Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

La troisième concerne le cas où une personne meurt alors qu’elle doit la zakat.

La quatrième concerne le cas où elle vend des cultures ou des fruits sur lesquels la zakat est déjà due : à qui incombe alors la zakat ? La même question se pose lorsqu’elle en fait donation.

Quant à la première question — celle de la zakat prélevée puis perdue —, certains estiment que ce prélèvement libère la personne de son obligation. D’autres estiment qu’elle en demeure responsable jusqu’à ce qu’elle la remette à qui de droit. D’autres encore distinguent entre un prélèvement effectué après qu’il a été possible de s’en acquitter et un prélèvement effectué dès que la zakat devient exigible et que son versement est possible. Certains disent ainsi : si la personne attend plusieurs jours après que la zakat est devenue exigible et que son versement est possible, puis la prélève, elle répond de sa perte ; si elle la prélève dès qu’elle devient exigible, sans avoir commis de négligence, elle n’en répond pas. C’est l’avis le plus connu de l’école de Mālik.

D’autres estiment que, si elle a fait preuve de négligence, elle répond de la perte ; sinon, elle acquitte la zakat sur ce qui reste. C’est l’avis d’Abū Thawr et d’al-Shāfi‘ī. D’autres disent plutôt que la perte doit être imputée à l’ensemble des biens : les pauvres et le propriétaire demeurent copropriétaires de ce qui reste, selon leurs quotes-parts respectives dans les biens du propriétaire. Il en va comme de deux associés dont une partie des biens communs disparaît et qui demeurent associés, dans les mêmes proportions, sur ce qui reste.

On distingue ainsi cinq avis sur cette question : selon le premier, la personne ne répond de la perte dans aucun cas ; selon le deuxième, elle en répond dans tous les cas ; selon le troisième, elle en répond si elle a fait preuve de négligence, mais non dans le cas contraire ; selon le quatrième, elle en répond si elle a fait preuve de négligence et, sinon, acquitte la zakat sur ce qui reste ; selon le cinquième, le propriétaire et les pauvres demeurent copropriétaires de ce qui reste.

Quant à la deuxième question, celle de la perte d’une partie des biens après que la zakat est devenue exigible, mais avant qu’il soit possible de la verser, certains estiment que la personne acquitte la zakat sur ce qui reste. D’autres estiment que les pauvres et le propriétaire sont dans la situation de deux associés qui perdent une partie de leurs biens communs.

Leur divergence tient au rapprochement de la zakat soit avec les dettes — c’est-à-dire que le droit à acquitter constitue une obligation personnelle, sans être attaché aux biens eux-mêmes —, soit avec les droits attachés aux biens eux-mêmes, et non à la personne qui les détient, comme dans le cas des dépositaires et autres détenteurs de ce type.

Ceux qui assimilent les propriétaires des biens soumis à la zakat à des dépositaires estiment que, si la zakat est prélevée puis que la part prélevée périt, ils n’ont rien à remplacer. Ceux qui les assimilent à des débiteurs estiment qu’ils répondent de la perte. Ceux qui distinguent selon qu’il y a eu ou non négligence les assimilent en tout point à des dépositaires, dès lors que le dépositaire répond de la perte s’il a fait preuve de négligence.

Quant à ceux qui estiment qu’en l’absence de négligence la personne acquitte la zakat sur ce qui reste, ils assimilent celui qui perd une partie de ses biens après le prélèvement à celui qui en perd une partie avant que la zakat ne devienne exigible. De même que ce dernier, lorsque la zakat devient exigible, ne l’acquitte que sur les biens existants, celui-là ne l’acquitte également que sur ce qui subsiste de ses biens.

