” Il dit : “Aimerais-tu qu’au Jour de la Résurrection, Allah te fasse porter à leur place deux bracelets

الْكُفْرُ مِنَ الْأَعْمَالِ - إِلَّا التَّلَفُّظُ بِالشَّهَادَةِ فَقَطْ، لِقَوْلِهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: «أُمِرْتُ أَنْ أُقَاتِلَ النَّاسَ حَتَّى يَقُولُوا لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَيُؤْمِنُونَ بِي» . " فَاشْتَرَطَ مَعَ الْعِلْمِ الْقَوْلَ، وَهُوَ عَمَلٌ مِنَ الْأَعْمَالِ، فَمَنْ شَبَّهَ سَائِرَ الْأَفْعَالِ الْوَاجِبَةِ بِالْقَوْلِ قَالَ: جَمِيعُ الْأَعْمَالِ الْمَفْرُوضَةِ شَرْطٌ فِي الْعِلْمِ الَّذِي هُوَ الْإِيمَانُ. وَمَنْ شَبَّهَ الْقَوْلَ بِسَائِرِ الْأَعْمَالِ الَّتِي اتَّفَقَ الْجُمْهُورُ عَلَى أَنَّهَا لَيْسَتْ شَرْطًا فِي الْعِلْمِ الَّذِي هُوَ الْإِيمَانُ قَالَ: التَّصْدِيقُ فَقَطْ هُوَ شَرْطُ الْإِيمَانِ، وَبِهِ يَكُونُ حُكْمُهُ عِنْدَ اللَّهِ - تَعَالَى - حُكْمَ الْمُؤْمِنِ. وَالْقَوْلَانِ شَاذَّانِ، وَاسْتِثْنَاءُ التَّلَفُّظِ بِالشَّهَادَتَيْنِ مِنْ سَائِرِ الْأَعْمَالِ هُوَ الَّذِي عَلَيْهِ الْجُمْهُورُ. [الْجُمْلَةُ الثَّانِيَةُ فِي مَعْرِفَةِ مَا تَجِبُ فِيهِ الزكاة مِنَ الْأَمْوَالِ] الْجُمْلَةُ الثَّانِيَةُ وَأَمَّا مَا تَجِبُ فِيهِ الزَّكَاةُ مِنَ الْأَمْوَالِ: فَإِنَّهُمُ اتَّفَقُوا مِنْهَا عَلَى أَشْيَاءَ وَاخْتَلَفُوا فِي أَشْيَاءَ. وَأَمَّا مَا اتَّفَقُوا عَلَيْهِ فَصِنْفَانِ مِنَ الْمَعْدِنِ: الذَّهَبِ وَالْفِضَّةِ اللَّتَيْنِ لَيْسَتَا بِحُلِيٍّ، وَثَلَاثَةُ أَصْنَافٍ مِنَ الْحَيَوَانِ: الْإِبِلُ وَالْبَقَرُ وَالْغَنَمُ، وَصِنْفَانِ مِنَ الْحُبُوبِ: الْحِنْطَةُ وَالشَّعِيرُ، وَصِنْفَانِ مِنَ الثَّمَرِ: التَّمْرُ وَالزَّبِيبُ، وَفِي الزَّيْتِ خِلَافٌ شَاذٌّ. (وَالذين اخْتَلَفُوا فيه مِنَ الذَّهَبِ هو الْحُلِيُّ فَقَطْ) ، وَذَلِكَ أَنَّهُ ذَهَبَ فُقَهَاءُ الْحِجَازِ: مَالِكٌ وَاللَّيْثُ وَالشَّافِعِيُّ إِلَى أَنَّهُ لَا زَكَاةَ فِيهِ إِذَا أُرِيدَ لِلزِّينَةِ وَاللِّبَاسِ وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَأَصْحَابُهُ: فِيهِ الزَّكَاةُ. وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمْ: تَرَدَّدُ شَبَهِهِ بَيْنَ الْعُرُوضِ وَبَيْنَ التِّبْرِ وَالْفِضَّةِ اللَّتَيْنِ الْمَقْصُودُ مِنْهُمَا الْمُعَامَلَةُ فِي جَمِيعِ الْأَشْيَاءِ، فَمَنْ شَبَّهَهُ بِالْعُرُوضِ الَّتِي الْمَقْصُودُ مِنْهَا الْمَنَافِعُ أَوَّلًا قَالَ: لَيْسَ فِيهِ زَكَاةٌ، وَمَنْ شَبَّهَهُ بِالتِّبْرِ وَالْفِضَّةِ الَّتِي الْمَقْصُودُ فيهَا الْمُعَامَلَةُ بِهَا أَوَّلًا قَالَ: فِيهِ الزَّكَاةُ. وَلِاخْتِلَافِهِمْ أَيْضًا سَبَبٌ آخَرُ، وَهُوَ اخْتِلَافُ الْآثَارِ فِي ذَلِكَ، وَذَلِكَ أَنَّهُ رَوَى جَابِرٌ عَنِ النَّبِيِّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - أَنَّهُ قَالَ: «لَيْسَ فِي الْحُلِيِّ زَكَاةٌ» . وَرَوَى عَمْرُو بْنُ شُعَيْبٍ عَنْ أَبِيهِ عَنْ جَدِّهِ: «أَنَّ امْرَأَةً أَتَتْ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - وَمَعَهَا ابْنَةٌ لَهَا، وَفِي يَدِ ابْنَتِهَا مَسَكٌ مِنْ ذَهَبٍ، فَقَالَ لَهَا: أَتُؤَدِّينَ زَكَاةَ هَذَا؟ قَالَتْ: لَا، قَالَ: أَيَسُرُّكِ أَنْ يُسَوِّرَكِ اللَّهُ بِهِمَا يَوْمَ الْقِيَامَةِ سِوَارَيْنِ

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