La divergence tient donc aux différentes situations auxquelles peut être assimilé le propriétaire : celle du débiteur, celle du dépositaire, celle de l’associé ou celle de la personne qui perd une partie de ses biens avant que la zakat ne devienne exigible. En revanche, lorsque la zakat est devenue exigible et qu’il a été possible de la verser, mais que le propriétaire ne l’a pas fait avant la perte d’une partie des biens, les savants s’accordent, à ce que je crois, pour dire qu’il répond de cette perte. Une exception concerne toutefois le bétail, selon ceux qui estiment que l’obligation de la zakat n’est pleinement établie qu’à condition que le collecteur parte en tournée, en plus de l’écoulement de l’année. C’est l’avis de Mālik.

وَالثَّالِثَةُ: إِذَا مَاتَ وَعَلَيْهِ زَكَاةٌ. وَالرَّابِعَةُ: إِذَا بَاعَ الزَّرْعَ أَوِ الثَّمَرَ وَقَدْ وَجَبَتْ فِيهِ الزَّكَاةُ عَلَى مَنِ الزَّكَاةُ؟ وَكَذَلِكَ إِذَا وَهَبَهُ. ; فَأَمَّا الْمَسْأَلَةُ الأُولَى - وَهِيَ إِذَا أَخْرَجَ الزَّكَاةَ فَضَاعَتْ -: فَإِنَّ قَوْمًا قَالُوا: تُجْزِي عَنْهُ، وَقَوْمٌ قَالُوا: هُوَ لَهَا ضَامِنٌ حَتَّى يَضَعَهَا مَوْضِعَهَا، وَقَوْمٌ فَرَّقُوا بَيْنَ أَنْ يُخْرِجَهَا بَعْدَ أَنْ أَمْكَنَهُ إِخْرَاجُهَا، وَبَيْنَ أَنْ يُخْرِجَهَا أَوَّلَ زَمَانِ الْوُجُوبِ وَالْإِمْكَانِ، فَقَالَ بَعْضُهُمْ: إِنْ أَخْرَجَهَا بَعْدَ أَيَّامٍ مِنَ الْإِمْكَانِ وَالْوُجُوبِ ضَمِنَ، وَإِنْ أَخْرَجَهَا فِي أَوَّلِ الْوُجُوبِ وَلَمْ يَقَعْ مِنْهُ تَفْرِيطٌ لَمْ يَضْمَنْ وَهُوَ مَشْهُورُ مَذْهَبِ مَالِكٍ. وَقَوْمٌ قَالُوا: إِنْ فَرَّطَ ضَمِنَ، وَإِنْ لَمْ يُفَرِّطْ زَكَّى مَا بَقِيَ، وَبِهِ قَالَ أَبُو ثَوْرٍ وَالشَّافِعِيُّ، وَقَالَ قَوْمٌ: بَلْ يَعُدُّ الذَّاهِبَ مِنَ الْجَمِيعِ وَيَبْقَى الْمَسَاكِينُ وَرَبُّ الْمَالِ شَرِيكَيْنِ فِي الْبَاقِي بِقَدْرِ حَظِّهِمَا مِنْ حَظِّ رَبِّ الْمَالِ، مِثْلُ الشَّرِيكَيْنِ يَذْهَبُ بَعْضُ الْمَالِ الْمُشْتَرَكِ بَيْنَهُمَا وَيَبْقَيَانِ شَرِيكَيْنِ عَلَى تِلْكَ النِّسْبَةِ فِي الْبَاقِي. فَيَتَحَصَّلُ فِي الْمَسْأَلَةِ خَمْسَةُ أَقْوَالٍ: قَوْلٌ: إِنَّهُ لَا يَضْمَنُ بِإِطْلَاقٍ، وَقَوْلٌ: إِنَّهُ يَضْمَنُ بِإِطْلَاقٍ، وَقَوْلٌ: إِنْ فَرَّطَ ضَمِنَ وَإِنْ لَمْ يُفَرِّطْ لَمْ يَضْمَنْ، وَقَوْلٌ: إِنْ فَرَّطَ ضَمِنَ وَإِنْ لَمْ يُفَرِّطْ زَكَّى مَا بَقِيَ، وَالْقَوْلُ الْخَامِسُ: يَكُونَانِ شَرِيكَيْنِ فِي الْبَاقِي. ; وَأَمَّا الْمَسْأَلَةُ الثَّانِيَةُ: إِذَا ذَهَبَ بَعْضُ الْمَالِ بَعْدَ الْوُجُوبِ وَقَبْلَ تَمَكُّنِ إِخْرَاجِ الزَّكَاةِ ; فَقَوْمٌ قَالُوا: يُزَكِّي مَا بَقِيَ. وَقَوْمٌ قَالُوا: حَالُ الْمَسَاكِين وَحَالُ رَبِّ الْمَالِ حَالُ الشَّرِيكَيْنِ يَضِيعُ بَعْضُ مَالِهِمَا. وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمْ: تَشْبِيهُ الزَّكَاةِ بِالدُّيُونِ أَعْنِي: أَنْ يَتَعَلَّقَ الْحَقُّ فِيهَا بِالذِّمَّةِ لَا بِعَيْنِ الْمَالِ -، أَوْ تَشْبِيهُهَا بِالْحُقُوقِ الَّتِي تَتَعَلَّقُ بِعَيْنِ الْمَالِ لَا بِذِمَّةِ الَّذِي يَدُهُ عَلَى الْمَالِ كَالْأُمَنَاءِ وَغَيْرِهِمْ، فَمَنْ شَبَّهَ مَالِكِي الزَّكَاةِ بِالْأُمَنَاءِ قَالَ: إِذَا أُخْرِجَ فَهَلَكَ الْمُخْرَجُ فَلَا شَيْءَ عَلَيْهِ. وَمَنْ شَبَّهَهُمْ بِالْغُرَمَاءِ قَالَ: يَضْمَنُونَ. وَمَنْ فَرَّقَ بَيْنَ التَّفْرِيطِ وَلَا تَفْرِيطٍ أَلْحَقَهُمْ بِالْأُمَنَاءِ مِنْ جَمِيعِ الْوُجُوهِ، إِذَا كَانَ الْأَمِينُ يَضْمَنُ إِذَا فَرَّطَ، وَأَمَّا مَنْ قَالَ: إِذَا لَمْ يُفَرِّطْ زَكَّى مَا بَقِيَ فَإِنَّهُ شَبَّهَ مَنْ هَلَكَ بَعْضُ مَالِهِ بَعْدَ الْإِخْرَاجِ بِمَنْ ذَهَبَ بَعْضُ مَالِهِ قَبْلَ وُجُوبِ الزَّكَاةِ فِيهِ، كَمَا أَنَّهُ إِذَا وَجَبَتِ الزَّكَاةُ عَلَيْهِ فَإِنَّمَا يُزَكِّي الْمَوْجُودَ فَقَطْ، وَكَذَلِكَ هَذَا إِنَّمَا يُزَكِّي الْمَوْجُودَ مِنْ مَالِهِ فَقَطْ. وَسَبَبُ الِاخْتِلَافِ: هُوَ تَرَدُّدُ شَبَهِ الْمَالِكِ بَيْنَ الْغَرِيمِ وَالْأَمِينِ وَالشَّرِيكِ وَمَنْ هَلَكَ بَعْضُ مَالِهِ قَبْلَ الْوُجُوبِ. وَأَمَّا إِذَا وَجَبَتِ الزَّكَاةُ وَتَمَكَّنَ مِنَ الْإِخْرَاجِ فَلَمْ يُخْرِجْ حَتَّى ذَهَبَ بَعْضُ الْمَالِ، فَإِنَّهُمْ مُتَّفِقُونَ فِيمَا أَحْسَبُ أَنَّهُ ضَامِنٌ إِلَّا فِي الْمَاشِيَةِ عِنْدَ مَنْ رَأَى أَنَّ وُجُوبَهَا إِنَّمَا يَتِمُّ بِشَرْطِ خُرُوجِ السَّاعِي مَعَ الْحَوْلِ، وَهُوَ مَذْهَبُ مَالِكٍ.

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